Royaume d'Araucanie et de Patagonie

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Royaume d’Araucanie et de Patagonie

1860-1862

Drapeau
Drapeau du royaume d’Araucanie et de Patagonie
Blason

Devise : Indépendance et liberté

Description de cette image, également commentée ci-après

Territoire revendiqué par le royaume d'Araucanie et de Patagonie.

Informations générales
Statut Monarchie constitutionnelle
Capitale Perquenco
Langue Mapudungun, français
Monnaie Peso
Superficie
Superficie 738 500 km2
Histoire et événements
Proclamation du royaume par Antoine de Tounens
Arrestation d'Antoine de Tounens
Roi d'Araucanie et de Patagonie
1860-1862 Orélie-Antoine Ier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Royaume d'Araucanie et de Patagonie, parfois appelé Nouvelle-France, est un royaume éphémère qui fut fondé par Antoine de Tounens, ancien avoué à Périgueux, suite à sa proclamation comme roi faite par les Indiens Mapuche. Orélie-Atoine revendiqua pour son « royaume » des territoires appartenant aujourd'hui à l'Argentine et au Chili. Antoine de Tounens choisit comme nom de règne Orélie-Antoine Ier. En , celui-ci est fait prisonnier et n'est libéré qu'après l'intervention de Henri de Cazotte, consul général et Chargé d'affaires de France au Chili. Orélie-Antoine s'exile alors en France où il reconstitue autour de lui une « cour » et continue à revendiquer son titre de « roi ». Il retente plusieurs expéditions pour soutenir son peuple qui continue à se battre pour son indépendance, mais sans succès. Après sa mort, son titre s'est transmis jusqu'à nos jours. L'actuel prince et « roi d'Araucanie et de Patagonie » est Jean-Michel Parasiliti dit Para sous le nom « Antoine IV ». Quant aux territoires du royaume d'Araucanie et de Patagonie, ils ne sont plus indépendants depuis le partage de ceux-ci en décembre 1902 entre le Chili et l'Argentine[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mapuches.
Antoine de Tounens et son armée mapuche.

Les Mapuches, ou Araucans, sont un peuple indigène vivant d'agriculture et d'élevage. Ces combattants farouches ont toujours résisté aux tentatives d'invasion des Incas, des Espagnols, et même du gouvernement chilien qui parvient, cependant, à les soumettre en les parquant dans des réserves, après les opérations de « pacification de l'Araucanie » menées jusqu'en 1880. Aujourd'hui, la plupart des Mapuches vivent à Temuco, Santiago du Chili, mais aussi sur leurs terres ancestrales. Ils seraient aujourd'hui 600 000 au Chili et 300 000 en Argentine.

Fondation[modifier | modifier le code]

Monument d'Orélie-Antoine de Tounens en centre ville de Tourtoirac.

Antoine de Tounens, ancien avoué à Périgueux, débarque en 1858 au port de Coquimbo au Chili, s'installe d'abord à La Serena, et, après avoir passé quelque temps à Valparaíso et Santiago, il se dirige vers l'Araucanie, à partir du port de Valdivia. Il entre en contact avec le lonco (chef militaire mapuche) Quilapán, qui s'enthousiasme pour son projet de fonder un État pour le peuple mapuche, afin d'être en mesure de résister à l'armée chilienne — la guerre d’Arauco faisant alors rage. Quilapán accorde à Antoine de Tounens un droit de passage sur ses terres, interdites aux huincas (Chiliens). Étant parvenu à obtenir le soutien des indigènes Mapuches, Antoine de Tounens fonde le [2] le royaume d'Araucanie lors d'une assemblée mapuche. Il dote le nouvel État d'une constitution après avoir été élu roi par les chefs mapuches[3],[4] sous le nom d'Orélie-Antoine Ier. Trois jours plus tard, il décrète l'union de l'Araucanie et de la Patagonie[4], fixant comme limites au désormais « royaume d'Araucanie et de Patagonie » le río Biobío et le rio Negro au nord, l'océan Pacifique à l'ouest, l'océan Atlantique à l'est et le détroit de Magellan au sud.

Disparition et vestiges[modifier | modifier le code]

acte de décès d'Orélie-Antoine Ier, « ex-roi d'Araucanie et de Patagonie ».

Arrêté par les autorités chiliennes, Antoine de Tounens s'exile en France après sa libération. Quant aux Mapuches et aux autres tribus, ils doivent subir la répression argentino-chilienne. Installé à Paris, Tounens crée une véritable cour décernant décorations et titres. Après de nouvelles expéditions malheureuses pour conquérir son ancien royaume en 1869, en 1874 et en 1876, il tombe gravement malade et meurt à Tourtoirac (Dordogne), le [5]. Sur son acte de décès le maire de Tourtoirac porte la mention « Antoine de Tounens, ex-roi d’Araucanie et de Patagonie »[6].

Médaillon d'Orélie-Antoine à La Chèze

N'ayant pas d'enfants, il laisse son héritage et son titre à l'un de ses sujets, Achille Laviarde, après que son neveu et héritier, Adrien-Jean de Tounens, renonçait à ses droits sur la succession de son oncle.

S'ils existent toujours, depuis cette date, des « rois d'Araucanie et Patagonie », le royaume n'existe plus en tant que réalité géopolitique mais survit à travers le souvenir public et vivace de son fondateur et la défense des droits fondamentaux des Mapuches, comme en témoigne le reportage consacré au « royaume » par le Journal Télévisé national de France 3 et la grande presse régionale.[7],[8],[9]. Son souvenir est aussi entretenu dans le domaine littéraire par l'écrivain Jean Raspail, qui s'est proclamé « « consul général de Patagonie » en 1981[10].

En 2016, la commune de Tourtoirac (avec l'ONG Auspice Stella) érige un monument en face de la maison dans laquelle Orélie-Antoine est mort. Ce monument est inauguré par le maire Dominique Durand et le prince Antoine IV, successeur d'Orélie-Antoine.

Le même jour, un médaillon, également offert par Auspice Stella, représentant Orélie-Antoine a été inauguré dans son village natal, à Chourgnac d'Ans au lieu-dit La Chèze par Madame Flageat, maire de Chourgnac d'Ans et par le prince Antoine IV.

Succession des « rois d'Araucanie et de Patagonie »[modifier | modifier le code]

Rois régnants[modifier | modifier le code]

Image Nombre Règne Blason
OrelieHR.jpg
Orélie Antoine Ier

(1825-1878)

1860-1862
Blason du Royaume d'Araucanie et de Patagonie.svg

« Rois titulaires »[modifier | modifier le code]

Image Nombre Date de naissance « Règne » Décès
Orélie Antoine de Tounens cropped.jpg
« Orélie Antoine Ier » 12 mai 1825 1862 - 1878 17 septembre 1878
Gustave Achille La Viarde.png
« Achille Ier » 7 novembre 1841 1878 - 1902 6 mars 1902
Antoine II.png
« Antoine II » 10 mai 1833 1902 - 1903 1 novembre 1903
Laura Teresa I.png
« Laure Thérèse Ire » 22 décembre 1856 1903 - 1916 12 mai 1916
Antonio III.png
« Antoine III » 11 avril 1880 1916 - 1951 26 octobre 1952
Boiry.jpg
« Philippe Ier » 19 février 1927 1951 - 2014 5 janvier 2014
Parasiliti di Para.jpg
« Antoine IV » 26 mars 1942 Depuis le 9 janvier 2014

La Société des médaillés de la Constellation[modifier | modifier le code]

« L'ordre de la Constellation du Sud » classé parmi les faux ordres de chevalerie, créé en 1875 par Antoine de Tounens et modifié par son successeur Achille Laviarde en « Ordre des Décorés et des Médaillés de la Constellation du Sud »[11] qui le distribue moyennant finance[12], continua sous la forme de « L'ordre royal de la Constellation du Sud »[13]. jusqu'en 1958.

« Ses trois premiers présidents sont Antoine de Tounens, puis Achille Laviarde et enfin Antoine-Hippolyte Cros, les « rois de Patagonie et d'Araucanie ». Viennent, ensuite, Georges Sénéchal de la Grange, Gaston Dugniolles de Montnoir (1904-1907), Alphonse O'Kelly de Galway, archiviste, mort en 1916), de Gaugler (mort en 1917), Louis Druel (mort en 1933), Isidore-Louis Dulong (jusqu'en 1945), puis Louis-François Girardot. Cette société incarne elle aussi la continuité des institutions en se consacrant au souvenir et à la philanthropie; elle est encore active au lendemain de la Seconde Guerre mondiale »[14].

À la disparition de Louis-François Girardot, le « prince Philippe d'Araucanie et de Patagonie » (Philippe Boiry) change le nom de la société en la nommant « La Légion des Médaillés de la Constellation du Sud »[15].

L'association Auspice Stella - Souvenir franco-araucanien[modifier | modifier le code]

Au-delà du « royaume », l'association loi de 1901 Auspice Stella défend les indiens mapuches à l’ONU[16]. Créée le 30 septembre 1965 à Paris[17], son siège social est transféré à : La Mairie 24390 Tourtoirac, sous le nom Auspice Stella - Souvenir franco-araucanien, par déclaration du 18 juin 2015 à la préfecture de la Dordogne. Toujours selon la même déclaration, son objet est de: “Soutenir les efforts du peuple Mapuche dans sa lutte pour son autonomie et son autodétermination et de garder vivante la mémoire du royaume d’Araucanie et de Patagonie et de son fondateur Orélie- Antoine”[18]. Le 1er août 2013, l'association Auspice Stella obtient le statut consultatif spécial accordé par le Conseil économique et social des Nations unies aux organisations non gouvernementales[19]. Depuis, Auspice Stella intervient régulièrement pour défendre la cause des Mapuches auprès du Conseil des droits de l'homme à l’ONU[20],[21],[22],[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Armando Braun Menéndez, El reino de Aracaunía y Patagonia, Buenos Aires- Santiago de Chile, Editorial Francisco de Aguirre S. A., , 179 pages p., p. 148
  2. Bruno Fuligni L'État c'est moi: histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates, Éditions de Paris, 1997
  3. Sergio Zamora, Les Guerriers du Crépuscule, page 182,Yvelinédiotion 2011
  4. a et b Jean-François Gareyte, LE RÊVE DU SORCIER Antoine de Tounens Roi d'Araucanie et de Patagonie Tome 1, Périgueux, La Lauze, , 720 p. (ISBN 978-2-35249-052-4)
  5. Marc de Villiers Du Terrage Conquistadores et roitelets: rois sans couronne, Perrin, 1906, page 351.
  6. Jacques Lagrange Le roi français d'Araucanie, Éditions PLB, 1990, page 44.
  7. « 19/20 : Journal national Édition du dimanche 27 août 2017 », (consulté le 1er septembre 2017)
  8. « Les JT du week-end de France 3 », sur www.facebook.com (consulté le 1er septembre 2017)
  9. « Le royaume d’Araucanie en fête », sur SudOuest.fr (consulté le 1er septembre 2017)
  10. Jean Raspail "Moi, Consul Général de Patagonie", Le Figaro 6 novembre 1981
  11. François Caradec, Noël Arnaud Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications, J. J. Pauvert, 1964, page 72.
  12. Joseph Bollery Correspondance générale de Villiers de L'Isle-Adam, Mercure de France, 1962, page 58.
  13. Voir Léo Magne : appendice intitulé « L'Ordre de la Constellation du Sud » in L'Extraordinaire aventure d'Antoine de Tounens.
  14. Collectif, Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette Patagonie, Éditions Petit Futé 2011, page 38.
  15. Symboles et traditions No 66 (1973) page 19.
  16. Mathias Fournier Sud-Ouest du 25.8.2014 L’ONG Auspice Stella, l’autre visage du Royaume d’Araucanie.
  17. Publication au Journal officiel du 24 octobre 1965, page 9440.
  18. Annonce n° 315 page 3449 de l'annexe au Journal officiel de la République française, Lois et Décrets du 18 juin 2015 sur legifrance.fr
  19. (en) Attribution du statut consultatif spécial par le Conseil économique et social des Nations unies aux organisations non gouvernementales
  20. (en) Intervention de Auspice Stella au Conseil des droits de l'homme le 16 septembre 2014 à Genève (chapitre 17) sur UN web TV
  21. [1] Intervention à la 26e session, juin 2014
  22. [2] Intervention à la 25e session, mars 2014
  23. [3] Rapport écrit du 30 juin 2013
  24. L’Académie dévoile son palmarès 2016
  25. 1&1 TopSite Express, « Palmarès 2017 - Académie des Jeux floraux », sur jeuxfloraux.fr (consulté le 21 juillet 2017)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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