Liberland

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République libre du Liberland
(depuis 2015)

Svobodná Republika Liberland (cs)

Blason de République libre du Liberland (depuis 2015)
Armoiries du Liberland
Drapeau de République libre du Liberland (depuis 2015)
Drapeau du Liberland
Image illustrative de l’article Liberland
Administration
Pays Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de la Serbie Serbie
Territoire revendiqué : Une bande de terre sur la rive ouest du Danube, à la frontière entre la Croatie et la Serbie
Statut politique Micronation
Capitale Liberpolis
Gouvernement République constitutionnelle
Fondateur et 1er président Vít Jedlička
(Depuis 2015)
Ministre des Affaires Étrangères Thomas Walls
Ministre des Finances Jan Purkrábek
Démographie
Gentilé Liberlandais, Liberlandaise
Population 1 000 hab.[2] (2015)
Densité 143 hab./km2
Langue(s) Anglais
Géographie
Coordonnées 45° 46′ 06″ nord, 18° 52′ 17″ est
Superficie km2
Divers
Monnaie Liberland Merit (cryptomonnaie)
Fuseau horaire UTC +1 (HEC, heure d'hiver)
UTC+2 (HAEC, heure d’été)
Devise Žít a nechat žít (« Vivre et laisser vivre »)
En rouge, la frontière revendiquée par la Croatie, en bleu l'actuel thalweg du Danube, frontière de fait. En jaune, territoires revendiqués à la Serbie par la Croatie ; en vert, territoires serbes selon la revendication croate, mais que la Serbie ne reconnaît pas comme siens puisqu'elle ne reconnaît pas la frontière revendiquée par la Croatie. Le Liberland a été proclamé sur le territoire vert le plus grand, marqué "Siga" sur la carte.

Le Liberland, en forme longue la république libre du Liberland (en tchèque : Svobodná Republika Liberland), est une micronation, proclamée le par Vít Jedlička sur un territoire situé sur la rive ouest du Danube, à la frontière entre la Croatie et la Serbie. Il revendique une petite parcelle de terre, au bord du Danube, appelée Siga. En raison du différend frontalier entre la Croatie et la Serbie, certaines terres sont revendiquées par les deux pays, d'autres non.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site officiel du Liberland explique que l'État pourrait être fondé sur un territoire non revendiqué en raison du problème de droit posé par le différend frontalier entre la Croatie et la Serbie[3]. Après les guerres de Yougoslavie, l'actuel thalweg du Danube est devenu la frontière serbo-croate de fait, mais la Croatie revendique comme frontière l'ancien thalweg du Danube avant régularisation. Ainsi, certains territoires, tels que l'île de Vukovar ou l'île de Šarengrad, ont été disputés. Dans le secteur du Danube en amont de la confluence du Drave, huit grands territoires situés rive gauche, délimités par l'ancien cours du Danube, sont revendiqués à la Serbie par la Croatie et quatre territoires plus petits, situés rive droite, sont considérés comme serbes selon le point de vue croate, mais la Serbie ne les reconnaît pas comme siens puisqu'elle ne reconnaît pas la frontière revendiquée par la Croatie. Le plus grand de ces territoires serbes selon la Croatie, mais croates selon la Serbie, est celui de Gornja Siga investi par le Liberland. Par ailleurs le chenal navigable du Danube est classé parmi les eaux internationales.

Selon Vit Jedlička, puisque ni la Croatie, ni la Serbie ni une autre nation ne réclame ce territoire, il est une terra nullius (« une terre sans maître ») dont la frontière est bordée par des eaux internationales (Danube) et qui n'interfère avec aucune souveraineté[4].

Vít Jedlička est membre du Parti des citoyens libres, inspiré par le libéralisme[3]. La devise du Liberland est « Vivre et laisser vivre » (en tchèque, "Žít a nechat žít"). Son objectif est de fonder une société où l'on peut prospérer sans lois et impôts contraignants. Il prend exemple de pays comme Monaco ou le Liechtenstein.

Vit Jedlička affirme qu'une note diplomatique officielle sera envoyée à la Croatie et la Serbie, et plus tard à tous les autres États, en vue d'une reconnaissance officielle[5].

Ni la Croatie ni la Serbie n'admettent le point de vue de Vít Jedlička selon lequel les territoires contestés seraient terra nullius, car chacune considère ces territoires comme appartenant à l'autre, la Croatie en se référant à l'ancien lit du Danube, et la Serbie en se référant à l'actuel. Déjà les médias des deux pays accusent Vít Jedlička de vouloir fonder à leurs frontières un paradis fiscal (neporezna oaza - "oasis sans impôts"), et les gardes-frontières croates patrouillent sur le Danube et dans l'espace aérien frontalier pour empêcher l'accès sur Gornja Siga (qui se trouve sur la rive croate de fait)[6].

Vít Jedlička a été arrêté le dans l'après-midi par la police croate alors qu'il voyageait en Croatie à proximité du Liberland mais sans en traverser la frontière. Le , après une réunion avec un juge de Beli Manastir et les policiers croates, Vit Jedlicka a été remis en liberté sans poursuite. Le Président du Liberland a qualifié cette arrestation d'opportunité pouvant permettre de clarifier les relations avec la Croatie sur le plan diplomatique. Les démarches vont être poursuivies par Vit Jedlicka pour faire aboutir son projet de fondation du Liberland[7].

Structure[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Un gouvernement composé de « dix à vingt membres » a été suggéré pour l'administration du Liberland. Un système de vote électronique sera utilisé pour élire les membres. Le pouvoir est, provisoirement, administré par trois fondateurs du projet, dont le président actuel[8].

Frontières et immigration[modifier | modifier le code]

Le Liberland fonctionnera sur une politique d'ouverture des frontières.

Citoyenneté[modifier | modifier le code]

La devise officielle du Liberland est « Vivre et laisser vivre » (en tchèque : "Žít a nechat žít")[9]. L'objectif de l'État est de fonder une société où les honnêtes citoyens peuvent prospérer sans lois, règlements et impôts d'État inefficaces et contraignants. Les fondateurs sont inspirés par des pays comme Monaco et le Liechtenstein. Vit Jedlička accepte les demandes de citoyenneté, et selon le site officiel, seuls les communistes, les néo-nazis, et les extrémistes ne sont pas admissibles à la citoyenneté[9],[8]. Fin , plus de 300 000 candidatures à la citoyenneté ont été enregistrées[10].

Constitution[modifier | modifier le code]

Au moment de la fondation du Liberland, la Constitution était encore à l'étape d'élaboration ; elle s'inspire de celle en vigueur en Suisse.

Une première rédaction coopérative de la Constitution du Liberland a été mise en ligne sur le site officiel du Liberland[11].

Économie et monnaie en vigueur[modifier | modifier le code]

La monnaie officielle sera basée sur un système de cryptomonnaie, mais toutes les autres monnaies seront autorisées. Les politiciens auront l'obligation constitutionnelle d'interdire l'endettement de la Nation.

Ordre de l'Étoile du Mérite[modifier | modifier le code]

Par décret présidentiel en date du , le président Vit Jedlicka a instauré l'ordre de l'Étoile du Mérite de la république libre du Liberland. De nombreuses personnalités du Liberland et étrangères ont déjà été récompensées pour leur soutien remarqué à la reconnaissance du Liberland.

Ron Paul, personnalité libertarienne politique américaine, membre du Parti Républicain et ancien représentant du Texas à la Chambre des Représentants, a reçu son passeport diplomatique du Liberland des mains du Président Vit Jedlicka lors de l'Anarchapulco Festival à Acapulco (Mexique) en [12].

En , Steve Forbes, rédacteur en chef du célèbre magazine économique FORBES et PDG de la maison d'édition FORBES Inc., a été décoré par le Président Jedlicka de la Médaille de 1re classe de l'Étoile du Mérite[13].

Passeport diplomatique[modifier | modifier le code]

Le Liberland vend ses passeports diplomatiques pour 5 000 dollars (environ 4 300 euros) payables en bitcoins. Inquiètes de ce commerce, les autorités françaises refusent l'entrée sur son sol des personnes qui tentent d'y pénétrer avec des documents administratifs provenant du Liberland car ils sont « fantaisistes et par définition non reconnus par la France »[14].

Reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

La micronation n'est reconnue par aucun membre des Nations Unies.

Néanmoins, le Liberland établit des relations avec le Somaliland, un État autoproclamé en Somalie depuis 1991. Les deux micronations ont signé un Protocole d'entente, en septembre 2017, établissant les bases de leurs relations et coopération en termes de technologie, énergie et finances[15],[16].

Positions officielles d'états souverains[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la Croatie Croatie : Le Liberland est évoqué, en 2015, par le Ministre croate des Affaires étrangères et européennes mais publiquement raillé comme étant une plaisanterie[17]. Dans un courrier, en mai 2016, le Ministre croate des Affaires étrangères et européennes, Miro Kovač définit le Liberland comme « une idée provocatrice qui a atteint de sérieuses proportions » qui « représente un risque pour la République de Croatie ». Il appelle à la recherche de solutions pour « stopper la promotion et les tentatives de concrétiser l'idée de la création du Liberland », recommandant que le « Ministère de l'Intérieur, les Services de Renseignements extérieurs (SAO), le Ministère de la Justice et le Ministère des Affaires étrangères et européennes coordonnent leurs actions pour arrêter cette idée provocatrice »[18]. Le 17 janvier 2017, Liberland est discuté et débattu au Parlement de Croatie par le député Ivan Pernar du parti Zivi Zid, qui estime que le Croatie devrait considérer sa reconnaissance[19].
  • Drapeau de l'Égypte Égypte: Le Ministère des Affaires étrangères égyptien a mis en garde sur la possibilité d'escroqueries liées au Liberland visant des personnes à la recherche d'un emploi à l'étranger : « Les Égyptiens devraient se renseigner auprès du Ministère des Affaires étrangères plutôt que dans les réseaux sociaux avant de chercher du travail à l'étranger »[21].
  • Drapeau de la Pologne Pologne: Le 24 juillet 2016, 7 membres du Kukiz'15 élus au (Parlement polonais), en collaboration avec des activistes locaux du Liberland, demandent au Ministre des Affaires étrangères Witold Waszczykowski quand la Pologne reconnaîtra la République du Liberland comme état indépendant[22]. Sans réponse, la question est reposée en août[23]. Finalement, en septembre, la Pologne annonce que le Liberland ne remplit les critères nécessaires pour prétendre à l'autodétermination[24].
  • Drapeau de la République tchèque République tchèque : Le Ministère des Affaires étrangères de la République tchèque s'est désolidarise des activités de Jedlička, qui est Tchèque. Le Ministère ajoute que « M. Jedlička, comme tout citoyen tchèque séjournant sur les territoires de Croatie ou Serbie, se doit de respecter les lois locales ». La République tchèque considère les activités de M. Jedlička comme étant « inappropriées et potentiellement préjudiciables »[25].

Position d'États non reconnus internationalement[modifier | modifier le code]

  • Drapeau du Somaliland Somaliland a établi un processus de reconnaissance mutuelle avec le Liberland et entamé une coopération sur plusieurs fronts (technologie, énergie et finances)[26],[27].

Positions officielles de partis politiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs partis mineurs, la plupart de tendance libertarienne, ont apporté leur soutien à la création du Liberland.

Positions officielles d'autre micronations[modifier | modifier le code]

Quelques micronations ont immédiatement exprimé leur soutien au Liberland.

Positions des organisations internationales[modifier | modifier le code]

  • Le 16 avril 2017, Bitnation annonce un partenariat avec le Liberland[38].
  • Le 20 avril 2017, Liberland dépose une demande d'admission de l'UNPO (Organisation des nations et des peuples non représentés). La demande est officiellement présentée et défendue le mois suivant à Bruxelles. En juin 2017, une délégation de la micronation est invitée pour observer les processus de la 13e Assemblée Générale au cours de laquelle le Président et membres de la présidence ont été élus[39].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Free Republic of Liberland », sur Free Republic of Liberland (consulté le 18 février 2020)
  2. 500000 en liste d'attente[1]
  3. a et b (cs) Martínek Jan, « Člen Svobodných vyhlásil na území bývalé Jugoslávie vlastní stát », Novinky,‎ (lire en ligne, consulté le 15 avril 2015)
  4. « Le Liberland, une nouvelle micronation autoproclamée de 7 km² », sur La Chaîne Info, (consulté le 21 avril 2015)
  5. (sr) « Čeh proglasio državu između Srbije i Hrvatske », B92,‎ (lire en ligne, consulté le 15 avril 2015)
  6. "Aliaž Pengo Bitenc" sur [1].
  7. « Radio Prague - La police croate a arrêté le Tchèque Vít Jedlička, président autoproclamé du « nouvel Etat » Liberland », sur www.radio.cz (consulté le 7 mai 2016)
  8. a et b « La Nouvelle Internationale au Liberland », sur www.novaplanet.com, https://plus.google.com/b/112843119979830257331 (consulté le 12 novembre 2015)
  9. a et b « Bienvenue au Liberland, peut-être un nouveau petit paradis fiscal en Europe de l'Est ? », sur 20minutes.fr, (consulté le 21 avril 2015)
  10. « Le Liberland, une utopie ultralibérale dans les Balkans », sur lemonde.fr, (consulté le 27 juin 2015)
  11. https://liberland.org/en/constitution/
  12. (en-US) « Dr Ron Paul receives his passport from the Free Republic of Liberland | Liberland Press », Liberland Press,‎ (lire en ligne, consulté le 12 octobre 2018)
  13. « Liberland », sur www.facebook.com (consulté le 12 octobre 2018)
  14. Aziz Zemouri, « Le Liberland, ce micro-État européen qui inquiète la France », sur Le Point, (consulté le 12 mars 2020)
  15. « The Free Republic of Liberland has successfully begun the mutual recognition process with the Republic of Somaliland | SomalilandInformer », sur web.archive.org, (consulté le 18 février 2020)
  16. (en-GB) « Africa highlights: Tuesday 26 September 2017 », sur BBC News (consulté le 18 février 2020)
  17. (hr) « Svjetski mediji dosta ozbiljno shvaćaju onog tipa koji pokušava osnovati mikrodržavu na Dunavu », sur Telegram.hr, (consulté le 18 février 2020)
  18. REPUBLIC OF CROATIA MINISTRY OF FOREIGN AND EUROPEAN AFFAIRS, MINISTER Dr Miro Kovač CLASS: 212-03/15-01/1, NO: 521 – V- 02/16-9, Zagreb, May 12th 2016
  19. (en-US) Michael Glaser, « Liberland Discussed And Defended In Croatian Parliament », sur Liberland Press, (consulté le 18 février 2020)
  20. Euan McKirdy CNN, « Is Liberland the world's newest micronation? », sur CNN (consulté le 18 février 2020)
  21. « Foreign Min. warns Egyptians against emigrating to Liberland | Cairo Post », sur web.archive.org, (consulté le 18 février 2020)
  22. (en-US) Michael Sols, « Seven members of Polish Parliament proposed the recognition of Liberland », sur Liberland Press, (consulté le 18 février 2020)
  23. « Interpelacja nr 4903 - tekst », sur www.sejm.gov.pl (consulté le 18 février 2020)
  24. « Interpelacja nr 4903 - tekst odpowiedzi », sur www.sejm.gov.pl (consulté le 18 février 2020)
  25. (cs) « Upozornění Velvyslanectví ČR k cestám do tzv. „Liberlandu“ », sur www.mzv.cz (consulté le 18 février 2020)
  26. (en-GB) Somaliland Sun, « Somaliland: Liberland Starts Mutual Recognition Process with Government in Hargeisa », sur Somaliland Sun, (consulté le 18 février 2020)
  27. (en-US) Alex, « Liberland Micronation Recognized by Somaliland », sur Every World Heritage Site, (consulté le 18 février 2020)
  28. (en) Tim Moen, « Conducting diplomacy with Vìt Jedlička the President of Liberland, a startup nation built on bitcoin and liberty between Croatia and Serbia. Our party will recognize @Liberland_org as a sovereign nation when we form government.pic.twitter.com/4qWYdLEdVx », sur @moen_tim, 2018t12:35 (consulté le 19 février 2020)
  29. (es) « El P-LIB, con la República Libre de Liberland | P-LIB | Partido Libertario » (consulté le 19 février 2020)
  30. (de) « up! fordert die Anerkennung der Freien Republik Liberland », sur up!schweiz, (consulté le 19 février 2020)
  31. « Ing. Petr Mach, Ph.D. | ParlamentniListy.cz – politika ze všech stran », sur www.parlamentnilisty.cz (consulté le 19 février 2020)
  32. (en) « Habertürk », sur Dotsub (consulté le 19 février 2020)
  33. (en-US) Staff, « Libertarians resolve to support development of Liberland », sur Libertarian Party, (consulté le 19 février 2020)
  34. (en) « Introducing Liberland, Europe's Newest Country », sur Stratfor (consulté le 19 février 2020)
  35. thomas amos, « La déclaration d’indépendance de Liberland | Principality of Sealand », sur https://www.sealandgov.org/fr/ (consulté le 19 février 2020)
  36. (en-US) Nate Vickery, « The Green Nation of Liberland: Plausible or Far Fetched », sur TechMalak, (consulté le 19 février 2020)
  37. « News and Events | Kingdom of North Sudan », sur www.kingdomsudan.org (consulté le 19 février 2020)
  38. Bitnation, « Bitnation Pangea », sur Bitnation Pangea (consulté le 19 février 2020)
  39. (en-US) Liberland, « Liberland Applies for the UNPO Membership », sur Liberland Press, (consulté le 19 février 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rossman, Gabriel, « Extremely Loud and Incredibly Close (But Still So Far): Assessing Liberland’s Claim of Statehood », Chicago Journal of International Law, vol. 17, no 1,‎ (ISSN 1529-0816, lire en ligne, consulté le 22 novembre 2016).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]