Maurétanie

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32° 03′ 36″ N 6° 35′ 30″ O / 32.06, -6.59179688

Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Mauritanie.
La Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre), bordée à l'est par l'Afrique proconsulaire (v. 41 ap. J.-C.)

La Maurétanie désigne le territoire des « Maures », peuple berbère, dans l'Antiquité. Ce terme couvre des réalités juridiques différentes selon les époques. Le Royaume de Maurétanie, est un état vassal de Rome de 108 av. J.-C à 25 av. J.-C. Il correspond à ses débuts au nord de l'actuel Maroc et ayant pour capitale Volubilis[1]. Sous la dynastie des Boccus en livrant son allié Jugurtha (roi du royaume de Numidie à l'est) à Rome, il met fin à la guerre de Jugurtha (105 av. J.-C) et s'empare de son domaine à l'est pour inclure une bonne partie de l'actuelle Algérie, jusqu'à l'oued Ampsaga. Il prend alors pour capitale « Iol » (ou « Jol », Cherchell). Faute d'héritier des Boccus, après un interrègne romain, il finit par tomber sous le règne des rois de Numidie originaires de Cirta avec le règne de Juba II en 25 av. J.-C. S’enfonçant de plus en plus dans une posture de vassalité vis à vis de Rome cet état est couramment désigné comme « Maurétanie »[2].

Sous l'occupation romaine, proprement dite, le territoire fut divisé en provinces :

À partir de 41 ap. J.-C. :

Après la réforme de Dioclétien la Maurétanie Césarienne se voit amputée d'une partie de ses territoires orientaux pour donner une nouvelle province :

  • Maurétanie Sitifienne, créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie Césarienne avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale.

Le mot est à l'origine du nom « Mauritanie », État d'Afrique saharienne.

Histoire de la province d'Afrique[modifier | modifier le code]

ÉVOLUTION DE LA PROVINCE AFRICAINE
Début de la conquête romaine Carthage Royaume de Numidie orientale (Massyles) Numidie occidentale (Massaessyles) Royaume de Maurétanie
de 146 av. J.-C. Afrique Numidie Maurétanie
de 105 av. J.-C. Africa (après annexion d'une partie de la Numidie) Numidie orientale Numidie occidentale Maurétanie
de 45 av. J.-C. Africa Vetus Africa Nova Colonia Cirta Sittianorum Maurétanie orientale (La Numidie occidentale est rattachée à la Maurétanie) Maurétanie occidentale
de 27 av. J.-C. Afrique Proconsulaire Maurétanie
de 41 ap. J.-C. Afrique Proconsulaire Maurétanie Césarienne Maurétanie Tingitane
de 193 Afrique Proconsulaire Numidie Maurétanie Césarienne Maurétanie Tingitane
Après la réforme de Dioclétien Tripolitaine Bizacène Zeugitane Numidie Maurétanie Sitifienne Maurétanie Césarienne Maurétanie Tingitane

La Maurétanie pré-romaine[modifier | modifier le code]

Souverains[modifier | modifier le code]

Depuis la deuxième guerre punique jusqu'à l'annexion par l'Empire romain en 40 ap. J.-C. :

  • Bagga roi de Maurétanie env. 206 av. J.-C.
  • Buccar roi de Maurétanie env. 180 av. J.-C.
  • Bocchus Ier roi de Maurétanie 111-80 av. J.-C.
  • X reine de Numidie, épouse: Jugurtha roi de Numidie.
  • Sosus Mastanesosus, Masta-Nazan inscription sur des pièces avec son effigie 62 av. J.-C.
  • Bocchus II co-roi de Maurétanie 70-50, puis roi de Maurétanie Césarienne 49-33.
  • Bogud II co-roi de Maurétanie 49-45.
  • Bocchus IV co-roi de Maurétanie 45-33.
  • Bogud Ier co-roi de Maurétanie 70-50, puis rois de Maurétanie Tingitane 49-38.
  • Bocchus III co-roi de Maurétanie 49-40.
  • Boggud III co-roi de Maurétanie 40-38
  • Hiarbas co-roi de Maurétanie 106-80 av. J.-C. abdique
  • Massinissa II co-roi de Maurétanie 80-46 av. J.-C.
  • Arabion roi de Maurétanie 44-43.
  • Hiempsal II co-roi de Numidie 88-84 et 80-? av. J.-C.
  • Juba Ier roi de Maurétanie 43-42.
  • Juba II roi de Maurétanie 25 av. J.-C.- 23 ap. J.-C.

épouse: Glaphyra épouse: Cléopâtre Séléné fille de Marc-Antoine (voir dynastie Lagide).

épouse Julia Urania

épouse: Antonius Felix. épouse: Caius Julius Sohæmus prêtre-roi d'Émèse (Homs)

  • Agrippa
  • Caius Julius Alexio prêtre-roi d'Émèse
  • Iotape
  • Aedemon roi de Maurétanie 40-42 ap. J.-C. Possible qu'il ait été adopté par Juba II
  • Tacfarinas Chef des Musulames 24 ap. J.-C.

Maurétanie romaine[modifier | modifier le code]

Avec l'importance croissante de l'Empire romain, la Maurétanie devient un royaume client (vassal) de Rome. Les Romains y place Juba II de Numidie comme roi-client. Quand Juba II meurt en 23, son fils, instruit à la façon romaine, Ptolémée de Maurétanie lui succède sur le trône, mais Caligula le tue en 40 et Claude annexe la Maurétanie directement comme province romaine en 44, sous un gouverneur impérial (et non sénatorial). Claude divise la province romaine de la Maurétanie en Maurétanie Césarienne et Maurétanie Tingitane suivant la ligne du fleuve Mulucha (Moulouya), à environ 180 kilomètres à l'ouest de l'actuelle ville d'Oran :

  • Maurétanie Tingitane, du nom de sa capitale Tingis (aujourd'hui Tanger) ; comprenant le nord du Maroc
  • Maurétanie Césarienne, comprenant l'Algérie occidentale et centrale et les territoires jusqu'à la Kabylie. La Maurétanie a donné à l'empire un souverain, Macrin, qui s'est emparé du pouvoir après l'assassinat de Caracalla en 217 et qui à lui-même été défait et exécuté par Élagabal l'année suivante.

Avec la réforme tétrarchique sous le règne de Dioclétien (293), le pays est divisé en trois provinces, avec la création de la Maurétanie Sitifienne issue d'une scission de la Maurétanie Césarienne. Le Notitia Dignitatum (vers 400) les mentionne toujours, deux étant sous l'autorité du vicaire (vicarius) du diocèse d'Afrique qui a sous lui :

  • un Dux et provinciae Mauritaniae et Caesariensis, c'est-à-dire un gouverneur romain de praeses du grade des spectabilis vir (homme illustre), qui possède également le grade militaire supérieur de duc. Il a sous ses ordres huit commandants de garnison de frontière, de chaque limitis nommés praepositus. Ces limitis ont pour nom, Columnatensis, Vidensis, inferioris de limitis de Praepositus (c.-à-d. frontière inférieure), Fortensis, Muticitani, Audiensis, Caputcellensis et Augustensis.
  • un praeses (civil) dans la province de la Maurétanie Sitifensis.

Et, sous l'autorité du vicarius du diocèse d'Hispanie :

  • un comes rei militaris Tingitana, se rangeant également comme spectabilis vir, responsable des commandants suivants de garnisons de frontière (limitanei) : préfet des ailes de cavalerie Herculeae, tribun de la cohorte secundae Hispanorum de cohortis de Tribunus à Douga, tribun de la cohorte primae Herculeae à Aulucos, tribun de la cohorte primae Ityraeorum à Castrabarensis, tribun de la cohorte à Sala, tribun de la cohorte Pacatianensis à Pacatiana, tribun de la cohorte tertiae Asturum à Tabernas et tribun de la cohorte Friglensis Friglas ; et à qui trois unités extraordinaires de cavalerie sont assignées : seniores de scutarii d'Equites, seniores et Equites Cordueni de sagittarii d'Equites,
  • un praeses (gouverneur civil) de la même province.

À la fin du IVe siècle plusieurs généraux se révoltent contre l'autorité centrale, on peut citer Nubel et ses fils Firmus en 370-375 et Gildon en 396-397.

Héritage[modifier | modifier le code]

La province a donné le nom Mauretania, paquebot de la Cunard Line.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) UNESCO World Heritage Centre, « Archaeological Site of Volubilis - UNESCO World Heritage Centre », sur whc.unesco.org (consulté le 5 mars 2016)
  2. G. Camps, « Bocchus », Encyclopédie berbère, 10 | Beni Isguen – Bouzeis, Aix-en-Provence, Edisud, décembre 1991, p. 1544-1546, en ligne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • V. Bridoux, Les royaumes d'Afrique du nord de la fin de la deuxième guerre punique à la mort du roi Bocchus II (201-33 av. n. è.), Thèse de doctorat sous la direction de Maurice Lenoir, Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 2006.
  • Encyclopedie berbère, vol. 10, Edisud, p.1557

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]