Carouge

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Carouge
Blason de Carouge
Héraldique
Place de l'Octroi.
Place de l'Octroi.
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Genève
Maire Stéphanie Lammar
NPA 1227 (Carouge)
1227 (Les Acacias)
N° OFS 6608
Démographie
Gentilé Carougeois, Carougeoise
Population 20 630 hab. (31 décembre 2013)
Densité 7 641 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 11′ 00″ N 6° 08′ 00″ E / 46.183349, 6.13332146° 11′ 00″ Nord 6° 08′ 00″ Est / 46.183349, 6.133321  
Altitude 393 m (min. : 379 m) (max. : 424 m)
Superficie 270 ha = 2,7 km2
Divers
Nom officiel Carouge (GE)
Langue Français
Localisation

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Carouge
Liens
Site web www.carouge.ch/
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Carouge est une ville et une commune suisse du canton de Genève.

Géographie[modifier | modifier le code]

La place du marché de Carouge.

Carouge jouxte la ville de Genève, dont elle est séparée par la rivière Arve, et fait partie de la République et Canton de Genève depuis 1816. Elle est réputée pour le quartier du « vieux Carouge », qui garde un certain charme et où les terrasses des bistrots sont très courues lorsque les beaux jours reviennent.

Selon l'Office fédéral de la statistique, Carouge mesure 2,7 km2[2]. 84,9 % de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructure, 4,9 % à des surfaces agricoles, 8,7 % à des surfaces boisées et 1,5 % à des surfaces improductives.

Carouge comprend les localités de Les Acacias et Pinchat. Elle est limitrophe de Genève, Veyrier et Lancy.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une naissance tardive[modifier | modifier le code]

La commune de Carouge est également surnommée la « cité sarde » du fait de son passé.

En effet, c'est le Traité de Turin[3] du 3 juin 1754 entre la République de Genève et le Royaume de Sardaigne qui marque la naissance de Carouge. L'accord met fin à d'incessantes querelles entre la maison de Savoie et la cité de Calvin au sujet de la mosaïque de terrains le long de l'Arve, où il est bien difficile de faire respecter la légitimité des juridictions respectives.

Après de longues et laborieuses négociations, les deux parties s'orientent vers un échange de terres. Genève cède 6 973 poses de terres, verse 50 000 écus au royaume et obtient en échange 5 357 poses. Carouge devient sarde. L'accord favorise plutôt la maison de Savoie. Même si Carouge n'est alors qu'un hameau de quelques maisons et auberges, il se trouve néanmoins dans une situation idéale, de l'autre côté de la rivière, à peine à quelques encablures de la cité[4].

Le développement rapide[modifier | modifier le code]

Profitant des ressources que lui apporte sa puissante voisine, Carouge se développe rapidement. En 1766, elle compte déjà 36 établissements de vin, industrie florissante, mais aussi contrebandière, qui n'est guère affaiblie par les royales gabelles[5]. C'est toutefois seulement vers 1770 qu'un véritable projet politique et économique voit le jour sous la houlette de Pierre-Claude de la Fléchère, comte de Veyrier, représentant local de la noblesse savoyarde. Cet homme, qui avait fort bien compris la situation géostratégique exceptionnelle du territoire, ne tarde pas à solliciter de Victor-Amédée III des privilèges permettant à Carouge de se développer, notamment en faisant appel à des étrangers[6]. En 1777, Carouge obtient deux foires annuelles et un marché hebdomadaire. Sa population dépasse le millier d'âmes.

Capitale de province sarde[modifier | modifier le code]

Par l'édit du 2 mai 1780, Carouge devient la capitale de la province du même nom qui comptabilise environ 37 000 habitants. Le bourg devient rapidement une cité royale et, le 31 janvier 1786, reçoit son blason (un lion au pied d'un arbre) pour être érigée en « ville » par lettres patentes du roi. Sa population dépasse alors les 3 000 habitants[7].

Un îlot de tolérance[modifier | modifier le code]

Vue partielle du cimetière juif de Carouge

La singularité de Carouge réside essentiellement dans la mise en place d'une politique libérale qui est largement appuyée par le pouvoir turinois. Non seulement ce dernier accorde des privilèges particuliers, et uniques dans le royaume, à la cité carougeoise, mais accepte aussi la venue en nombre d'étrangers de toutes origines et appartenances religieuses afin de favoriser l'essor économique de la province.

C'est ainsi que les francs-maçons font leur apparition à Carouge en 1777[8], suivis en 1779 de protestants qui obtiennent la tolérance civile et religieuse en 1783[9]. Enfin, en 1779, des Juifs, originaires d'Alsace principalement, s'installent également[10]. Pierre-Claude de La Fléchère et l'Intendant général Giovanni-Battista Foassa-Friot ont largement contribué à la mise en place de cette politique, plutôt novatrice pour l'époque[11].

Le 27 août 1787, Victor-Amédée III proclame un édit de tolérance, permettant notamment aux Juifs de bénéficier de l'application du droit commun et de jouir d'une totale liberté de culte, cas rarissime dans l'histoire de l'Europe[12]. Les francs-maçons auront leur loge, les protestants leur temple et les Juifs leur synagogue, ainsi qu'un cimetière confessionnel (Cimetière juif de Carouge) situé le long de l'actuelle rue des Tireurs de Sable.

En 1789, peu avant sa mort, Pierre-Claude de la Fléchère suggère au pouvoir turinois d'accepter la venue à Carouge de musulmans et de leur autoriser la création d'une mosquée[13]. Cette ultime vision du Comte de Veyrier ne verra pas le jour : Carouge, bientôt française, doit abandonner sa politique libérale.

Une ville sous occupation française[modifier | modifier le code]

En 1789, les effets de la Révolution française se font sentir. Pour prévenir toute perturbation, la garnison de la ville passe de 144 à 650 hommes. La mesure rassure quelque temps, mais les jours de Carouge la Sarde sont désormais comptés[14]. Le 2 octobre 1792, les troupes françaises en marche pour leur "Campagne d'Italie", pénètrent sans résistance dans la province de Carouge et l'annexent au nouveau "département du Mont-Blanc" dont Chambéry est désigné pour en devenir le "chef-lieu", puis au tout nouveau "département du Léman" créé en 1798 dont Genève, elle aussi occupée puis annexée, devient la "préfecture"[15]. Carouge restera ainsi sous occupation française jusqu'à sa libération par les Autrichiens en septembre 1814.

Elle fut "chef-lieu de district" de 1792 à 1795.

Une ville suisse[modifier | modifier le code]

Après une période mouvementée pendant laquelle Carouge redevient sarde par le traité de paix du 30 mai 1814, se trouvant ensuite brièvement réoccupée par les français durant les "100 jours" du retour de Napoléon, puis à nouveau sarde (après la victoire de l'Europe à Waterloo suivie de la reddition et de la capitulation française sans conditions), la ville est finalement cédée par le Duc de Savoie Roi de Sardaigne à la République et nouveau canton de Genève par le traité de Turin du 16 mars 1816, ainsi que 19 autres communes du Duché de Savoie en contrepartie de la neutralité helvétique sur les zones franches de Savoie. 12 communes françaises[16] seront aussi cédées par la France au nouveau Canton suisse de Genève, mais au titre de dommages de guerre imposés pour ces dernières. Le canton avait rejoint la Confédération suisse à l'occasion des traités de Paris en 1814 et de Vienne en 1815[17]. Cette cession est accompagnée d'une petite zone exempte de douanes sardes. Une des places de Carouge s'appelle d'ailleurs toujours « place de Sardaigne ».

Carouge contemporaine[modifier | modifier le code]

Le premier tramway (qu'on nommait alors « chemin de fer américain ») de Suisse est mis sur pied sur la ligne Carouge-Place Neuve, aujourd'hui le plus ancien tronçon d'Europe encore en service[réf. nécessaire]. Ainsi, après Paris, Birkenhead (banlieue de Liverpool) et Londres, Carouge et Genève possèdent des voitures sur rail, tirées par des chevaux. La traction hippomobile fut remplacée par la vapeur dès 1878, puis électrifiée dès 1894. La « ligne 12 » est créée dans les années 1900 et relie les deux villes savoyardes de Saint-Julien-en-Genevois et d'Annemasse en traversant le canton de Genève. De 1995 à 2011, le tram 13 traverse également la commune, de 2007 à 2011, le tram 14 relie Carouge au quartier des Avanchets et à la ville de Meyrin et, depuis 2014 le tram 18 relie Carouge au CERN.

Vue depuis le Pont de Carouge, l'Arve et le Mont Salève.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon l'Office fédéral de la statistique, Carouge compte 20 630 habitants fin 2013[1]. Sa densité de population atteint 7 640,7 hab./km2.

Le graphique suivant résume l'évolution de la population de Carouge entre 1850 et 2008[18] :

Monuments[modifier | modifier le code]

Les archives communales de Carouge sont inscrites comme bien culturel suisse d'importance nationale[19].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

- E.-H. Gaullieur, Annales de Carouge, 1857

- E. Ginsburger, Histoire des Juifs de Carouge, 1923

- A. Brulhart, E. Deuber-Pauli, Ville et canton de Genève, 1985, 287-301 (21993)

- P. Guichonnet, Carouge, ville royale, <1985>

- D. Zumkeller, édition Des hommes, une ville: Carouge au XIXe siècle, 1986

- Ch. Bonnet et autres, Carouge, 1992

- Dictionnaire carougeois, 1994

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le sexe, l'état civil et le lieu de naissance », sur Office fédéral de la statistique.
  2. a et b « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  3. Alfred Dufour, Histoire de Genève, p. 94, Que sais-je no 3210, PUF
  4. Raymond Zanone, Cap sur l’histoire de Carouge, Dumaret et Golay, Carouge, 1983, p. 48-49.
  5. Claudius Fontaine, Recherches historiques sur Carouge, H. Mehling, Genève, 1857, p. 144-150 ; Raymond Zanone, op. cit., p. 49 et suivantes.
  6. Eusèbe-Henri Gaullieur, Annales de Carouge, éditions Slatkine, Genève, 1982, p. 33, (réimpression de l’édition de Joel Cherbuliez, Genève, 1857).
  7. André Corboz, Invention de Carouge, Payot, Lausanne, 1968, p. 359
  8. Les Trois temples, Loge des trois temples à l’Orient de Carouge, 1788-1988, plaquette commémorative – 200e anniversaire de la création de la Loge, Carouge, 1988, p. 15-20. ; reproduite sur le site de la Loge Les Trois Temples.
  9. Eusèbe-Henri Gaullieur, op. cit. p. 67 et suivantes.
  10. Laurence Leitenberg, Population juive de Carouge de 1780 à 1843, Mémoire de licence d’histoire économique et sociale, université de Genève, 1992, Annexes I et II, Recensement de la population juive
  11. Jean Plançon, Histoire de la Communauté juive de Carouge et de Genève, volume 1, de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle, Slatkine, Genève, 2008. Cet ouvrage comporte des éléments biographiques sur ces deux personnages.'
  12. Archives départementales de Haute-Savoie (ADHS), période Sarde, série C, ICI-16, correspondance no 122, lettre du 15 août 1787 du Ministre Giuseppe Corté au Gouverneur général à Chambéry.
  13. René-Louis Piachaud, Œuvres complètes, tome II, Slatkine, Genève, 1982, lettre de M. de la Fléchère adressée à son frère M. le Comte de Châtillon le 13 mars 1789, p. 296.
  14. Raymond Zanone, op. cit. p. 76-77
  15. Raymond Zanone, op. cit. p. 83
  16. Raymond Zanone, op. cit. p. 90-91
  17. article 75 de l'Acte final du Traité de Vienne
  18. [zip] « Evolution de la population des communes 1850-2000 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 13/01/2009)
  19. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Genève