Moresnet neutre

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Moresnet Neutre
Territoire constesté de Moresnet

Neutral-Moresnet (de)
Neutraal Moresnet (nl)

18161919

Drapeau
Drapeau de Moresnet[1]

Hymne : Amikejo Marsch[2]

Description de cette image, également commentée ci-après

Carte du Moresnet
Légende :

1. Pays-Bas en 1830 (Province de Limbourg)
2. Belgique (province de Liège)
3. Moresnet
4. Prusse (Province rhénane)
a. Ancienne frontière belgo-prussienne en 1843
b. Route Aix-la-Chapelle - Liège
c. Actuelle frontière germano-belge depuis 1919
Informations générales
Statut territoire contesté
territoire démilitarisé[3]
condominium[4]
Chef-lieu La Calamine
Langue francique ripuaire
espéranto[5]
allemand
français
néerlandais
Religion christianisme
Monnaie franc français (FRF)[6]
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Démographie
Population 1816 256 hab.[7],[8]
1830 500 hab.[7],[8]
1858

2 572 hab.[7],[8] dont :

  • 852 belges
  • 807 prussiens
  • 695 neutres
  • 204 néerlandais
  • 14 divers[7]

4 668 hab. dont :

  • 1 916 allemands
  • 1 685 belges
  • 560 néerlandais
  • 484 neutres
  • 23 divers[9]
Superficie
Superficie 3,44 km2
Histoire et événements
Traité des limites
Traité de Versailles

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le territoire contesté de Moresnet[10],[11], dit Moresnet neutre[12],[13],[14], est un ancien territoire neutre[12] européen créé par l'article 17 du traité des limites signé à Aix-la-Chapelle le [12]. De forme triangulaire[12] et d'une superficie de 3,44 kilomètres carrés[12], il était situé à environ 7 km au sud-ouest d'Aix-la-Chapelle, au sud du point où les frontières de l'Allemagne des Pays-Bas, et depuis 1830 de la Belgique, se rencontrent au sommet du Vaalserberg[15],[16]. L'Empire allemand l'annexa le [13]. Le traité de Versailles l'assigna à la Belgique[14].

Territoire[modifier | modifier le code]

Carte du Moresnet neutre

Le territoire du Moresnet neutre avait la forme d'un triangle dont le sommet, au nord, était le point culminant du Vaalserberg, « point de contact » des trois anciens départements français de l'Ourthe, de Meuse-Inférieure et de la Roer (auj. tripoint des frontières entre l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas).

La base du triangle, au sud, était la chaussée de Liège à Aix-la-Chapelle[17] (auj. Lütticher Straße, portion de la route nationale 3).

Sa limite occidentale était un segment de la droite tracée entre le « point de contact » précité et celui des trois anciens cantons d'Aubel, d'Eupen et de Limbourg. Ce segment sert aujourd'hui de limite tant entre les communes de Plombières et de La Calamine qu'entre la Communauté française et la Communauté germanophone de Belgique.

Sa limite orientale était un segment de la droite reliant le « point de contact » et le point d'intersection de la chaussée de Liège à Aix-la-Chapelle avec la limite de l'ancien canton d'Eupen.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1816, le Royaume de Prusse et le royaume des Pays-Bas, ne trouvèrent pas d'accord sur l'exercice de la souveraineté sur la municipalité de Moresnet, notamment à cause de la mine de smithsonite très importante d'Altenberg (Vieille Montagne). La municipalité a été scindée en trois parties : Moresnet, intégré aux Pays-Bas, Neu-Moresnet, qui est devenu prussien et la partie intermédiaire, qui devint neutre et fut contrôlée conjointement par les deux États.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la mine de zinc de Moresnet neutre était considérée comme la plus riche d’Europe. Plus de deux millions de tonnes de minerai de zinc en avaient été extraits en cinq siècles.

Lorsque la mine de la Vieille Montagne fut épuisée en 1885, l’existence même de Moresnet neutre fut remise en question. Plusieurs propositions furent avancées pour y amener de nouvelles activités économiques, telle la création d’un casino ou d’un service postal émettant ses propres timbres, bien que cette dernière idée fut repoussée par le gouvernement local.

L’initiative la plus remarquable fut avancée par le docteur Wilhelm Molly (de), qui proposait de faire de Moresnet une micronation sous forme du premier État utilisant officiellement l’espéranto, sous le nom d’Amikejo, « Lieu d’amitié ».

Cependant, ni la Belgique ni la Prusse (ou plus exactement l'Allemagne en 1871) n’avaient abandonné leurs revendications sur le territoire et vers 1900, à la suite du refus de la Belgique d’ouvrir des négociations sur son statut, les Allemands s’orientèrent vers une politique plus agressive, incluant plusieurs actions de sabotage et d’obstruction administrative. En 1914, pendant le début de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne envahit la Belgique et annexa Moresnet en 1915.

À la fin de la guerre, le Traité de Versailles établit en 1919 la souveraineté belge sur Moresnet neutre, ainsi que sur le village allemand voisin de « Neu-Moresnet ». Ces territoires furent de nouveau annexés par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, mais furent restitués à la Belgique en 1944.

Après l'annexion à la Belgique en 1920, la commune prit le nom de La Calamine ou Kelmis ; elle fusionne en 1977 avec Neu-Moresnet et Hergenrath.

La tour Roi Baudouin construite à Moresnet à proximité immédiate (environ 50 mètres) du tripoint de Vaalserberg s’élève à 50 mètres ; elle offre de nos jours un panorama sur la colline qui marque les trois frontières entre la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. Cette colline constitue avec ses 322,20 mètres d'altitude le point culminant de ce dernier pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir paragraphe sur le drapeau
  2. L'hymne officiel en langue espéranto
  3. (en) Jost Delbrück, « Demilitarization », dans Rudolf Bernhard (dir.), Encyclopedia of public international law, t. 3 : Use of force, war and neutrality, peace treaties (A-M), Amsterdam, New York et Oxford, North-Holland, (réimpr. 1991), 1e éd., XV-299 p., 27 cm (ISBN 0-444-86234-X et 9780444862341, OCLC 755005852, notice BnF no FRBNF37397350), p. 150-153 [lire en ligne], p. 151 [lire en ligne (page consultée le 19 juin 2016)].
  4. (en) Peter Schneider, « Condominium », dans Rudolf Bernhard (dir.), Encyclopedia of public international law, t. 10 : States, responsability of states, international law and municipal law, Amsterdam, New York et Oxford, North-Holland, (réimpr. 1991), 1e éd., XV-543 p., 27 cm (ISBN 0-444-86241-2 et 978-0-444-86241-9, OCLC 468413747, notice BnF no FRBNF37397790), p. 58-60 [lire en ligne (page consultée le 19 juin 2016)].
  5. Paragraphe sur le docteur Molly et la langue espéranto
  6. « Moresnet-Neutre (1816-1919) : monnaie » [html] (consulté le 19 juin 216).
  7. a, b, c et d (nl) Enno de Witt, De grens : langs de randen van Nederland, Amsterdam, Athenaeum-Polak & Van Gennep, , 1e éd., 463 p., 22 cm (ISBN 90-253-7032-2 et 978-90-253-7033-6, OCLC 833403764).
  8. a, b et c « Moresnet neutre : un État minuscule conçu sur une planche à dessin » [html], sur GrenzRouten – Routes des Frontières, Aix-la-Chapelle (consulté le 19 juin 2016) [lire en ligne (page consultée le 19 juin 2016)].
  9. Projet de loi réglant le statut du territoire de Moresnet-Neutre [PDF] (consulté le 19 juin 2016), exposé des motifs, p. 3.
  10. Lucien Gallois, « La paix de Versailles : les nouvelles frontières de l'Allemagne », Annales de géographie, vol. 28, no 154,‎ , p. 241-248 (OCLC 754190406, DOI 10.3406/geo.1919.9290, lire en ligne [fac-similé]), § 3 (« La frontière belge »), p. 245.
  11. Firmin Pauquet, « Le territoire contesté de Moresnet, dit Moresnet neutre : notes historiques sur son statut, sa législation et son administration », Bulletin de la Société verviétoise d'archéologie et d'histoire, vol. 47,‎ , p. 53-153 (OCLC 68826781, présentation en ligne).
  12. a, b, c, d et e « GA016 1816 : Moresnet » [html], sur Atlas de la Grande Région, Université du Luxembourg,‎ (consulté le 18 juin 2016).
  13. a et b « GA048 1915 : Moresnet » [html], sur Atlas de la Grande Région, Université du Luxembourg,‎ (consulté le 18 juin 2016).
  14. a et b « GA050 1920 : Moresnet » [html], sur Atlas de la Grande Région, Université du Luxembourg,‎ (consulté le 18 juin 2016).
  15. http://www.moresnet.nl/francais/index_fr.htm
  16. http://museen.aachen.de/content/mus/grenzrouten_fr/themen_fr/4neutral-moresnet_fr/index.html
  17. Annexe [html], sur moresnet.nl (consulté le 20 juin 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Hachin, « Un territoire contesté : [le] Moresnet dit “neutre” », Revue de Lille,‎ (OCLC 457539014, notice BnF no FRBNF30567214)
  • Selm Wenselaers, De laatste Belgen. Een geschiedenis van de Oostkantons, Meulenhoff/Manteau (2008)
  • Vies de zinc. Portraits de travailleurs, image d'entreprise, Exposition à la Maison de la Mettalrurgie, Liège (octobre 2012 - juin 2013) consacrée aux albums dits de Saint-Paul de Sinçay, du nom du directeur général de la Société anonyme des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]