Mswati III

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Mswati III
Illustration.
Mswati III, en 2014.
Titre
Roi du Swaziland
En fonction depuis le
(32 ans, 5 mois et 18 jours)
Couronnement
Premier ministre Bhekimpi Dlamini
Sotsha Dlamini
Obed Dlamini
Andreas Fakudze (intérim)
Jameson Mbilini Dlamini
Sishayi Nxumalo (intérim)
Barnabas Sibusiso Dlamini
Paul Shabangu (intérim)
Themba Dlamini
Bheki Dlamini (intérim)
Barnabas Sibusiso Dlamini
Vincent Mhlanga (intérim)
Prédécesseur Ntfombi (régente)
Sobhuza II
Prince héritier du Swaziland

(environ 2 ans et 7 mois)
Monarque Sobhuza II
Dzeliwe (régente)
Ntombi (régente)
Prédécesseur Nkhotfotjeni
Biographie
Dynastie Dlamini
Nom de naissance Makhosetive Dlamini
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Mbabane (Swaziland)
Nationalité swazilandaise
Père Sobhuza II
Mère Ntfombi Tfwala
Conjoint 13 épouses
Enfants 23 enfants
dont Sikhanyiso Dlamini (fille aînée)

Mswati III
Monarques du Swaziland

Mswati III (né prince Makhosetive[1] Dlamini le )[2] est l'actuel roi du Swaziland. Il est le 67e fils du roi Sobhuza II et seul enfant de sa mère, Ntombi Tfwala. Il a succédé à son père en 1986 après une période de régence de quatre ans.

Régence[modifier | modifier le code]

Quand son père meurt d'une pneumonie en 1982, le Conseil royal choisit le jeune prince Makhosetive (14 ans alors) pour devenir le prochain roi. Pendant les quatre années suivantes, deux des femmes de Sobhuza exercent la régence : les reines Dzeliwe Shonwe (1982-1983), puis Ntfombi Thwala (1983-1986), pendant que le prince poursuit son parcours scolaire.

Règne[modifier | modifier le code]

Il est officiellement couronné roi le et commence à gouverner avec sa mère titrée Ndlovukazi (« la Grande Éléphante »).

Actuellement, il est le dernier monarque absolu d'Afrique : il gouverne par décret et s'oppose à l'instauration de la démocratie dans son pays. Il a néanmoins restauré le parlement que son père avait dissous. Les parlementaires sont désignés par lui-même (les deux tiers des sénateurs et dix députés) ou élus par des chefs traditionnels proches du pouvoir. En 2004, il fait voter par le sénat une constitution renforçant sa mainmise sur la gouvernance du Swaziland[3]. Il renforce ensuite son pouvoir en faisant défendre des interprétations autoritaires de cette constitution, par exemple en interdisant à toute cour de justice la poursuite du roi ou de ses conseillers[4]. Proche des églises évangélistes, il fait interdire le divorce et le port de la minijupe[5].

Le Swaziland est principalement rural et fait partie des pays les plus pauvres du monde (63 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté), sa population est victime du Sida (25,9 % de personnes infectées en 2011) et de la sécheresse. Un cercle économique de 15 000 hommes d'affaires s'octroie l'essentiel des richesses du pays. Ce cercle comprend des investisseurs sud-africains venus trouver au Swaziland une main d’œuvre trois fois moins cher et un groupe de chefs d'entreprises blancs héritiers des colons britanniques[5].

La culture de la canne à sucre, principale ressource du pays, asservit cependant une partie de la population : expulsions forcées de communautés rurales pour aménager les plantations, travail des enfants, semaines de travail allant jusqu'à 60 heures, etc. La Confédération syndicale internationale évoque « des conditions de travail ardues et malsaines, des salaires misérables et une répression violente de toute tentative de syndicalisation »[5]. Sur les questions internationales, il est notamment proche de l'Afrique du Sud, de Taïwan et de l'Union européenne[5].

Le roi Mswati III est réputé pour sa passion des voitures luxueuses[6] : en 2004 et 2005, il a acheté pour lui et ses femmes vingt voitures de marque BMW série 5 et 7, ainsi qu'une Daimler-Chrysler Maybach équipée à 500 000 USD. Sa fortune est estimée à 200 000 000 dollars américains en 2009[7]. Les sommes qui lui sont allouées pour ses dépenses de fonction représentent 8 % du budget national[5].

Succession[modifier | modifier le code]

Mswati III en 2006.

Au Swaziland, ce n'est pas le roi qui désigne son successeur, c'est la famille royale qui choisit laquelle des épouses doit être la « Grande Épouse » et « Indlvukazi » (Éléphante, comprendre « reine mère »). Le fils de cette épouse devient automatiquement le roi suivant.

La « Grande Épouse » doit avoir eu un seul fils du roi, avoir un bon caractère et venir d'une famille honorable. Les deux premières épouses sont choisies par des conseillers et ont des fonctions rituelles spécifiques, mais leurs fils ne peuvent pas prétendre au trône ; elles doivent provenir pour la première du clan Matsebula et pour la deuxième du clan Motsa. Traditionnellement, le roi épouse une fiancée seulement après qu'elle tombe enceinte, prouvant ainsi qu'elle peut donner des héritiers.

En juin 2005, Mswati III avait douze épouses, deux fiancées officielles (c'est-à-dire avec lesquelles il n'a pas eu d'enfant) et 24 enfants. Parmi ces épouses, deux l'ont quitté, une a dû être kidnappée en 2002 mais le roi ne fut jamais condamné par les tribunaux du Swaziland malgré les poursuites engagées par la mère. Les deux dernières fiancées (août 2004 et janvier 2005) avaient respectivement 16 et 17 ans à l'annonce du fait.

En septembre 2014, le roi prend une 14e (ou 15e) épouse[8].

Ascendance[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Mswati II
 
 
 
 
 
 
 
8. Dlamini IV
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Nandzi Nkambule
 
 
 
 
 
 
 
4. Ngwane V
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Matsanjana Mdluli
 
 
 
 
 
 
 
9. Labotsibeni Mdluli
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2. Sobhuza II
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
10. Chef Ngolotjeni Nxumalo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
5. Lomawa Ndwandwe
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
11. Msindvose Ndlela
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1. Mswati III
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3. Ntfombi Tfwala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Roi des nations ».
  2. Genealogy.
  3. « Swaziland: Mswati to retain control », sur irinnews.org, (consulté le 24 mars 2015).
  4. « Mswati flouts Constitution to cement royal control of judiciary », sur mg.co.za, (consulté le 24 mars 2015).
  5. a, b, c, d et e Alain Vicky, « La dernière monarchie absolue d’Afrique », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  6. Tribune de Genève.
  7. (en) « Swaziland's royal ruler squashes reform hopes », sur reuters.com, (consulté le 24 mars 2015).
  8. (en) « Swaziland King Mswati III Takes 19-Year-Old Virgin as His Fourteenth Wife », sur ibtimes.co.uk, (consulté le 24 mars 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]