Michael Snow

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Michael Snow en 2007

Michael Snow, né le 10 décembre 1929 à Toronto (Ontario), est un artiste contemporain canadien. Son travail, couvrant de multiples domaines de la création, a fait de lui une figure majeure de l'Art contemporain canadien de l'après-guerre à nos jours. Il est en effet à la fois peintre, sculpteur, cinéaste, photographe plasticien et musicien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, il étudie la peinture et la sculpture. Ses œuvres de l'époque passent de la figuration vers l'abstraction. Il est alors très marqué par l'art européen de Matisse, puis de l'Expressionnisme Abstrait américain, notamment du peintre Willem de Kooning. Vers la fin des années 1950, ses peintures et dessins vont de plus en plus vers une synthèse entre le sujet figuré et la surface de toile. Tables and Chairs, de 1957, fait le lien entre la surface d'une table schématisée et le tableau lui-même. Dès cette période, Snow s’intéresse de plus en plus à l'équivalence entre le sujet représenté et l'objet-tableau. Lac Clair (1960, Musée des beaux-arts du Canada), du nom d'un lac où l'artiste passait ses étés d'enfance, présente une surface monochrome bleue, travaillée au pinceau, et entourée de quatre bandes qui longent le bord de la toile. Ces bandes forment un cadre ouvert qui suggère un étalement de la couleur en dehors de la surface de la toile (à la manière de Piet Mondrian) tout en la limitant sur celle-ci. C'est une œuvre abstraite qui joue de la frontalité, mais c'est aussi un tableau-objet, notion absente de l'art expressioniste abstrait de l'époque. En cela, la conception que se fait Snow de l'art se rapproche des théories du minimalisme américain.

Durant les années 1950, en parallèle avec son travail de peinture, il est employé dans les ateliers du cinéaste d'animation George Dunning. En 1956, Snow signe sa première animation avec A to Z, qu’il décrit comme « deux chaises qui baisent ».

La Femme qui marche (Walking Woman)[modifier | modifier le code]

Snow s'installe à New-York et commence une nouvelle série d’œuvres qui marquent un retour à la figuration. La série des Walking Woman (La Femme qui marche) est inauguré par un découpage de 1962. Ce découpage reprend une élégante silhouette féminine de profil, saisie en mouvement, mais coupée au niveau du haut de la tête, des mains et des pieds comme vue au travers d'un cadre. À partir de cette forme, Snow réalisera un nombre très important de variations qui occuperont son travail de 1962 à 1967 (avec des citations occasionnelles par la suite). La forme sera exploitée dans tous les domaines possibles : peinte, tracée, découpée, détruite, collée en plein air et abandonnée, distribuée sous forme d'autocollants, filmée, imprimée en publicité dans le journal Village Voice, sur des portes de voitures, des meubles, des cravates... dans le but d'épuiser le sujet et de l'éclater dans tous les domaines du tangible. La musicienne Carla Bley écrira même un morceau de jazz intitulé Walking Woman en hommage. Snow réalisera son portrait photographié dans une silhouette découpée de la femme qui marche. Des silhouettes de la femme qui marche sont aussi placées dans différents endroits du centre ville et du métro de Toronto, photographiées, et présentées dans la première œuvre photographique de Snow, Four to Five (1964). L'image bidimensionnelle passe au monde réel, puis retourne à la surface plate (la photographie) en emportant tout le monde avec elle au passage.

Cinéma expérimental[modifier | modifier le code]

En 1967, Michael Snow obtient le Grand Prix du quatrième Festival international du cinéma expérimental de Knokke-le-Zoute pour le film Wavelength (qui est constitué d'un apparent zoom avant de 45 minutes arrivant sur une photo représentant la mer. Au fur et à mesure, le spectateur entend un son synthétique de plus en plus aigu. Le film est en fait constitué de plusieurs plans et filmé sur des pellicules différentes[1]).

Le film <---> (qui se prononce Back an Forth (en)), est constitué de panoramiques horizontaux et verticaux dans une salle de classe et à l'extérieur.

Dans La Région centrale (1970-1971), la caméra, placée sur un pied qui lui permet toute sorte de mouvements, filme le lieu où elle se trouve à des vitesses variables.

Il travaille dans Rameau’s Nephew by Diderot (1974) la contemplation d'un espace fixe.

Les films de Michael Snow ont influencé la cinéaste Chantal Akerman[2].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Monteur[modifier | modifier le code]

Directeur de la photographie[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Compositeur[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Unstrap Me
  • 1975 : Musics for piano, whistling, microphone and tape recorder (Chatham Square, 2 lp)
  • 1987 : The Last LP (Art Metropole, cd)
  • 2000 : Prelude

Acteur[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Courant, « Wavelenght de Michael Snow », Art Press, no 25,‎ février 1979 (lire en ligne)
  2. « Michael Snow, sept film et Plus tard », sur Centre Georges Pompidou,‎ 1979

Liens externes[modifier | modifier le code]

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