Matra R422

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Matra R422
Image illustrative de l'article Matra R422
Présentation
Type de missile Missile sol-air
Constructeur Drapeau : France Matra
Développement 1953-1958[1]
Statut Prototype
Caractéristiques
Nombre d'étages 2
Ergols Solide
Masse au lancement 1 100 kg[2]
Longueur 5,40 m[2]
9,32 m avec l'accelérateur[3]
Diamètre 0,4 m[3]
Envergure 2 m[3]
Vitesse Mach 2,8[1]
Portée 30 km[1]
Altitude de croisière 15 250 m[1]
Charge utile 100 kg[4]
Guidage Électromagnétique semi-actif
Détonation Fusée de proximité

Le missile Matra R422 est un missile sol-air à guidage électromagnétique semi-actif conçut par Matra dans les années 1950.

Conception et développement[modifier | modifier le code]

Le R422 a été développé par Matra dans le cadre du programme SA20 de l'armée française pour un sol-air longue portée (SALP)[1]. Il est alors en concurrence avec le DEFA PARCA et le SNCASE SE.4400. Il devait pouvoir intercepter des bombardiers volant à une altitude comprise entre 3 000 m et 11 000 m et à une vitesse entre Mach 0,5 et Mach 2.

Les premiers tirs guidés ont été menés au printemps 1958 à Hammaguir. Bien que ceux-ci se soient déroulés avec succès, lors de la dernière phase, l'acquisition de la cible, l'autodirecteur s'est révélé peu satisfaisant. Le programme est alors arrêté en août 1958[1] après la décision d'équiper l'armée française avec le missile américain Hawk.

Au total 164 exemplaires du R.422 furent lancés entre 1954 et 1958[5].

Description et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le R422 est un missile à deux étages propulsé chacun par un moteur-fusée à carburant solide. Le premier étage propulsé par un SEPR 734 délivre 102 000 daN/s tandis que le second étage avec son SEPR 703 délivre 28 400 daN/s[6].

Le guidage du missile s'effectue grâce à deux radars COTAL (COduite de Tir de l’Artillerie Lourde) : L'un poursuit la cible et l'autre le missile. Le site et l'azimut du missile et de la cible ainsi que la distance entre les deux sont envoyés à un calculateur qui élabore les ordres en roulis, tangage et lacet qui sont envoyés à l'engin par radio[7]. Quand la cible est suffisamment proche un guidage par autodirecteur électromagnétique semi-actif prend le relais[1], seul le radar suivant la cible est alors nécessaire[7]. Quand le missile est assez proche de sa cible le détecteur de proximité fait exploser la charge[7].

Le R422 est tiré depuis un lanceur rotatif à une élévation comprise entre 30 et 90°[8].

Construit par Matra, le R422 est équipé d'un radar Thomson-Houston, d'un système de radiocommande et de guidage terminal SFENA, d'un calculateur SEA et de moteurs produits par SEPR[8].

Variantes et dérivés[modifier | modifier le code]

  • R422-B1[3] : Première version du missile avec un accélérateur comprenant 4 moteurs-fusées[8].
  • R422-B3[9] : Version propulsée par un seul moteur-fusée[8].


  • R431 : Version dérivée du R422 mais dont la missile est propulsé par un statoréacteur en lieu et place du propulseur à poudre[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
Références
  1. a, b, c, d, e, f et g Belan et Mercillon 2006, p. 31
  2. a et b « Matra R422 », Musée européen de l'aviation de chasse
  3. a, b, c et d (en) « Missiles 1959: R.422 », Flight, vol. 76, no 2643,‎ , p. 528 (lire en ligne)
  4. (en) « Missiles and Spaceflight: Engins MATRA », Flight, vol. 78, no 2684,‎ , p. 243 (lire en ligne)
  5. (en) « R422 », globalsecurity.org (consulté le 12 février 2017)
  6. « Principales réalisations depuis l'origine par Départements », SEPR Union, no 10,‎ , p. 19 (lire en ligne)
  7. a, b et c « L'engin sol-air Matra R.422 », Aviation Magazine, no 264,‎ , p. 11
  8. a, b, c et d (en) « Missiles 1958: Matra R.422 », Flight, vol. 74, no 2602,‎ , p. 893 (lire en ligne)
  9. (en) « The 23rd Paris Show: Matra R.422-B3 », Flight, vol. 76, no 2631,‎ , p. 20 (lire en ligne)
  10. (en) « Missiles 1959: R.431 », Flight, vol. 76, no 2643,‎ , p. 528 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Belan et Patrick Mercillon, 1945-2005 : La Saga des missiles européens, Paris, Editions TTU, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]