NTV (Russie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis NTV (chaîne russe))
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir NTV.
NTV
Image illustrative de l'article NTV (Russie)

Création 10 octobre 1993
Langue Russe
Pays Drapeau de la Russie Russie
Statut Généraliste
Siège social NTV

Koroleva ul.
RU-127427
Moscou
Tél : +7 495 725 5135 Fax : +7 495 725 5383

Site web Site officiel de NTV
Diffusion
Analogique UHF SECAM
Satellite Express AM3 (Sibérie, Mongolie, Alaska)

Asiasat 4 (Extrême-orient russe)
Yamal 201 (Russie, Asie Centrale, Caucase)
Express AM33 (Sibérie, Asie centrale, Caucase)
ABS 1 (Asie, faisceau large) Intelsat 904 (Kazakhstan)
Bonum 1 (Sibérie, Kazakhstan, Mongolie)
Eutelsat W4 (Russie centrale, Biélorussie, Ukraine, pays baltes)
Eurobird 9A (Europe occidentale)

Câble Oui
ADSL Oui

NTV (en alphabet cyrillique НТВ) est une chaîne de télévision russe. Fondée en 1993, elle est alors l'une des pionnières de la télévision commerciale en Russie. Adoptant à l'origine un ton volontiers satirique et parfois critique vis-à-vis du gouvernement, elle assouplit considérablement sa ligne éditoriale après son rachat par le groupe Gazprom en 2001.

Chaîne généraliste, NTV émet depuis 1993 sur le réseau hertzien et par satellite dans l'ensemble de la Fédération de Russie.

NTV-Mir (NTV-Monde) est le nom de la version satellitaire de NTV, émettant à destination de la diaspora russe et ex-soviétique en Amérique du Nord et en Europe. Une déclinaison de la chaîne, NTV-Belarus, est également diffusée en Biélorussie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La chaîne est fondée en 1993 par un consortium formé par plusieurs banques privées, sous l'impulsion de l'homme d'affaires Vladimir Goussinski, désireux de créer une chaîne axée sur le divertissement et l'information dite indépendante. D'abord diffusée sur le réseau câblé de Saint-Pétersbourg, elle obtient une fréquence au niveau national à partir du 22 décembre de cette même année. Émettant à l'origine 18 heures par jour, elle doit dans un premier temps partager son canal de diffusion avec la Télévision des universités de Russie, avant de finalement obtenir le droit d'émettre 24 heures sur 24 à partir du 11 novembre 1996.

La chaîne s'impose peu à peu comme un média d'envergure et recrute nombre de journalistes issus des chaînes de télévision publiques. Elle adopte dans ses bulletins d'information un ton volontiers critique envers les actions du gouvernement, en particulier durant les guerres de Tchétchénie. L'une des émissions est alors l'équivalent russe des Guignols de l'info : Koukly (Куклы), dont le ton particulièrement acerbe n'est pas toujours bien accepté par les hommes politiques russes, à commencer par le président Vladimir Poutine. Estimant que la marionnette à son effigie « bafoue sa dignité », ce dernier exige qu'elle ne soit plus utilisée, ce à quoi la chaîne ne se pliera pas.

En juin 2000, la police russe arrête son propriétaire Vladimir Goussinski, qu'elle suspecte de malversations et d'abus de bien public (d'autres y voyant d'hypothétiques raisons politiques). Quelques semaines plus tard, Vladimir Goussinski vend l'entreprise Media-Most (détentrice de 30 % des actions de NTV) à la société Gazprom-Media, réputée proche du pouvoir. Choisissant de s'exiler, il s'installe en Espagne et fonde quelques mois plus tard un bouquet de chaînes satellitaires (RTVi) diffusant à destination de la diaspora (Amérique du Nord, Europe et Israël). Il affirmera par la suite avoir été contraint de céder NTV sur pression du gouvernement.

2001 : "Putsch" de NTV[modifier | modifier le code]

Poutine, devenu président, s'attaque à Goussinski, qui a soutenu des candidats opposés via sa chaîne. En avril 2001, la chaîne passe sous le contrôle de Gazprom. Au cours d'une nuit, des vigiles appuyés par les forces spéciales du ministère de l'Intérieur s'installent au 8ème étage de l'immeuble abritant la chaîne. Le nouveau rédacteur en chef, Vladimir Koulistikov, un ancien de NTV passé sur la chaîne d'Etat Rossia, et le nouveau directeur, un homme d'affaires russo-américain, arrive dans la foulé. A l'antenne, les images sauvages du "putsch" diffusées par un technicien sont remplacé par du patinage artistique. Une action "sans violence" qui met un milliers de russe dans la rue.... Des manifestations s'organisent en effet à Saint-Pétersbourg et d'autres villes en soutient à la chaîne.

Un bras de fer s'engage avec la nouvelle directtion. La plupart des journalistes soutiennent leur directeur limogé et démissionnent. Goussinski, arrêté, finira par s'exiler en Espagne. Sur la chaîne, terminé l'information critique sur la guerre de Tchétchénie[1].

Censure et contrôle gouvernemental[modifier | modifier le code]

Au fil des mois, Gazprom-Media augmente encore sa participation au capital de la chaîne avant d'en prendre totalement le contrôle en avril 2001. Dès lors, les nouveaux propriétaires entament un changement radical de direction et une réorientation de la ligne éditoriale. Tandis que Boris Jordan prend les rênes de la chaîne, nombre de journalistes décident de se tourner vers d'autres médias. En 2003, la chaîne connaîssant d'importantes difficultés économiques, Nikolaï Senkevitch remplace Boris Jordan à la tête de la direction.

En mai 2004, l'interdiction de diffuser l'interview de la veuve du dirigeant tchétchène assassiné, Zelimkhan Iandarbiev, conduit à l'arrêt du magazine hebdomadaire d'actualité le plus suivi, Namedni, sur NTV, et au licenciement de son principal journaliste, Leonid Parfionov, au motif qu'il a communiqué la note de Alexandre Guerassimov. Car en effet pour la première fois depuis dix ans, un cadre dirigeant de la télévision, en l'occurence Guerassimov, alors directeur-adjoint de NTV, a interdit la diffusion par une note écrite. Il expliquera ce geste plus tard en mentionnant le fait qu'il ne désirait pas influencer le procès, en cours au Qatar, de deux agents des services secrets russes accusés d'avoir assasiné Iandarbiev en 2004.

En juillet, l'émission de Guerassimov, Lichny Vklad, eut le même destin que Namedni, ainsi que Svoboda Slova, ou liberté de parole, et Krasnaya Strela, une satire politique qui le suivait chaque vendredi soir. Les événements de juillet était liés à un changement de management à NTV, la chaîne contrôlée par Gazprom. Vladimir Koulistikov, le nouveau directeur, en expliquant les raisons, déclara "Svoboda Slova", en dominant beaucoup d'espaces aux marginaux politiques opposés au Président Poutine, manquait d'objectivité[2],

Déclinaisons[modifier | modifier le code]

  • Née en 2006, NTV-Belarus est une déclinaison de NTV pour la Biélorussie. Elle reprend la majorité des émissions de la chaîne-mère, auxquelles viennent s'ajouter quelques productions locales.
  • NTV-Mir est une version internationale de NTV diffusée à destination de la diaspora russe en Amérique du Nord et en Europe.

Description[modifier | modifier le code]

Les émissions régulières de la chaîne débutent à six heures du matin en semaine avec un bloc d'information matinal (Сегодня утром) faisant alterner reportages, journaux télévisés, bulletins météorologiques et chroniques pratiques. S'ensuivent émissions culinaires (Кулинарный поединок ; Просто вкусно), chroniques financières (Средний класс), émissions juridiques (Суд присяжных), talk-shows, jeux télévisés (Золотой ключ) et séries russes, européennes ou américaines (Закон и порядок). La chaîne retransmet des compétitions sportives, notamment des matchs de football (coupe de l'UEFA)

NTV laisse une place importante à l'information, présente à l'antenne à travers quatre éditions principales du journal télévisé « Aujourd'hui » (Сегодня). La directrice de l'information est Tatiana Mitkova qui présente depuis octobre 2011 une version rénovée du programme « Aujourd'hui », intitulée « Aujourd'hui. Résultats ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le directeur de NTV «quitte le navire»: anatomie d'une chaîne de télé russe | Geopolis », sur geopolis.francetvinfo.fr (consulté le 27 septembre 2015)
  2. Flora Fossato, « La télévision, média du pouvoir », Pouvoirs, no 1/2005 (n°112),‎ , p. 49-61