Téléphonie mobile en France

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Un magasin de téléphonie Boulevard Barbès, Paris 2008

La téléphonie mobile en France métropolitaine s'articule dans un marché concurrentiel structuré autour de :

Chaque opérateur ou opérateur virtuel commercialise ses offres sous une ou plusieurs marques.

L'autorité de régulation des communications électroniques et des postes, abrégée en ARCEP, est chargée de veiller à une concurrence saine entre ces quatre opérateurs.

Données et chiffres[modifier | modifier le code]

Taux de pénétration[modifier | modifier le code]

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Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), au dernier trimestre 2014 on dénombre pas moins de 77,2 millions de cartes SIM en service en France, pour une population d'environ 65 millions d'habitants[1], soit un taux de pénétration de 121,5%.Le taux de pénétration étant supérieur à la population, plusieurs abonnements peuvent être souscrits par une même personne.

Fin 2012, 70,5 millions d'abonnements actifs à un réseau mobile étaient recensés[2]. Fin 2010, 64,4 millions de cartes SIM étaient actives en France, pour 64,6 millions d'habitants. En juin 2009, le taux de pénétration de la téléphonie mobile en France n'était que de 91,8 %, soit 56,6 millions de clients mobiles en France selon l'ARCEP[3]. C'était un taux plutôt faible pour un pays industrialisé[3]. En décembre 2012, ils représentaient 10,9 % du marché en métropole[2].

En 2000, la France comptait environ 30 millions d'utilisateurs de téléphone mobile[4].

En 2012, le taux de pénétration varie de 57 % à Saint-Pierre-et-Miquelon à 150 % en Guadeloupe et en Île-de-France.

Nombre de lignes mobiles (clients actifs) en France[A 1] et taux de pénétration[A 2], valeur en fin d'année.
Année 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2010 2012
Nombre (en millions) 0,28 1,3 2,5 5,8 11,2 20,6 29,7 37,0 38,6 41,6 43,8 48,1 51,7 55,4 58,1 63,1 70,5
Taux de pénétration actif 0,4 % 2,5 % 5 % 10 % 19 % 34 % 49 % 61,5 % 64,0 % 69,1 % 72,6 % 78,4 % 80,8 % 85,6 % 89,1 % 97,8 % 108 %

Notes :

  1. note A1 : Est considéré comme client tout utilisateur d’un service mobile fourni par un opérateur (opérateur de réseau ou opérateur mobile virtuel) et titulaire d’une ligne mobile enregistrée à l'Enregistreur de Localisation Nominal (HLR) d’un opérateur à la date considérée. Par abus de langage, le terme « client » désigne également la ligne mobile elle-même. S’agissant de la clientèle entreprise, chaque ligne est ainsi considérée comme un client
  2. note A2 : Le taux de pénétration est obtenu en divisant le nombre total de clients ou le nombre de clients « actifs » par la population considérée.

Répartition[modifier | modifier le code]

GSM Micro SIM Card vs. GSM Mini Sim Card v2.svg

En décembre 2014, 69,8 millions de cartes SIM en service sont souscrites auprès d'opérateurs de réseaux, contre 7,4 millions auprès des MVNO. En mars 2008, les opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO) représentaient 4,98 % des parts de marché.

On dénombre 14,5 millions de clients de cartes prépayées contre 65,5 millions de clients ayant souscrits à un abonnement.

À titre de comparaison, fin décembre 2008 il y avait 39,3 millions de clients ayant souscrit à un abonnement et 18,8 millions de client ayant souscrit à une offre prépayée.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Le cumul des temps de communication en téléphonie mobile (appels émis) au troisième trimestre 2007 était d'environ 24 milliards de minutes, soit pour la première fois plus que le temps des appels en téléphonie fixe[3],[note 1]. Au deuxième trimestre 2012, il atteignait 29,7 milliards de minutes pour le trimestre[5], soit environ 2 h 40 d'appels émis par mois et par abonné[note 2].

Le nombre de SMS émis atteint, mi-2012, 45,7 milliards de messages par trimestre[5], soit environ 250 SMS émis par mois et par abonné[note 3].

Historique[modifier | modifier le code]

Premiers réseaux de téléphonie mobile[modifier | modifier le code]

Bi Bop

En 1986, le premier réseau de téléphonie mobile est déployé en France, le Radiocom 2000, distribué par France Télécom. Il utilise des téléphones analogiques transportables principalement intégrés à des voitures. Ce premier réseau (1G) atteint le nombre de 60 000 abonnés.

En 1987, le marché s'ouvre avec la création de SFR par la Compagnie générale des eaux. SFR devient donc le premier opérateur mobile privé, apportant avec lui la concurrence. Il crée le réseau analogique SFR NMT, destiné à concurrencer celui de France Télécom.

Logo d'itineris
Lancement d'Itineris en 1992

En octobre 1991, France Télécom lance la commercialisation du Bi-Bop à Strasbourg, le premier « téléphone de poche » sans fil, utilisant le réseau du même nom[6]. Il est cependant réservé à une utilisation urbaine, du fait d'une faible portée[7].

En juillet 1992, France Télécom lance le réseau de la marque Itineris, démocratisant l'utilisation de la téléphonie mobile et les grandes marques du téléphone portable avec Nokia, Ericsson et Motorola. Il s'agit du premier opérateur de téléphonie mobile en France à utiliser une technologie numérique basée sur la norme GSM dont la standardisation avait débuté en 1982. Il utilise la bande de fréquence 900 MHz. SFR suit quelque mois plus tard, en décembre 1992.

Le succès du téléphone mobile croit et les deux opérateurs lancent des opérations pour séduire de nouveaux clients. En 1994, SFR offre une heure de communication aux nouveaux abonnés. Le nombre d'abonnés est alors de 280 000, en France.

Démocratisation et Standardisation de la téléphonie mobile[modifier | modifier le code]

Premier logo SFR

Le premier forfait grand public arrive au début de l'année 1996, lancé par France Télécom ce forfait nommé « Déclic » propose un abonnement mensuel à 100 Francs, avec la minute à 4 F pendant les heures de bureaux et 1 F pendant les heures dites creuses (soir et week-end). La structure du forfait favorise les communications domestiques, et contribue à la popularisation du mobile. Cette initiative est due à l'arrivée d'un nouvelle entrant quelques mois plus tard.

En effet, le 30 mai 1996 l'opérateur Bouygues Telecom entre sur le marché et invente « Le forfait de téléphonie mobile ». Il propose un abonnement incluant directement les minutes de communications intégrées au forfait, ce qui évite de nombreux calculs. Le prix du forfait mensuel est fixé à 240 F et il offre 3 heures de communications, le hors forfait est facturé à 2 F la minute supplémentaire en heures pleines et 1 F en heures creuses. La consultation du répondeur devient alors gratuite et illimitée. La stratégie de Bouygues Télécom est d'attirer les jeunes, en effet ces derniers sont plus aptes à modifier leurs habitudes.

Cette arrivée provoque une baisse générale des prix, une démocratisation du mobile (notamment auprès des jeunes) ainsi qu'une incitation à utiliser les heures creuses[8]. SFR pour compléter ses offres fusionne avec Cegetel et devient SFR-Cegetel. Le nombre d'abonnés mobiles est alors de 2,5 millions en France.

Face à la croissance du marché l'ARCEP est créée le 5 janvier 1997 pour fixer les règles et réguler le marché.

En 1997 apparaissent les cartes prépayées avec l'arrivée de Nomad de Bouygues Télécom. On peut alors disposer d'une carte SIM en service sans avoir à contracter un abonnement mensuel. Elles permettent notamment aux personnes n'ayant pas de revenus réguliers d'accéder à la téléphonie mobile. 1997 signe aussi la fin du Bi-Bop et du Tam-Tam, ces derniers ne peuvent rivaliser avec le succès du GSM.

En 1999 Bouygues Télécom lance le forfait « Millenium », il s'agit du premier forfait incluant les appels illimités le Week-end. La même année on dénombre près de 20 millions d'abonnés mobiles en France, dont 10 millions sur le réseau Itineris de France Télécom, 7 millions sur celui de SFR, et 3,5 millions sur celui de Bouygues Télécom. En décembre Itineris lance son bouquet Wap[9],[10],[11]. Le réseau analogique Radiocom 2000 est fermé.

Stabilisation du marché[modifier | modifier le code]

Plusieurs téléphones mobiles des années 1990-2000

En 2000, Bouygues Télécom lance les forfaits « Spot », qui offrent des minutes de communications supplémentaires en échange de publicités, et crée le forfait « Ultym'up » destiné aux adolescents avec le blocage du forfait et des services dédiés, il lance aussi son premier forfait Wap. Itineris lance le changement de numéro pour 120 F[12] SFR conscient de la saturation du marché invente les garantie Carré rouge, pour fidéliser ses clients[13]. Nokia lance son premier téléphone accessible au web en partenariat avec Infonie, ce service est proposé par Itineris et SFR, il s'agit du premier abonnement internet pour téléphone mobile[14].

Lancement d'Orange

En 2001, les marques de France Télécom Mobile (Itinéris, OLA, Mobicarte) sont réunies sous la marque Orange, « Mobicarte » devient le nom de l'une des offres d'Orange, et les deux autres disparaissent en juin 2001. France Télécom avait racheté l'opérateur britannique Orange plc à Vodafone un an plus tôt. Orange et SFR obtiennent leur licence UMTS. SFR est le premier à lancer son réseau GPRS en juin, il s'agit d'une évolution du GSM permettant de naviguer sur internet et d'utiliser le WAP à une vitesse de 170 Kb/s contre 9 Kb/s pour le GSM, Orange et Bouygues Télécom suivront quelques mois plus tard.

En 2002, Bouygues lance la tarification à la seconde dès la première seconde et obtient sa licence pour l'UMTS son premier réseau 3G, il lance aussi l'i-mode concurrent du WAP. Orange lance le premier forfait WAP illimité à 6 € par mois.

En 2003, Bouygues Télécom lance le 1er PC fonctionnant avec les réseaux GPRS, en partenariat avec Microsoft. Orange lance son portail mobile Orange World.

Arrivée de la 3e génération (3G)[modifier | modifier le code]

Premier logo de Virgin Mobile

En 2004, SFR, puis Orange lancent leur réseau UMTS (3G) qui permet les débuts de l'Internet mobile. Parallèlement Bouygues développe son réseau Edge (2,75G). Dans le même temps, Orange devient une entreprise privée et les premiers MVNO (par exemple Universal Music Mobile) qui louent leur réseau, apparaissent. Bouygues Télécom lance le forfait « Liberté » qui est le premier forfait avec une tarification unique quel que soit l’opérateur.

En 2005, Orange, SFR et Bouygues Telecom sont condamnés à 534 millions d'euros d'amende par le Conseil de la concurrence, pour entente illicite[15]. Le groupe SFR-Cegetel devient SFR.

Présentation de l'iphone

Le , une procédure a été mise en place par l'ARCEP afin de simplifier les démarches pour changer d'opérateur mobile et raccourcir le délai de portabilité. Un appel d'offres est lancé pour la création d'un quatrième réseau mobile, mais celui-ci n'est pas concluant. Toujours en 2007, alors que les smartphones (par exemple le BlackBerry) connaissent un certain succès, l'IPhone arrive en France en exclusivité chez Orange, c'est le premier téléphone mobile à écran tactile commercialisé en France qui rencontre un grand succès commercial[16], il contribue à populariser les smartphones à écran tactile.

En 2008, Bouygues lance le premier forfait illimité Néo 2 avec des plages horaires au choix pour la voix. Selon un sondage TNS Sofres pour l'association française des opérateurs mobiles, 71 % des 12-14 ans possédaient un téléphone portable, contre 95 % des 15-17 ans.

En 2009, Bouygues Télécom lance le premier forfait illimité 24h sur 24, Neo 24/24. Fin 2009, Free Mobile remporte les bandes de fréquence 3G attribuées lors de l'appel d'offres de l'ARCEP pour un quatrième réseau mobile. Il promet une forte baisse des prix.

En 2010, selon GfK, 24,7 millions de téléphones mobiles et de smartphones ont été vendus en France (soit une augmentation de 4,7 % par rapport à 2009) dont 7,7 millions de smartphones[17].

L'effet Free Mobile et la 4G[modifier | modifier le code]

Lancement de Free Mobile

En 2011, Face à la menace Free Mobile, les opérateurs créent des marques low-cost : B&YOU, Sosh et la Série Red de SFR. Ces forfaits ont pour particularité de ne proposer aucun mobile subventionné.

En 2012, Free Mobile arrive sur le marché avec deux offres 3G très agressives (20 € pour du tout illimité et 2 € pour 2 heures de voix, et 50 SMS). Cette arrivée va déclencher une guerre des prix.

À partir de septembre 2012, les 3 opérateurs historiques lancent le déploiement de réseaux LTE (4G). On dénombre 896 antennes 4G mise en service au 1er janvier 2013[18], contre plus de 11 000 sites en février 2014[19] et plus de 20 000 antennes 4G en service en avril 2015[20].

Alors qu'Orange et Bouygues Télécom arrivent à se stabiliser, le groupe SFR subit en 2013 de fortes pertes. Les Français sont de plus en plus nombreux à acheter leur mobile nu, ce qui entraîne une concurrence forte sur le marché des smartphones.

Début 2014, SFR et Bouygues annoncent un accord de mutualisation d'une partie de leur réseau mobile avec pour objectif la couverture de plus de 50 % de la population française[21].

2014, période de rachats et de fusions[modifier | modifier le code]

En novembre 2014 SFR est racheté par l'entreprise Numericable et sa maison mère Altice[22].

En 2014, le MVNO Virgin Mobile France est aussi racheté par Numericable[23].

Emplois et Économie[modifier | modifier le code]

Siège de Bouygues Télécom

D'après les chiffres de L'Arcep, le nombre d'emploi dans le secteur est passé de 155 992 en 1998 à 134 066 en 2005 (ancien cadre règlementaire) et de 140 410 en 2005 à 123 733 en 2010 (nouveau cadre règlementaire). Ceci correspond à une perte de 32 000 emplois en douze années[24].

La téléphonie mobile joue un rôle important en France, assurant 0,8 % du PIB en 2005[25].

France Telecom a accompagné ce mouvement tout en laissant des parts de marché et donc des emplois à ses concurrents, dans la cadre de l'ouverture à la concurrence imposée par l'autorité publique : le nombre d'employés France Telecom est passé de 154 957 en 1998 à 100 054 en 2009. La vague de suicides à toutefois permis de faire reprendre les embauches et d'atteindre 102 087 emplois en 2010[24]. Mais, en 2012, France Telecom et Orange annoncent qu'ils pourraient réduire leur effectif d'environ 5000 postes en trois années[26].

En 2012, l'arrivée de l'opérateur Free Mobile avec une politique tarifaire agressive entraîne une contraction du chiffre d’affaires des opérateurs mobiles français, conduisant Bouygues Telecom à annoncer une prévision de baisse de chiffre d'affaires de 10 %[27]. À la suite de ces difficultés, Bouygues Telecom se lance dans un plan d’adaptation et d’économies de 300 millions d’euros concernant la réduction des coûts commerciaux et des coûts d’exploitation de l’activité Mobile avec un plein effet en 2013. Ce plan prévoit notamment : Un plan de départs volontaires de 556 collaborateurs, rejeté par les syndicats et la vente de 2 300 pylônes à Antin Infrastructure Partners[28], société d'investissement appartenant à BNP Paribas ; Bouygues met fin au 31 décembre à tous ses contrats d'animation en boutique. Il n'y aura plus d'animateurs Bouygues en points de vente[réf. souhaitée].

En 2012, SFR prévoit un plan de départs volontaires à l’automne afin de restaurer la compétitivité de l’entreprise affectée par l’arrivée de Free Mobile en janvier 2012[29].

Face à la déflation dans le secteur des télécommunications, France Télécom annonce début 2013 qu'il envisage de ne remplacer que 4 000 emplois en CDI sur 30 000 départs à la retraite prévus d'ici 2020[30], réduisant ainsi de 26 000 le nombre d'emplois ; une autre source annonce une prévision de 37 000 emplois en moins pour France Telecom[31].

Suite à l'arrivé de Free mobile sur le secteur de la téléphonie mobile en 2012, Bouygues s'est vu contraint de supprimer des emplois en 2014[32].

Les différents acteurs du Marché[modifier | modifier le code]

Les détaillants[modifier | modifier le code]

En France jusqu'en 2013, de nombreuses boutiques de vente au détail d'abonnement téléphoniques, et de téléphones se sont développées. Ainsi plusieurs boutiques peuvent être présentes dans une seule galerie d'un même supermarché. La plupart sont des franchisés. The Phone House est aussi une structure intervenant sur ce marché. Le nombre de boutiques par opérateurs est le suivant : 1 200 boutiques d'Orange, 840 de SFR et 650 de Bouygues Telecom.

À partir de 2013, Free ayant bouleversé le marché, les détaillants ont du s'adapter, et de nombreuses boutiques de smartphone ont ouvert tandis que d'autres ont préféré s'orienter vers la vente de forfait ou ont fermé. Notamment "The Phone House" qui était la première chaîne implantée en France. La chaîne Virgin Megastore a fermé, tandis que la Fnac propose désormais un large panel de vente de smartphones.

Les filiales d'Iliad opérant les marques Free et Free Mobile ont révolutionné le concept de boutique opérateur autour du concept "une ville-une boutique". Ainsi, dans la ville de Paris, une boutique d'une surface de six cent  m2 employant 80 personnes s'est ouverte en 2012[33].

Les opérateurs Mobiles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opérateur de réseau mobile.

En France, il existe quatre opérateur principaux que sont Bouygues Télécom, Free Mobile, Orange et SFR. Ces quatre groupes sont suivi d'une quarantaine d'opérateur virtuel utilisant leur réseaux.

Relations entre opérateurs[modifier | modifier le code]

  • Les différents opérateurs ont interconnecté leurs réseaux.
  • Ils se facturent mutuellement les services pour la terminaison d'appel[34].
  • Ils coopèrent pour permettre la portabilité du numéro via un GIE.
  • Ils coopèrent pour la couverture des zones blanches.
  • Bouygues Télécom et SFR sont en phase de mutualiser une partie de leurs réseaux (zones non denses).

Affaire de l'entente entre les trois opérateurs[modifier | modifier le code]

En mai 2008, la chambre commerciale de la Cour de cassation a confirmé une condamnation des trois opérateurs de métropole (Orange, SFR et Bouygues Telecom) à une amende record de 442 millions d'euros pour « entente illicite » sur les prix de 2000 à 2002[35]. En 2002, l'Union fédérale des consommateurs—Que choisir avait engagé une procédure devant le Conseil de la concurrence ayant abouti à un procès en novembre 2005[36].

Changement d'opérateur[modifier | modifier le code]

La procédure de portabilité des numéros entre opérateurs destinée à renforcer la concurrence a été simplifiée et accélérée le 21 mai 2007. Il permet un changement d'opérateur d'abord sous 10 jours, puis sous 3 jours. Le relevé d'identité opérateur (RIO) imposé par la réglementation facilite la portabilité.

L'arrivée de la 4G[modifier | modifier le code]

Avec l'arrivée de la 4G et des smartphones, les opérateurs anticipent une augmentation des revenus liés aux données (internet)[37] ce qui se traduit par une baisse des revenus de la téléphonie[38].

La plupart des opérateurs français ont dès 2013 anticipé cette évolution, en proposant des abonnements illimités en téléphonie à dix euros mensuels, des abonnements avec paiement des minutes consommées, ainsi que des abonnement internet à vingt euros mensuels offrant la possibilité de transférer plusieurs gigagaoctets de données.

Le Régulateur[modifier | modifier le code]

Mr. Silicani Président de l'ARCEP de 2009 à janvier 2015

Les prestations de téléphonie mobile sont soumises aux mêmes lois que les autres prestations de services (code de la consommation, code des postes et télécommunications, etc.) auxquelles s'ajoutent des règlements spécifiques, tels que l'arrêté du 1er février 2002 relatif aux factures des services téléphoniques[39].

L'autorité indépendante chargée de la réglementation et du règlement des conflits est l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Elle a plusieurs missions, dont la réglementation des conditions d'accès pour les nouveaux opérateurs mobiles et le suivi de la couverture et de qualité de service.

Conditions d'arrivée d'un nouvel opérateur mobile[modifier | modifier le code]

L'ARCEP a pour mission de réglementer l'arrivée de nouveaux entrants sur le marché : opérateurs mobiles classiques et MVNOs.

Dans le passé, de nouveaux opérateurs sont régulièrement arrivés sur le marché en France métropolitaine et en Outre-Mer, voir historique.

Couverture et qualité de service[modifier | modifier le code]

L'ARCEP distingue deux indicateurs concernant les opérateurs mobiles : le taux de couverture, et les statistiques de qualité.

En France métropolitaine, la réglementation fait obligation aux opérateurs de publier des cartes de couverture en suivant une méthodologie donnée proposée par l'autorité. La couverture est estimée statistiquement à partir d'un véhicule circulant sur des routes de chaque canton, à l'aide d'un unique téléphone.

D'autres tests permettent de vérifier la qualité de service du réseau indépendamment de sa couverture. En France métropolitaine, la qualité de service est analysée sur une base annuelle, chaque printemps, du lundi au vendredi, de 9 heures à 21 heures. Chaque opérateur finance ces études qui sont réalisées par deux sociétés privées : une pour la qualité de services données, et une pour la qualité de service voix.

En 2011, des études de débit Web ont été réalisées dans douze agglomérations[40] de plus de 400 000 habitants. L'étude porte essentiellement (deux-tiers) sur les zones très denses.

La même année, dans les agglomérations de plus de 10 000 habitants, le taux de communications réussies de deux à cinq minutes est entre 96 et 97 %. Toutefois, dans les trains à grande vitesse et sur les autoroutes, la qualité de service baisse. Les débits constatés sur les réseaux 3G étaient de 9 Mbit/s en pointe et entre un et quatre Mbit/s, en débit médian, selon l'opérateur métropolitain.

La qualité de service n'est pas mesurée dans les départements d'outre-mer.

Offres et Tarifs[modifier | modifier le code]

Les différentes offres du marché[modifier | modifier le code]

  • Offres pour les sociétés ou les particuliers ;
  • Forfaits avec engagement, renouvellement du terminal téléphonique et facture papier ;
  • Recharges par carte (prépayé);
  • Forfaits dits low cost, avec achat par correspondance et facturation électronique.

Pour réduire les coûts, les opérateurs essayent de convaincre leurs clients que la facture électronique serait obligatoire, ce qui est contesté par Que-Choisir[41].

Chez certains opérateurs, le coût de rupture du contrat pour certains de ces forfaits « sans engagement » s’élevait à 48 € diminué de 2 € par mois d'ancienneté.

En France, la tarification de la téléphonie mobile était en 2012 de l'ordre de deux à vingt centimes d'€ la minute pour les appels vocaux, en fonction de l'opérateur et de l'abonnement.

La France comparée aux autres États de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Unyans Europek 2004.png

Selon une étude du cabinet finlandais indépendant Rewheel. En décembre 2012, les pays ayant une forte concurrence par la présence de MVNO ou d'un nouvel opérateur, étaient classés parmi les pays les moins chers. À contrario, les pays qui présentaient un monopole des acteurs nationaux dit "marché protégé" se retrouvaient avec les tarifs les plus élevés ; à titre d'exemple sur la 3G, le Gigaoctet était facturé de 6 € jusqu'à 20 €. Dans le top des pays les plus chers ont retrouve par ordre : la République tchèque, la Grèce, la Hongrie et l'Allemagne. La France se classant en deuxième position des pays les moins chers, derrière la Grande Bretagne[42][43][44].

En 1995, le taux de pénétration du téléphone mobile en France était de 3 % et a connu, comme dans beaucoup de pays, une très forte croissance. La France avait cependant en octobre 2008 le taux de pénétration le plus bas de l'UE27, soit 88 %[45], contre 119 % pour la moyenne de l’UE27, 129 % en Allemagne et 152 % en Italie[46].

Le prix moyen de la minute de communication "voix" par mobile en 2007 en France (0,15 €) était légèrement supérieur à la moyenne européenne de l’UE27 (0,14 €)[47], mais les coûts de divers abonnements mensuels standards étaient parmi les plus élevés de l’UE27[48]. En 2007, le revenu moyen par utilisateur de communication mobile en France (427 €) était d'ailleurs le plus élevé de tous les États membres (moyenne UE27 : 282 €), 85 % plus élevé qu’en Allemagne (231 €) et près de 4 fois plus qu’en Bulgarie (110 €)[49]. L'Average Revenue Per User (ARPU) est le chiffre d'affaires mensuel moyen par client.

D'après une étude du régulateur britannique, les prix français étaient intéressants avant même l'arrivée de Free Mobile[50].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le temps de communication en téléphonie fixe s’élevait, en 2007, à environ 23,9 milliards de minutes par trimestre
  2. 10 milliards de minutes par mois pour environ 62 millions de clients « voix » correspond à 157 min/mois/client, soit environ 2 h 40 d'appels sortants par mois. voir aussi ref4 : Arcep - observatoire-T2, p. 36.
  3. 15,2 milliards de SMS/mois pour environ 62 millions de clients (hors abonnements « Machine-to-Machine ») correspond à environ 250 messages émis par mois et par client. Voir aussi ref-4 : Arcep - observatoire-T2, p. 7.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1276#inter1
  2. a et b Observatoires / Services mobiles : 4e trimestre 2012 Arcep, 7 février 2013
  3. a, b et c France : le marché de la téléphonie mobile sur le site du Journal du net, mai 2010.
  4. http://www.sante-sports.gouv.fr/telephonie-mobile-et-sante.html
  5. a et b [PDF] Observatoire des marchés, 2e trimestre 2012, pages 3, 27, 30 et 36 Arcep, octobre 2012
  6. 1991 : Le Bi-bop de France Telecom
  7. « Histoire des télécommunications en France », sur gralon.net,‎ (consulté le 28 juin 2015)
  8. « Histoire des abonnements téléphoniques (forfaits) téléphones portables »
  9. « Itineris Services : la première offre Wap »
  10. « Forte augmentation des abonnés chez les 3 opérateurs »
  11. « Plus de 10 millions de clients Itineris »
  12. « Les anciens abonnés Ola peuvent aussi résilier »
  13. « SFR met en place son dispositif de fidélisation »
  14. « Lancement du 1er abonnement Internet pour téléphone mobile »
  15. (fr) « Le Conseil de la concurrence sanctionne à hauteur de 534 millions d'euros les sociétés Orange France, SFR et Bouygues Telecom », sur www. autoritedelaconcurrence.fr (consulté le 29 juin 2010)
  16. Les téléphones à écran tactile, bilan avant la sortie de l’Iphone 3G sur le site docslumpy.info
  17. « Demain : tous contraints à s'équiper d'un smartphone ? », lire en ligne sur lesnumeriques.com, janvier 2011
  18. Enregistrement par l'ANFR des stations 3G et 4G : 896 antennes 4G en cours de mise en service en France sur 857 sites Agence nationale des fréquences, anfr.fr, 1er janvier 2013
  19. Près de 11 400 sites en service pour la 4G au 1er février 2014 ANFR, observatoire déploiement mobile, février 2014
  20. [PDF] Observatoire du déploiement des réseaux mobiles 2G/3G/4G, 1er avril 2015, page 7 Anfr.fr, avril 2015
  21. Mutualisation SFR-BouyguesTel : 57 % de la population concernée linformaticien.com, février 2014
  22. Feu vert « sous conditions » pour le mariage entre SFR et Numericable, Audrey Fournier, Le Monde, 27 octobre 2014
  23. NUMERICABLE absorbe SFR et poursuit sa conquête avec Virgin Mobile Stratégies, le 28 novembre 2014
  24. a et b http://www.telecoms-media-pouvoir.net/index.php/nos-analyses/le-secteur-des-telecoms-en-5-graphiques-notre-analyse-des-donnees-arcep/
  25. http://www.alternatives-economiques.fr/telephonie-mobile---un-poids-lourd-du-pib_fr_art_637_33411.html
  26. http://www.challenges.fr/high-tech/20121006.ZDN7942/orange-4000-recrutements-d-ici-3-ans-mais.html
  27. Bouygues veut continuer à privilégier la rentabilité à la croissance Les échos
  28. Bouygues Telecom cède ses pylônes mobiles pour lever du cash La tribune.fr, 26 novembre 2012
  29. SFR présentera son plan de départs volontaires à l’automne, l'usine nouvelle,‎ 3 juillet 2012, (lire en ligne)
  30. France Telecom Orange, 30 000 départs à la retraite d'ici 2020 Capital.fr, 11 janvier 2013
  31. http://www.zdnet.fr/actualites/france-telecom-va-drastiquement-baisser-ses-couts-en-2013-39787410.htm
  32. Bouygues Telecom prévoit finalement la suppression de 1 404 postes http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2014/09/24/bouygues-telecom-prevoit-finalementla-suppression-de-1404-postes_4493633_1656994.html
  33. http://www.leparisien.fr/economie/free-ouvre-une-boutique-geante-a-paris-26-06-2012-2065742.php
  34. http://www.arcep.fr/index.php?id=8080
  35. « La justice confirme l'entente illicite entre Orange, SFR et Bouygues », Le Nouvel Observateur, 9 juin 2008.
  36. « La condamnation d'Orange, Bouygues et SFR confirmée en appel », L'Expansion, 12 juin 2006.
  37. Mobile : pour la première fois, les recettes de la data baissent La tribune, avril 2013
  38. http://www.silicon.fr/le-marche-des-communications-recule-de-plus-de-4-au-3e-trimestre-en-france-82599.html
  39. Arrêté du 1 février 2002 relatif aux factures des services téléphoniques
  40. Paris, Marseille-Aix-en-Provence, Lyon, Lille, Nice-Antibes-Cannes, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Toulon, Douai-Lens, Strasbourg et Grenoble
  41. http://www.quechoisir.org/telecom-multimedia/telephonie/actualite-la-poste-mobile-analyse-de-l-offre-illimitee
  42. « Communication from the commission to the council, the european parliament, the european economic and social committee and the committee of the regions »
  43. « Rewheel EU27 smartphone tariff competitiveness report December 2012 SUMMARY »
  44. « EU27 mobile data cost competitiveness report – May 2013 »
  45. Pourcentage légèrement différent de celui de l'ARCEP pour diverses raisons, antre autres parce que l'ARCEP utilise au dénominateur la population au début de l'année tandis que la Commission européenne utilise ses propres estimations au milieu de l'année.
  46. (en) [PDF] EC (03-2009a) Progress Report on the Single European Electronic Communications Market, , Commission européenne, mars 2009, 332 pp., disponible également sur le site de l'ARCEP (p. 13).
  47. (en) [PDF] CE (03-2009) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions. Rapport d'avancement sur le marché unique européen des communications électroniques de 2008 (14e rapport). Commission des Communautés européennes, 24 mars 2009, 19 pp. (p. 5) ; EC (03-2009), disponible également sur le site de l'ARCEP (p. 9)
  48. (en) [PDF] EC (03-2009b) Progress Report on the Single European Electronic Communications Market, Annex 2, European Commission, mars 2009, 153 pp., disponible également sur le site de l'ARCEP (p. 27-32).
  49. (en) [PDF] EC (03-2009a1) "Commission staff working document volume 1 part 1" European Commission, juillet 2009, (p. 12).
  50. http://www.lesechos.fr/06/02/2012/LesEchos/21117-112-ECH_mobile---la-france-pointe-deja-parmi-les-pays-les-plus-competitifs-d-occident.htm

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