Armement air-sol modulaire

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AASM
Image illustrative de l'article Armement air-sol modulaire
Présentation
Fonction Bombe guidée
Constructeur Sagem Défense Sécurité
Caractéristiques
Moteur Propulsion à propergol solide
Masse au lancement 340 kg (version bombe 250 kg)[1]
Longueur 3,10 m (version bombe 250 kg)[1]
Portée 55km à haute altitude
Charge 87kg (version Mk82)
Guidage inertiel + GPS ; capteur infrarouge ; capteur laser
Plateforme de lancement Mirage 2000, Rafale, Mirage F1 modernisés ASTRAC, Tornado

L’armement air-sol modulaire (AASM, prononcé [2ASM] ou [A2SM]) ou Hammer (pour highly agile modular munition extended range) est une famille de bombes guidées[N 1], actuellement utilisée par les forces armées françaises, à partir de Mirage 2000 et de Rafale.

Il s’agit d’un kit de guidage et d’un kit d’augmentation de portée, conçus et produits par Sagem Défense Sécurité, qui s’adaptent à une bombe classique.

Historique[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, les forces armées françaises souhaitent posséder des armes capables de frapper à longue distance, de façon que le tireur ne soit pas exposé. Elles souhaitent également un guidage qui ne dépend pas des conditions météorologiques, et particulièrement précis, afin d’éviter les « dommages collatéraux ». Deux familles d’armements air-sol seront alors demandées : le AASM et les missiles Apache et SCALP-EG[1].

En septembre 2000, le contrat est notifié à la société Sagem. Les premières livraisons ont lieu en octobre 2007 pour la version INS/GPS, et en février 2009 pour la version INS/GPS/infrarouge[2].

Le 14 mai 2008, Sagem signe un accord avec MBDA pour que celui-ci commercialise l’AASM à l’export[3].

En 2010, dans le cadre du programme d’étude amont (PEA) nommé « DASIGL » (démonstrateur d’armement air-sol inertie GPS laser) notifié en 2008, la version laser est tirée pour la première fois au au centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse[4]. La première livraison a lieu en décembre 2012 et le 3 avril 2013, la DGA qualifie cette version[2],[5].

En 2011, le AASM est renommé « Hammer » à des fins commerciales[6],[N 2].

Description technique[modifier | modifier le code]

Guidage[modifier | modifier le code]

Un AASM et les trois kits de guidage.

Le AASM INS/GPS, dit aussi SBU-38 Hammer, est la version de base. Il dispose d’un système de guidage hybride, à la fois GPS et inertiel. Les coordonnées de la cible sont intégrées dans les calculateurs de l’arme qui est ensuite indépendante lors de son vol ( « Tire et oublie » )[7].

Le AASM INS/GPS/infrarouge, dit aussi SBU-64 Hammer, est complété par un capteur infrarouge. Celui-ci ne fonctionne que dans la phase terminale et permet de s’affranchir des erreurs de coordonnées par un recalage avant l’impact grâce à un modèle de la cible préalablement introduit dans l’arme et des algorithme de traitement d'images[7]. Cette version a une précision métrique[8].

Le AASM INS/GPS/laser, dit aussi SBU-54 Hammer, comporte un capteur laser. Il fonctionne si la cible est illuminée avec un désignateur laser[7]. Elle permet de détruire des cibles statiques ou mobiles (chars, navires, etc.) avec une précision inférieure à un mètre[9].

Une version bimode laser et infrarouge serait à l’étude[10].

Charge[modifier | modifier le code]

L’assemblage des modules est réalisé par les utilisateurs des forces armées :

Propulsion[modifier | modifier le code]

Le système de propulsion est réalisé par la société Roxel (filiale à 50 % de MBDA et à 50 % d’Herakles)[12].

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

L’Armée de l'air française visait à l'origine du programme 4 200 munitions. Les lois de programmation militaire 2009-2014 et 2014-2019 ont réduit ces quantités, et en 2014, l’objectif est de 764 kits AASM inertie-GPS, 384 kits AASM infrarouge et 600 AASM laser, soit un total de 1 748 kits alors que 1 256 ont déjà été livrés[2].

L’armée française embarque jusqu’ AASM sur ses avions Dassault Rafale Marine et Air depuis 2008. Chaque Rafale peut embarquer six bombes[8]. L’arme a été tirée lors des conflits en Afghanistan, en Libye, au Mali et en Irak.

Utilisation du AASM par les forces françaises
Opération Commentaire
Afghanistan
Libye 219 munitions tirées[13]
Mali
Irak Premier tir opérationnel de la version laser le 11 mai 2015[14]

Les bombes Paveway sont toutefois plus utilisées en raison de leur moindre coût[15].

Le Maroc a acquis des AASM dans le cadre du programme de rénovation de ses Mirage F1[16].

Les forces armées égyptiennes achètent des AASM en février 2015, en même temps que des Dassault Rafale, la frégate Normandie et des missiles MICA et SCALP[17].

Le Qatar a également acquis des AASM en mai 2015, en parallèle du contrat pour l'achat d'avions Rafale[18].

L’intégration des AASM sur des Lockheed C-130 Hercules est à l’étude en 2015[19].

Des négociations non abouties ont eu lieu avec la force aérienne royale saoudienne pour la commande de AASM laser dans le cadre de la troisième tranche de modernisation du programme TSP (Tornado Sustainment Programme) négociée par BAE Systems. Ce contrat aurait inclus également des Brimstone (engins assez similaires), des Storm Shadow et des IRIS-T[20],[21].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le AASM pourrait également être classé comme un missile air-sol.
  2. La bombe guidée concurrente étant les Paveway GBU-XX ; GBU = guided bomb unit et SBU=smart bomb unit.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « L'AASM (armement air-sol modulaire) », sur www.defense.gouv.fr/dga,‎
  2. a, b et c « Projet de loi de finances 2015, Mission Défense, Programme Équipement des forces, projet annuel de performances, justification au premier euro », sur performance-publique.budget.gouv.fr (consulté le 24 mai 2015)
  3. « Safran et MBDA s'épaulent sur les missiles guidés », sur www.usinenouvelle.com,‎ (consulté le 24 mai 2015)
  4. « Première mondiale : 1er tir d’un démonstrateur d’AASM laser à arrivée verticale », sur defense.gouv.fr/dga,‎ (consulté le 24 mai 2015)
  5. « La DGA qualifie l’AASM laser », sur defense.gouv.fr/dga,‎ (consulté le 24 mai 2015)
  6. « Call it 'Hammer' », sur www.aviationweek.com/aw/blogs/defense,‎
  7. a, b et c « AASM », sur www.sagem.com (consulté le 24 mai 2015)
  8. a et b Guillaume Lecompte-Boinet, « AASM, l’arme fatale française en Libye », sur www.usinenouvelle.com,‎
  9. (fr) « Un AASM fait mouche sur une cible lancée à 80 km/h », sur www.meretmarine.com,‎ (consulté le 3 mai 2011)
  10. Guillaume Steuer, « Coup au but pour l'AASM laser de Sagem », sur www.air-cosmos.com,‎ (consulté le 24 mai 2015)
  11. « Bang », sur www.mbda-systems.com
  12. « Guided or Propelled bomb », sur www.roxelgroup.com
  13. Frédéric Lert, « RETEX Harmattan » », Air Fan, no 400,‎
  14. Jean-Marc Tanguy, « Premier tir d’un AASM à guidage laser par un Rafale en opération », sur www.air-cosmos.com,‎
  15. Jean-Marc Tanguy, « Serval (Point n°5) : les Rafale larguent (presque) tout »,‎
  16. « AASM, pays équipés », sur www.defense.gouv.fr/dga
  17. Dominique Gallois, « Comment la vente de Rafale à l’Egypte a-t-elle été organisée ? », sur www.lemonde.fr,‎
  18. « Avec le Qatar, le Rafale remporte un nouveau succès à l'exportation », sur lefigaro.fr,‎
  19. Guillaume Belan, « Le projet 2ASM sur C-130 dé-risqué », sur www.air-cosmos.com,‎ (consulté le 24 mai 2015)
  20. Michel Cabirol, « Défense : Safran et MBDA vont armer les avions de combat saoudiens Tornado », sur www.latribune.fr,‎
  21. François Julian, « Le temps presse pour l'AASM de Sagem », sur www.air-cosmos.com,‎ (consulté le 24 mai 2015)