Cécile Guilbert

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Cécile Guilbert
Naissance (54 ans)
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Essai, roman

Œuvres principales

  • Saint-Simon, ou l'Encre de la subversion
  • Pour Guy Debord
  • L'Écrivain le plus libre
  • Warhol Spirit

Cécile Guilbert, née en 1963 à Pau, est une essayiste, romancière, journaliste et critique littéraire française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née le 29 novembre 1963 à à Pau[1]. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris[2], titulaire d'une maîtrise en philosophie, elle vit une expérience  dans divers cabinets ministériels, dans lesquels elle rencontre, dit-elle, la « bassesse du courtisan », préfiguration de son premier essai publié en 1994, Saint-Simon ou L'encre de la subversion[3],[4],[5].

Cet ouvrage, consacré au duc de Saint-Simon, courtisan à la cour de Louis XIV, devait originellement prendre la forme d'un roman, dont le personnage principal aurait été un spécialiste dudit auteur ; mais elle est passée à un autre genre littéraire, celui de l'essai et d’un portrait d’une figure singulière, une approche qui va prédominer dans son œuvre ultérieure[6].

Elle continue, après ce Saint-Simon, avec Guy Debord, dans Pour Guy Debord, où elle s'attache à mettre en lumière le rapport de Debord à l'art[7].

Vient ensuite une étude sur l'écrivain britannique Laurence Sterne, contemporain du XVIIIe siècle,  inspirateur de la modernité littéraire, de Diderot à Nabokov en passant par Joyce. Cet essai — titré L'écrivain le plus libre, en référence à la dédicace de Nietzsche aux « esprits les plus libres » dans Humain, trop humain — est à la fois une biographie, une critique et une œuvre fictive, se présentant sous la forme d'une conversation entre le spectre de Sterne et elle, sorte de maïeutique ayant pour finalité de faire comprendre  à quel point l’œuvre de Sterne, notamment Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme, est importante dans l'histoire de la littérature[8].

Son quatrième essai, Warhol Spirit, est une réflexion, un « essai d’interprétation amical », pour reprendre la qualification d’Olivier Barrot. Cet essai est consacré à la parole et aux écrits d'Andy Warhol, cherchant à mettre en valeur l'aspect visionnaire de cet artiste dans des domaines aussi divers que l'art, la célébrité, ou encore son intérêt pour la mort[9],[10]. Cet essai lui vaut de remporter le prix Médicis essai en 2008[11].

Elle publie également un roman, Le Musée National, lequel se veut à la fois une satire de l'époque et une déclaration d'amour à l'art. En 2009, elle publie un recueil d'articles écrits pour des journaux et revues depuis 1999 — réunis sous le titre Sans entraves et sans temps morts — et classés dans plusieurs parties formant chacune une cohérence. Y sont aussi bien traités des sujets relatifs à la mode, le goût de certains musées et cafés, des auteurs comme Bret Easton Ellis, Don DeLillo, Jonathan Swift, Bernard Lamarche-Vadel, Sade ou encore Carlo Emilio Gadda, l'« expérience » d'une promenade dans les jardins de Vaux-le-Vicomte ou le sculpteur de Louis XIV Le Bernin[12].

En 2013 paraît Réanimation, un livre qui trouve son origine dans les notes qu'elle a prises à l'occasion d'un épisode douloureux de sa vie. Sous la forme d'un roman, elle y relate la plongée de son mari dans le coma en raison d'une affection rare, l'attente de son retour à la conscience et « l'impuissance de l'un quand l'autre lutte contre la mort »[13],[14],[15].

En 2016, elle participe à l'opération de brand content par laquelle la maison Gallimard s'associe à Dior pour célébrer le sac Lady, objet emblématique de la marque dont elle propose une courte phénoménologie humoristique[16]. En 2017, elle publie Les Républicains, où, imaginant croiser un ancien codiscipline de Sciences Po Paris, devenu banquier d’affaires, elle retrace leurs échanges fictifs, et y fait le portrait groupé d’une certaine oligarchie politique[2],[17].

En janvier 2018, elle est cosignataire d'une tribune de 100 femmes parue dans Le Monde « contre le puritanisme » en réaction au mouvement #MeToo. Cette tribune veut défendre la « liberté » des hommes « d’importuner » les femmes et dénoncer toute haine des hommes et de la sexualité. Le texte déclenche une controverse[18],[19].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Prix Médicis essai

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. notice BnF no FRBNF12430740
  2. a et b Jérôme Garcin, « Cécile Guilbert démaquille "les Républicains" », L’Obs,‎ (lire en ligne)
  3. Alain Veinstein, « Cécile Guilbert / Sans entraves et sans temps morts », France Culture,‎ (lire en ligne).
  4. (en) « Quand Saint-Simon cognait sur Versailles - Philippe Sollers/Pileface », sur www.pileface.com (consulté le 13 février 2018).
  5. Poisson, Georges, « Cécile Guilbert, Saint-Simon ou l'encre de la subversion, 1994 », Cahiers Saint-Simon, vol. 23, no 1,‎ (lire en ligne).
  6. « Cécile Guilbert », sur Le Figaroscope
  7. Michèle Bernstein, « Deux et deux.Cécile Guilbert, Pour Guy Debord », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. « Cécile Guilbert : biographie, actualités et émissions France Culture », sur France Culture (consulté le 13 février 2018).
  9. Olivier Barrot, « Un livre, un jour (vidéo) : Cécile Guilbert : Warhol spirit », France 3  ,‎ (lire en ligne).
  10. (en) « Amours féériques par Cécile Guilbert - Philippe Sollers/Pileface », sur pileface.com (consulté le 13 février 2018).
  11. Philippe Chevilley, « Médicis : beau tiercé », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  12. Lucette Finas, « « Sait-on ce que c'est qu'écrire ? » », Critique, no 755,‎ , p. 372–381 (ISSN 0011-1600, lire en ligne)
  13. Pascal André, « Entre deux rives », Dimanche Express, vol. 2013, no 3,‎ , p. 10
  14. Lydie Salvayre, « Coma tonique. "Réanimation", de Cécile Guilbert », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. Marc Lambron, « Cécile Guilbert et le gisant », Le Point,‎ (lire en ligne)
  16. Lise Wajeman, « «Lady»: des écrivains pris la main dans le sac », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  17. « Les lettres républicaines de Cécile Guilbert », France Inter,‎ (lire en ligne)
  18. Katia Fache-Cadoret  , « Un collectif de 100 femmes dont Catherine Deneuve dénonce un puritanisme avec l'affaire Weinstein », Marie Claire,‎ (lire en ligne)
  19. (de) Stefan Simons, « Sexismusdebatte in Frankreich: #moiaussi », Der Spiegel,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]