Cathédrale Sainte-Marie de Hildesheim

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Cathédrale Sainte-Marie et église Saint-Michel d'Hildesheim *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Tour et portail ouest
Tour et portail ouest
Coordonnées 52° 08′ 56″ N 9° 56′ 50″ E / 52.14889, 9.9472 ()52° 08′ 56″ Nord 9° 56′ 50″ Est / 52.14889, 9.9472 ()  
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Subdivision Hildesheim, Basse-Saxe
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii)
Superficie 0,58 ha
Zone tampon 158 ha
Numéro
d’identification
187
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1985 (9e session)
Plan de la cathédrale
Plan de la cathédrale
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

La cathédrale Sainte-Marie de l'Ascension de Hildesheim est la cathédrale du diocèse de Hildesheim. Sa première construction fut commencée en 872. Presque entièrement reconstruite dans les années 1950 dans son style roman d'origine, ses murs et son trésor sont désormais inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction[modifier | modifier le code]

La cathédrale Sainte-Marie de Hildesheim fut commencée en 872 sous le règne de l’évêque Alfred. Du XIe siècle au XIVe siècle se succédèrent de multiples extensions, sans toutefois remettre en question le plan original de l'évêque Alfred.

La cour entourant encore aujourd'hui la cathédrale souligne le plan bernardin de cette cathédrale fortifiée.

Bombardement de la Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la cathédrale fut presque entièrement détruite et fut reconstruite entre 1950 et 1960. On ne reproduisit pas les transformations baroques qu'avait connues l'édifice, préférant revenir à l'architecture romane primitive. En prévision du jubilé des 1200-ans du diocèse, en 2015, on envisage une rénovation des façades et quelques transformations.

Le rosier millénaire[modifier | modifier le code]

Le site de la cathédrale est célèbre par une curiosité que l'on peut voir à l'extérieur des bâtiments : le « rosier millénaire ». Cet églantier pousse contre une abside (contenant une chapelle gothique de 1321, dite « chapelle Sainte-Anne »), dans la cour intérieure du cloître. On n'a pu jusqu'ici estimer l'âge exact de ce rosier. La tradition locale évoque l'année 815.

On raconte qu'un jour, l'empereur Louis le Pieux aurait fait dire une sainte messe au cours d'une chasse au milieu des bois. Le reliquaire de la Vierge, emporté pour l'occasion, aurait été suspendu au rameau d'un églantier. Mais une fois la messe terminée, il n'était plus possible de détacher le reliquaire de l'arbuste. L'empereur y aurait vu un signe selon lequel c’est à cet endroit même, et non, comme on l’avait prévu, à Elze qu’il fallait fonder le nouvel évêché et qu’il fallait le mettre sous la protection de la Vierge Marie, dont la Rose est le symbole.

Toujours est-il que la présence de ce rosier sauvage est attestée sans interruption sur ce mur depuis au moins quatre siècles.

Vue du nord-ouest.
L'aile nord de la cathédrale
La nef vers l'est.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en 1945, des bombes explosives et incendiaires endommagèrent l'abside de la cathédrale et par conséquent le rosier. Du massif il ne subsistait sous les décombres qu'un pied en partie carbonisé : il semblait que c'en soit fini de l'antique arbuste. Mais les racines du rosier étaient pour l'essentiel intactes. Peu de temps après, elles rejetaient de nouveaux pieds. Depuis, on signale les jeunes rameaux du « rosier millénaire » apparus dans l'année avec des pendentifs réfléchissants. Lorsque les habitants de Hildesheim découvrirent que le rosier donnait de nouvelles branches, ils y virent naturellement un heureux présage, et firent de cet arbuste un symbole de leur ville. Le rosier d’Hildesheim passe pour le plus vieux du monde.

Décoration intérieure et trésor[modifier | modifier le code]

La cathédrale a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985.

Les bronzes de l'évêque Bernard (993–1022) sont mondialement connus :

  • Les vantaux de la porte saint-Bernard, datés de 1015 (avec une représentation de l'histoire du saint homme)
  • les Colonnes du Christ de 1020 (représentant l'évangile)
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Parmi les autres objets précieux, on trouve :

  • le lustre d’Hettilo, un lustre en couronne du XIe siècle (dans le transept, figurant la Jérusalem céleste)
  • la châsse de saint Épiphane de Pavie et des patrons de la cathédrale sur le maître-autel
  • la châsse de Saint Gothard dans la crypte
  • la Croix de saint-Bernard ainsi que de précieux reliquaires et des ustensiles liturgiques, exposés dans le musée diocésain
  • les fonts baptismaux en bronze de 1225 (style roman tardif)
  • La madone-encrier gothique au pilier sud-ouest du transept.
  • Parmi les réalisations intéressantes de l'après-guerre, il y a lieu de mentionner le vitrail de la Sainte-Vierge dans le chœur (Marie entourée de la Lune et des Étoiles, évocation de Ap 12) et la mosaïque de l'abside, qui commémore le bombardement de Hildesheim et l'incendie proprement apocalyptique qui s'ensuivit. Au-dessus on peut lire le psalmiste (Ps 104 30) Renovabis faciem terrae, halleluja...tu renouvelles la surface du sol, alleluia.

Cloches[modifier | modifier le code]

La cloche saint-Nicolas dans le narthex nord.

La cathédrale s'enorgueillit d'un carillon de sept cloches, dont la petite « Saint-Nicolas » (Nikolausglocke) installée dans le narthex nord ; les autres cloches sont montées sur deux chaises d'appui dans la tour occidentale. La flèche conservera ses cloches lors de la restauration de la cathédrale.

Nom Année de fonte Fondeur, atelier Diamètre
(mm)
Poids
(kg)
Fondamental
(16e)
Suspente
1 Canta Bona 1960 Friedrich Wilhelm Schilling, Heidelberg 2300 8686 fa0 +4 inférieure
2 Saint-Apôtre 1765 Johann Martin Roth, Mayence 1940 4895 la\flat0 +6 inférieure
3 Saint-Bernard 1960 Friedrich Wilhelm Schilling, Heidelberg 1698 3366 si0 +4 inférieure
4 Saint-Gothard 1960 Friedrich Wilhelm Schilling, Heidelberg 1500 2278 do1 +4 supérieure
5 Saint-Épiphane 1960 Friedrich Wilhelm Schilling, Heidelberg 1260 1343 \flat1 +6 supérieure
6 Sainte-Cécile 1960 Friedrich Wilhelm Schilling, Heidelberg 1060 1068 fa1 +4 supérieure
Saint-Nicolas 1766 Johann Martin Roth, Mayence 950 550 la\flat1 +2 (Narthex nord)
Inscription
1 CANTATE DOMINO CANTICUM NOVUM QUIA MIRABILIA FECIT SANCTA MARIA CANTA BONA NOBIS! – Auxilio Matris D.N.J.Ch. confidens me fudit F.W. Schilling Heidelbergensis Anno Domini MCMLIX
(« Entonne un nouveau chant pour le Seigneur, car il a accompli un miracle. Sainte Marie chante pour nous la bonne nouvelle! En action de grâce pour la Sainte Vierge, F.W. Schilling d’Heidelberg m’a coulée en l'an du Seigneur 1950 »)
2 Johann Martin Koch de Mayence m'a coulée à Hildesheim l'an 1765, APOSTOLIS PETRO ET PAULO COMPATRONIS HILDESIENSIBUS
(« Aux saints tutélaires d’Hildesheim les apôtres Pierre et Paul »)
3 SIT PIA PAX ET VOS AMEN CANITE SANCTE BERNWARDE ORA PRO NOBIS
(« Règne la paix du Seigneur chantez Amen Saint Bernard priez pour nous »)
4 STERNE RESISTENTES/STANTES REGE/TOLLE JACENTES. SANCTE GODEHARDE ORA PRO NOBIS
(« Accable les rebelles/Guide les hommes droits/Relève ceux qui sont à terre. Saint Gothard prie pour nous »)
5 EPIPHANIUS PACIFICATOR PATRONUS EPIPHANIAM DOMINI NUNTIAT. SANCTE EPIPHANI PRECARE PRO NOBIS
(« Épiphane, père consolateur, annonce la résurrection du Seigneur. Saint Épiphane prie pour nous »)
6 CANTANTIBUS ORGANIS CAECILIA DOMINO DECANTANBAT! SANCTA CAECILIA ADJUVA NOS
(« Derrière le timbre de l'orgue Sainte Cécile chantait le Seigneur! Sainte Cécile, aide-nous »)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walter Wulf, Saxe romane, pp. 233 et 269-278, Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°85), La Pierre-qui-Vire, 1996 (ISBN 2-7369-0219-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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