Bram Van Velde

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Bram van Velde and Peter Bramsen (1969) by Erling Mandelmann.jpg

Bram (Abraham Gerardus) van Velde (19 octobre 1895 à Zoeterwoude, près de Leyde - 28 décembre 1981 à Grimaud) est un peintre néerlandais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Sa mère, Catharina von der Voorst (1867-1949) est la fille illégitime d’un comte; son père, Willem van Velde (1868-1914), possède une petite entreprise de transport fluvial sur le Rhin. Bram est le second enfant (sa sœur Cornelia naît en 1892, Geer, qui sera également peintre, et Jacoba en 1898 et 1903). En faillite et après de graves difficultés, le père abandonne les siens. Sa famille, qui aura plusieurs domiciles, à Leyde, Lisse, puis La Haye, connaît une terrible misère qui marquera profondément Bram. Quelques bonheurs sont liés à la peinture: à l’âge de cinq ans, l’enfant reçoit sa première boîte de crayons.

Débuts en peinture[modifier | modifier le code]

Entré en 1907 comme apprenti dans la firme de peinture et de décoration intérieure Schaijk & Kramers, à La Haye, il est encouragé dans son art par Eduard H. Kramers et son fils Wijnand, collectionneurs et amateurs sensibles à son talent. Ceux-ci seront régulièrement ses mécènes jusque vers 1934. Bram est réformé en tant que soutien de famille au début de la Première Guerre mondiale. Il poursuit son travail de peintre en bâtiment et décorateur, et s'inscrit au Mauritshuis de La Haye pour y copier les maîtres anciens.

En 1922, Kramers incite van Velde à voyager, peut-être pour se perfectionner et lui verse une petite rente. Celui-ci se rend à Munich (mai), puis se fixe au nord de Brême, à Worpswede (juin), où depuis les années 1890 existe une colonie d’artistes expressionnistes: ce court séjour (à peine plus de trois mois) déterminera chez van Velde son passage à la modernité. Il quitte cependant assez rapidement Worpswede pour s'installer à Paris, dans le quartier de Bellevue. Sa carrière décolle, et en février 1927 il se rend à Brême pour y exposer ses œuvres. Il enchaîne en avril sur la Jury-Freie Kunstschau de Berlin, et est admis, ainsi que son frère Geer, au Salon des indépendants, à Paris, où ils exposeront plusieurs fois de (1928 à 1932, en 1940 et 1941). Il va à Chartres en compagnie d’Otto Freundlich, et découvre à cette époque Matisse, probablement chez Paul Guillaume. Rencontre essentielle pour son œuvre, tout comme, au cours des années à venir, celle de Picasso.

Le 6 octobre 1928, van Velde épouse Lilly (Sophie Caroline) Klöker (1896-1936), peintre allemande qu'il fréquentait probablement depuis Worpswede. Après la crise de 1929, les conditions de vie se durcissent pour le couple, qui décide de s'installer en Espagne. En septembre 1932, ils sont à Majorque. La guerre civile espagnole éclate en 1936, Lilly meurt à l'hôpital et van Velde est rapatrié sur un bateau de guerre à Marseille, avec quelques toiles. Il rejoint Paris et s'installe chez Geer, puis rencontre Marthe Arnaud, ancienne missionnaire luthérienne au Zambèze, qui deviendra sa compagne. Par l'intermédiaire de celle-ci, il rencontre Samuel Beckett, qui deviendra son ami. Interpelé en 1938 dans la rue alors qu'il parlait allemand avec Marthe, il est brièvement emprisonné parce que ses papiers ne sont pas en règle. Van Velde fera quelques autres séjours en prison dans les années qui suivront.

C'est en 1939 que l'artiste crée son propre langage plastique, avec la première de trois grandes gouaches qui fonderont l’autonomie de son art. Il arrête de peindre en 1941 (il n'a «plus la force de poursuivre (son) œuvre», selon ce qu’il écrira vers 1945 à un collectionneur néerlandais), pour ne reprendre que vers l'automne 1945. Sa première exposition personnelle ouvre le 21 mars 1946 à Paris à la Galerie Mai de Marcel Michaud avec 25 peintures, la quasi-totalité de son œuvre. C'est un échec. Premier texte de Beckett sur van Velde dans Cahiers d'art de Christian Zervos. En 1947, il signe un contrat avec la Galerie Maeght de Paris, et en 1948 expose chez Kootz à New York - un nouvel échec commercial, malgré une bonne critique de Willem de Kooning. Après une nouvelle absence d'acheteurs chez Maeght, il s'arrête de peindre pendant une année, puis Maeght rompt son contrat en 1952 après encore un nouvel échec, tout en conservant son stock d'œuvres. En 1958, Franz Meyer organise la première exposition de musée de Bram van Velde, sa rétrospective à la Kunsthalle de Berne. Le couple Bram-Marthe quitte Paris cette même année, mais Marthe décède l'année suivante (11 août), renversée par une voiture justement lors d'un passage à Paris. Bram fait la connaissance à Noël 1959 de Madeleine, à Genève, qui sera sa nouvelle compagne.

Reconnaissance tardive[modifier | modifier le code]

Dès 1961, le rythme des expositions s'accélère, son niveau de vie s'en ressent. Un premier film de Jean-Michel Meurice est tourné sur sa vie. Van Velde oscille entre Paris et Genève, où il commence à peindre avant de s'y installer en 1967. La France le nomme chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1964, les Pays-Bas lui décernent l’ordre d’Orange-Nassau en 1969. En 1973, il peint à La Chapelle-sur-Carouge quelques grandes gouaches qui sont comme un dernier déploiement « sauvage » de la couleur dans son œuvre. Aimé Maeght le reprend alors dans sa galerie, près de vingt ans après l’avoir congédié. En 1975, c'est au tour des sociétés académiques de Belles-Lettres de Lausanne, Genève et Neuchâtel de lui remettre à Rolle le Prix de Belles-Lettres, et en 1980 il est fait chevalier de l’ordre du Faucon islandais. Son quatre-vingtième anniversaire s’accompagne, lui, d’un hommage collectif (Fata Morgana, Montpellier).

Bram collabore au début 1981 à la revue d'art TROU (Nr. 2), pour laquelle il crée une estampe originale pour illustrer les 100 premières impressions. On trouve dans le même numéro des créations de Charles Juliet, Fred-André Holzer, Michel Butor, Alexandre Voisard et Nello Finotti.

Bram van Velde décède le 28 décembre 1981 à Grimaud, près de Saint-Tropez et est enterré à Arles. Son mentor et ami Jacques Putman, qui l'aura soutenu depuis son départ de chez Maeght et pendant le reste de sa carrière, meurt le 27 février 1994 à Paris; il repose auprès de lui.

Source[modifier | modifier le code]

  • Rainer Michael Mason, Bram van Velde 1895-1981; Rétrospective du Centenaire, catalogue d’exposition, avec quinze contributions d'auteurs divers, Genève 1996, Musée Rath (Musée d'art et d'histoire), pp. 305-307.

Expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Bram Van Velde par Jacques Putman, Le Musée de Poche, Paris, 1958.
  • Bram Van Velde, monographie. Textes : Georgina Oliver, images : Félix Rozen. Borgen. Copenhague, 1983 (édition limitée : 1000 ex.).
  • Bram van Velde, monographie, Textes et témoignages de Rainer Michael Mason, Samuel Beckett, Georges Duthuit, Charles Juliet..., Centre Pompidou, Paris, 1989, 260 p. (ISBN ISBN 2-85850-528-4).
  • Bram et Geer van Velde. Deux peintres, un nom, catalogue de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Lyon (17 avril-2 août 2010), sous la dir. de Rainer Michael Mason et Sylvie Ramond, Hazan, Lyon, 2010, 300 p. (ISBN 9782754104845)
  • Celui qui ne peut se servir des mots. À Bram Van Velde, textes d’Alechinsky, Asse, Beckett, Blanchot, Bonnefoy, Butor..., Montpellier, Fata Morgana, 1975.
  • Samuel Beckett, Le Monde et le pantalon [1945-1946], suivi de Peintres de l'empêchement [1948], Paris, Minuit, 1991.
  • Samuel Beckett, Trois dialogues [Three Dialogues, 1949], traduit de l’anglais en partie par l’auteur, en partie par Édith Fournier, Paris, Minuit, 1998.
  • Marie Cosnay, Villa Chagrin, Lagrasse, Verdier, 2006.
  • Philippe Djian, Il dit que c'est difficile, avec des reproductions d'œuvres de Bram Van Velde, Paris, Flohic, 1998 (rééd. : Argol, 2012).
  • Charles Juliet, Rencontres avec Bram van Velde, Fata Morgana, Montpellier, 1978; P.O.L., Paris, 1998, 96 p., (ISBN 2-86744-663-5)
  • Roger Laporte, Bram Van Velde ou Cette petite chose qui fascine, Montpellier, Fata Morgana, 1980 (repris dans Études, Paris, P.O.L, 1991).
  • Bernard Lamarche-Vadel, Pour Bram Van Velde, avec un portrait de Bram Van Velde par Keiichi Tahara, Trans-en-Provence, éd. Unes, 1983.
  • Hubert Lucot, Bram ou Seule la peinture, Paris, Maeght éditeur, coll. « Chroniques anachroniques », 1994.

Philatélie[modifier | modifier le code]

En hommage à Bram van Velde un timbre reproduisant l'une de ses œuvres est émis par les Postes françaises en 1987 (valeur de 5F).

Liens externes[modifier | modifier le code]