Nicolas Abraham

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Nicolas Abraham
Naissance
Kecskemét
Décès (à 56 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession
Psychanalyste
Activité principale
Auteur
Formation
Psychanalyse
Conjoint
Compagnon de Mária Török

Nicolas Abraham est un psychanalyste français, né à Kecskemét en Hongrie le et mort à Paris le (à 56 ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Abraham est né à Kecskemét en Hongrie[1], dans une famille juive orthodoxe et lettrée : son père était rabbin et imprimeur. En 1938, il se réfugie à Paris, pour fuir la montée du nazisme, et fait des études de philosophie à l'université, devenant un spécialiste de la phénoménologie d’Husserl[1]. . Il devient chercheur au CNRS, dans la section esthétique et se forme à la psychanalyse à la Société psychanalytique de Paris. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie en zone libre. Il se marie une première fois en 1946, et a deux fils, puis il rencontre Maria Török, également d'origine hongroise, installée en France après-guerre, qui devient sa compagne de vie et de recherches[1]. Maria Török poursuit l’œuvre entreprise après la mort de Nicolas Abraham, en 1975.

Abraham fut analysé par , dans le cadre de Société psychanalytique de Paris, dont il ne fut jamais membre à part entière (il resta simplement affilié) : il apparut rapidement comme dissident et sa cure didactique ne fut pas reconnue[1].

Maria Torok et Nicolas Abraham se lièrent d’amitié avec Jacques Derrida en 1959, partageant avec lui un goût pour la philosophie et l'analyse des textes freudiens[1].

Ses travaux et son apport[modifier | modifier le code]

L'œuvre de N. Abraham étudie tant la métapsychologie freudienne que les travaux de Sandor Ferenczi, comme son concept d'incorporation, qu'il relie au traumatisme.

Avec Maria Török, ils étudient particulièrement et d'une façon inédite les questions liées à la pratique et à la théorie psychanalytiques. Ils investiguent des notions clés :

  • Le secret de famille, transmis d'une génération à l'autre (théorie du fantôme)
  • l'impossibilité du deuil, par suite d'irruptions d'éléments liés à la honte (maladie du deuil)
  • l'identification à un autre (incorporation)
  • l'enterrement d'un vécu inavouable (la crypte)

Les travaux d'Abraham étudient particulièrement les notions liées au trauma. Il déplace l'attention analytique traditionnellement tournée vers les éléments œdipiens ou la castration vers un vécu beaucoup plus précoce dans la vie de l'enfant.

Ses travaux le font connaître, avec la publication posthume du Verbier de l’homme au loup (1976), composé en collaboration avec Maria Török et préfacé par Jacques Derrida[1]. Il s'agit d'un commentaire du cas de l'homme aux loups analysé par Freud[2] et à propos duquel il montre le polyglottisme qui le constitue : L'homme aux loups est de langue maternelle russe tout en étant élevé par une nourrice de langue anglaise, tandis qu'il réalise sa cure en allemand ; à cela s'ajoute, selon les auteurs, la langue française, une « crypte » qui constitue le moi clivé du patient et la clé de son inconscient[1].

Il est également le traducteur en français et le commentateur du Livre de Jonas, ouvrage du poète hongrois Mihály Babits.

Postérité[modifier | modifier le code]

Un prix Nicolas Abraham et Maria Török est attribué tous les deux ans par l’Association européenne Nicolas Abraham et Maria Török à un ouvrage ou un travail de recherche réalisé en français au cours des deux années précédentes. Il est attribué pour la première fois en 2002. Les qualités théoriques et l’intérêt clinique des travaux présentés sont pris en considération, mais aussi leur caractère innovant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Nicholas Rand et Maria Török, « Abraham, Nicolas », p. 8, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Abraham et Maria Török, L'Écorce et le noyau, Paris, Flammarion, 1999 (première édition : 1978).
  • Nicolas Abraham et Maria Török, Le Verbier de l'homme aux loups, précédé de Fors par Jacques Derrida, éd. Poche, 1999 (première édition : 1976).
  • Nicolas Abraham, Jonas et le cas Jonas, 1999, Paris, Flammarion, (Note : Contient "Le livre de Jonas" de Michael Babits, en hongrois avec la trad. française en regard) .
  • Nicolas Abraham, Rythmes : De la philosophie, de la psychanalyse et de la poésie, préface de Nicholas Rand, Paris, Flammarion (2e éd.), 1999 (ISBN 978-2082125314).
  • Nicolas Abraham, Maria Torök, et Jacques Derrida, Anasémies, 1992 (première édition : 1976)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eva Brabant « Symboles, cryptes et fantômes : Nicolas Abraham et Maria Török » Le Coq-Héron no 186, 2006
  • Pascal Hachet, Cryptes et fantômes en psychanalyse. Essais autour de l’œuvre de Nicolas Abraham et Maria Torok, L'Harmattan, 2000 (OCLC 708544138)
  • Fabio Landa, La Shoah et les nouvelles figures métapsychologiques de Nicolas Abraham et Maria Torok : Essai sur la création théorique en psychanalyse, 2000
  • Nicholas Rand, Quelle psychanalyse pour demain ? Voies ouvertes par Nicolas Abraham et Maria Torok, Toulouse, Érès, 2001, Pascal Hachet, recension critique, en ligne.
  • Jean Claude Rouchy, La psychanalyse avec Nicolas Abraham et Marie Törok, 2001
  • Barbro Sylwan et Philippe Réfabert, Freud, Fliess, Ferenczi. Des fantômes qui hantent la psychanalyse, collection Nicolas Abraham et Maria Torok, Éditions Hermann, 2010.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de psychanalyse, Paris, Fayard,‎ , p. 23
  2. Sigmund Freud, L'Homme aux loups : d'une histoire de névrose infantile, Payot, coll. «Petite Bibliothèque Payot», 2010 (ISBN 2228905690) et L'Homme aux loups, Presses Universitaires de France - Quadrige, 1990, (ISBN 2130434002)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]