Cette page est semi-protégée.

Principauté de Seborga

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Ne doit pas être confondu avec Seborga.

Principauté de Seborga
Principato di Seborga (it)
Blason de Principauté de Seborga
Blason de la principauté de Seborga
Drapeau de Principauté de Seborga
Drapeau de Seborga
Principauté de Seborga
Panneau indiquant l'entrée de la "Principauté de Seborga"
Image illustrative de l’article Principauté de Seborga
Administration
Statut politique Micronation
Capitale Seborga
Gouvernement
- Prince
Monarchie constitutionnelle
Marcello Ier
Démographie
Population 319 hab. (2010)
Densité 21 hab./km2
Langue(s) Italien, ligure, français
PIB
 · PIB/hab.
n/a
n/a
Géographie
Coordonnées 43° 49′ 34″ nord, 7° 41′ 40″ est
Superficie 14,91 km2
Divers
Monnaie Luigino[1],[2], euro
Fuseau horaire UTC +1
Domaine internet n/a
Indicatif téléphonique n/a
Hymne La Speranza
Devise Sub Umbra Sedi

La principauté de Seborga, en italien principato di Seborga, est une micronation qui revendique le territoire de la commune italienne de Seborga, dans la région de Ligurie.

Géographie

La principauté de Seborga revendique le territoire de la commune italienne de Seborga située dans la région de Ligurie. Seborga est limitrophe des communes d'Ospedaletti, Perinaldo, Sanremo et Vallebona.

Histoire

Origine de la principauté

Vue de l'ancien palais de la monnaie de la principauté de Seborga.

En 954, le comte de Vintimille cède le fief de Seborga aux abbés de Lérins, qui en font une principauté ecclésiastique qui va durer pendant huit cents ans.

En janvier 1729, Victor-Amédée II de Sardaigne achète la principauté de Seborga à son propriétaire ecclésiastique, l'abbé Biancheri, mais sans en acquitter le prix ce qui explique que Seborga ne sera jamais mentionnée dans aucun traité ultérieur. Giuseppe Antonio Biancheri porte le titre de prince du 16 novembre 1710 jusqu'à son décès le 4 novembre 1746, malgré le « protectorat » de la Maison de Savoie à partir de 1729[3] qui ne sera jamais reconnu. Seborga figure bien dans le « contado di Nizza » de la carte des États du roi de Sardaigne de 1779[4].

La principauté contemporaine

Dans les années 1950, des habitants de la commune de Seborga revendiquent la réactivation de l'indépendance par rapport à la République italienne, en vertu de son ancien statut de principauté dont la localité aurait joui autrefois, et ils considèrent comme illégale l'annexion au royaume de Sardaigne, puis à l'Italie[5].

La proclamation de Seborga en tant que principauté remonte à 1963 lorsque le fleuriste du village, Giorgio Carbone, est élu « prince Giorgio Ier de Seborga »[2]. Un plébiscite auprès de la population du village approuve alors sa proclamation par 304 voix contre 4[6]. Cette sécession se base sur le legs du village à l'abbaye de Lérins en 954 par un comte de Vintimille ainsi que sur la protection de la maison de Savoie, disparue en 1946 et vécue comme une « annexion » à l'Italie[2]. Le « prince Giorgio Ier » constitue une association italienne type loi 1901: Associazione Governo del Principato[7] (Ordinanza n°576), renommée en français "Conseil de la Couronne" et comptant une douzaine de membre actif.

Après la mort de Giorgio Carbone le [8], la « régence » est assurée par Alberto Romano jusqu'à l'élection de Marcello Menegatto, un promoteur immobilier, le , qui est investi le 22 mai suivant sous le nom de règne de « Marcello Ier »[2]. Il souhaite « continuer la lutte pour la réactivation de la reconnaissance de l'indépendance de la principauté et développer son économie.

Le , Nicolas Mutte, un écrivain français dont les fictions « flirtent avec les théories du complot »[9], s'autoproclame « prince de Seborga » sous le nom de « Nicolas Ier ». Il aurait reçu l'« allégeance » de certains proches de « Marcello Ier » qu'il appelle à démissionner[10].

Le , Marcello Ier est réélu par les habitants de Seborga[11].

Administration

Indépendance de la principauté

L'indépendance de la principauté se baserait sur les points suivants :

  • Les trois procès avec l’État italien auraient été "tous gagnés" par la principauté de Seborga[2].
  • La principauté en la personne de Giorgio Carbone et autres a saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour faire valoir son indépendance (auprès de la CEDH de Strasbourg)[note 1],[12].

Régime politique

Seborga est une principauté régie par une Constitution et dirigée par un prince, élu pour sept ans. Elle dispose d'un gouvernement de neuf ministres nommé « Conseil de la Couronne » et d'un « Conseil des Prieurs »[2]. La fête nationale se déroule le 20 août, jour de la fête de saint Bernard[2].

Princes

Nom Début du règne Fin du règne
Giorgio Ier
Alberto Romano (régent)
Marcello Ier depuis le Réélu pour 7 ans en 2017.

Relations extérieures

Des consuls et des ambassadeurs sont envoyés à l'étranger dont un en France[2].

Économie

Recto d'une pièce de 15 centimes de luigino frappée en 1996 et représentant le prince de Seborga.
Timbres (2000)

Le folklore créé par cette principauté et entretenu par ses habitants attire des touristes. Entre 1994 et 1996, des pièces de monnaie de la principauté ont été émises[13], attirant l'attention des numismates. Cette monnaie, le luigino, est alors indexée au dollar américain[2]. Ces frappes monétaires ont un précédent historique car au XVIIe siècle, les abbés de Lérins, seigneurs de Seborga, ont frappé monnaie [14],[15] des timbres [16]sont aussi imprimés et le courrier est tamponné avec les cachets de la principauté[2][note 2]. La principauté dispose de ses propres passeports [note 3] et plaques d'immatriculation[2].
Des produits alimentaires et autres articles touristiques sont vendus sous la marque Rosa Principe di Seborga (en français « Rose prince de Seborga »), déposée au sein de l'Union européenne en 2012[17] par le maire italien de Seborga
Une activité plus traditionnelle est la culture des fleurs destinées à la parfumerie[2] et aux fleuristes [18].

Les autres activités concernent , l'immobilier, la restauration, une galerie d'art, un potier, des épiceries et une jardinerie[19]

Population et société

Démographie

La population s'élève à 319 habitants en 2010.

Notes et références

Notes

  1. Suite au recours contre l'état italien, adressé le 24 octobre 2008, enregistré sous le N° 52856/08, la réponse de la CDEH du 20 décembre 2012 le juge irrecevable
  2. le courrier expédié de Seborga porte un timbre italien oblitéré par la poste italienne et dans le cas de présence d'un timbre de la principauté (affranchissement décoratif) deux oblitérations de la principauté
  3. ces vrais-faux passeports sont vendus aux touristes dans l'épicerie du village

Références

  1. (fr) « principauté de Seborga », sur drapeaufree.free.fr (consulté le 3 octobre 2010)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Georges Bourquard, « La principauté qui défie l’Italie », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne)
  3. (it) Seborga, Principato Sovrano, G. Pistone, Edizioni Principato di Seborga, 1999
  4. Cette portion de carte est reproduite à l'article « Comté de Nice » du Dictionnaire historique et démographique du comté de Nice, volume IV de l'encyclopédie Niciensis publiée sous la direction de Ralph Schor en 2002
  5. (en)James Minahan, Encyclopedia of the Stateless Nations, Volume 4 S-Z, Greenwood Publishing Group, 2002, (ISBN 978-0-313-32384-3), pag 1696
  6. (en) Caitlin Moran, « Noel Gallagher is my choice for monarch », sur timesonlineK.co.uk, The Times, (consulté le 15 juin 2008)
  7. (it) « Gazette official », (consulté le 14 juillet 2018)
  8. (en) Emily Langer, « 'His Tremendousness' oversaw the Italian village of Seborga », The Washington Post,‎ (lire en ligne)
  9. « Nicolas et Martial Mutte de Sabourg, princes rêvés de Seborga », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « Ruler of self-declared principality on the Italian Riviera faces 'coup d'état' from rival », sur www.telegraph.co.uk, (consulté le 25 juin 2016)
  11. (it) « Seborga, Marcello I in trionfo: rieletto principe », Il Secolo XIX, 24 avril 2017
  12. Réponse CDEH scan lettre
  13. Pièces Principauté de Seborga numisma.com
  14. Acchiardi (Gilbert), Les monnaies de Seborga, Provence Numismatique n° 114.
  15. Monnaies XVIIe provence-historique
  16. Timbrescasado.net
  17. (en) « EUTM file information : Rosa Principe di Seborga », fiche sur le site de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle, sur euipo.europa.eu (consulté le 15 juillet 2018)
  18. Coopérative agricole de Seborga agroflor.com
  19. Activités commerciales casado.net

Annexes

Liens externes

Bibliographie

  • Stéphane-Bertin Hoffmann, La reconnaissance des micro-nations ou l'utopie confrontée au Droit, Lulu, , 202 p. (ISBN 978-1-4457-1907-8)
  • Bruno Fuligni, L'État c'est moi (Histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates), Les Éditions de Paris, , 240 p. (ISBN 2-905-291-699)