Abbaye des Vaux-de-Cernay

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Abbaye des Vaux-de-Cernay
Image illustrative de l'article Abbaye des Vaux-de-Cernay
Vue de l'église abbatiale et d'une partie des bâtiments conventuels
Présentation
Type Abbaye
Rattachement (anciennement) Ordre de Citeaux
Début de la construction 1118
Style dominant Gothique
Protection  Inscrit MH (1926)
Logo monument historique Classée MH (1994)[1]
Site web www.abbayedecernay.com
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Cernay-la-Ville
Coordonnées 48° 41′ 02″ N 1° 56′ 10″ E / 48.683889, 1.936111 ()48° 41′ 02″ Nord 1° 56′ 10″ Est / 48.683889, 1.936111 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye des Vaux-de-Cernay

L'abbaye des Vaux-de-Cernay est un ancien monastère cistercien datant du XIIe siècle. Elle se situe dans le diocèse de Versailles, dans la commune de Cernay-la-Ville, dans le département des Yvelines et la région d'Île-de-France, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. L'abbaye se situe dans la forêt de l'Yveline en vallée de Chevreuse, à proximité de la forêt de Rambouillet.

L'abbaye est fermée par le pouvoir révolutionnaire français et les moines en sont chassés (vers 1791). Vendus comme biens nationaux les bâtiments sont bientôt démantelés comme carrières de pierre. Ce qui est encore debout, au XXIe siècle, témoigne de l'ancienne grandeur de l'abbaye cistercienne. Les vestiges de l'abbaye sont classés comme monument historique en 1994.

Historique[modifier | modifier le code]

L'abbaye des Vaux-de-Cernay est fondée en 1118 par un groupe de moines dans un site donné par Simon et Eve de Neauphle à la congrégation normande de Savigny, dont la maison mère se trouve près d'Avranches. En 1147, avec l'ensemble des abbayes de la congrégation, elle est rattachée à Cîteaux.

Comblée de dons par tous les seigneurs des environs, l'abbaye connaît une période de grande prospérité aux XIIe et XIIIe siècles. Pierre des Vaux de Cernay, un de ses moines, est le chroniqueur des croisés lors de la croisade des albigeois. L'un de ses abbés, Thibaut de Marly, élu en 1235 et mort en 1247, est canonisé en 1261 et ses reliques suscitent des pèlerinages. Lors de sa fondation en 1204, Port-Royal des Champs est d'abord un prieuré rattaché aux Vaux-de-Cernay, avant de s'en affranchir. De nombreux sites des environs dépendaient de l'abbaye des Vaux, comme la ferme d'Ithe, près de Jouars-Pontchartrain.

Au XIVe siècle la vie intellectuelle et matérielle de l'abbaye se ralentit. Au XVe siècle, après la Guerre de Cent Ans les bâtiments sont abandonnés.

En décembre 1463, par ses lettres patentes, le roi Louis XI (1423-1461-1483) confirma sa protection royale, octroyée par ses prédécesseurs[2].

L'abbaye est donnée en commende au Armand-Louis Bonnin de Chalucet. La galerie sud et le cloître sont alors reconstruits. L'abbaye est restaurée au XVIIe siècle et des travaux considérables sont entrepris au XVIIIe siècle. Mais après la Révolution française, en 1791, les biens mobiliers et immobiliers de l'abbaye sont vendus comme biens nationaux. Les bâtiments sont utilisés comme carrière de pierre et tombent progressivement en ruine.

En 1873, le parc et les bâtiments sont acquis par la baronne Charlotte de Rothschild (fille de James de Rothschild). Celle-ci entreprend de reconstituer et de restaurer le domaine. Elle y fait remonter la grille d'entrée, chef-d'œuvre de ferronnerie du XVIIIe siècle sur un dessin de Contant d'Ivry, provenant de son château d'Arnouville à Arnouville-lès-Gonesse, dont elle fait également enlever pour les faire remonter aux Vaux les ferronneries de l'escalier d'honneur. Elle fait relever les bâtiments. Après sa mort en 1899, le domaine passe à son petit-fils, Henri de Rothschild, connu comme auteur dramatique sous le pseudonyme d'Henri Pascal.

Après la mort de ce dernier en 1946, le domaine est racheté par l'industriel Félix Amiot, constructeur d'avions, qui y installe ses bureaux d'études.

En 1988, le domaine est racheté par le groupe Savry, dirigé par Philippe Savry, spécialisé dans les hôtels installés dans des bâtiments historiques (citadelle Vauban de Belle-Île-en-Mer, château d'Ermenonville…). Celui-ci transforme l'abbaye en un hôtel-restaurant qui ouvre ses portes l'année suivante. Aujourd'hui, le domaine regroupe trois hôtels.

Le 4 janvier 1994, l'abbaye est classée au titre des monuments historiques[1]. Cette protection concerne les parties bâties, ainsi que les sols sur lesquels elles sont construites, et la grille en fer forgé du XVIIIe siècle. Cet arrêté vient en remplacement d'une inscription aux monuments historiques datée du 28 octobre 1926, arrêté qui ne fut pas annulé et est donc toujours en vigueur[1].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 1137-1145 : Arnaud de Savigny
  • 1145-1156 : Hugues I
  • 1156-1157 : Jean I
  • 1157-1165 : André de Paris
  • 1165-1181 : Mainier
  • 1181-1210 : Guy
  • 1210-1219 : Thomas I
  • 1219-1235 : Richard
  • 1235-1253 : saint Thibaut de Marly
  • 1253-1268 : Garin
  • 1268-1283 : Thomas II
  • 1283-1286 : Roger
  • 1286-1289 : Raoul
  • 1290-1309 : Guillaume I
  • 1309-1316 : Jean II
  • 1316-1320 : Philippe I
  • 1320-1329 : Simon de Rochefort
  • 1329-1349 : Pierre I
  • 1349-1364 : Jean III
  • 1364-1391 : Guillaume II
  • 1391-1412 : Étienne
  • 1412-1413 : Pierre II de Montreuil
  • 1413-1423 : Hugues II du Mesnil
  • 1423-1431 : Jean IV de La Salle de Galardon
  • 1431-1454 : Dominique Fournier de Beaune-Semblançay
  • 1454-1457 : Thomas III Cordier
  • 1457-1480 : Jean V de Rully de Saint-Gengoul
  • 1480-1493 : Jean VI
  • 1493-1495 : Jean VII Le Chevrier
  • 1495-1503 : Michel Buffereau
  • 1503-1516 : Pierre III de Tessé
  • 1516-1522 : Jean VIII des Monceaux de Bazemont
  • 1522-1543 : Louis I de Bajoue
  • 1543-1559 : cardinal Antoine Sanguin de Meudon
  • 1559-1561 : Louis II Guillart
  • 1561-1573 : Charles I Guillart
  • 1573-1587 : Mathurin Vincent
  • 1587-1588 : cardinal François de Joyeuse
  • 1588-1603 : Philippe II des Portes
  • 1603-1669 : Henri de Bourbon, duc de Verneuil
  • 1669-1673 : Jean IX Casimir Vasa de Pologne
  • 1673-1712 : Armand-Louis Bonnin de Chalucet
  • 1712-1766 : Charles II Maurice de Broglie
  • 1766-1791 : Louis II Charles du Plessis d’Argentré

Source : Gallia Christiana

Architecture[modifier | modifier le code]

VaulxDeCernay.jpg
Plan de l'abbaye

L'abbaye est ouverte aux visiteurs. Les deux éléments les plus remarquables sont les ruines de l'abbatiale et la salle capitulaire des moines. Cette salle, qui fait 80 m de long, comporte deux travées de voûtes gothiques qui en fait l'une des plus grandes salles de ce type en France, avec celle du collège des Bernardins à Paris. Différentes salles peuvent être visitées, comme l'ancien cloître, la galerie de lecture, le moulin, la salle capitulaire.

Près de cette abbaye, se trouve la fontaine de Saint-Thibaut (XXe siècle). L'édifice élevé au-dessus de la fontaine Saint-Thibaut est construit lors de la restauration du domaine par la famille de Rothschild. Selon la légende, au XIIIe siècle, saint Louis enjoint l'abbé Thibaut de Marly de prier pour son épouse Marguerite de Provence, qui est stérile. Thibaut fait boire à la reine de l'eau de la fontaine. Exaucée, la reine met au monde onze enfants. L'eau de la source est depuis réputée pour favoriser la fécondité des femmes[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Guide du Patrimoine. Île-de-France, Paris, Hachette, 1992(ISBN 978-2-01-016811-6)
  • Marcel Aubert, L'Abbaye des Vaux-de-Cernay, Monographie publiée par M. Marcel Aubert pour M. le baron Henri de Rothschild, Paris, 1931
  • Dom Beaunier, La France monastique, t. 1, la province ecclésiastique de Paris, Paris, 1905, p. 47
  • Antoine-Félix Boisselier, « Description pittoresque et archéologique de l'abbaye des Vaux-de-Cernay », Mémoires de la société archéologique de Rambouillet, 1913, t. XXII, p. 180-202
  • H. Bouchitte, Notice historique sur l'abbaye des Vaux-de-Cernay de son origine jusqu'à la mort de Louis XIV, Versailles, 1840
  • Maurice-Pierre Boye, Les Vaux-de-Cernay. À la billebaude en Yvelines et autres lieux, Paris, 1960, p. 273-299
  • Maurice-Pierre Boye, Chevreuse et ses environs, Paris, 1939, p. 35-38
  • Camille Boyer, « L'abbaye cistercienne Notre-Dame-des-Vaux-de-Cernay », Mémoires de la société archéologique de Rambouillet, 1939, t. XXVIII, p. 35-35
  • Pauline Prévost-Marcilhacy, Les Rothschild, bâtisseurs et mécènes, Paris, 1995