Armand Baschet

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Armand Baschet
Baschet, Armand.jpg
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Armand Baschet, né le à Blois, mort le dans cette même ville, est un littérateur, journaliste et polémiste blésois. En correspondance avec Théophile Gautier et Charles Baudelaire, il fut un des plus grands spécialistes de Venise et de la cour des derniers Valois[1]. Il a occasionnellement utilisé le pseudonyme de Paul Dumont[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Un journaliste provocateur[modifier | modifier le code]

Son père le destinait à la médecine. Il l'étudia à Blois, puis à Paris[3].

À dix huit ans, en 1847, sa curiosité le poussa à être le témoin d'une opération de Charles Dufay[4] lors des toutes premières anesthésies.

En 1848, il suivit les cours de l'École des chartes, en dilettante, puis il correspondit avec différents journaux, où il commença à publier : La France centrale, le journal d'Indre et Loire... sous les pseudonymes de Paul ou de Gabriel Dumont[3].

En 1851, Baschet écrivit à Théophile Gautier pour lui demander de se définir. Gautier lui renvoya une biographie où il confessait :

« Je n'avais encore rien fait pour le théâtre, et, pour qu'on ne m'accusât pas d'abuser des effets de style, je débutai par un ballet: Giselle, où Carlotta parut pour la première fois. Ce ballet, chose bizarre, a eu un succès immense; il s'est joué et se joue encore dans toutes les parties du monde. Pour un poète, ce succès chorégraphique ne laisse pas que d'être humiliant...  »

Une lettre de Baudelaire datée du 3 février 1852[5] témoigne de la rapidité avec lesquels s'était nouée leur relation :

« Mon cher Baschet, En vous quittant, il m'est venu quelques réflexions, que je vous communique. La rapidité avec laquelle s'est établie notre intimité autorise ma franchise. Ceci m'est passé par la tête : Baschet, qui était tout feu, il y a quelques jours, et qui voit beaucoup de monde, n'aurait-il pas été influencé par des conseils hostiles qui lui auraient montré l'entreprise comme mauvaise?  »

Polyglotte, et parlant aussi bien le castillan que le sicilien, il trouva à s'employer pour le gouvernement, qui le chargea de mission en Allemagne, en Autriche et en Vénétie dès 1852[3].

En 1853, il donna encore quelques articles dans le Journal de Loir-et-Cher. Mais, critique de la coterie de la Maison d'Or, adresse du Mousquetaire, journal d'Alexandre Dumas, il consacra à cette gazette l'essentiel de ses billets drolatiques. Il y traitait comme des salons les cabanons de Bicêtre, et n'hésitait pas à qualifier d'indigeste ou de filandreux le style de ses têtes de turc. Parmi les collaborateurs du Mousquetaire figuraient Alexandre Dumas fils, Alfred Asseline, Aurélien Scholl, Théodore de Banville, Henri Rochefort[6]... Enfin, il se fit lors de cette collaboration des amis et un nom, mais aussi de nombreux ennemis ; d'autant que son style coloré, nerveux, emphatique, rempli de néologismes, n'hésitait pas à tremper sa plume dans le caniveau, au grand dam des bourgeois de l'époque[7]

« Écoutez, il y a de cela dix ans. L'admirable partie, qu'aujourd'hui vous voyez enveloppée comme une féerie, écrit-il dans le Mousquetaire à propos du château de Blois, n'était point en meilleur état que sa voisine et son amie, la maison du roi Louis XII. Comme elle, c'était une caserne à fantassins. L'herbe croissait au mieux chez le roi François et les souris et autre engeance rognaient, en belle aisance, les derniers vestiges de la florentine Catherine de Médicis ; bref, la soldatesque la plus infime faisait sa besogne où M. de Guise avait expiré. Vous voyez que la chose tenait du scandale; mais, après de longs débats, le roi Louis Philippe finit par y porter remède. Il balaya les fantassins de ce noble manoir. »

Une carrière d'érudit[modifier | modifier le code]

En 1855, il publia le fruit de ses réflexions sur Gœthe. Puis, à partir de 1857, ses découvertes sur Venise (voir œuvres).

Son camarade Aurélien Scholl[8] mit dans sa bouche ce trait d'esprit atroce :

«  Moi, j'aime les vieilles femmes, on ne risque pas d'en devenir amoureux... Et puis elles vous poussent dans la diplomatie.  »

Les publications de Baschet furent jusqu'en 1865 régulièrement orientées vers l'Italie. Puis, après sa découverte des manuscrits du médecin de Louis XIII, elles se partagèrent entre la France et la Vénétie. Son ouvrage sur les blondes (les femmes blondes selon les peintres de l'école de Venise) renouvela les conceptions de l'historiographie[3].

En 1869, Armand Baschet fut chargé par le ministère des Affaires étrangères de collecter les manuscrits vénitiens dont les copies sont conservées depuis à la Bibliothèque nationale. Dès lors, il explora les archives de plusieurs villes italiennes, en particulier les riches archives de la république de Venise, un fonds inépuisable selon les mots de l'historien d'art Edgar Garnier. Il y a passa cinq années de sa vie à recueillir les documents historiques et ses publications furent unanimement reconnues d'un grand intérêt pour l'histoire de France et de l'Italie au XVIe siècle. Comme les biographes du XIXe, Baschet commit quelques erreurs[9]. Y entrait-il une part de voyeurisme pour les dessous de la grande république morte en 1797, et qui avait réussi, jusque là, à conserver ses secrets [10]?

Le château de Blois où sont morts Henri le balafré et Catherine de Médicis

En 1875, il fit de son Histoire du dépôt des archives des Affaires étrangères un pamphlet contre les obstacles que rencontraient alors les chercheurs de la part des rouages administratifs des archives de l'époque[3]. Poulet-Malassis dévoila cette année-là, que Baschet s'était fait faire des armes cerclées d'un ceinturon (comme cela était la mode) autour du lion de Venise, avec pour devise : Custos vel ultor[11] : préserver ou venger...

En 1880, il livra un dernier ouvrage sur les comédiens. Il mourut à Blois à cinquante-sept ans, en 1886. Un an après, quelques publications commencèrent à lui dresser une statue d'érudit (Dufay : Un érudit au XIXe siècle[12]. L'intermédiaire des chercheurs et des curieux[13]...

Collectionneur d'autographes, on lui doit entre autres d'avoir conservé ceux de Mme de Balzac et de Jules Barbey d'Aurevilly,

Œuvres[modifier | modifier le code]

Enfin, on trouvera les manuscrits d'Armand Baschet parmi les manuscrits de la Bibliothèque de l'Institut de France ici et

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique.... Tome 2 B, par Larousse, Pierre (1817-1875), Paris 1866-1887, p. 297 (vue 301), BNF, Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k397898/f301.zoom.r=BASCHET.hl
  2. Dictionnaire des pseudonymes (Nouv. éd. entièrement refondue et augm.), Heylli, Georges d' (1833-1902), éditeur : Dentu (Paris1887, p. 132 (vue 149), BNF, Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5600921q/f149.image.r=baschet, 27 juin 2012. A la page 480 (vue 497) le même ouvrage explique que l’erreur vient de Staaf (1877).
  3. a, b, c, d et e Philippe Tamizey de Larroque, Véronique Larcade : Un gentilhomme-campagnard entre l'histoire et le crépuscule
  4. Marguerite Zimmer : Histoire de l'anesthésie: méthodes et techniques au XIXe siècle
  5. Lettre de Beaudelaire à Armand Baschet ici
  6. Dumas en bras de chemise Par Claude Schopp
  7. Lettres de lecteurs du Le Moustiquaire
  8. Aurélien Scholl La foire aux artiste, petites comédies parisiennes (1858)
  9. Sur le site Portraits de la Renaissance : la collection de la reine Catherine de Médicis
  10. Filippo de Vivo : Quand le passé résiste à ses historiographies Venise et le xviie siècle
  11. Poulet-Malassis : Ex-Libris
  12. Dufay : Un érudit au XIXe siècle
  13. L'intermédiaire des chercheurs et des curieux Sur Gallica.