Ursule de Cologne

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Retable du peintre anonyme...

Sainte Ursule (fête le 21 octobre) est au centre de la tradition chrétienne des onze mille vierges, née au IXe siècle, puis transformée et amplifiée au XIIIe siècle après la découverte d'une pierre tombale, dans une petite chapelle de Cologne, attribuée ultérieurement à une certaine Ursula, une fillette de huit ans.

Étymologiquement, Ursule est un diminutif du latin ursus qui veut dire « ours » (Ursule signifiant donc « petite ourse »).

Légende de sainte Ursule[modifier | modifier le code]

L'origine historique de la légende des onze mille vierges s'est réalisée en plusieurs étapes : au début du Ve siècle une basilique funéraire est reconstruite à Cologne, sur les tombes de martyres, massacrées par une armée de Huns en 383. Au IXe siècle une inscription abrégée XI.M.V., qu'il faut traduire par « onze vierges martyres » fut lue de façon fautive en « onze mille vierges », et on y ajouta un nom lu sur une inscription funéraire voisine, Ursula, une enfant de huit ans. En 1106, des fouilles dans le cimetière qui entourait l'église mirent au jour de nombreux restes humains, aussitôt qualifiés de reliques, qui justifièrent le nombre de ces vierges. Sur ces bases se développa la légende[1].

Il en existe plusieurs versions entremêlées. Telle qu'elle est synthétisée par la croyance populaire, notamment rapportée par Jacques de Voragine entre 1261 et 1266 dans la Légende dorée, il s'agirait d'une princesse bretonne des Cornouailles du IIIe siècle (ou IVe siècle) qui aurait accompli, pour fuir son prétendant, un pèlerinage de 3 ans auprès de Saint Cyriaque de Rome. À son retour, elle aurait été capturée par les Huns et aurait refusé d'épouser leur chef Attila, et donc d'abjurer sa foi. Elle est massacrée, criblée de flèches par les Huns qui assiégaient Cologne, ainsi que ses suivantes vierges, au nombre de onze mille.

Le dictionnaire de l’argot des typographes de 1883 prétend que c’est une coquille qui transforma le prénom de sa suivante Undecimille en undecim millia (latin pour « onze mille »)[2].

Impact de la légende[modifier | modifier le code]

Le martyre de Sainte Ursule, art allemand du XVIe siècle

L’importance donnée à cette légende dans la chrétienté du Moyen Âge explique les onze flammes ornant le blason de la ville de Cologne, dont sainte Ursule est la sainte patronne. Ses reliques sont vénérées dans la basilique qui porte son nom. Au XIIIe siècle, la Sorbonne l’adopta comme patronne, imitée en cela par l’université de Coimbra au Portugal et celle de Vienne en Autriche. Elle est aussi la patronne des drapiers, son manteau ayant été considéré comme miraculeux. Elle est l’objet d’une iconographie importante et a notamment inspiré le peintre Carpaccio.

Sainte Ursule est également connue pour sa vertu. Elle fut longtemps invoquée en temps de guerre pour obtenir une bonne mort, un bon mariage, mais aussi comme protectrice des jeunes filles. À ce titre, elle est la sainte protectrice de l’ordre des Ursulines qui inspira sainte Ursule Ledochowska, canonisée le 18 mai 2003, connue pour avoir fondé la congrégation des « Ursulines du cœur de Jésus agonisant » (ou « Ursulines grises ») au début du XXe siècle.

La légende des onze mille vierges inspira les noms donnés à l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon (anciennement dénommé « archipel des onze mille Vierges »), aux îles Vierges des Caraïbes : îles Vierges britanniques et îles Vierges américaines, ainsi qu'au Cap des Vierges, à l'embouchure orientale du détroit de Magellan.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Les représentations prennent souvent la forme de cycles narratifs montrant de nombreux épisodes de son histoire. Les attributs de sainte Ursule sont la couronne, les flèches, un bateau, un groupe de pèlerins. Elle est souvent représentée avec un ample manteau sous lequel elle protège ses compagnes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Rouche, Attila, la violence nomade, 2009, Fayard, (ISBN 2-07-030903-7), pp. 372-373
  2. (fr) Dictionnaire de l'argot des typographes 1883 suivi d’un choix de coquilles typographiques célèbres et curieuses, par Eugène Boutmy, correcteur d'imprimerie, Flammarion et Marpon, Paris, 1883, Texte intégral sur Wikisource.

Acta Sanctorum, octobre, IV, 73.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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