Hermione (2014)

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Hermione
Image illustrative de l'article Hermione (2014)
L'Hermione toutes voiles dehors lors de sa première croisière en 2014.
Type Frégate de 12
Classe Concorde
Fonction Réplique
Gréement Trois-mâts carré
Histoire
Chantier naval Port de Rochefort
Fabrication Coque en chêne
Lancement 2014
Équipage
Équipage 80 marins
Caractéristiques techniques
Longueur 66 m (mât de pavillon compris)
Longueur de coque 44,20 m
Maître-bau 11,24 mètres
Tirant d'eau 5,78 m
Tirant d'air 46,9 m
Déplacement 1 166 tonnes à vide
Hauteur de mât 56,5 m (grand mât)
35 m (artimon)
Voilure 2 200 m2
Vitesse 13,3 nœuds atteints à 14,5 nœuds(vitesse maximale)
Caractéristiques militaires
Armement 22 canons de 12 livres et 6 canons de 6 livres non fonctionnels
Carrière
Armateur Association Hermione-La Fayette
Pavillon Drapeau de la France France
Port d'attache Rochefort

L’Hermione est une réplique du navire de guerre français en service de 1779 à 1793, reconstruite dans l'ancien arsenal de Rochefort à partir de 1997 et lancée[1] en eaux salées le [2].

Le , elle célèbre son départ pour les États-Unis qu'elle atteint à Bodie Island (Caroline du Nord) le . Après de multiples escales américaines, la première à Yorktown le 5 juin[3], elle revient en France métropolitaine le 10 août 2015 à Brest[4].

Le , elle retrouve son port d'attache à Rochefort où de grandes fêtes de reconstitution d'époque sont organisées[5].

En 2018, un nouveau grand voyage est prévu, intitulé « Libres ensemble de l'Atlantique à la Méditerranée ». Elle quittera Rochefort le 2 février 2018 pour y revenir le 16 juin 2018 après 11 escales, dont deux restent à confirmer.

Les membres d'équipage proviennent d'une pluralité de corps de métiers ayant été formés pour apprendre à être marin comme au XVIIIe siècle.

L'Hermione (1779)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hermione (1779).

L’Hermione est un navire de guerre français en service de 1779 à 1793.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

L'ambition de l'Association Hermione-La Fayette est de reconstruire le plus fidèlement possible la frégate d'origine (à quelques inévitables adaptations près) un navire de plus de 65 mètres de long portant trois mâts et 2 200 m2 de voilure, et dont la coque est entièrement réalisée en chêne.

Les plans du navire originel étant perdus[6], ce sont ceux de son sister-ship la Concorde qui ont servi pour construire la réplique, avec les modifications nécessaires pour entrer dans le cadre de la réglementation actuelle mais aussi pour assurer un confort minimal à l'équipage.

La Marine nationale a fourni un pavillon national géant identique à celui qui flotte au-dessus du pont du Charles-de-Gaulle.

La réplique ne nécessite qu'un équipage réduit de 80 personnes travaillant en quart, là où le navire originel était manœuvré par 200 marins.

Quelques chiffres : un grand mât à 54 mètres au-dessus de la quille, 2 000 chênes sélectionnés dans les forêts françaises, un puzzle de plus de 400 000 pièces de bois et de métal, 1 000 poulies, une tonne d'étoupe pour le calfatage, 26 canons au calibre des boulets de 12 livres sur le pont de batterie et 8 canons au calibre des boulets de 6 livres sur le pont de gaillard.

Différences avec l’Hermione de 1779[modifier | modifier le code]

Charpente, gréement[modifier | modifier le code]

Plusieurs modifications sont apportées au plan original du navire[7], par souci de solidité et de sécurité : en particulier, les pièces de charpente sont boulonnées et non chevillées afin d'éviter le jeu consécutif à la durée de construction. Les mâts sont collés et non assemblés par des cercles métalliques, afin d'éviter les infiltrations d'eau. Si drisses et balancines ont recours aux cordages synthétiques[8], en revanche les autres manœuvres courantes restent en chanvre et la voilure en lin.

Motorisation[modifier | modifier le code]

L'interdiction de manœuvrer à la voile dans les ports a obligé à doter le navire de deux propulseurs azimutaux à moteurs électriques alimentés respectivement par des groupes électrogènes de 300 et 400 kW[9]. Un groupe auxiliaire de 80 kW alimente l’éclairage électrique (tubes fluorescents et LED), des équipements de cuisine, huit congélateurs et réfrigérateurs, deux lave-linge et deux sèche-linge, un système de chauffage-ventilation forcée, tous les appareils modernes de navigation : gyrocompas, ECDIS, GPS, sondeur, radar, radio par satellite et VHF, ainsi qu’une batterie d’ordinateurs. Ces modifications sont indispensables pour rendre le navire assurable. Le navire est également équipé d'un système d'assèchement par pompe électrique, qui permet de diminuer le travail manuel à bord et contribue, avec la motorisation des apparaux de mouillage (voir infra), à rendre le navire opérationnel avec un équipage réduit à 80 hommes au lieu de plus de 200 au XVIIIe siècle[10].

Mouillage[modifier | modifier le code]

L’Hermione de 1779 avait six ancres : ancre principale (1 700 kg), ancre de veille (1 500 kg), ancre d'affourche (1 400 kg), 2 ancres de touée (400 kg) et, en cale, la grande ancre ou « ancre de miséricorde », gréées à chaque fois sur une ligne de mouillage en chanvre, à relever avec cabestan et tournevire[11]. La réplique peut se contenter de deux ancres de 1 500 kg, gréées respectivement sur des chaînes de 192 et 165 m, dont le poids lui-même assure à l'ensemble une bien meilleure tenue que les mouillages d'origine. Ces lignes ne sont plus relevées à bras, mais au cabestan électrique[12].

Canons[modifier | modifier le code]

Les canons ne sont pas percés jusqu'au fond et sont donc non fonctionnels : s'ils l'avaient été, l’Hermione serait considérée comme un navire de guerre et n'aurait pu appartenir qu'à la Marine nationale. De plus, aujourd'hui L'Hermione ne compte que 22 canons dans sa batterie alors qu'au XVIIIe siècle elle en avait 26.

Aménagements[modifier | modifier le code]

Pour le confort et l'intimité de l'équipage, ont été installés des douches et des WC individuels (au XVIIIe siècle, l'équipage faisait ses besoins sur un banc percé à la proue du navire et à la vue de quiconque). Cependant il continue de dormir dans des banettes ou des hamacs. Autres adaptations nécessaires à la modernité, la réplique dispose de groupes électrogènes pour l'éclairage et l'alimentation d'une dizaine de congélateurs placards pour conserver la nourriture, ainsi que d'une chambre dédiée au stockage des déchets.

L’Hermione à flot en aout 2014.
Reconstitution d'une chaloupe de l’Hermione.

Chantier de la reconstruction[modifier | modifier le code]

Le chantier est installé dans l'une des deux formes de radoub situées à l'extrémité de la Corderie royale, au bord de la Charente à Rochefort. Le lieu est conçu et aménagé pour la visite.

Dès l’origine du projet, il s’agit non pas uniquement de reconstruire, au cœur de l’ancien arsenal de Colbert, un navire du XVIIIe siècle, mais avant tout de faire partager au public cette aventure, afin qu’il puisse découvrir les grandes étapes de cette reconstruction. Le projet se révèle être un véritable succès populaire : près de 250 000 visiteurs par an, le seuil symbolique des trois millions et demi de visiteurs est franchi[13]. Ce succès populaire constitue, avec le soutien des collectivités territoriales, la ville de Rochefort, le département de Charente-Maritime, et la région Poitou-Charentes, le moteur principal du financement de l’Hermione.

Le chantier prend du retard[14], la mise à l'eau initialement prévue en 2008 est repoussée au 7 septembre 2014. Au XVIIIe siècle, le navire initial avait été construit en six mois. En juin 2008 cependant, après le petit canot et le grand canot, la chaloupe, la plus grande des trois annexes embarquées de l’Hermione est mise à l'eau, à défaut de la frégate elle-même.

La coque nue de la frégate (sans son gréement) effectue un premier « test de navigation » le 6 juillet 2012[15] remorquée sur la Charente[16] avant de rejoindre une nouvelle cale adaptée à la poursuite du chantier.

L'association Hermione-La Fayette[modifier | modifier le code]

Erik Orsenna, écrivain, en est le président fondateur. Il est également depuis 1991 président de la « Corderie royale - Centre international de la mer », partenaire de l'Association « Hermione-La Fayette » dans cette opération.

Benedict Donnelly est président de l'Association Hermione-La Fayette depuis 1994. Fils d'un citoyen américain qui participa au débarquement de Normandie, il est d'autant plus sensible aux valeurs que véhicule l’Hermione.

Dès le début du projet et jusqu'à son décès à la fin de l'année 2005, Raymond Labbé, constructeur naval malouin et conseiller technique auprès du ministère de la Culture pour le patrimoine maritime, est au sein de l'association le conseiller technique. Sa grande expérience de la construction navale en bois, sa connaissance du patrimoine naval français contribuent fortement à la mise en œuvre du projet. Aujourd'hui, les membres d'un comité technique présidé par Jean-Pierre Saunier apportent leurs compétences aux entreprises chargées de la construction de la frégate.

La construction de la coque et tout le gros œuvre de la charpente est confié à l'entreprise Asselin de Thouars département des Deux-Sèvres en 1997[17] d'après un dossier d'appels d'offres de marchés publics choisi collégialement.

Emmanuel de Fontainieu, directeur de la Corderie royale à Rochefort, occupe le poste de secrétaire de l'Association. Il est également le responsable de la politique d'animation.

À Rochefort, une équipe de sept salariés animée par Maryse Vital, déléguée générale, assure la gestion quotidienne de l'association : gestion générale du projet, coordination, suivi administratif et financier, gestion des adhésions, communication, relations presse, relations publiques, relations avec les partenaires, gestion du Comptoir de l’Hermione ; la boutique de vente de produits dérivés, maintenance et entretien du site, etc.

Galerie de la reconstruction[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Après un faux départ, l'Hermione est sortie de son bassin dans la nuit. », sur Sudouest.fr, (consulté le 7 septembre 2014).
  2. « Video sur Youtube »
  3. « "L'Hermione" atteint les Etats-Unis, acclamé par la foule - Société - MYTF1News » (consulté le 5 juin 2015)
  4. « Les escales du voyage » (consulté le 18 avril 2015)
  5. « Rochefort fête le retour de l'Hermione » (consulté le 3 septembre 2015)
  6. «L'Hermione cap à l'ouest !» n° 4090 de Valeurs actuelles, pages 96 et 96.
  7. Aurélien Velot, forgeron de l'Hermione, Le Figaro, 7 avril 2013.
  8. « Fin de la transatlantique », sur Hermione (consulté le 1er juin 2015)
  9. Jean Pujo, « La face cachée de l'Hermione », sur Le Marin, (consulté le 26 juin 2015)
  10. Stéphane Jézéquel, « Frégate Hermione-La Fayette : Brest refermera le grand tour », sur Le Télégramme,
  11. « Manœuvre de cabestan au XVIIIe siècle », sur centmillionsdepixel (consulté le 5 juin 2015)
  12. « Le mot du commandant : les ancres de l'Hermione », sur Hermione (consulté le 1er juin 2015)
  13. « L’Hermione à flot avant la traversée », sur Le Républicain Lorrain, (consulté le 17 juillet 2012).
  14. « L’Hermione à Rochefort : 270 000 visiteurs par an », ouest-france.fr, (consulté le 21 juillet 2010).
  15. Marie-Hélène Morot-Sir, « Hier 6 juillet 2012, à 19 heures 40 la frégate l’Hermione a remonté la Charente », sur Vigile.net (consulté le 18 juillet 2012).
  16. Thomas Villepreux, « Rochefort. L’Hermione vogue enfin », sur Sud-Ouest, (consulté le 17 juillet 2012).
  17. « Asselin », sur L’Hermione, la Frégate de la liberté, (consulté le 6 novembre 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel de Fontainieu, Yves Gaubert, L’« Hermione », de Rochefort à la gloire américaine, Éditions de Monza, 2002 (ISBN 978-2908071955)
  • Robert Kalbach et Jean-Luc Gireaud, L’« Hermione » : Frégate des lumières, Paris, Éditions Dervy, , 332 p. (ISBN 2-84454-319-7, présentation en ligne)
  • Deux voyages au temps de Louis XVI, 1777-1780 : la mission du baron de Tott en Égypte en 1777-1778 et le journal de bord de l'« Hermione » en 1780, Rennes, Presses de l'Université Rennes 2, , 252 p. (ISBN 2-7535-0208-0)
  • Francis LATREILLE, Yves GAUNERT, L'Hermione : Une frégate pour la liberté, Gallimard, , 205 p. (ISBN 9782742435005)

À propos de la reconstruction :

  • Jean-Marie Ballu, L’« Hermione », l'aventure de sa reconstruction, Éditions du Gerfaut, 2007 (ISBN 978-2351910184).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Documentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]