Plon

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Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création 1852[1]
Fiche d’identité
Forme juridique autre SA à conseil d'administration
Statut éditeur élément d'un groupe d'édition
Siège social Paris[2] (France)
Dirigée par Sophie Charnavel[3]
Langues de publication français
Société mère Editis
Site web lisez.com
Environnement sectoriel
Principaux concurrents Gallimard, Hachette Livre, La Martinière et Flammarion

Plon[4] est une maison d'édition française, fondée en 1845 par Henri Plon.

Historique[modifier | modifier le code]

Marque historique de la maison.

Selon la légende familiale, le fondateur de la famille serait Jehan Plon, venu de Ploen ou Plön (Allemagne) au 16e siècle. Il s’installe à Mons (Belgique) et y épouse la fille d’un typographe. Du 16e au 18e siècle, ses héritiers seront typographes puis imprimeurs, de Mons à Paris.

Henri Plon (1806-1872) débute comme apprenti chez l'imprimeur Firmin Didot puis auprès de Théophile Belin, le fils de François Belin, imprimeur installé à Sézanne (Marne). En 1833, Maximilien Béthune, imprimeur rue de Vaugirard, T. Belin et Henri Plon forme la société "Béthune, Belin et Plon" qui sera renommée en 1835 "Béthune et Plon" et deviendra l'imprimerie de référence visitée par Victor Hugo, Honoré de Balzac, Alphonse de Lamartine, Alexandre Dumas ainsi que l'imprimerie officielle de l'Empereur.

Dans les années 1840, le succès est au rendez-vous. Henri fait venir ses trois frères, Charles, Hippolyte et Louis-Charles, rachète la succession de Béthune, et forme la société Typographie des Abeilles, Plon frères et Cie. En 1850, ils furent les premiers en France à utiliser la machine à vapeur pour l'impression, un procédé venu d'Angleterre. Au début des années 1850, la maison Plon est principalement un imprimeur, laquelle ne cache pas son soutien au nouveau régime[5].

Ancien siège parisien de l'imprimerie et de la maison d'édition, au 8 rue Garancière.

Henri et ses frères ouvrent en 1852 des locaux situés 8 rue Garancière, qui abritait à la fois un atelier de production et une maison d'édition. Les frères Plon reçurent à cette époque le titre de « Libraire-imprimeur de l’Empereur » et publièrent les correspondances de Louis XIII, de Marie-Antoinette et de Napoléon, un catalogue qui assura le succès. Henri fut également président de la Chambre des Imprimeurs et vice-président du Cercle de la librairie. Son fils Eugène Plon (1836-1895) s'associe en 1873 à son beau-frère Louis-Robert Nourrit et à Émile Perrin sous la dénomination Plon, Nourrit et Cie. Eugène fut président du Cercle de la librairie dans les années 1870-80.

Après le départ de Perrin en 1883, la mort de Robert Nourrit en 1894 et celle d'Eugène en 1895, l'atelier est abandonné au profit des seuls métiers d'éditeur par la nouvelle direction confiée à Pierre Mainguet et à son beau-frère, Henri-Joseph Bourdel, les petits-enfants d'Henri.

Entre 1900 et 1930, Plon, Nourrit et Cie s'ouvre à la littérature et aux essais, rivalisant avec Calmann-Lévy ou Flammarion et la maison est rebaptisée Librairie Plon, les petits-fils de Plon & Nourrit. Au catalogue, l'on trouve des auteurs de best-sellers comme Paul Bourget, Abel Hermant, Julien Green. La collection « Feux croisés », dirigée par Gabriel Marcel, accueille des auteurs étrangers comme Graham Greene. En 1932, « Aventures », une collection de poche cartonnée sous jaquette illustrée vendue 6 francs avec des auteurs comme Maurice Renard, Jack London, Pierre Mac Orlan connaît un succès mitigé mais son format et sa présentation feront florès vingt ans plus tard.

Maurice Bourdel[6], qui a succédé à son père, édite Henri Massis ou Robert Brasillach.

Lors de la Libération, la ligne est différente puisque Plon accueille les mémoires de Winston Churchill avant de devenir plus tard l'éditeur attitré du Général de Gaulle, par le biais de Charles Orengo, directeur éditorial inspiré. En 1953, Jean Malaurie peut ainsi créer la collection « Terre humaine » où sera publié Claude Lévi-Strauss.

Le temps des fusions approche. En 1958, Maurice Bourdel, le dernier descendant des Plon-Nourrit, ouvre le capital au DG de Tallandier, proche du PDG d’Hachette : Hachette s’assure la mainmise sur le fonds de Plon pour sa collection « Le livre de poche ». Maurice Bourdel, dernier membre de la famille, quitte la présidence de PLON en 1962 et met fin à 130 ans d’une histoire familiale, offrant à Thierry de Clermont-Tonnerre, venu de l'Union financière de Paris, la possibilité d'entreprendre des économies d'échelle, et ce au détriment d'Hachette[7]. Clermont-Tonnerre permet d'associer Julliard au capital et de lancer la collection de poches « 10/18 » à travers une nouvelle structure juridique, l'Union générale d'édition (UGE) qui englobe Plon. En 1966, Sven Nielsen, fondateur des Presses de la Cité prend une part importante dans UGE[8] et forme le noyau de ce qui va devenir le Groupe de la Cité entre 1972 et 1996.

Ce groupe, après bien des tractations financières, est racheté par la Compagnie générale d'électricité (CGE) en 1988 qui place Olivier Orban à la tête de Plon qui appartient désormais à un plus gros groupe appelé CEP-Communication, lequel change de nom en 1997 pour devenir Havas Publications Édition (HPE).

En 2001, HPE est absorbée par Vivendi Universal. En 2002, le groupe Vivendi, dirigé par Jean-Marie Messier, rencontre de graves problèmes financiers et doit céder, en 2004, plusieurs maisons d'éditions, dont Plon, à Wendel Investissement, qui les regroupe au sein d'une nouvelle structure, Editis. En 2008, le groupe Editis est revendu à l'espagnol Grupo Planeta.

Fin 2018, Vivendi rachète Editis pour 900 millions d'euros[9].

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Prix Goncourt

1906 : Jérôme et Jean Tharaud, Dingley, l’illustre écrivain

1907 : Emile Moselly, Terres lorraines

1920 : Ernest Pérochon, Nêne

1938 : Henri Troyat, L’araigne

Prix Goncourt des Lycéens

2006 : Léonora Miano, Contours du jour qui vient

Prix Femina

1926 : Charles Silvestre, Prodige du cœur

1929 : Georges Bernanos, La joie

1930 : Marc Chadourne, Cécile de la folie

Prix Femina essai

2013 : Jean-Paul et Raphaël Enthoven, Dictionnaire amoureux de Marcel Proust

Prix Interallié

1932 : Simone Ratel, La maison des Bories

1937 : Romain Roussel, La vallée sans printemps

2007 : Christophe Ono-dit-Biot, Birmane

Prix Renaudot essai

2006 : Pierre Boncenne, Pour Jean-François Revel

Grand Prix du roman de l’Académie française

2018 : Camille Pascal, L’été des quatre rois

Description[modifier | modifier le code]

  • Thèmes :
    • Politique, Actualité, Société
    • Biographie, Témoignage, Mémoires
    • Histoire et Romans historiques
    • Littérature française
    • Littérature étrangère
    • Policier, Thriller, Fantastique
    • Spiritualité
  • Collections :
    • Dictionnaire amoureux : « Donnez du champ libre à votre propre culture, élargissez vos horizons et laissez-vous guider : vous ne regretterez aucune de ces flâneries tant elles sont intelligentes et réjouissantes. »
    • Feux Croisés : « Âmes et terres étrangères. »
    • Tribune Libre (auteurs intellectuels, décideurs, politiques…) : « Mettre à la portée du grand public certaines prises de position, indispensables, pour permettre au citoyen de remplir son rôle de responsable dans la cité moderne. »
    • Terre Humaine : « Un pont entre les sciences sociales et la littérature. Une révolution qui dure depuis 60 ans avec, pour horizon, le témoignage des invisibles. »
    • L'Abeille Plon : « En ces temps troublés, remettre le savoir et la connaissance à la portée de tous répond plus que jamais à la vocation première des Éditions PLON. En publiant au format poche des textes de référence en non-fiction indispensables à la compréhension du monde, hier comme aujourd’hui, les titres de « L’Abeille PLON » donnent à chacun les outils pour décrypter l’actualité et éclairer les mutations de notre société. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique, sur le site de l'éditeur.
  2. Contacts chez Plon.
  3. Depuis 2018.
  4. « identité et dissolution », sur societe.com (consulté le 12 juin 2019).
  5. Jean-Yves Mollier, Dictionnaire encyclopédique du livre, p. 278, § 2 et 3.
  6. - .
  7. In Le Nouvel Observateur, 6 mai 1965.
  8. Ph. Schuwer, art. « Presses de la Cité », Dictionnaire encyclopédique du livre, p. 369.
  9. « Vivendi signe l'acquisition d'Editis pour 900 millions € », sur actualitte.com (consulté le 12 juin 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]