Armée rouge japonaise

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Nihon Sekigun
Armée rouge japonaise, Brigade internationale anti-impérialiste
Idéologie Communisme
Marxisme-léninisme
Anti-impérialisme
Anti-sionisme
Objectifs Révolution mondiale
Statut Dissoute
Fondation
Date de formation 1971
Pays d'origine Japon
Fondé par Fusako Shigenobu
Actions
Mode opératoire Attentat à la bombe, détournement d'avion, prise d'otage
Victimes (morts, blessés) 195 morts / 110 blessés[réf. nécessaire]
Zone d'opération Japon, Asie, Moyen-Orient, Europe
Période d'activité 1971-1988
Organisation
Chefs principaux Fusako Shigenobu, Yukiko Ekita, Osamu Maruoka
Membres 40 membres, 100 sympathisants
Financement Hold-up, FPLP
Groupe relié Ligue communiste japonaise
Fraction armée rouge
Brigade internationale anti-impérialiste
Front populaire de libération de la Palestine
Front démocratique anti-guerre
Brigade de la Guerre sainte
Nouvelle Armée du Peuple
Répression
Considéré comme terroriste par États-Unis
Japon

L'Armée rouge japonaise (日本赤軍, Nihon Sekigun?, ou JRA, acronyme international pour Japanese Red Army) est un groupe armé d'extrême gauche japonais issu de la Nouvelle gauche et fondé par Fusako Shigenobu en février 1971, après s'être séparé de la Ligue communiste japonaise - Fraction armée rouge.

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis[1].

Le groupe comptait environ quarante membres et une centaine de sympathisants à son apogée et était l'un des groupes terroristes les plus craints dans le monde[2]. Les objectifs de la JRA étaient de renverser le gouvernement japonais et sa monarchie parlementaire et de commencer une révolution mondiale.

La JRA avait des liens étroits avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Dans les années 1980, la JRA n'était plus active au Japon et était presque entièrement dépendante du FPLP pour son financement, son entraînement et son armement.

La JRA est également connue sous les noms de Brigade internationale anti-impérialiste, Nippon Sekigun, Nihon Sekigun, Brigade de la guerre sainte et Front démocratique anti-guerre.

Historique

27 mai 1968, création du Comité de lutte inter-campus de l'Université Nihon. Cet événement fait suite à la montée progressive d'un sentiment de défiance des étudiants vis-à-vis du gouvernement japonais qui peut s'expliquer par les événements historiques suivants: le 15 juin 1960 alors que 100 000 personnes manifestent devant le bâtiment de l'Assemblée nationale contre le traité de sécurité nippo-américain, Michiko Kanka une étudiante de 22 ans de l'Université de Tokyo est tuée. En juillet 1966, le gouvernement japonais décide de construire un aéroport international à Sanrizuka (ville de Narita, préfecture de Chiba) et ordonne aux habitants de déménager. Le 8 octobre 1967, en tentant d'empêcher le premier ministre Satō d'aller au Viêt Nam où des troupes japonaises sont engagés auprès de l'armée américaine, les manifestants se heurtent aux forces de police. hiroaki Yamazaki étudiant de 19 ans de l'Université de Kyoto est tué. Le 15 avril 1968, la révélation d'un détournement de 2 milliard de yen par l'administration de l'université Nihon provoque un scandale.

23 mai 1968. Première manifestation au sein de l'Université Nihon qui débouche sur la création d'un comité de lutte inter-campus à l'université Nihon.

20 octobre 1968, le ministère de la défense est assiégé par le syndicat des étudiants socialistes.

21 octobre 1968; journée internationale contre la guerre. Émeutes à Shinjuku résultant de manifestations contre le réapprovisionnement en essence des avions américains à la base aérienne de Yokota. 734 arrestations.

18 janvier 1969, 8 500 policiers prennent d'assaut le Hall Yasuda de l'université de Tokyo pour lever les barricades mises en place par les étudiants.

28 avril 1969, jour d'Okinawa. 100 000 personnes manifestent en faveur de la rétrocession d'Okinawa et de l'annulation du traité de sécurité nippo-américain. 956 personnes sont arrêtées.

28 août 1969, création de la Faction Armée Rouge lors d'un rassemblement à l'auberge de jeunesse de Jogashima.

21 octobre 1969, journée internationale contre la guerre. Affrontement entre étudiants à Shinjuku. 1 505 arrestations.

5 novembre 1969, 53 membres de la Faction Armée Rouge sont arrêtés alors qu'ils s'étaient réfugiés à Daibosatsu Toge pour y recevoir un entrainement militaire.

16 novembre 1969, manifestation contre la visite du premier ministre Satō aux États-Unis. Arrestation de 2 093 personnes.

15 mars 1970 Takaya Shiomi chef de FAR est arrêté.

31 mars 1970, 9 membres de la FAR menés par Takamaro Tamiya détournent un avion de la compagnie aérienne japonaise vers la Corée du Nord.

7 juin 1970, Hiroyuki Takahara et 200 autres membres de la FAR sont arrêtés.

18 décembre 1970, trois militants d'une branche séparatiste du Parti Communiste Japonais sont arrêtés. La Fraction Révolutionnaire de Gauche prend d'assaut un commissariat de police à Kamiakatsuka dans le quartier d'Itabashi à Tokyo. un des militants est tué.

En 1971, l'Armée rouge unie (Rengō Sekigun ou United Red Army) est créée par la fusion des restes de la Fraction armée rouge et d'un groupuscule, le Keihin Joint Struggle Commitee against the US-Japan Security Treaty (Keihin Anpo Kyoto). Les premiers apportaient des capitaux financiers (volés aux banques et aux postes durant le mois de février 1971) tandis que les autres, anciens membres expulsés du Parti communiste, apportaient des armes (volés dans une armurerie le 17 février 1971).

Après le célèbre détournement, en mars 1970, d'un avion de la JAL vers la Corée du Nord, et à la suite de la vague d'arrestations, notamment celle de Fusako Shigenobu, Nihon Sekigun se déploie au Moyen-Orient. Relâchée en 1971, Fusako part au Liban où le groupe trouvera un appui auprès du Front populaire de libération de la Palestine. Pendant un temps, le mouvement prendra le nom d'Armée Rouge arabe. C'est sous ce nom que sera revendiqué le massacre de l'aéroport de Lod en Israël.

En 1972, Rengō Sekigun pratique une purge violente de ses membres (quatorze personnes en sont victimes) avant de subir un large coup de filet des forces de police japonaises : la plupart des membres sont arrêtés. Par la suite, le sectarisme prononcé du mouvement entache sa légitimité et nuit au recrutement de nouveaux membres. À partir de 1974, c'est l'Armée rouge japonaise qui prédomine.

La période d'activité de l'Armée rouge japonaise s'étendra principalement de 1970 à 1977.

À partir des années 1980, en raison du manque de soutien, le mouvement renonce à la lutte armée et s'engage dans la propagande. Mais ses membres continuent de s'entraîner militairement au Liban. En 1982, lors de l'attaque israélienne au Liban, l'Armée rouge perd ses bases de Beyrouth et doit se retirer dans la plaine de la Bekaa. À partir de 1986, sous le nom de Brigade internationale anti-impérialiste, des membres de l'Armée rouge revendiquent les attaques des ambassades occidentales.

Depuis les années 1990, le mouvement semble être en sommeil et certains évoquent l'hypothèse d'un déplacement vers l'Asie, et notamment la collaboration avec la guérilla communiste philippines, la Nouvelle Armée du Peuple. Les autorités japonaises surveillent tout signe de réapparition du mouvement.

Fusako Shigenobu est arrêtée en 2000.

14 avril 2001 Fusako Shigenobu annonce la dissolution de l'Armée Rouge japonaise.

30 mars 2002, Takao Himori ancien membre de l'ARJ s'immole dans le parc Hibiya en signe de protestation contre le meurtre et l'occupation de la Palestine en exprimant le souhait que les enfants palestiniens connaissent un jour la liberté.

La particularité de l'Armée rouge japonaise est d'avoir mélangé une dose de nationalisme japonais au marxisme-léninisme en y intégrant des éléments culturels propres, comme l'éthique samourai. Cette influence est en partie due au chef du mouvement, Fusako Shigenobu, dont le père, professeur de sciences, était militant d'un groupuscule d'extrême-droite avant de devenir membre du Parti communiste japonais.[réf. nécessaire]

Proche du Parti communiste japonais, l’Armée rouge japonaise militait avant tout pour des revendications sociales au niveau national, dans le cadre d'une vaste révolution mondiale.

Attentats

Dans les années 1970 et 1980, L'Armée rouge japonaise a commis un très grand nombre d'attentats dans le monde entier :

  •  : l'Armée rouge détourne un Boeing 727 d'un vol intérieur de la Japan Airlines à l'aéroport international de Tokyo. Huit membres de l'Armée Rouge brandissent des katanas et portent une bombe. L'avion doit voler jusqu'à Fukuoka puis vers l'aéroport de Gimpo de Séoul, où tous les otages sont libérés. Enfin, l'avion se rend en Corée du Nord, où les terroristes libèrent l'équipage. Tanaka est l'un des neuf membres de l'Armée Rouge à avoir été accusé de ce détournement mais il est le seul à avoir été condamné. Trois des complices de Tanaka meurent plus tard en Corée du Nord et cinq continuent d'y vivre. Selon l'Agence nationale de la police japonaise, un autre complice serait mort en Corée du Nord.
  •  : massacre de l'aéroport de Lod. L'attaque à la grenade et au pistolet-mitrailleur de l'aéroport israélien Lod Airport de Tel-Aviv a tué 26 personnes et en a blessé 80 autres. Deux des quatre terroristes se sont tués eux-mêmes avec les grenades. Certains pensent que cet acte a inspiré par la suite les attaques suicides palestiniennes.[réf. nécessaire]
  • Juillet 1973 : les membres de la JRA dirigent des combattants du FPLP dans le détournement d'un avion de ligne japonais de la compagnie Japan Airlines (JAL) au-dessus des Pays-Bas. Les passagers et l'équipage sont libérés en Libye, où les terroristes font exploser l'avion. 1 mort[3].
  • Janvier 1974 : incident de Laju. L'Armée rouge attaque une raffinerie de Shell à Singapour et prend cinq otages. Simultanément, le FPLP investit l'ambassade japonaise du Koweït. Les otages sont échangés pour une rançon et un sauf-conduit pour le Yémen dans un avion de la compagnie Japan Airlines.
  •  : l'ambassade de France de La Haye aux Pays-Bas est attaquée. L'ambassadeur et dix autres personnes sont prises en otage et trois policiers hollandais sont blessés par balles. Après de longues négociations, les otages sont libérés contre la libération d'un membre emprisonné de la JRA (Yatuka Furuya), 300 000 dollars et l'utilisation d'un avion. L'avion emporta les terroristes tout d'abord à Aden, au Sud-Yémen, où ils n'ont pas été acceptés puis en Syrie. La Syrie ne cautionna pas ces prises d'otage et força le groupe terroriste à abandonner leur rançon.
  • Août 1975 : l'Armée rouge prend plus de cinquante otages lors de la prise du consulat des États-Unis et de l'ambassade de Suède à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie. Parmi les otages se trouvent l'ambassadeur américain et le chargé d'affaires suédois. Les terroristes obtiennent la libération de cinq de leurs membres emprisonnés et s'enfuient avec eux par avion.
  • Septembre 1977 : l'Armée rouge pirate le vol 472 de la Japan Airlines au-dessus de l'Inde et le force à atterrir à Dacca au Bangladesh. Le gouvernement japonais libère six membres emprisonnés et paye une rançon de 6 millions de dollars.
  • Décembre 1977 : un membre de l'Armée rouge pirate le vol 653 de la Malaysia Airlines. Parmi les passagers se trouvait l'ambassadeur cubain à Tokyo, Mario Garcia. Le Boeing 737 s'écrasa en tuant tous les passagers après que le terroriste eut tué les pilotes et se fut suicidé.
  • Mai 1986 : l'Armée rouge attaque au mortier les ambassades du Japon, du Canada et des États-Unis à Jakarta en Indonésie.
  • Juin 1987 : l'Armée rouge attaque au mortier les ambassades des États-Unis et d'Angleterre à Rome en Italie.
  • Avril 1988 : l'Armée rouge attaque à la bombe un club pour militaires américains (USO) à Naples, en tuant cinq personnes.
  • Le même mois, Yu Kikumura est arrêté avec des explosifs sur l'autoroute New Jersey-Turnpike aux États-Unis, apparemment dans l'intention de commettre un attentat lié à celui contre l'USO. Il est condamné sur cette base.
  • L'Armée rouge lance une série de dix-sept attentats sur des bâtiments appartenant à des grandes compagnies, dont Mitsui & Co. et Taisei Corp, en blessant vingt personnes.

Membres

  • Haruo Wako, ancien leader, arrêté en février 1997.
  • Osamu Maruoka, ancien leader, arrêté en novembre 1987. Son arrestation dévoile l'existence d'une organisation entre le Japon et les Philippines, le Front démocratique anti-guerre.
  • Fusako Shigenobu, fondatrice et leader. Arrêtée en novembre 2000 à Osaka. Cette arrestation a été surprenante car l'on pensait qu'elle vivait au Liban. Shigenobu est accusée d'avoir orchestré les attaques, les enlèvements et les détournements d'avion. Elle a aidé à la planification de l'attentat de Lod Airport. Elle fut surnommée par les journalistes la « terroriste la plus crainte dans le monde ». La justice japonaise l'a condamnée à vingt ans de prison en février 2006[4].
  • Yu Kikumura a été arrêté avec des explosifs sur le New Jersey-Turnpike et a été condamné à vingt-deux ans de prison aux États-Unis.
  • Yoshimi Tanaka a été condamné à douze ans de prison pour un détournement d'avion qui s'était terminé en Corée du Nord.
  • Yukiko Ekita, une vieille activiste de la JRA, a été arrêtée en mars 1995 en Roumanie et a été extradée au Japon. Elle a été condamnée à vingt ans de prison pour des meurtres et des violations de la loi sur les explosifs lors d'une série d'attentats à la bombe contre des grandes compagnies en 1974 et 1975. Le procès de Ekita commença en 1975 mais fut suspendu lorsqu'elle sortit de prison en 1977. Sa libération faisait partie des négociations avec la JRA lors du détournement d'un avion japonais vers le Bangladesh.
  • Kozo Okamoto était l'un des membres impliqués dans l'attaque de l'aéroport israélien de l'aéroport de Lod en 1972, aujourd'hui appelé Aéroport International Ben Gourion. Il a été emprisonné en Israël après cette attaque. En mai 1985, il a été libéré lors d'un échange de prisonniers entre les forces palestiniennes et israéliennes. Il a par la suite été emprisonné trois ans au Liban pour avoir produit de faux visas et de faux passeports. Les autorités libanaises lui ont donné asile en 1999 car il combattait Israël.
  • Masao Adachi, Kazuo Tohira, Haruo Wako, et Mariko Yamamoto ont aussi été emprisonnés au Liban puis envoyés en Jordanie. Comme les autorités jordaniennes ont refusé de les laisser entrer, ils ont été envoyés au Japon. En janvier 2005, Yamamoto a été arrêté pour vol dans un supermarché à Tokyo.
  • Le gouvernement japonais espère pouvoir faire extrader de Corée du Nord de nombreux autres membres qui y ont trouvé refuge. Cette question est au cœur des difficultés diplomatiques entre Pyongyang et Tokyo.

Culture

Plusieurs films abordent ce sujet, notamment le film japonais United Red Army de Kōji Wakamatsu, sorti en 2008 et le documentaire libanais Ahmad Le Japonais, Lod-Roumié-Tokyo de Rabih El-Amine sorti en 1999.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Michaël Prazan, Les Fanatiques : Histoire de l'armée rouge japonaise, Seuil, 2002 (ISBN 2-0204-8686-5)
  • (en) William Farrell, Blood and Rage, The Story of the Japanese Red Army. Lexington Books, Lexington, Massachusetts, États-Unis (ISBN 0-6691-9756-4)
  • Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes Rebelles, éditions Michalon (ISBN 2-8418-6142-2)