Romont (Fribourg)

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Romont
Romont (Fribourg)
Vue de Romont.
Blason de Romont
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Fribourg Fribourg
District Glâne
Syndic Dominique Butty
NPA 1680
N° OFS 2096
Démographie
Gentilé Romontois
Population
permanente
5 304 hab. (31 décembre 2017)
Densité 487 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 41′ 40″ nord, 6° 55′ 05″ est
Altitude 731 m
Min. 685 m
Max. 811 m
Superficie 10,89 km2
Divers
Nom officiel Romont (FR)
Langue Français
Localisation
Localisation de Romont
Carte de la commune dans sa subdivision administrative.

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Romont
Liens
Site web www.romont.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Romont (Remon Écoutez en patois fribourgeois[3]) est une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Glâne dont elle est le chef-lieu.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Romont vient du latin Rotundus Mons (génitif Rotondi Montis) et signifie «colline ronde». Il renvoie à la colline boisée entourée de marais sur laquelle la ville est bâtie. Première attestation vers 1177.

Héraldique[modifier | modifier le code]

De gueules, au château d'argent à deux tours de hauteurs inégales, surmonté d'un écusson de Savoie.

Ces armoiries sont aussi celles du district de la Glâne, mais sans l'écusson de la maison de Savoie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes traces d'activités humaines sur le territoire de la commune sont plusieurs occupations protohistoriques. S'y trouve également des vestiges datant de l'âge du Bronze, une sépulture de cinq tumuli de Hallstatt à Bossens ainsi qu'un établissement romain (peut-être une villa) au Bochanat.

L'attribution de la fondation de Romont en 921 à Rodolphe II de Bourgogne est un mythe[4]. Un acte de 1177 de l'abbaye d'Hauterive mentionne un Rotundus mons (colline boisée)[4],[5].

En 1239, Anselme de Billens cède à Pierre II de Savoie[4],[5] la juridiction qu'il a sur le Poyet (latin : podium), alors territoire de l'évêque de Lausanne[4].

La période savoyarde (1240-1536)[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie, futur comte, obtient les droits sur le château de Romont et la ville neuve de Romont entre 1240 et 1249 entre 1240 et 1249[6]. Il porte dés lors à certaines occasion le titre de « seigneur de Moudon et de Romont »[7] et y installa un châtelain (1240). La note [781] correspondant à un acte de juin 1240 du Régeste genevois indique « l'acte par lequel Pierre, frère du comte de Savoie et comte de Romont, reçoit... »[8], mais la mention est incorrect puisque le titre n'existe pas encore. Ces droits seront confirmés le 29 mai 1244 et le comte de Savoie, son frère, Amédée IV se fait investir sur Romont par l'évêque de Lausanne[9]. Il fortifie la ville en y construisant des remparts, des tours et le château (Grand Donjon), certainement achevé avant 1260[4]. En 1240 il fonda un bourg neuf (burgum) à côté du bourg de château (castrum)[4]. Vraisemblablement, Pierre II de Savoie construisit également entre 1250 et 1260 un autre château (Petit Donjon) avec tour ronde, qui porte aujourd'hui le nom tour à Boyer.

En 1268, l'Abbaye de la Fille-Dieu est fondé par Juliette, Pernette et Cécile de Villa. La Collégiale Notre-Dame de l'Assomption est érigée au XIIIe siècle, détruite en grande partie par un incendie en 1434, puis reconstruite. Elle est de style gothique rayonnant et flamboyant.

La ville est en grande partie détruite par un incendie en 1434.

Le duché de Savoie étant allié à la Bourgogne, le comte Jaques de Romont prend part à la guerre de Bourgogne (1474 à 1477) au côté de Charles le Téméraire. Après sa défaite à la bataille de Morat en 1476, la ville est brûlée par les confédérés. Romont fut restitué la même année à la Savoie à la paix de Fribourg (1476).

La période fribourgeoise (dès 1536)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bailliage de Romont.

Romont rejoint le canton de Fribourg et la Suisse en 1536, durant l'invasion du pays de Vaud par les bernois. La ville et sa région forment dès 1536 un bailliage fribourgeois jusqu'à l'invasion française de 1798.

Romont vers 1754.jpg

De la république Helvétique à la constitution fédérale (1798-1874)[modifier | modifier le code]

La ligne de chemin de fer Lausanne-Fribourg a été mise en service le 4 septembre 1862. Le 1er juillet 1868 c'est l'ouverture de la ligne Romont-Bulle. En 1868, Romont fusionne avec la commune d'Arruffens.

La période moderne (dès 1874)[modifier | modifier le code]

En 1981, les Glânes fusionne avec Romont.

Les grands incendies[modifier | modifier le code]

L'histoire de Romont est marquée par plusieurs grands incendies: 1434 la ville est en grande partie détruite, 1476 la ville est brûlée par les confédérés après la bataille de Morat, 1589 incendie de la rue des Béguines, 1843 incendie de la rue de la boucherie et de l'hôpital des bourgeois, 1853 incendie de la Grand-rue, 1863 incendie de la rue de l'église, 1864 incendie de la rue des moines, 1865 incendie du hameau des chavannes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Romont est située à 22 km (à vol d'oiseau) au sud-ouest de la ville de Fribourg, capitale du canton. Son altitude se situe entre 707 m (la gare) et 780 m (le château, situé sur la colline).

Selon l'Office fédéral de la statistique, Romont mesure 1 089 ha[2]. 18,10 % de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructure, 67,2 % à des surfaces agricoles, 13,6 % à des surfaces boisées et 0,3 % à des surfaces improductives[2].

Romont comprend les localités de Romont, Arruffens (fusion en 1868), Les Glânes (fusion en 1981), Chavannes-sous-Romont (quartier), Le Glâney (quartier) et La Maula (quartier). Elle est limitrophe de Billens-Hennens, La Folliaz, Mézières, Siviriez, Villaz-Saint-Pierre ainsi que Dompierre, Prévonloup et Valbroye dans le canton de Vaud.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon l'Office fédéral de la statistique, Romont compte 5 304 habitants en 2017[1]. Sa densité de population atteint 487 hab./km2.

Le graphique suivant résume l'évolution de la population de Romont entre 1850 et 2008[10] :

Transports[modifier | modifier le code]

Romont est situé sur la ligne CFF Lausanne-Berne, mais les trains du trafic grandes lignes ne s'y arrêtent plus depuis décembre 2012, hormis la première course du jour ainsi qu'en soirée. Romont est desservie par la ligne ferroviaire RER Fribourg - Romont - Bulle avec les Transports Publics Fribourgeois avec une fréquence à la demi-heure (prolongée jusqu'à Berne aux heures de pointe) ainsi que les lignes régionales CFF suivantes :

  • Regio Express Romont - Lausanne - Genève (fréquence à l'heure) ;
  • Regio Romont - Fribourg - Payerne - Yverdon (fréquence à l'heure) ;
  • Regio Romont - Lausanne (aux heures de pointe).

Différentes lignes de bus partent également de la gare de Romont. L'accès en voiture se fait uniquement par des routes cantonales. Romont est situé à environ 15 kilomètres du réseau des autoroutes suisses :

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Château de Romont.JPG

Le château de Romont, ainsi que les tours marquant le tracé de l'ancienne enceinte médiévale, contribuent pour beaucoup à la silhouette pittoresque la vieille-ville.

Romont eglise1 ag1.jpg

La Collégiale Notre-Dame de l'Assomption offre entre autres au visiteur un ensemble de vitraux des XIVe, XVe et XIXe siècles, ainsi que des vitraux contemporains d'Henri Broillet, Alexandre Cingria, "Yoki" Aebischer et Sergio de Castro.

Hôtel du Cerf (Romont).JPG

L'Hôtel du Cerf, la tour à Boyer, la tour du sauvage, la tour de Billens, la tour de Fribourg, le café suisse sur la place de l'hôtel -de-ville sont des biens culturels d'importance national et régional.

Son ensemble de maisons patriciennes du XVIIe et XVIIIe siècle se rajoute à la beauté du site médiéval.

Personnalités liées à Romont[modifier | modifier le code]

Le peintre Jean Alexis Grimoux, né à Romont en 1680, mort à Paris en 1740 connu une forte renommée de son vivant, il fut appelé "le nouveau Rembrandt" ou " le peintre des bergères"[11].

Le chef d'entreprise suisse spécialiste d'Internet Pierre Hemmer est originaire de Romont.

Musée, culture[modifier | modifier le code]

  • Vitromusée, anciennement Musée suisse du vitrail ;
  • Centre suisse de recherche sur le vitrail ;
  • Tour du Sauvage : expositions temporaires et spectacles en été ;
  • Tour de Fribourg : expositions sur Romont ;
  • Bicubic: salle de spectacle.

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • le Carnaval, vendredi et samedi précédant le Mardi gras
  • la Braderie, dernier week-end de juin
  • le Comptoir
  • les 20 heures de musiques, avant-dernier samedi de septembre, tous les 2 ans
  • le Festival des éponges (à Mézières)
  • la Bénichon
  • la procession des pleureuses du vendredi saint


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Guex, Romont, la collégiale et l'ancienne église des Capucins : Canton de Fribourg (Guides d'art et d'histoire de la Suisse no 928. Série 93), Berne : Société d'histoire de l'art en Suisse, 2014, 44 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Population résidente permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le lieu de naissance et la nationalité », sur Office fédéral de la Statistique.
  2. a b et c « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 26 août 2017)
  3. Dictionnaire-Dikchenéro: Français-Patois/Patê-Franché. Société cantonale des patoisans fribourgeois. Fribourg: 2013. p. 327
  4. a b c d e et f Florian Defferrard, article Romont (FR) dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  5. a et b Histoire de Romont sur le site www.romontregion.ch
  6. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 413, 458-459,.
  7. Jean-Daniel Morerod, « Pierre II, sa mainmise sur l'église de Lausanne et l'organisation des territoires savoyards au nord du Léman », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 171-189. , in Actes du colloque international de Lausanne, 30-31 mai 1997 - Bernard Andenmatten, Agostino Paravicini Bagliani et Eva Pibiri (sous la dir.), Pierre II de Savoie (+ 1268) : Le "Petit Charlemagne", t. 27, Lausanne, Fondation Humbert et Marie José de Savoie et Université de Lausanne, coll. « Cahiers lausannois d'histoire médiévale », , 444 p. (ISBN 2-940110-40-9)
  8. Régeste genevois, acte du , n°781 (731 REG 0/0/1/731).
  9. Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane, , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2, lire en ligne), p. 159.
  10. « Evolution de la population des communes 1850-2000 » [archive Zip], sur Office fédéral de la statistique (consulté le 13 janvier 2009)
  11. Dictionnaire des arts de peinture, sculpture et gravure, Tome 4, Paris 1792, page 576

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