Pierre Belain d'Esnambuc

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Pierre Belain d'Esnambuc
La fondation de la Martinique en 1635.jpg
Pierre Belain d'Esnambuc débarquant à la Martinique en 1635
par Théodore Gudin (1802-1880).
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Pierre Belain, sieur d’Esnambuc est né le 9 mars 1585 à Allouville (Seine-Maritime) et mort en 1637 à Saint-Christophe, Antilles. Il fut l'instrument pour la mise en place de la première "collonye" vantée par Isaac de Razilly et ensuite voulue par le cardinal de Richelieu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Belain d'Esnanbouc est le cinquième enfant de Nicolas Belain, sieur de Quenouville et d'Esnambuc, il est baptisé en l'église Saint-Quentin d'Allouville-Bellefosse, en Normandie, le 9 mars 1585.

Le domaine de Quenouville subit les guerres de religion qui ruinent le pays de Caux. Nicolas Belain dut emprunter en 1580 2 400 livres au duc de Cossé-Brissac qui se sont grossies des intérêts. Après son décès, en 1599, ses enfants ont dû le rembourser. François l'aîné et héritier du domaine de Quenouville décida de vendre le domaine d'Esnambuc. L'autre terre a été vendue en 1610[1]. Pierre Belain ne devait plus pouvoir porter ce titre. Ce qu'il a fait pourtant quelques années plus tard. En 1603, alors qu'il a 18 ans, il embarque comme "mathelot" sur "le petit Orqui" puis en 1620 il est capitaine sur "la Marquise" puis en 1623, il est conducteur du vaisseau "l'Espérance".

Cet homme faisait du commerce entre la France, du port de Hâvre de Grace, vers les îles de la mer Caraïbe, aidé en cela par Jean Cavelet, gros armateur du Havre et directeur de la "Romaine". Lors de l'achat du marquisat de Graville, Jean Cavelet devint le procureur spécial du cardinal de Richelieu, acquéreur de plusieurs domaines maritimes.

À la signature du traité de Vervins, les Français ayant refusé de reconnaître le droit du pape à accordre la souverainté sur l'océan à qui que ce fut, une clause verbale, mais non écrite, stipulait qu'au-delà du méridien de l'île de Fer, appelé la Ligne des amitiés, la force déciderait et que la guerre pourrait régner au-delà de ces limites, sans altérer en rien la paix des deux nations en Europe[2]. La trêve de douze ans signée en 1609 entre les Provinces-Unies et l'Espagne grâce à la médiation de l'Angleterre et de la France va permettre un développement de la navigation vers les Caraïbes. La navigation étant libre, il va s'associer à Urbain du Roissey, sieur de Chardonville, pour refaire sa fortune en navigant sur l'océan devenu libre, au seul risque de rencontrer un navire espagnol. Pendant 15 ans il a couru les mers sans grand succès.

En 1625, il s'est établi sur l'île Saint-Christophe dont les premiers occupants français étaient des Huguenots commandés par François Levasseur. L'île a été partagée avec le flibustier anglais Thomas Warner. Les Anglais ont occupé la partie centrale, et les Français aux deux extrémités. C'est le premier établissement fixe français des Caraïbes. Revenu en France en 1626, convoqué par le cardinal de Richelieu, grand-maître de la navigation, il lui montre l'utilité des colonies. L'acte de fondation de la Compagnie de Saint-Christophe est signé le 31 octobre 1626 dont Richelieu est le principal actionnaire[3]. Esnambuc et son ami Urbain du Roissey deviennent les agents coloniaux de la compagnie et le cardinal leur accorde la concession des îles de Saint-Christophe, de Barbuda et de toutes autres îles circonvoisines comprises entre les 11° et 18° degré de latitude septentrionale. Il doit repartir en France en 1627 pour obtenir de nouveaux subsides. Une nouvelle flotte est envoyée en 1629 pour secourir les Français de Saint-Christophe.

Une flotte espagnole attaque les colons français et anglais de Saint-Christophe. Ils doivent quitter l'île. Les Français commandés par Esnambuc errent dans la mer Caraïbe et s'établissent sur plusieurs îles avant de revenir à Saint-Christophe après le départ des Espagnols. Le commerce avec les Hollandais leur permet de survivre sur l'île et de compenser le manque d'appui de la part de la Compagnie de Saint-Christophe.

Pierre d'Esnambuc obtient la création de la Compagnie des îles d'Amérique le 12 février 1635 et, de Richelieu, le droit d'établir des colonies. La compagnie charge Jean du Plessis, sieur d'Ossonville, et Charles Lénard, sieur de l'Olive, de coloniser la Guadeloupe. On commence à introduire sur l'île des esclaves noirs pour les cultures de tabac et de canne à sucre.

Le 15 septembre 1635, Pierre Belain d'Esnambuc débarque dans la rade de Saint-Pierre de la Martinique avec 150 colons français venant de l'île Saint-Christophe, prend possession de l'île et fonde le fort Saint-Pierre. Quelques mois plus tard, il donne le commandement du fort à Jacques Dupont ou Du Pont, et regagne l'île Saint-Christophe. Il a pris possession de l'île de la Dominique en novembre 1635 où l'a conduit un capitaine de Dieppe, Pierre Baillardel. Jacques Du Pont après avoir résisté à une attaque des indien Caraïbes, est fait prisonnier par les Espagnols au cours d'un voyage qu'il effectuait vers Saint-Christophe pour rendre compte de sa gestion. Pierre d'Esnambuc a alors nommé son neveu, Jacques Dyel du Parquet, comme gouverneur de la Martinique, en septembre 1636.

Il est mort de maladie sur l'île Saint-Christophe, en décembre 1636 d'après le Père Jean-Baptiste Du Tertre.

Hommages[modifier | modifier le code]

Apprenant la mort de Pierre Belain d'Esnambuc, Richelieu a déclaré : « Le roi vient de perdre un de ses plus fidèles serviteurs »[4].

Une statue de Belain d'Esnambuc a été érigée dans la place de la Savane à Fort-de-France. Il existe une rue Belain-d'Esnambuc au Havre.

Un navire bananier de la Compagnie générale transatlantique a porté son nom de 1939 à 1942 ; réquisitionné par la Kriegsmarine, il a été rebaptisé Pommern.

Un bas-relief sculpté dans de l'ardoise est fixé depuis 1985 sur la partie sud du cocher, face au chêne millénaire, à Allouville-Bellefosse.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Belain, sieur de Guenouville et d'Esnambuc
    • François Belain de Guenouville
    • Pierre Belain d'Esnambuc
    • Adrienne Belain, mariée à Pierre Dyel, sieur de Vaudroques,
      • Simon Dyel, tué en 1629 pendant le combat avec les Espagnols à Saint-Christophe,
      • Pierre Dyel, sieur de Vaudroques, est resté en Normandie,
      • Dyel du Parquet,
      • Adrien Dyel, sieur de Vaudroques, a suivi Esnambuc puis il est retourné en France. Nommé lieutenant-général de la Martinique au cours de la séance du 16 juillet 1637 par la Compagnie, mais il préfère rester en France. C'est alors son frère, Jacques Dyel, qui est nommé à sa place pour trois ans, le 2 décembre 1637.
      • Jacques Dyel, sieur du Parquet, nommé lieutenant-général de la Martinique le 2 décembre 1637.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Père Jean-Baptiste Du Tertre, Histoire générale des Antilles habitées par les François, chez Thomas Jolly, Paris, 1667, tome 1, p. 1-119 (lire en ligne)
  • Georges de Morant, Annuaire de la noblesse de France, 1936, 83e volume, p. 454-457 (lire en ligne)
  • Théodore Baude, D'Esnambuc ou, Lente réparation d'un injuste oubli, Impr. du gouvernement, Fort-de-France, 1942.
  • Lénis Blanche, Histoire de la Guadeloupe, M. Lavergne, Paris, 1938.
  • René Dreux-Brézé, L'Épopée des Antilles : vie de Pierre Belain d'Esnambuc, gentilhomme normand (1585-1646), Librairie de l'Arc, Paris, 1937.
  • Auguste Joyau, Belain d'Esnambuc, Bellenand, Paris, 1950.
  • René Maran, Les Pionniers de l'empire, Albin Michel, Paris, 1943-1955.
  • Pierre Margry, Origines transatlantiques. Belain d’Esnambuc et les Normands aux Antilles, d'après des documents nouvellement retrouvés, Paris, A. Faure, , 103 p. (lire en ligne)
  • Pierre Margry, Origines françaises des pays d'outre-mer. Les seigneurs de la Martinique, dans Revue maritime et coloniale, juillet-septembre 1878, tome 58, p. 28-50, 276-305, 540-547 (lire en ligne)
  • Georges Blond, Histoire de la flibuste., Stock, Paris, 1969.

Articles annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]