Quartier du Fort (Saint-Pierre)

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Quartier du Fort
Le quartier du Fort en 1900
Le quartier du Fort en 1900
Administration
Pays Drapeau de la France France
Martinique
Saint-Pierre
Fonctions urbaines Résidentiel (avant 1902)
Étapes d’urbanisation 1635 : fondation du Fort Saint-Pierre.
1640 : installation des Jésuites à l'habitation Perrinelle et construction de l'église.
1839 : fondation de la maison coloniale de santé
1851 : détachement du quartier du Centre.
1902 : ruiné à la suite de l'éruption de la montagne Pelée.
Cours d’eau Rivière des Pères, Roxelane
Site(s) touristique(s) Pont Roche, rue Mont-au-Ciel, ruines de la maison coloniale de santé et du bureau du Génie et des Ponts et Chaussées, ruines de l'église du Fort, Distillerie Depaz
Transport
Tramway hippomobile (avant 1902)

Le quartier du Fort est le plus ancien des trois quartiers de Saint-Pierre en Martinique et s'étend au nord de la ville entre la rivière des Pères et la rivière Roxelane.

Situation[modifier | modifier le code]

Les limites du quartier du Fort sont, au nord, la rivière des Pères et, au sud, la rivière Roxelane. Le quartier s'étend sur la façade maritime d'un contrefort en pente douce de la montagne Pelée nommé plaine de la Consolation.

Topographie[modifier | modifier le code]

La position topographique des quartiers de Saint-Pierre a une grande influence sur leur climat. Le quartier du Fort n'étant dominé par aucune hauteur voisine du côté de l'est, les vents de cette direction y soufflent avec liberté et tendent sans cesse à rafraîchir l'atmosphère.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 15 septembre 1635 après plusieurs tentatives, Pierre Belain d'Esnambuc, capitaine général de la colonie de Saint-Christophe s'installe à la Martinique pour le compte de la Compagnie des îles d'Amérique avec cent colons de Saint-Christophe choisis parmi les habitants les mieux expérimentés. Il jette les bases d'un fort encore en bois, à l'embouchure de cette rivière qui prend le nom de Roxelane, de l'un de ses plus fidèles compagnons, le Normand Rosselan de Querangouin. Puis, il rembarque pour Saint-Christophe laissant là ses pionniers sous l'autorité de Du Pont. Les habitations installés aux environs du fort, le long de la mer et sur les mornes voisins, commencent à former un bourg qui prend le nom de Fort Saint-Pierre de la Martinique.

Au XVIIe siècle, Saint-Pierre se divise en trois quartiers et deux paroisses : Le Fort Saint-Pierre, la Galère et le Mouillage. Le premier commence au Fort Saint-Pierre de la Martinique et s'étend jusqu'à la batterie Saint-Nicolas. Son église paroissiale dédiée à Saint-Pierre est très probablement construite en bois dès 1640 et desservie par les Jésuites. De l'autre côté de la rivière Roxelane, des religieuses dominicaines établissent un couvent en décembre 1653 qui devient un couvent d'Ursulines chargé de l'instruction des jeunes filles, établi par lettres patentes du roi le . Le second quartier se nomme la Galère et occupe la frange littorale allant de la place du Fort à la batterie Saint-Louis située à l'embouchure de la rivière des Pères. Sur la rive sud de cette même rivière, les Jésuites bâtissent en 1640 la première construction en pierre de la cité, qui est à la fois la maison de leur ordre et une exploitation sucrière. L'ouragan de 1695 emporte plus de deux cent maisons de ce quartier qui est reconstruit dès 1705. L'extension urbanistique finit d'ailleurs par le fondre dans celui du Fort Saint-Pierre. Le quartier du Mouillage, dont la paroisse est desservie par les Jacobins, s'étend de la batterie Saint-Nicolas jusqu'à celle de Saint-Robert.

À la suite de l'expulsion de l’ordre des Jésuites de la Martinique en 1763, leur domaine est racheté par le sieur Perrinelle en 1775 et l’habitation retrouve alors sa prospérité d'antan pour devenir la plus belle de la Martinique.

Le , un arrêté du gouverneur de la Martinique créé une nouvelle paroisse autour de l'ancienne église des Ursulines rebaptisée Saint-Étienne-du-Centre, l'église du Fort et celle du Mouillage étant devenues insuffisantes pour accueillir l'ensemble des fidèles. Autour de cette église est créé un nouveau quartier, le quartier du Centre, par détachement de celui du Fort qui se limite désormais au sud à la rivière Roxelane.

Avant l'éruption de la montagne Pelée en 1902 qui rase la ville de Saint-Pierre, le quartier du Fort formait la ville haute, zone résidentielle peuplée par la bourgeoisie pierrotine. Paradoxalement, c'était aussi le plus gros centre industriel de la ville par le nombre de distilleries industrielles de rhum qui y étaient installées : onze distilleries au total, toutes situées sur la frange littorale qui s'étendait de la place du Fort vers la rivière des Pères au lieu-dit la Galère, à l'exception de celle de Clanis Gaston qui était au bord de la rivière Roxelane.

Lieux et patrimoine[modifier | modifier le code]

Avant le 8 mai 1902[modifier | modifier le code]

Dans le quartier du Fort étaient situés :

Hormis le pont Roche toujours existant, tous les bâtiments ci-dessus ont disparu ou sont en ruines à la suite de l'éruption de la montagne Pelée en 1902.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]