Viviane Reding

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Viviane Reding
Viviane Reding en 2014.
Viviane Reding en 2014.
Fonctions
Députée européenne
En fonction depuis le
(2 ans et 14 jours)
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique PPE
Vice-présidente de la Commission européenne
Commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté

(4 ans 4 mois et 21 jours)
Prédécesseur Jacques Barrot
Successeur Johannes Hahn (intérim)
Martine Reicherts
Commissaire européenne à la société de l'information et aux médias

(4 ans 11 mois et 9 jours)
Président José Manuel Durão Barroso
Prédécesseur Olli Rehn
Successeur Neelie Kroes
Commissaire européenne à l'éducation et à la culture

(5 ans 1 mois et 18 jours)
Président Romano Prodi
Prédécesseur Marcelino Oreja
Successeur Ján Figeľ
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Esch-sur-Alzette (Luxembourg)
Nationalité Luxembourgeoise
Parti politique CSV
Conjoint Dimitri Zois
Profession Journaliste

Viviane Reding, née le à Esch-sur-Alzette au Luxembourg, est une journaliste et femme politique luxembourgeoise, membre du Parti populaire chrétien-social (CSV).

Elle est membre de la Commission européenne de 1999 à 2014, commissaire successivement à l'éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, puis à la société de l'information et aux médias, enfin à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté. Elle est députée au Parlement européen depuis 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et carrière journalistique[modifier | modifier le code]

Née le à Esch-sur-Alzette, au Luxembourg, elle étudie à la Sorbonne à Paris, où elle obtient un doctorat en sciences humaines. De 1978 à 1999, elle est journaliste comme éditorialiste au quotidien luxembourgeois Luxemburger Wort. Elle dirige par ailleurs l'Union luxembourgeoise des journalistes de 1986 à 1998.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Viviane Reding a été mariée et est mère de trois enfants.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Elle démarre une carrière politique en 1979 en se faisant élire députée au Luxembourg. En 1989, elle est parmi les six députés luxembourgeois élus au Parlement européen. Réélue en 1994, elle le reste jusqu'à sa nomination en 1999 à la Commission européenne, où elle est chargée de l'éducation, la culture, la jeunesse, les médias et les sports.

En 2004, dans la Commission Barroso I, elle devient commissaire chargée de la société de l'information et des médias. Ses services parviennent à imposer aux opérateurs téléphoniques européens la réforme des tarifs de roaming.

Dans la Commission Barroso II, elle remplit une troisième fonction en devenant vice-présidente et commissaire chargée de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté. Elle s'attache fortement à promouvoir la place des femmes dans les conseils d'administration des sociétés cotées en bourse[1].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Elle fut bousculée lors d'une polémique à Luxembourg concernant un passe-droit dont aurait bénéficié son aide ménagère philippine pour obtenir un titre de séjour[2].

En septembre 2010, elle compare implicitement la politique de la France à l'égard des camps de Roms à celle de l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale : « Les circonstances donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un État membre juste parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la [Seconde] Guerre mondiale » affirme-t-elle, en réaction à la circulaire française du 5 août 2010 ciblant spécifiquement les Roms pour les expulsions[3]. Viviane Reding a déclaré quelques jours plus tard qu'elle n'avait jamais voulu « établir un parallèle entre la [Seconde] Guerre mondiale et les actions du gouvernement français d'aujourd'hui »[4]. Elle recevra à cette occasion le soutien du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, puis, de Zoni Weisz, rescapé de l'Holocauste, invité d'honneur du Parlement allemand lors de la séance formelle de commémoration de la journée des victimes du nazisme le 27 janvier 2011[5]. En conséquence, la France a dû adapter sa législation nationale aux exigences de la directive européenne de 2004 sur la libre circulation[6].

En juin 2011, Reding, répondant à une question de la députée européenne Sylvie Guillaume, remarque que la campagne en Hongrie encourageant les couples à l'adoption plutôt que de recourir à l'avortement en cas de grossesse non-désirée, campagne en partie financée par le programme Progress, un programme de l'Union européenne pour l'emploi et la solidarité sociale, « n'est pas conforme à la proposition de projet soumise aux services de la Commission »[7]. Elle demande le remboursement des financements et invite la Hongrie à « stopper immédiatement la campagne et à retirer les affiches ». Une telle position lui vaut la critique de l'eurodéputé italien Carlo Casini qui estime que « la réponse de Viviane Reding a été décevante et vague »[8],[9]. La Hongrie est un pays où le taux d'avortements est particulièrement élevé[10].

En février 2016, elle déclare : « Je ne crois pas que l'Europe va sombrer. L'Europe n'est pas le problème d'ailleurs. Ce sont certains chefs d'État ou de gouvernement qui, vraiment, déconnent, si je peux me permettre. Il nous faut une véritable union politique, mais c'est illusoire avec certains joueurs sur le terrain. »[11].

Conflits d’intérêt entre activités parlementaires et intérêts industriels[modifier | modifier le code]

Viviane Reding cumule, à côté de ses responsabilités parlementaires, des responsabilités dans des entreprises privées, proches des domaines que se fonction est censée encadrer juridiquement, ce qui fait suspecter aux observatoires de déontologie politique un risque de conflit d’intérêts et de lobbying[12]. Elle occupe entre autres un poste au sein d'Agfa Gevaert (une multinationale de l'imagerie médicale), un autre dans la compagnie minière Nyrstar, et un autre à la fondation Bertelsmann, un think tank allemand financé par l'une des plus grosses entreprises médiatiques au monde[12].

Avenir fédéraliste de l'Europe[modifier | modifier le code]

En 2012, lors d'un discours en Allemagne[13], et dans une série de tribunes d'opinion et interviews[14], Viviane Reding présente sa vision pour l'avenir de l'Europe faisant un plaidoyer pour l'évolution de l'Union européenne vers une fédération telle « les États-Unis de l'Europe »[15],[16],[17].

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Viviane Reding est membre du Parti populaire chrétien-social (centre droit), dont elle fut vice-présidente entre 1995 et 1999. Le Parti populaire chrétien social est membre du (PPE).

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

  • 1979-1989 : député
    • président de la commission des affaires sociales
    • membre du bureau de la chambre des députés
    • membre de l'Assemblée parlementaire du Benelux
  • 1981-1993 : conseiller municipal d'Esch-sur-Alzette
  • 1989-1999 : député européen (PPE)
    • 1989-1992 : président de la commission des pétitions
    • 1992-1994 : vice-président de la commission des affaires sociales
    • 1994-1999 : vice-président de la commission des libertés civiles et des affaires intérieures
  • 2009 : élue député européen (PPE)

Fonctions à la Commission européenne[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Femmes dans les conseils d’administration : la Commission propose un objectif de 40 % » sur le site de la Commission européenne
  2. « Le ministre du Travail et de l'Emploi François Biltgen au sujet de la délivrance d'une autorisation de travail à une employée de maison de nationalité philippine au domicile privé de la commissaire européenne Viviane Reding à Luxembourg », sur gouvernement.lu,‎ .
  3. « Roms : journée mouvementée entre Paris et Bruxelles », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  4. « Roms : Viviane Reding retire sa comparaison avec la seconde guerre mondiale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. A Berlin, un rescapé de l'Holocauste fustige la France pour le traitement des Roms, France 24.
  6. « Rapport des activités de l'union europeenne 2010 - page 44 »
  7. http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+CRE+20110608+ITEM-011+DOC+XML+V0//FR&language=FR
  8. http://www.genethique.org/revues/revues/2011/Juillet/20110707.3.asp
  9. http://www.zenit.org/article-28415?l=french
  10. http://www.zenit.org/article-28496?l=french
  11. Pour l'ex-vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding, certains chefs d'Etat déconnent dans l'UE, Le JDD.
  12. a et b « La Commission européenne gangrenée par les lobbys et conflits d'intérêts ? », sur sudouest.fr,‎ .
  13. http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-12-796_fr.htm
  14. http://www.liberation.fr/monde/2012/12/12/une-europe-federale-avec-l-accord-des-citoyens_867209
  15. http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/reding/pdf/20_fr.pdf
  16. http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/reding/pdf/eufuture_fr.pdf
  17. http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/reding/eufuture/index_fr.htm
  18. Viviane Reding sur ec.europa.eu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]