Château de la Ferté-Vidame

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Château de la Ferté-Vidame
Image illustrative de l'article Château de la Ferté-Vidame
Château de la Ferté-Vidame - État en 2005.
Période ou style Classicisme
Type Château
Architecte Antoine Mathieu Le Carpentier
Début construction XIVe siècle
Fin construction 1771
Propriétaire initial Jean-Joseph de Laborde
Propriétaire actuel Conseil général d'Eure-et-Loir
Destination actuelle Ruiné
Protection Logo monument historique Classé MH (1976, 1991)
 Inscrit MH (2007)[1]
Coordonnées 48° 36′ 29″ nord, 0° 53′ 59″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Perche
Région Centre-Val de Loire
Département Eure-et-Loir
Commune La Ferté-Vidame

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Château de la Ferté-Vidame

Le château de la Ferté-Vidame est un château du XIVe siècle reconstruit au XVIIIe siècle et ruiné à la Révolution française, situé sur la commune homonyme dans le département d'Eure-et-Loir et la région Centre-Val de Loire.

Il n'en reste qu'une ruine impressionnante ainsi que les communs (« petit château »).

Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le pour les bâtiments (les ruines du château, les façades et toitures des communs, la grille d'honneur du château), ainsi que d'un classement le pour son parc et ses pavillons. Il est également inscrit en date du 26 septembre 2007 pour la partie appelée « le petit château »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château des Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Le château avant 1755.

Un château est attesté à La Ferté-Vidame dès 985. En 1374, le domaine est acquis par la famille de Vendôme qui fait reconstruire le château. Cette famille détient le titre prestigieux de vidame de Chartres. C'est ce château qui est acquis le par Claude de Rouvroy, duc de Saint-Simon, favori de Louis XIII.

Son fils le célèbre mémorialiste, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, logea dans ce château qui a conservé son aspect médiéval de forteresse cantonnée de huit grosses tours, connu par des gouaches de Louis-Nicolas van Blarenberghe peintes vers 1750, conservées au musée de Boston. Il y écrivit la plus grande partie de ses fameux Mémoires. Vers 1718-1719, il fit construire le bâtiment des écuries (actuel « petit château »).

Le château du marquis de Laborde[modifier | modifier le code]

Louis de Rouvroy de Saint-Simon meurt en 1755. Le château passe à sa petite-fille, Marie-Christine-Chrétienne de Rouvroy de Saint-Simon, épouse de Charles-Maurice de Monaco, comte de Valentinois. Le , celle-ci cède le château et les 900 hectares du domaine au financier Jean-Joseph de Laborde. Celui-ci acquiert, par la même occasion, le titre de vidame de Chartres, attaché à la seigneurie.

Laborde confie à l'architecte Antoine Matthieu Le Carpentier le soin de reconstruire entièrement le château, dont il ne conserve qu'une partie du donjon féodal, mais rendue méconnaissable sous les ajouts. Les travaux, achevés en 1771, ne durent que trois ans, ce qui est court pour édifier un immense bâtiment de trois étages, qui comprenait, dit-on, 167 pièces. Le musée de Dreux en conserve une élévation.

Le bâtiment est construit en briques et pierres, comme les réalisations de la première moitié du XVIIe siècle, mais dans un style original, qui apparaît comme une sorte de sublimation de la grande architecture classique. Le plan dessinait un trapèze très ouvert. Les pièces de réception étaient situées au rez-de-chaussée, comme dans la plupart des maisons de campagne, les appartements d'invités occupaient le premier et le second étage. Le pavillon central et les deux pavillons situés à l'extrémité des deux ailes étaient couverts de toits en domes carrés. Sur le jardin, la saillie ovale du corps central était manifestement inspirée du château de Vaux-le-Vicomte. Elle renfermait un salon ovale édifié sur deux niveaux et surmonté d'une coupole à laquelle répondaient les coupoles plus basses coiffant les pavillons latéraux. Les anciennes douves avaient été transformées en fossés gazonnés.

Laborde dépensa à La Ferté-Vidame la somme insensée de 14 millions de livres. Il y reçut Louis XV, le futur Joseph II d'Autriche et le duc de Choiseul.

Le château après Laborde[modifier | modifier le code]

Le parc et les communs.

En 1783, Louis XVI contraint le duc de Penthièvre à lui céder son château de Rambouillet. En contrepartie, Penthièvre, qui possède déjà de vastes domaines en Normandie et dans le Perche, exige La Ferté-Vidame, que Laborde est contraint de lui vendre le pour 5,5 millions de livres. Laborde ne conserve que le titre de vidame de Chartres, les meubles et objets d'art et les statues du parc, dont le duc de Penthièvre ne veut pas.

À la mort du duc de Penthièvre en 1793, le domaine passe à sa fille, la duchesse d'Orléans. Mais, celle-ci ayant émigré, ses biens sont confisqués. Déjà saccagé par des pillards, le château de La Ferté-Vidame est vendu le au sieur Cardot-Villers qui, fortement endetté, récupère tous les matériaux qui peuvent l'être, d'où l'état actuel des bâtiments, et saccage la forêt en abattant 31 000 arbres. Ne parvenant pas à payer le prix de son acquisition, il est déchu de ses droits. Le domaine est remis en vente en juin 1803, mais il ne trouve pas preneur et reste dans le domaine de l'État.

À la Restauration, il est restitué à la duchesse d'Orléans. Lorsque celle-ci meurt, en 1826, le domaine passé à son fils aîné Louis-Philippe, futur roi des Français. Il reconstitue le domaine, fait relever le mur d'enceinte, remettre en état les pièces d'eau, restaurer et agrandir le petit château. Mais la révolution de 1848 interrompt cette restauration.

Les biens de la maison d'Orléans sont confisqués sous Napoléon III. En 1872, les Domaines vendent La Ferté-Vidame au baron Léon de Dordolot, qui s'y livre à sa passion de la chasse à courre. Il le revend en 1879 à un riche agent de change parisien, Charles Laurent. Ce dernier s'installe au petit château, agrandit le domaine, entreprend des travaux de restauration. Son fils, Roger Laurent, entretient un équipage de vénerie qui chasse sur le superbe domaine d'environ 6 000 hectares, dont près de 1 000 hectares entourés de murs et formant le parc. Sa sœur Thérèse Laurent a épousé le marquis de Lestrade, autre veneur de Bourgogne à La grange Arthuis. La chasse à tir y est aussi une des plus belles de France, où se retrouvent le monde de la finance et celui de la politique[3]. En 1913, ses héritiers vendent le château et le parc à la Société forestière de Bretagne qui exploite la forêt jusqu'en 1921, avant de revendre le domaine à M. Carpentier, industriel à Villers-Cotterêts. Celui-ci le cède en 1923 à Christian Vieljeux, qui en revend la plus grande partie à la société André Citroën qui y installe son centre d'essais en 1938. En 1945, la partie restante est vendue au Ministère de la Justice qui y installe le Révérend Père Courtois, fondateur de l'œuvre Sainte-Marie-Madeleine, de réinsertion sociale de femmes détenues de droit commun. L'œuvre cesse son activité en 1979, au décès de son fondateur. En 1991, l'État cède le château au département d'Eure-et-Loir, qui entreprend des travaux pour le rendre accessible au public.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de la Ferté-Vidame », notice no PA00097106, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  3. Maurice de Gasté, L'équipage du marquis de Chambray. Souvenirs de vénerie, Paris, 1921 ; Évreux, 2001, p. 41.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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