Missile de croisière naval

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Missile de Croisère Naval (MdCN)
Image illustrative de l'article Missile de croisière naval
Présentation
Type de missile missile de croisière
Constructeur MBDA
Coût à l'unité 2,86 millions d'Euros (2014)[1]
Déploiement frégates : 2015
sous-marins : 2018[2]
Caractéristiques
Moteur Microturbo TR 50
Masse au lancement 1 400 kg
Longueur 6,50 m
Diamètre 53 cm
Envergure 2,85 m
Vitesse 800 km/h (Mach 0.80)
Portée 1 000 km[3]
Charge utile 250 kg
Guidage navigation inertielle, topographique, GPS
(vol de croisière)
radar et imagerie infrarouge
(attaque terminale)
Précision métrique
Détonation à l'impact
Plateforme de lancement navires, sous-marins

Le missile de croisière naval (MdCN) (anciennement appelé « SCALP Naval ») fait partie, avec l’Air-Sol Moyenne Portée Amélioré, l’Apache et le SCALP-EG, des missiles de croisière utilisés par l’armée française. Son développement par la société MBDA a commencé en 2006. Il est entré en service sur les frégates de la classe Aquitaine (FREMM et FREMM DA[4]) en 2015 et est prévu pour les sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) de classe Suffren vers 2018[2].

Il offre une capacité de première frappe rapide, massive et coordonnée, ainsi qu’une complémentarité avec les missiles de croisière aéroportés.

Historique[modifier | modifier le code]

Le contrat de développement et de production du missile de croisière naval est notifié par la direction générale de l'Armement à MBDA en [5].

Le premier tir d’essai du MdCN, dans sa version à décollage vertical a été effectué avec succès le [6] depuis le centre d’essais de missiles de la direction générale de l’Armement (DGA EM) de Biscarosse. Le premier tir sous-marin a eu lieu, lui, le [7], depuis une plateforme immergée simulant un lancement depuis un sous-marin, au large de l’île du Levant (DGA EM Méditerranée), l’un des deux autres sites d’expérimentations de la DGA.

Le premier tir complet d’un MdCN a été effectué avec succès le , depuis le centre DGA EM de Biscarosse. Lors de ce troisième tir de développement, tous les objectifs ont été atteints, notamment la validation de la phase terminale avec guidage autonome par reconnaissance de scène infrarouge, qui assure une très grande précision d'impact[8]. Un quatrième tir de développement a été réalisé avec succès le depuis le centre DGA EM Méditerranée, à l’Île du Levant, en configuration sous-marine[9]. Le dernier tir de qualification a été effectué le [2],[10] depuis le site de Biscarosse, permettant de valider définitivement toutes les capacités du missile, et plus particulièrement sa portée opérationnelle[10].

Le 19 mai 2015, la frégate multimissions Aquitaine a procédé avec succès au tir d’un MdCN au large de l’île du Levant. Selon la DGA, c'est la première fois qu’un bâtiment de surface européen tire un missile de croisière (des missiles Tomahawk ont déjà été tirés par le Royaume-Uni dans le passé, mais à partir de sous-marins)[11].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Comme le Tomahawk (photo) le MdCN pourra être lancé d'un sous-marin

Le missile de croisière naval reprend une grande partie de l’architecture fonctionnelle du SCALP-EG. Il a nécessité un certain nombre d’adaptations pour pouvoir être délivré depuis des plateformes navales, parmi lesquelles une structure cylindrique lui permettant d'être lancé par le système de lancement vertical Sylver A-70 ou un tube lance-torpilles de 533 mm, ainsi que l'ajout d’un accélérateur à carburant solide lui faisant acquérir rapidement sa vitesse de croisière après le lancement[Note 1]. La phase de vol est assurée par un turboréacteur à simple flux Microturbo TR 50[12] qui lui assure une portée supérieure à 1 000 km, triple de celle du SCALP-EG, soit une allonge se rapprochant de celle du BGM-109 Tomahawk américain[Note 2].

Pour être transformé en missile à changement de milieu pouvant être lancé depuis un sous-marin de classe Suffren (mis en service à partir de 2018), il est enfermé à l’intérieur d’une capsule hydrodynamique solide qui se brise dès l’instant où le missile fait surface.

La navigation repose sur un système de navigation inertielle (Thales Avionics), recalé en croisière par corrélation altimétrique (semblable au système TERCOM américain), et sur la réception d’un signal GPS. Le guidage final se fait grâce à un autodirecteur infrarouge (SELEX (en)).

Le MdCN est assemblé à l’usine de Selles-Saint-Denis de MBDA[13].

Mise en service[modifier | modifier le code]

Initialement, les frégates de la classe La Fayette devaient être équipées du système de lancement vertical Sylver A-70 leur permettant de lancer indifféremment des MdCN ou des missiles ASTER, mais le projet fut abandonné pour des raisons budgétaires, bien que l'emplacement soit resté disponible.

Le MdCN est opérationnel depuis 2015 sur les frégates de classe Aquitaine[14] et le sera en principe en 2018 pour les sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Suffren [2],[10].

Le , la DGA a passé une première commande de 50 unités de la version « surface » à MBDA[15], pour un montant de 560 millions d'euros, pour une livraison en 2012. Une deuxième commande a été passée en 2009 pour 150 exemplaires[Note 3],[16], 100 destinés aux frégates de la classe Aquitaine et 50 aux SNA de la classe Suffren. Le coût du programme pour ces 200 missiles est de 1,153 milliards d'Euros, avec un prix unitaire (hors développement) de 2,86 millions d'Euros[1]. La livraison des 60 premiers exemplaires a été reportée à 2015 en raison du décalage causé par le retard pris par la qualification opérationnelle du missile[1].

Exportation[modifier | modifier le code]

En 2015, le MdCN n’a pas fait l’objet de commandes à l’exportation.

Le Royaume-Uni, qui avait collaboré avec la France pour le programme SCALP-EG, a choisi de commander 65 Tomahawk américains[13].

La Grèce, qui avait indiqué en 2010 son intérêt pour l’achat de six frégates FREMM dotées de 16 missiles de croisière navals[17], a abandonné son projet en raison de ses difficultés économiques majeures.

Toutefois, la Pologne, qui veut acquérir de nouveaux sous-marins pour remplacer sa flotte vieillissante, exige que tout remplacement potentiel soit armé des missiles de croisière navals tels que le MdCN. La DCNS a répondu avec son offre des sous-marins de la classe Scorpène avec des MdCN[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le SCALP-EG est aéroporté, et n’a donc pas besoin d’aide pour atteindre sa vitesse de croisière.
  2. La portée d'un missile Tomahawk est comprise entre 1250 et 2500 km. Il peut en outre être porteur d’une charge nucléaire, ce qui n’est pas le cas du MdCN.
  3. Au lieu des 200 initialement prévus.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Xavier Pintat, Daniel Reiner et Jacques Gautier, « Projet de loi de finances pour 2015 : Défense : équipement des forces : A. 1. Le Missile de croisière naval (MDCN) », sur www.senat.fr, Sénat, (consulté le 16 décembre 2014)
  2. a, b, c et d « Actus en images : 27/10 MdCN », Cols bleus, Marine Nationale, no 3034,‎ , p. 12 (ISSN 0010-1834)
  3. « Premier tir réussi pour le missile de croisière Scalp Naval », Mer et Marine, (consulté le 25 octobre 2013)
  4. « Toutes les FREMM françaises seront équipées de missiles de croisière » (consulté le 8 juillet 2015)
  5. (en) « MdCN Press Information » [PDF], sur www.mbda-systems.com, (consulté le 16 décembre 2014)
  6. (en) Jean Dupont, « Successful first firing of MBDA's SCALP Naval missile », sur mbda-systems.com, (consulté le 16 décembre 2014)
  7. Bruno Daffix, « Premier tir sous-marin du futur missile de croisière naval », sur www.defense.gouv.fr/dga, (consulté le 16 décembre 2014)
  8. Bertrand Guy, « Succès du premier tir complet d'un missile de croisière naval », sur www.defense.gouv.fr/dga, (consulté le 16 décembre 2014)
  9. Bertrand Guy, « Succès du premier tir complet du missile de croisière naval en configuration sous-marine », sur www.defense.gouv.fr/dga, (consulté le 16 décembre 2014)
  10. a, b et c (en) Jean Dupont, « Successful final qualification firing for MdCN », sur www.mbda-systems.com, MBDA, (consulté le 16 décembre 2014)
  11. Laurent Lagneau, « La frégate multimissions Aquitaine a tiré son premier missile de croisière naval », sur Opex360.com, .
  12. « Le missile de croisière naval (MdCN) », sur www.defense.gouv.fr/dga, (consulté le 16 décembre 2014)
  13. a et b Véronique Guillermard, « MBDA assemble le futur missile de croisière naval français », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 16 décembre 2014)
  14. « FREMM : Premier tir du missile de croisière naval », sur air-cosmos.com (consulté le 14 juin 2015)
  15. (en) Carol Reed, « MBDA receives notification of SCALP Naval contract », sur mbda-systems.com, (consulté le 16 décembre 2014)
  16. Xavier Pintat et Daniel Reiner, « Projet de loi de finances pour 2010 : Défense, équipement des forces », sur www.senat.fr, Sénat, (consulté le 16 décembre 2014)
  17. « La Grèce est toujours intéressée par les frégates de type FREMM », sur www.meretmarine.com, Mer et Marine, (consulté le 16 décembre 2014)
  18. « La France propose à la Pologne des Scorpène dotés de missiles de croisière », sur meretmarine.com,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]