Amédée VII de Savoie

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Amédée VII de Savoie
Amédée VII de Savoie, dit le comte rouge
Amédée VII de Savoie, dit le comte rouge
Titre
Comte de Savoie

(8 ans et 8 mois)
Prédécesseur Amédée VI
Successeur Amédée VIII
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Château d'Aveillane
Date de décès (à 31 ans)
Lieu de décès Château de Ripaille (Savoie)
Sépulture Abbaye d'Hautecombe
Père Amédée VI de Savoie
Mère Bonne de Bourbon
Conjoint Bonne de Berry
Enfants Amédée
Bonne
Jeanne
Humbert, bâtard
Jeanne, bâtarde

Amédée VII de Savoie

Amédée VII de Savoie, dit le comte Rouge, né au château d'Aveillane le , mort à Ripaille le 1er novembre 1391, est comte de Savoie, duc de Chablais et d'Aoste, marquis en Italie, de 1383 à 1391. Il est le fils du comte Amédée VI, dit le comte Vert et Bonne de Bourbon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Amédée est né le au château d'Aveillane[1],[2], possession comtale en Val de Suse des comtes de Savoie. Il est le fils du comte de Savoie, Amédée VI, dit le comte Vert et Bonne de Bourbon[1],[2]. Elle est la petite-fille du roi de France, Charles IV dit le Bel et nièce du futur roi Philippe VI de Valois[3]. Elle est surnommée « Madame la Grande »[3],[4].

De passage dans son fief de Bresse, il a une relation avec Françoise Arnaud, de Bourg-en-Bresse[5]. Deux enfants naîtront de cette relation adultère, Humbert et Jeanne (ou Jeannette)[5],[6].

En 1377, il épouse au château de Mehun-sur-Yèvre, Bonne de Berry, fille de Jean de France, duc de Berry et duc d'Auvergne, et petite-fille du roi de France Jean II le Bon[7].

Amateur de joute et grand chef de guerre, on dit que le sang ennemi constellait souvent son armure d'où son surnom[8]. En réalité, ce surnom était dû au fait qu'il était le seul à toujours porter des vêtements rouges[2], comme son père, Amédée VI, portait des vêtements verts[3]. Selon les chroniqueurs, à partir de Perrinet Dupin (v. 1476-78) qui consacre les chapitres XXVII à XXXV de sa Chronique du comte Rouge[Note 1], cette couleur lui aurait été attribuée par le jeune Charles VI, en raison de sa bravoure lors de la campagne de Flandre, signifiant le « feu de son courage »[Note 2],[12]. La chronique de Dupin avait pour titre à l'origine de « Comte noir » avant d'être transformée en « Comte rouge »[10].
Le surnom chromatique proviendrait, selon une autre version, d'un banquet en l'honneur de la naissance de son fils, en compagnie des Grands de la Cour de France, au cours duquel le duc de Berry aurait invité le comte à quitter ses habits de deuil[10]. Cette version est en partie amorcée dans la Chronique de Savoye de Jehan d'Orieville, dit Cabaret[13].

Comte de Savoie (1383-1391)[modifier | modifier le code]

Il fut appelé par le roi de France au secours de Louis II de Flandre, se trouva à la bataille de Roosebeke, prit part à la deuxième expédition de Flandre avec « sept cents lances de purs savoisiens ». Ce fut vers la fin de son règne que le comté de Nice fut réuni à ses États.

Le comte utilise dans sa titulature, en plus du titre de comte de Savoie, ceux de « duc de Chablais et d'Aoste, marquis en Italie et vicaire général d'Empire »[14].

En effet, après la mort de la Reine Jeanne (1382), dans le cadre des conflits de succession et de la défaite de l'Union d'Aix, il négocie la dédition de Nice à la Savoie avec le baron Jean Grimaldi de Bueil en 1388. Nice et les autres communautés de la Provence orientale (en rive gauche du Var), sous le nom de « terres neuves de Provence », forment alors une nouvelle division administrative des États de la Maison de Savoie. Nouvelle division administrative qui prendra en 1526 le nom de « Comté de Nice ».

Fin de règne et succession[modifier | modifier le code]

Le comte Amédée meurt du tétanos le à la suite d'une grave blessure de chasse, à cheval, dans les environs de Ripaille[3],[4]. Mal soigné le bruit court qu'il aurait été empoisonné[15]. Son médecin, Jean de Granville, et son apothicaire, Pierre de Lompnes, sont accusés[16]. Ce dernier fut exécuté à Chambéry au mois de juillet 1392. Granville, mis à la torture, accusa Bonne de Bourbon de l'avoir poussé au crime et lui donna comme complice le seigneur de Cossonay et Othon III de Grandson, seigneur d'Aubonne, qui jusqu'alors avaient été ses protecteurs. Cette accusation qui, selon toutes probabilités, était une calomnie, obligea Grandson à quitter les États de Savoie. Mais quand il revint, un de ses ennemis les plus ardents, Gérard, seigneur d'Estavayer, se porta en champion des accusateurs. Deux partis se formèrent et l'on put même craindre une guerre civile.

Pour mettre un terme à l'agitation populaire, le conseil de régence qui gouvernait au nom du comte Amédée VIII, mineur, ordonna le jugement de Dieu. Ce duel judiciaire, qui fut le dernier en Savoie, eut lieu à Bourg-en-Bresse le 7 août 1397, en présence du petit comte et de toute sa noblesse. Grandson, vaincu, eut les mains coupées par son adversaire et périt. Il fut réhabilité ultérieurement[17].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Vitrail représentant le renversé (d'en face) des armes d'Amédée VII de Savoie et de son épouse, Bonne de Berry.

Amédée, comte de Bresse, épouse en 1377, à Paris, le 18 janvier 1377, Bonne de Berry, fille de Jean de France, duc de Berry et duc d'Auvergne, et de Jeanne d'Armagnac. Elle était petite-fille du roi de France Jean II le Bon. De cette union sont connus trois enfants :

Vers 1377, il a une relation avec Françoise Arnaud, originaire de Bourg-en-Bresse[6],[19]. Cette union illégitime donne naissance à Humbert dit le « Bâtard de Savoie »[6] et Jeanne (ou Jeannette), qui épouse le noble bugiste André de Clarens[20].

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages spécifiques[modifier | modifier le code]

  • Marie-José de Belgique, La maison de Savoie : La maison de Savoie : Les origines. Le Comte Vert. Le Comte Rouge, vol. 2, Paris, A. Michel, , 425 p.
  • Perrinet Dupin (ou Du Pin) (v. 1476-78), Chronique du Comte Rouge. La chronique a fait l'objet d'un article en 2001[10].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Perrinet Dupin ou Perrinet du Pin, originaire de La Rochelle[9] (alors que Samuel Guichenon avait naître par erreur à Belley), était le chroniqueur officiel à la Cour de Savoie, nommé par la duchesse Yolande de France[10]. Il auteur d'une chronique connue sous le nom de Chronique du comte Rouge, vers 1476-1478.
  2. Le jeune Charles se serait adressé au duc de Berry, beau-père d'Amédée : « Bel oncle, je veux que votre gendre, qu’on appelle Comte Noir depuis qu’il porte le deuil de son père, soit désormais connu sous le nom de Comte Rouge. Pendant toute la guerre, un noble feu a excité son courage ; la couleur de feu doit être la sienne. »[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Germain 2007, p. 23.
  2. a, b et c Palluel-Guillard, Amédée VII, p. 1.
  3. a, b, c et d Palluel-Guillard, Amédée VI, p. 1.
  4. a et b La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984.
  5. a et b Demotz, 2000, p. 170-171.
  6. a, b et c Bernard Andenmatten, « Savoie, Humbert de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  7. Histoire de Savoie 1984, p. 133.
  8. François Isler, Le château des ducs de Savoie : 1295-1860, Chambéry, Cléopas, , 238 p. (ISBN 978-2-95224-595-1), p. 42.
  9. Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Siloé, , 319 p. (ISBN 978-2-8625-3221-9, lire en ligne), p. 156.
  10. a, b, c et d [PDF]Isabelle Cottet, « La chronique du comte rouge: une œuvre au service de la duchesse Yolande », Recherches régionales, no 157,‎ , p. 59-66 (lire en ligne).
  11. Marcel Brion, « Une étude de la reine Marie-José. La maison de Savoie », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne), p. 6-7.
  12. Bernard Andenmatten, Agostino Paravicini Bagliani, avec la collaboration de Nadia Pollini, Amédée VIII - Félix V, premier duc de Savoie et pape (1383-1451). Actes du colloque international, Ripaille-Lausanne, 23-26 octobre 1990, vol. 103, Bibliothèque historique vaudoise, Lausanne, Fondation Humbert II et Marie José de Savoie, , 523 p., p. 92
  13. Chronique de Savoye, p. 264, « Comment le duc de Berry demanda au comte de Savoie de quitter ses vêtements de deuil, en lh'onneur de la naissance de son fils Amé ».
  14. Demotz, 2000, p. 175.
  15. Juliusz A. Chrościcki, Mark Hengerer, Gérard Sabatier, Les Funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle, vol. I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, coll. « Aulica », , 412 p. (ISBN 978-2-73511-426-9, lire en ligne), p. 220.
  16. Claudius Blanchard (Académie de Savoie), Histoire de l'abbaye d'Hautecombe en Savoie avec pièces justificatives inédites, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Tome 11 (1867), 744 pages, p. 254 (Lire en ligne)
  17. Marie-José de Belgique, 1962, p. 384-388.
  18. Paolo Cozzo, « Stratégie dynastique chez les Savoie: une ambition royale, XVI-XVIII siècle », dans Juliusz A. Chrościcki, Mark Hengerer, Gérard Sabatier, Les funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle : Volume I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, , 412 p. (ISBN 978-2-73511-686-7, lire en ligne), p. 228-229 (Carte).
  19. Adrien de Riedmatten, Humbert le Bâtard. Un prince aux marches de la Savoie (1377-1443), t. 35, Lausanne, Cahiers lausannois d'histoire médiévale, (ISBN 2-940110-48-4).
  20. Guido Castelnuovo, « Humbert le Bâtard : un seigneur itinérant au service de son prince », dans Agostino Paravicini Bagliani, Eva Pibiri, Denis Reynard, L'itinérance des seigneurs, actes du Colloque international, vol. 34, Lausanne, Université de Lausanne, Faculté des lettres, Section d'histoire, coll. « Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale », , 413 p. (ISBN 978-2-94011-047-6, lire en ligne), p. 15.