Marcel Callo

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Marcel Callo
Bienheureux catholique
Image illustrative de l'article Marcel Callo
Statue de Marcel Callo en l'église Saint-Aubin de Rennes
Naissance
Rennes
Décès (à 23 ans) 
Mauthausen
Nationalité Flag of France.svg Française
Béatification 4 octobre 1987 Rome (Synode des Laïcs)
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 19 mars

Marcel Callo (1921-1945) est né le 6 décembre 1921 à Rennes, et est mort le 19 mars 1945 à Mauthausen. Il a été béatifié le 4 octobre 1987.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cadet d'une famille de neuf enfants, dans un milieu profondément chrétien, il entre en apprentissage à douze ans chez un typographe à Rennes, tandis qu'un de ses frères rejoint le séminaire.

Il adhère à la croisade eucharistique, (renommée depuis Mouvement eucharistique des jeunes) obéissant à la devise : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre » et entre chez les scouts de France.

Plus tard, il quitte le scoutisme à regret, pour entrer à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé à cette époque. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer toutes sortes de responsabilités.

Toutefois ses proches témoignent que son caractère était très affirmé, qu'il pouvait être entêté et qu'il voulait toujours avoir raison.

Marcel Callo se fiance avec une jeune fille, Marguerite, appartenant à ce mouvement.

L'armistice de 1940 amène un grand tournant : les activités des associations sont officiellement interdites et les sections doivent agir dans la clandestinité ; on parle alors de « JOC des catacombes ».

La guerre, le STO et la déportation[modifier | modifier le code]

Au lendemain du bombardement de Rennes, le 8 mars 1943, tandis que sa sœur Marie-Madeleine mourait sous les bombes, il reçoit l'ordre de partir en Allemagne au titre du Service du travail obligatoire. Il partit le 19 mars 1943 pour Zella Mehlis en Thuringe. Il continua l'action catholique de façon clandestine, n'hésitant pas à prendre des responsabilités et à participer à des activités interdites : réunions, récollections en des lieux différents réunissant des responsables jocistes de villes différentes, messes interdites...Seule organisation catholique clandestine au sein des Travailleurs forcés, la Jeunesse Catholique Ouvrière permit aux militants de divers mouvements d'action catholique venus de France de continuer leur pratique catholique en cachette, alors que le clergé allemand avait reçu l'interdiction de les assister religieusement.

Dès novembre 1943, Jean Tinturier, séminariste, l'avait incité à reprendre l'action catholique. Marcel entraîna alors avec lui d'autres camarades français, guère familiers de la fréquentation de l'église. Il se comporta « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Un groupe chaleureux se forma ainsi autour de lui. Il fut arrêté le 19 avril 1944 par la Gestapo, à la suite du décret de Kaltenbrunner du décembre 1943, le responsable des questions religieuses auprès de Hitler. Ce décret concernait : « l'activité de l'Action catholique française parmi les travailleurs français dans le Reich ».

Lors des interrogatoires à la Gestapo, il fut contraint de détruire tous les papiers de la JOC, les lettres, les photos de sa mère et de sa fiancée. Transféré le 27 avril 1944 à la prison de Gotha, il signa avec dix autres responsables jocistes, dont leur aumônier, le motif de condamnation suivant : « Par son action catholique auprès de ses camarades du Service du Travail obligatoire, a été un danger pour l’État et le peuple allemands ».

Début août, il fut réuni avec onze de ses camarades arrêtés pour action catholique dans une grande cellule que l'un d'eux dénomma « la chambre haute ». Ils prièrent ensemble devant une croix tressée avec des fleurs d' immortelles. Le 6 octobre 1944, ils partirent pour Flossenbürg, où ils furent immatriculés à l'entrée avec les numéros à la suite 28901 à 28910. Il fut transféré vers le 20 octobre à Mauthausen-Gusen II.

Là, il souffrit la faim et la soif, fut battu, travaillant dans l'usine souterraine B8 Bergkristall à St. Georgen/Gusen. Bientôt, à bout de force, il fut envoyé comme trois mille autres de Gusen II pour mourir à l'infirmerie aux portes de Mauthausen, à deux pas du four crématoire. Il y mourut d'épuisement, miné par la dysenterie, le 19 mars 1945.

Le colonel Tibodo, qui avait vu mourir des milliers de prisonniers, témoigna au procès de béatification de Marcel avec ces mots : « Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien ».

Dans les années 1980[modifier | modifier le code]

Béatification[modifier | modifier le code]

Lors du Synode des Laïcs à Rome, le 4 octobre 1987, Jean-Paul II béatifiait Marcel Callo.

La cause de la béatification collective d'une cinquantaine d'autres "martyrs du STO" est toujours en cours depuis la fin des années 1980. C'est en effet au sein d'un groupe de responsables de l'Action Catholique clandestine en Thuringe que Marcel Callo fut arrêté. S'il est une figure emblématique, son destin n'est nullement séparable de celui de ses camarades d'infortune, dans cette région comme à travers toute l'Allemagne. En Autriche la paroisse Marcel Callo à Linz-Auwiesen a été nommée d'après lui et la municipalité de St. Georgen/Gusen a donné son nom à une rue sur l'ancienne usine souterraine où Marcel a travaillé en dernier. A Rennes, sa ville natale, une rue, une paroisse, une école primaire portent son nom, ainsi qu'une église à Tremblay-en-France.

Fête : Le 19 mars (jour de sa mort).

Depuis la béatification, un lieu permanent du souvenir de Marcel Callo a été installé dans l'église Saint-Aubin de Rennes (rebaptisée désormais basilique Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle), qui est sa paroisse d'origine.

Le nom de Marcel Callo figure sur le panthéon de Rennes, à l'hôtel de ville.

Un modèle pour la jeunesse d'Europe[modifier | modifier le code]

Lors d'une rencontre à Strasbourg le avec des jeunes Européens, le pape Jean-Paul II a donné Marcel Callo comme modèle à la jeunesse d'Europe (avec l'Allemand Karl Leisner).

Des associations en Allemagne, Autriche et France (Les Amis de Marcel Callo, à Rennes) organisent régulièrement des voyages sur les lieux de vie de Marcel Callo, à l'occasion des anniversaires de sa naissance, de sa béatification ou de sa mort. Des personnes ayant connu Marcel Callo y participent aussi, dont des membres de sa famille, de moins en moins nombreux d'année en année en raison de leur âge.

Depuis les années 2000[modifier | modifier le code]

Le 19 mars 2015, 70e anniversaire de sa mort, a été marqué à Rennes par des manifestations organisées par le diocèse de Rennes et par la ville de Rennes : inauguration d'une visite guidée à travers la ville « Marcel Callo, un Rennais pendant la Seconde Guerre mondiale » (par l'office du tourisme de la ville), réalisation d'une fresque place Sainte-Anne en graff, messe hommage avec les associations de jeunes catholiques dont Marcel Callo avait été membre, concert.

Cet anniversaire a été l'occasion de relancer l'intérêt pour le bienheureux Marcel Callo. D'autres manifestations devraient se dérouler en prévision du trentième anniversaire de sa béatification, en octobre 2017.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francine Bay, « Beaucoup trop catholique », le bienheureux Marcel Callo, éditions Téqui, 2004.
  • Cardinal Paul Gouyon, Marcel Callo, témoin d'une génération, SOS éditions, 1981.
  • RP Jean-Baptiste Jégo (eudiste), Un exemple : Marcel Callo : 1921-1945... , Rennes, 1948, 194 p.
  • Fanch Morvannou, Marcel Callo, l'auteur, 2007, 270 p.
  • Mgr. Charles Molette, " En haine de l'Evangile ", victimes du décret de persécution nazi du 3 décembre 1943 contre l'apostolat catholique français à l'œuvre parmi les travailleurs requis en Allemagne 1943-1945, éd. Fayard, 1993.
  • Mgr. Charles Molette, La " Mission Saint Paul " traquée par la Gestapo, persécution et déportation des militants de l'apostolat catholique en Allemagne, éd. F-Xavier de Guibert, 2003.
  • D. Morin, Résistances chrétiennes dans Allemagne nazie, Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo, préface d' Emile Poulat, éd. Karthala, 2014.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Un Ciel en enfer, Marcel Calo, film documentaire-fiction, témoignages de proches et fiction, réalisé en 2007 par Marc Bellay et Yves-Marie Geffroy, Sc YETI, édité par la CRER.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]