Joan Fontcuberta

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Joan Fontcuberta

Naissance 24 février 1955 (59 ans)
Barcelone, Drapeau de l'Espagne Espagne
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagne
Activités Photographie
Formation Sciences de l'Information à l'Université autonome de Barcelone (1972-1977)
Mouvement artistique Photographie plasticienne
Récompenses Médaille David Octavius Hill (1988)
Chevalier des Arts et des Lettres (1994)
Prix national de la photographie (1998)
Prix national d'Essai (2011)
Prix Hasselblad (2013)

Œuvres réputées

La cámara de Pandora: la fotografí@ después de la fotografía (essai)

Joan Fontcuberta (né le 24 février 1955 à Barcelone) est un photographe contemporain espagnol d'origine catalane. Ses œuvres sont exposées au MoMA de New York[1], au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris[2].

Il gagne plusieurs prix de photographie, dont le Prix national de la photographie (1998), et il est fait Chevalier des Arts et des Lettres en 1994 pour son œuvre photographique ; mais également de littérature, avec le Prix national d'Essai en 2011 pour un essai sur la photographie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé en science de l'information, Joan Fontcuberta a été professeur à l'université Pompeu Fabra de Barcelone et à l'université Harvard de Cambridge. Il a fondé, en 1980, la revue Photovision.

Joan Fontcuberta a obtenu en 1998 le prix national de la photographie.

Tenant de la photographie plasticienne, depuis les années 1970, il est créateur, théoricien, critique, historien et enseignant - domaines dans lesquels il a publié de nombreux ouvrages. Il produit en particulier des images photographiques retravaillées via l'outil informatique. Il utilise tous les artifices possibles : photomontage, découpage, falsification de documents pour détourner la réalité.

Comme beaucoup d'autres photographes contemporains, il questionne par la photographie et dans ses textes le réel, la vérité photographique, la vérité historique, la vérité fictionnelle, la nature.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Fauna[modifier | modifier le code]

Dans cette série l'artiste prétend montrer des animaux qu'il aurait découverts, empaillés, en Écosse, à partir des recherches d'un scientifique mystérieusement disparu. Dans son bestiaire apparaissent : des serpents à pattes, des singes ailés, des oiseaux à carapace et même un monstre du Loch Ness. Il a lui-même fabriqué ces monstres, constitués de parties réelles d'animaux empaillés.

L'Île aux Basques[modifier | modifier le code]

Cette œuvre relate les exploits des pêcheurs basques qui partaient pêcher le krill sur le fleuve Saint-Laurent au XVIe siècle.

Herbarium (1984)[modifier | modifier le code]

Cette série présente des plantes imaginaires, réalisées avec une telle minutie qu'elles semblent réelles. La rigueur de la prise de vue et des tirages en noir et blanc fait penser aux travaux de Karl Blossfeldt.

Miracles & Co[modifier | modifier le code]

S’articulant autour de l’illusoire et du grand-guignol, Miracles & Co de Fontcuberta est un faux reportage photo, dans lequel Fontcuberta se glisse dans la peau d’un journaliste enquêtant sur des moines orthodoxes finlandais faiseurs de miracles, et découvre une véritable arnaque religieuse. Selon un scénario abracadabrantesque, Fontcuberta-reporter découvre que les moines en question ont engagé des prestidigitateurs, pour réaliser des simulacres de lévitation, ou faire apparaître le visage du Che sur une tranche de jambon. Selon Foncuberta « Cet essai photographique fait une référence critique à la foi religieuse, au fanatisme, à la superstition, au paranormal, et à la crédulité. »

Révélé par le site Rue89, 35 tirages photographiques de cette œuvre de Joan Fontcuberta ont été volés en septembre 2010. Selon le site d’actualités, il s’agit là d’une première en Europe[4].

Orogenesis (2002)[modifier | modifier le code]

Dans cette série, L'auteur utilise un logiciel nommé Terragen, initialement avait été créé pour des applications militaires et scientifiques, dont l'intérêt est de partir de cartes géographiques en 2 dimensions pour construire des paysages en 3 dimensions réalistes. Mais il détourne l'usage du logiciel et, au lieu d'utiliser des cartes géographiques ou des textures représentant la nature, utilise divers textures comme de la peau, des peintures ou photographies. Il produit ainsi des paysages splendides, extrêmement réalistes et plausibles, mais qui sont de pures fictions. La série, comme googlegrams, pose la question des limites de la représentation à l'heure du numérique.

Googlegrams (2005)[modifier | modifier le code]

Dans cette série, Joan Fonctuberta detourne des images qui sont devenues des icônes de notre temps et les réinterprète en utilisant un logiciel libre de création de mosaïques d'images. Les milliers d'images constitutives de la mosaïque ont été recherchées sur internet par Joan Fontcuberta en utilisant Google. À chaque image sont associés des mot clé de recherche différents. L'intention de l'auteur était de faire une critique ironique de la croyance que les gens partagent sur internet une "conscience universelle, exhaustive et démocratique".

Les Hydropithèques (2003-2012)[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du VIAPAC, Joan Fontcuberta a conçu un dispositif artistique tout entier dévolu à la falsification : Prétendu journaliste scientifique du National Géologic, Fontcuberta propose une excursion à la recherche de fossiles d’Hydropithèques découverts au début des années 50 par l’abbé Fontana. Mi animal, mi humain, leur squelette se termine par une queue de poisson. Une découverte surprenante pour les anthropologues évolutionnistes ! Les sirènes, ces êtres que l’on pensait légendaires, seraient-elles le chaînon manquant entre l’Homme et les mammifères marins… ?

Les cinq sites de Haute-Provence représentent différentes étapes dans la progression du niveau d'organisation sociale chez ces hominidés :

  • "Le solitaire" : Musée-Promenade, Digne-les-Bains (44.1094°N – 6.2258°E)
  • "Les amoureux" : vallée du Bès, La Robine-sur-Galabre (44.2068°N – 6.2736°E)
  • "La Sainte Famille" : vallée du Bès, Barles (44.2715°N – 6.298°E)
  • "Troupeau d’Hydropithèques" : vallée de la Haute-Bléone, Prads-Haute-Bléone (44.1856°N – 6.4249°E)
  • "Scène de crime" : vallée de l’Arigéol, Prads-Haute-Bléone (44.2351°N – 6.411°E)

Collections[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2014, "Camouflages", Maison européenne de la photographie, Paris (France)
  • 2012, "VIAPAC - À travers la montagne", Il Filatoio, Caraglio (Italie)
  • 2008, "Sputnik", Musée Gassendi, Digne-les-Bains (France)
  • 2006, "Googlegrams", Zabriskie Gallery, New-York (USA)
  • 2005, "Miracles et Cie", Rencontres Internationales de la Photographie, Arles (France)
  • 2000, "Les Sirènes de Digne", CAIRN – Centre d’Art, Digne-les-Bains (France)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Volte-Face : Joan Fontcuberta, à l’envers de la science, les leçons de l’histoire, Images en Manœuvres éditions, CAIRN - Centre d'Art, 2000, 118 p. (ISBN 2-908445-44-1)
  • (fr) Joan Fontcuberta de Christian Caujolle, (recueil de photographie de J. Fontcuberta), Phaidon, 2001, 128 p., (ISBN 0-71-484031-9)
  • (fr) Du réel à la fiction : la vision fantastique de Joan Fontcuberta de Robert Pujade, Paris, 2005
  • (fr) Le Baiser de Judas : Photographie et vérité (El Beso de Judas), (trad. Claude Bleton, Jacqueline Gerday, Claude de Frayssinet) , Actes Sud, coll. « Beaux Livres », 1999 (réed. 2005), 223 p. (ISBN 2-74-275778-3)
  • (fr) Miracles et Cie, (trad. Jacqueline Gerday) , Actes Sud, coll. « peinture bd », 2005, 140 p. (ISBN 2-74-275777-5)
  • (fr) Perfida Imago de Jacques Terrasa, Le temps qu'il fait, 2006, 142 p. (ISBN 2-86-853467-8)
  • (fr) Sciences-Friction de Nathalie Parienté et Joan Fontcuberta, Somogy, 2006, 111 p. (ISBN 2-85-056877-5)
  • (fr) "Joan Fontcuberta", Actes Sud, 2008, 90 p. (ISBN 2-742780-920)[à vérifier : isbn invalide])

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]