Liberland

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République libre du Liberland
Svobodná Republika Liberland (cs)
Free Republic of Liberland (en)
Armoiries du Liberland
Armoiries du Liberland
Drapeau du Liberland
Drapeau du Liberland
Image illustrative de l'article Liberland
Administration
Capitale Liberpolis
Gouvernement République constitutionnelle
Vít Jedlička (fondateur)
Démographie
Gentilé Liberlandais
Population 40 hab.[1] (2015)
Densité 5,7 hab./km2
Langue(s) Tchèque, Anglais
Géographie
Coordonnées 45° 46′ 00″ nord, 18° 52′ 00″ est
Superficie 7 km2
Divers
Monnaie crypto-monnaie et autre
Fuseau horaire UTC +1 (HEC, heure d'hiver)
UTC+2 (HAEC, heure d’été)
Devise Žít a nechat žít (en français : Vivre et laisser vivre)
En rouge, la frontière revendiquée par la Croatie, en bleu l'actuel thalweg du Danube, frontière de fait. En jaune, territoires revendiqués à la Serbie par la Croatie ; en vert, territoires serbes selon la revendication croate, mais que la Serbie ne reconnaît pas comme siens puisqu'elle ne reconnaît pas la frontière revendiquée par la Croatie. Le Liberland a été proclamé sur le territoire vert le plus grand, marqué "Siga" sur la carte.

Le Liberland, en forme longue la République libre du Liberland (en tchèque Svobodná Republika Liberland), est une micronation non reconnue, auto-proclamée le 13 avril 2015 par Vít Jedlička sur un territoire situé sur la rive ouest du Danube, entre la Serbie et la Croatie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site officiel du Liberland explique que l'État pourrait être créé sur un territoire non revendiqué en raison du problème de droit posé par le différend frontalier entre la Croatie et la Serbie[2]. Après les guerres de Yougoslavie, l'actuel thalweg du Danube est devenu la frontière serbo-croate de fait, mais la Croatie revendique comme frontière l'ancien thalweg du Danube avant régularisation. Ainsi, certains territoires, tels que l'île de Vukovar ou l'île de Šarengrad, ont été disputés. Dans le secteur du Danube en amont de la confluence du Drave, huit grands territoires situés rive gauche, délimités par l'ancien cours du Danube, sont revendiqués à la Serbie par la Croatie et quatre territoires plus petits, situés rive droite, sont considérés comme serbes selon le point de vue croate, mais la Serbie ne les reconnaît pas comme siens puisqu'elle ne reconnaît pas la frontière revendiquée par la Croatie. Le plus grand de ces territoires serbes selon la Croatie, mais croates selon la Serbie, est celui de Gornja Siga investi par le Liberland. Par ailleurs le chenal navigable du Danube est classé parmi les eaux internationales.

Selon Vit Jedlička, puisque ni la Croatie, ni la Serbie ni une autre nation ne réclame ce territoire, il est une terra nullius (« une terre sans maître ») dont la frontière est bordée par des eaux internationales (Danube) et qui n'interfère avec aucune souveraineté[3].

Vít Jedlička est membre du Parti des citoyens libres, inspiré par le libéralisme[2]. La devise du Liberland est « Vivre et laisser vivre » (en tchèque, "Žít a nechat žít"). Son objectif est de créer une société où l'on peut prospérer sans lois et impôts contraignants. Il prend exemple de pays comme Monaco ou le Liechtenstein.

Vit Jedlička affirme qu'une note diplomatique officielle sera envoyée à la Croatie et la Serbie, et plus tard à tous les autres États, en vue d'une reconnaissance officielle[4].

Ni la Croatie ni la Serbie n'admettent le point de vue de Vít Jedlička selon lequel les territoires contestés seraient terra nullius, car chacune considère ces territoires comme appartenant à l'autre, la Croatie en se référant à l'ancien lit du Danube, et la Serbie en se référant à l'actuel. Déjà les médias des deux pays accusent Vít Jedlička de vouloir créer à leurs frontières un paradis fiscal (neporezna oaza - "oasis sans impôts"), et les gardes-frontières croates patrouillent sur le Danube et dans l'espace aérien frontalier pour empêcher l'accès sur Gornja Siga (qui se trouve sur la rive croate de fait)[5].

Vít Jedlička a été arrêté le 9 mai 2015 dans l'après-midi par la police croate alors qu'il voyageait en Croatie à proximité du Liberland mais sans en traverser la frontière. Le 10 mai 2015, après une réunion avec un juge de Beli Manastir et les policiers croates, Vit Jedlicka a été remis en liberté sans poursuite. Le Président du Liberland a qualifié cette arrestation d'opportunité pouvant permettre de clarifier les relations avec la Croatie sur le plan diplomatique. Les démarches vont être poursuivies par Vit Jedlicka pour faire aboutir son projet de création du Liberland[6].

Structure[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Un gouvernement composé de « dix à vingt membres » a été suggéré pour l'administration du Liberland. Un système de vote électronique sera utilisé pour élire les membres. Le pouvoir est, provisoirement, administré par trois fondateurs du projet, dont le président actuel[7].

Frontières et immigration[modifier | modifier le code]

Le Liberland fonctionnera sur une politique d'ouverture des frontières.

Citoyenneté[modifier | modifier le code]

La devise officielle du Liberland est « Vivre et laisser vivre » (en tchèque : "Žít a nechat žít")[8]. L'objectif de l'État est de créer une société où les honnêtes citoyens peuvent prospérer sans lois, règlements et impôts d'État inefficaces et contraignants. Les fondateurs sont inspirés par des pays comme Monaco et le Liechtenstein. Vit Jedlička accepte les demandes de citoyenneté, et selon le site officiel, seuls les communistes, les néo-nazis, et les extrémistes ne sont pas admissibles à la citoyenneté[8],[7]. Fin juin 2015, plus de 300 000 candidatures à la citoyenneté ont été enregistrées[9].

Constitution[modifier | modifier le code]

Au moment de la fondation du Liberland, la Constitution était encore à l'étape d'élaboration ; elle s'inspire de celle en vigueur en Suisse.

Une première rédaction coopérative de la Constitution du Liberland a été mise en ligne sur le site officiel du Liberland[10].

Économie et monnaie en vigueur[modifier | modifier le code]

La monnaie officielle sera basée sur un système de crypto-monnaie, mais toutes les autres monnaies seront autorisées.

Les politiciens auront l'obligation constitutionnelle d'interdire l'endettement de la Nation.

Diplomatie[modifier | modifier le code]

Pierre-Louis Boitel a été nommé ambassadeur du Liberland en France le 23 mai 2015 par Vít Jedlička[11]. Depuis cette date, il a constitué l'équipe de la Mission diplomatique du Liberland avec des conseillers en diplomatie internationale, en relations presse, des spécialistes de la crypto-monnaie et plusieurs interprètes.

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Le 11 janvier 2016, Pierre-Louis Boitel est nommé « vice-président de la République libre du Liberland » par Vít Jedlička. Il est notamment chargé de la mise en place du système des « merits » et du formulaire « internet » permettant aux candidats de demander la citoyenneté aux autorités officielles du Liberland.

Visite en France[modifier | modifier le code]

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Le 20 juin 2015, Vít Jedlička, répondant à l'invitation d'Aurélien Véron, président du Parti libéral démocrate, a effectué sa première visite privée en France. Il a ouvert la conférence annuelle du parti par une exposition détaillée sur le Liberland devant les membres du PLD, des candidats à la citoyenneté liberlandaise et des journalistes. Après plusieurs interviews, il a présidé un dîner privé réunissant une cinquantaine de convives partisans du Liberland[non neutre]. Il a terminé ce bref séjour parisien par une croisière sur la Seine avant de repartir pour Prague le lendemain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (cs) « Le Liberland, une utopie ultralibérale dans les Balkans »
  2. a et b (cs) Martínek Jan, « Člen Svobodných vyhlásil na území bývalé Jugoslávie vlastní stát », Novinky,‎ (lire en ligne)
  3. « Le Liberland, une nouvelle micronation autoproclamée de 7 km² », sur La Chaîne Info, (consulté le 21 avril 2015)
  4. (sr) « Čeh proglasio državu između Srbije i Hrvatske », B92,‎ (lire en ligne)
  5. "Aliaž Pengo Bitenc" sur [1].
  6. « Radio Prague - La police croate a arrêté le Tchèque Vít Jedlička, président autoproclamé du « nouvel Etat » Liberland », sur www.radio.cz (consulté le 7 mai 2016)
  7. a et b « La Nouvelle Internationale au Liberland », sur www.novaplanet.com, https://plus.google.com/b/112843119979830257331 (consulté le 12 novembre 2015)
  8. a et b « Bienvenue au Liberland, peut-être un nouveau petit paradis fiscal en Europe de l'Est ? », sur 20minutes.fr, (consulté le 21 avril 2015)
  9. « Le Liberland, une utopie ultralibérale dans les Balkans », sur lemonde.fr, (consulté le 27 juin 2015)
  10. https://liberland.org/en/constitution/
  11. « Ambassade de la République Libre du Liberland en France », sur Facebook (consulté le 6 juin 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Bir Tawil, micronation proposant elle aussi la citoyenneté et l'ouverture d'ambassades, basée sur un territoire frontalier contesté.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Rossman, Gabriel, « Extremely Loud and Incredibly Close (But Still So Far): Assessing Liberland’s Claim of Statehood », Chicago Journal of International Law, vol. 17, no 1,‎ (ISSN 1529-0816, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]