Nicolas Malebranche

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Nicolas Malebranche

Philosophe français

Époque Moderne

Description de l'image  Nicolas Malebranche.jpg.
Naissance (Paris)
Décès (Paris) (77 ans)
École/tradition Cartésianisme
Principaux intérêts Métaphysique, morale, religion
Idées remarquables Occasionalisme, Vision en Dieu
Influencé par Saint Augustin, Descartes
A influencé Leibniz, Hume, J.-J. Rousseau, de Maistre, de Bonald, Antoine Charma

Nicolas Malebranche, né à Paris le et mort à Paris le , est un philosophe, prêtre oratorien et théologien français, considéré comme un cartésien. Dans ses œuvres, il a cherché à synthétiser la pensée de saint Augustin et Descartes. Malebranche est surtout connu pour ses doctrines de la Vision des idées en Dieu et de l'occasionnalisme qui lui permettent de démontrer le rôle actif de Dieu dans chaque aspect du monde ainsi que l'entière dépendance de l'âme vis-à-vis de Dieu.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'un père trésorier de Richelieu, il est le dernier de dix ou treize enfants (le nombre varie selon les sources). À cause d’une malformation de la colonne vertébrale, il suit des cours chez lui jusqu'à 16 ans et fait ensuite des études au Collège de la Marche où il obtient en 1656 le grade de maître des arts à l'université de Paris. Il étudie pendant trois années la théologie à la Sorbonne. Après avoir été nommé secrétaire du roi en 1658, il entre à l'Oratoire en 1660, après la mort de sa mère, puis de son père, à quelques semaines d'intervalle. Il y sera ordonné en 1664. En 1699, il devient membre honoraire de l’Académie royale des sciences.

Métaphysique[modifier | modifier le code]

La métaphysique occupe une place fondamentale dans la pensée de Malebranche :

« On veut que je fasse une métaphysique. Je crois en effet que cela est fort nécessaire et que j'y aurais plus de facilité que bien des gens. C'est la bonne métaphysique qui doit tout régler, et je tâcherai d'y bien établir les principales vérités qui sont le fondement de la religion et de la morale. » (Lettre)

Raison et modifications[modifier | modifier le code]

La métaphysique est ainsi le véritable fondement de tous les domaines de la pensée et de l'action. Deux principes rationnels du malebranchisme peuvent être énoncés :

  • « Rien n'est plus évident, que toutes les créatures sont des êtres particuliers et que la raison est universelle et commune à tous les esprits. »
  • « L'homme n'est pas à lui-même sa propre lumière. »

Ce qu'est l'homme est pour lui-même un mystère, et c'est donc la raison qui est l'objet de la pensée.

Existence de Dieu[modifier | modifier le code]

Ce que nous pensons, c'est l'être, car ne rien penser c'est ne pas penser du tout. Nous pensons, donc l'Être existe : pour Malebranche, le cogito cartésien est la preuve immédiate de l'existence de Dieu. Cet être, c'est l'être pur et simple, l'être sans restriction, sans division, sans limitation, « en un mot l'être. » En tant que nous pensons, nous sommes un fragment de cet être :

« Tous les êtres particuliers participent à l'être, mais nul ne l'égale. L'être renferme toute chose, mais tous les êtres et créés et possibles, avec toute leur multiplicité, ne peuvent remplir la vaste étendue de l'être. »

Cet être est découvert par nous dans chacune de nos idées qui émanent de l'infini. Avant l'idée que nous pouvons nous faire de nous-mêmes, avant toute certitude quant à la réalité du monde extérieur, nous voyons en nous-mêmes l'infini ; en nous-mêmes, c'est-à-dire en Dieu :

« Mais il n'en est pas de même de l'être infiniment parfait ; on ne le peut voir que dans lui-même ; car il n'y a rien de fini qui puisse représenter l'infini. L'on ne peut donc voir Dieu qu'il n'existe ; on ne peut voir l'essence d'un être infiniment parfait sans en voir l'existence ; on ne le peut voir simplement comme un être possible ; rien ne le comprend, rien ne le peut représenter. Si donc on y pense, il faut qu'il y soit. »[1]

Malebranche donnait priorité à la raison sur la Révélation : Conversations chrétiennes, Entretien 1: « Si donc vous n'êtes pas convaincu par la raison, qu'il y a un Dieu, comment serez-vous convaincu qu'il a parlé? »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Malebranche, De la recherche de la vérité

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Malebranche[modifier | modifier le code]

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Éditions de Malebranche[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes, aux Éditions du CNRS, sous la direction d'André Robinet, 20 volumes, 1958-1967
  • Œuvres, Gallimard, coll. "Pléiade", 2 vol., 1979
    • t. I : De la recherche de la vérité, Conversations chrétiennes, 1872 p.
    • t. II : Traité de la nature et de la grâce, Méditations chrétiennes et métaphysiques, Traité de morale, Entretiens sur la métaphysique, sur la religion et sur la mort, Lettre de Malebranche sur l'efficace des idées, Traité de l'amour de Dieu, Entretien d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois, Lettres à Dortous de Mairan, 1424 p.

Études sur Malebranche[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]