Henry Lémery

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Henry Lémery
Henry Lémery, sous-secrétaire d'État au Commerce (1918)
Henry Lémery, sous-secrétaire d'État au Commerce (1918)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Pierre
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Mère « Négresse de l'Habitation Pécoul[1] »
Diplômé de Faculté de Droit de Paris
Profession Avocat
Religion Catholique
Résidence Paris

Henry Lémery[2] est un homme politique martiniquais né le à Saint-Pierre et décédé le . Il est en 1917 le premier Martiniquais à devenir membre d'un gouvernement en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henry Lémery entame des études supérieures au lycée Louis-le-Grand à Paris, après il poursuit des études de droit. En 1902, il s'inscrit au barreau et devient avocat. Mais un drame marque cette période : le 8 mai 1902, il perd toute sa famille au cours de la catastrophe de Saint-Pierre (l'éruption de la montagne Pelée).

Il est élu député de la Martinique de 1914 à 1919.

Du 16 novembre 1917 à janvier 1920, Henry Lémery est nommé successivement sous-secrétaire d'État au Commerce, à l'Industrie, aux Postes et Télégraphes, aux Transports maritimes et à la Marine marchande au sein du Gouvernement de Georges Clemenceau. Il est au début du XXe siècle le premier originaire de l'outre-mer à être nommé dans un Gouvernement français.

Henry Lémery, ministre des Colonies du gouvernement Laval sous le régime de Vichy (1940).

Il est élu sénateur de la Martinique en 1920, il siège d'abord dans le groupe de la Gauche démocratique avant de démissionner pour devenir indépendant[3].

Partisan de l'assimilation de la Martinique à la France, le 7 août 1919, Henry Lémery propose au Sénat une loi visant au classement des colonies antillaises en départements français.

Henry Lémery est nommé garde des Sceaux par Gaston Doumergue le 15 octobre 1934, mais il démissionne le 7 novembre. En 1938, il fonde une association anticommuniste, la Société des Amis de la Russie nationale, en compagnie du journaliste franco-russe François de Romainville (Arsène de Goulevitch, dit).

Sous le régime de Vichy, Henry Lémery est très brièvement ministre des Colonies du gouvernement Laval (du 12 juillet au 6 septembre). Apprenant qu'Hitler aurait, à son sujet, dit que la France était en train de se « négrifier », il lui écrivit : « non, monsieur Hitler, c'est l'Afrique qui est en train de franciser »[4]. La citation est probablement apocryphe car l'allusion au Vernegerung date de Mein Kampf. Germanophobe, il restera l'une des personnes les plus proches du maréchal Pétain, qu'il avait connu dans des gouvernements précédents, mais sera écarté du gouvernement de Pierre Laval en 1940, probablement en raison de sa mésentente avec Paul Baudouin[5] mais pas pour des motifs racistes, contrairement à ce qui est souvent affirmé[6]. Il est arrêté et emprisonné à la prison de Fresnes pour son soutien au régime de Vichy, mais est libéré peu de temps après, puis acquitté par la Haute Cour de Justice en 1947 pour faits de résistance[7]. Il fera plus tard partie de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain[8].

Henry Lémery meurt le à Paris à l'âge de 97 ans.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • De la guerre totale à la paix mutilée, Alcan, 1931.
  • La Révolution française à la Martinique, Larose, 1936.
  • La Justice du Frente popular en Espagne, Éditions de France, 1937.
  • La Tragédie espagnole, ACIP, 1938.
  • La Russie et la France, Amis de la Russie nationale, 1938.
  • L'Heure de la Russie nationale, Amis de la Russie nationale, 1940.
  • De la paix de Briand à la guerre de Hitler, Vigneau, 1949.
  • D'une république à l'autre – Souvenirs de la mêlée politique 1894-1944, La Table Ronde, 1964.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.-C. W., « LÉMERY Henry », dans Jack Corzany (dir.), Dictionnaire encyclopédique Désormeaux, Fort-de-France, Désormeaux, , t. 5 p. 1560-1561
  2. Parfois orthographié Henri Lémery.
  3. Henry Lémery, « Souvenirs politiques d'un nonagénaire », Écrits de Paris,‎ , p. 48-53
  4. Cité in Raymond Tournoux, Pétain et la France, Plon, 1980, p. 35.
  5. Raymond Tournoux, Pétain et la France, op. cit., p. 192 n.
  6. « Les Antilles de 1940 à 1944 : Vichy vaincu par la pression populaire », L'Express, 27 septembre 2004.
  7. Quid 98, p. 680 b.
  8. Site internet de l'ADMP

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, éd. Albin Michel, 2001.
  • J.-C. W., « LÉMERY Henry », dans Jack Corzany (dir.), Dictionnaire encyclopédique Désormeaux, Fort-de-France, Désormeaux, , t. 5 p. 1560-1561