Nord SS.11

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SS.11
Image illustrative de l'article Nord SS.11
L'AGM-22, désignation américaine du SS.11, exposé au White Sands Missile Range Museum, à White Sands, au Nouveau-Mexique (États-Unis).
Présentation
Type de missile Missile antichar
Constructeur Drapeau de la France Nord-Aviation puis aerospatiale
Coût à l'unité 1 900 $
Déploiement 1958
Caractéristiques
Moteur Moteur-fusée à 2 étages à poudre
Masse au lancement 29,9 kg
Longueur 1 200 mm
Diamètre 164 mm
Envergure 500 mm
Vitesse de 110 à 220 m/s
Portée de 500 à 3 000 m
Charge utile Charge creuse de 6,8 kg
(pouvant perforer 600 mm de blindage)
Guidage filoguidé
Détonation impact
Plateforme de lancement véhicules, blindés légers, hélicoptères

Le SS.11 (sol-sol 11) est un des premiers missiles antichar à avoir connu une utilisation mondiale. De fabrication française (Nord-Aviation puis Aérospatiale), il était filoguidé et partait d'une rampe de lancement. Il fut adopté par l'Armée de terre française en 1958 et testé durant la guerre d'Algérie. Il existait en version air-sol (AS-11) tirée à partir d'un hélicoptère. Il fut en service dans l'US Army comme AGM-22. 180 000 exemplaires furent produits.

Historique[modifier | modifier le code]

Le SS.11 est le premier missile utilisant des intercepteurs de jet pour le pilotage. Cette technique, mise au point par l'ingénieur Stauff en 1948 et brevetée en 1955[1], permet en-effet un pilotage avec un système de faible encombrement et efficace quelle que soit la vitesse de l'engin[2]. Ce système sera repris sur l'ensemble de la gamme de missiles antichars et air-sol développés par Nord Aviation et Aérospatiale : AS 30, Milan, Hot, Eryx

L'étude du missile débute à Châtillon-sous-Bagneux en 1953, à la SFECMAS.

Sa fabrication en série, qui commence en 1954 dans cette même usine, se termine en 1984 dans les établissements de Bourges, après que quelques 182 273 exemplaires[3] furent construits pour plus de vingt pays. Sa fabrication fut également réalisée sous licence par l'Inde, l'Allemagne et les États-Unis[4]. Les cadences de production atteignirent 1 500 unités par mois[5].

Les derniers stages de tirs en France on lieu pour les pilotes de l'ALAT en 1985[6].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Alouette II de l'aviation de l'armée de terre Ouest-Allemande armée de quatre SS.11, en 1960.
Tir depuis l'un des cinq VLRA lance missiles SS 11 du 5e RIAOM au Goubad (30 km au sud-ouest de Djibouti), en 1971.

Le SS.11 était lancé à partir du sol ou de véhicules légers (Jeep). Il fut également adapté pour pouvoir être utilisé à partir de chars (AMX-13), d'hélicoptères (Alouette II), d'avions (Dassault MD 315 Flamant)[7] ou de navires. Il disposait d'un système de guidage optique. Après le lancement, l'opérateur devait, une fois le missile entrant dans son champ de vision, aligner le missile et la cible au moyen d'un levier de commande, en visant les fusées lumineuses fixées sur la queue, la modification de trajectoire s'effectuant par trois fils se déroulant derrière le missile au fur et à mesure de son vol, en déroulant trois bobines stockées dans sa coque. Ce procédé était quelque-peu aléatoire, du fait de la relative fragilité des fils et de l'inertie des bobines soumises aux fortes accélérations de la chose, et il n'était pas rare que l'un des trois fils se casse en cours de vol. Le résultat était alors imprévisible, car l'une des trois tuyères ne répondait plus et la trajectoire devenait totalement erratique, avec parfois un retour en arrière[réf. nécessaire]. Un deuxième inconvénient mineur était la rémanence des trois fils le long de la trajectoire du tir, qui compliquaient la tâche des véhicules au sol en s'entortillant dans les chenilles ou les roues à leur passage, jusqu'à les immobiliser[réf. nécessaire].

La formation d'un tireur missile antichar avec cette munition était de 7 puis 6 semaines[6].

Engagements[modifier | modifier le code]

Sa première utilisation eut lieu durant la guerre d'Algérie, à partir d'hélicoptères et d'avions lents. Le SS.11/AGM-22 fut utilisé au Viêt-Nam à partir d'hélicoptères UH-1 Huey, mais avec peu de résultats. Il fut de nouveau utilisé pendant la guerre des Malouines par l'armée britannique, contre des positions fixes argentines. Il fut utilisé pendant plus de trente ans durant de nombreux conflits.

Modèles[modifier | modifier le code]

Versions Françaises[modifier | modifier le code]

Un AMX 13 équipé de quatre SS.11, au Musée des blindés de Saumur.

Types[modifier | modifier le code]

Versions[modifier | modifier le code]

  • SS.11A1 : version initiale ;
  • SS.11B1 : version améliorée avec une électronique transistorisée[8], permettant d'augmenter la précision de la désignation[9] grâce à l'alignement automatique du missile sur la ligne de visée pilotée par le poste de tir. Cette version, également appelée SS.11 TCA ou « Harpon »[10], améliorait notamment les tirs à basse visibilité et à faible distance grâce à un dispositif infrarouge.

Charges militaires[modifier | modifier le code]

Le SS.11 pouvait recevoir différentes charges militaires suivant l'utilisation :

Versions de l'U.S. Army[modifier | modifier le code]

Bien que l'armée de terre des États-Unis commanda la version air-sol (AS.11), la désignation SS.11 fut néanmoins conservée. En 1963, les Américains abandonnent la désignation SS.11 et la remplacent par AGM-22. Les correspondances des versions deviennent :

  • SS.11A1XAGM-22A
  • SS.11B1XAGM-22B
  • SS.11B1XATM-22B (version d'entraînement)

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Coastmissile11.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brevet d'invention no 1 099 901, intitulé « Dispositif de déviation d'un jet gazeux à grande vitesse éjecté par une tuyère », publié le .
  2. Mémoire d'usine, p. 225 à 228.
  3. De Hanriot à l'Aérospatiale, p. 173.
  4. Aérospatiale, p. 176.
  5. De Hanriot à L'aérospatiale, p. 173.
  6. a et b Lt-Colonel René Bon, « Tireurs missiles antichars de l’armée de terre », sur http://www.symboles-et-traditions.fr/ (consulté le 10 avril 2016)
  7. L'épopée aérospatiale à Bourges, p. 195 à 197.
  8. De Hanriot à l'aérospatiale, p. 173.
  9. L'épopée de l'aérospatiale à Bourges, p. 194.
  10. Mémoires d'usine, p. 228.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Comité d'établissement de l'Aérospatiale, Mémoire d'usine (Ouvrage collectif) : 1924-1985 - 60 ans à la production d'avions et d'engins tactiques, Châtillon-sous-Bagneux, Société Européenne des Arts Graphiques, , 278 p. (ISBN 2867380863 et 9782867380860)
  • Roland Narboux, De Hanriot à l'aérospatiale - L'histoire des avions et des missiles à Bourges et dans le Cher 1910 - 1990, Imprimerie Tardy Quercy SA,
  • Association PABB (Patrimoine Aérospatial Bourges Berry), Alain Bougelot et Jean-Yves Catoire, L'épopée aérospatiale à Bourges - L'album photographique 1928 - 1996 (ouvrage collectif), Imprimerie Color 36, (ISBN 978-2-9529002-0-1 et 2952900205)
  • Gérard Maoui, Aérospatiale, éditions le Cherche midi, coll. « Ciels du monde », , 185 p. (ISBN 2-86274-150-7 et 978-2862741505)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]