Maxence Van der Meersch

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Maxence Van der Meersch
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Maxence Van der Meersch en 1936.
Nom de naissance Maxence Vandermeersch
Naissance
Roubaix, France
Décès (à 43 ans)
Le Touquet-Paris-Plage, France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Maxence Van der Meersch, de son vrai patronyme Vandermeersch, né à Roubaix, le et mort au Touquet le , est un écrivain français, dont l'œuvre principale est L'Empreinte du dieu, prix Goncourt en 1936.

Son œuvre, empreinte d'humanisme est essentiellement tournée vers la description des gens modestes du Nord, sa région natale et repose sur trois grands axes, la documentation, le reportage et l'autobiographie. Parmi ses œuvres se démarquent La Maison dans la dune (1932), Car ils ne savent pas ce qu'ils font (1933), ou encore La Fille pauvre (1934). Avec Invasion 14, il manque d'une voix le prix Goncourt en 1935 qu'il remportera l'année suivante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Maxence Van der Meersch est le fils de Benjamin Jules Joseph Vandermeersch, négociant en matériaux[1],[2], né à Bondues et de Marguerite Augustine Demarque, ménagère[3], née à Roubaix. Son père monte une entreprise qui échoue et l'occupation allemande lors de la Première Guerre mondiale impose des épreuves terribles à toute la population. Le grand-père de Maxence Van der Meersch, Charles-Louis Vandermeersch, clerc et professeur de musique est originaire de Dentergem en Belgique.

Éducation et famille[modifier | modifier le code]

Maxence Van der Meersch est né au domicile de ses parents. Il est un enfant de santé très fragile qui naît dans le milieu relativement aisé de la petite bourgeoisie de Roubaix, l'une des villes les plus prospères de France à l'époque grâce à son industrie textile. Sa jeunesse est marquée par un drame, le 27 octobre 1918 il perd sa sœur aînée, Sarah, 18 ans, emportée par la tuberculose[4]. Cette dernière est issue d'une précédente relation de Marguerite Augustine Demarque. Le ménage de ses parents n'y résiste pas. Sa mère Marguerite sombre dans l'alcoolisme et son père Benjamin, avec qui Maxence va vivre, mène une vie jugée dissolue. Élève au lycée Gambetta de Tourcoing, Maxence montre un talent pour l'écriture qui le mène à des études de droit et de lettres.

En juillet 1923, il effectue avec sa marraine Pauline Hilst un voyage de quelques jours à Bruges, cette portion de la Flandre belge épargnée par les combats de 1914-1918. Il est fort impressionné et y revint autant de fois qu'il le peut. De ce premier voyage murira son roman "Maria, fille de Flandre"[5].

Émancipation[modifier | modifier le code]

Wasquehal 7 quai des Alliés maison où a habité Maxence Van der Meersch

Vie à Wasquehal[modifier | modifier le code]

Les finances paternelles vont mieux, offrant au fils une certaine liberté. En 1927, il tombe amoureux de Thérèze Denis, née le 16 mai 1904 à Limoges[6], une jeune ouvrière pauvre, avec laquelle il s'installe en concubinage à Wasquehal dans le quartier du Capreau, tout d'abord au 246 rue Lamartine, puis le long du canal au 7 quai des Alliés dans une maison construite sur les ruines de l'ancien Château de Vaissier, contre l'avis de son père qui rêvait d'une union prestigieuse.

Mariage avec Thérèze Denis[modifier | modifier le code]

En 1929, de cette union non officielle qu'il régularise le 5 février 1934, naît sa fille Sarah, prénommée ainsi en souvenir de sa sœur. Thérèze, qui continue de travailler en usine, sera l'unique amour de sa vie et est la clef essentielle à la compréhension de l'œuvre de Van der Meersch, qui fait de la stabilité du foyer familial le fondement du bonheur personnel et d'une société harmonieuse. Elle inspire le cycle romanesque La Fille pauvre. Il était investi dans la vie locale de Wasquehal et était même président d'honneur d'un petit journal laïc, journal de quartier, distribué dans le quartier du Capreau et qui s'appelait Mon patelin.

De la robe à la plume[modifier | modifier le code]

Premier succès[modifier | modifier le code]

Avocat de formation, il exerce très peu. Préférant la plume à la robe, il se consacre rapidement à l'écriture exclusivement, après le succès de son premier roman, La Maison dans la dune (1932). Son œuvre empreinte d'humanisme chrétien et de son propre vécu est consacrée essentiellement à la vie des gens modestes du Nord.

Invasion 14[modifier | modifier le code]

En 1935, il manque de peu le Prix Goncourt avec Invasion 14, large panorama romanesque avec plus de 100 personnages avec pour toile de fond la région lilloise occupée par les troupes allemandes de 1914 à 1918, lors de la Première Guerre mondiale.

La consécration[modifier | modifier le code]

Le buste de Maxence Van der Meersch, au milieu d'un parterre de fleurs, devant la mairie du Centre, Wasquehal.

Prix Goncourt[modifier | modifier le code]

Il obtient sa revanche en 1936, avec L'Empreinte du dieu, récit du destin tragique d'une paysanne belge. Cette même année, décède sa seconde fille Benjamine.

Prix de l'Académie française[modifier | modifier le code]

Prix de l'Académie française en 1943, Corps et Âmes est son plus grand succès, traduit en treize langues. Ce roman situé à Angers en 1937 et 1938, fresque sociale sur la pratique de la médecine, s'inspire de la vie du Docteur Paul Carton, un grand personnage de la médecine naturelle, pour qui il éprouve une admiration profonde, car il lui attribue la survie de Thérèze, elle aussi atteinte de tuberculose. Il explique le choix du sujet de ce roman dans un ouvrage : Pourquoi j'ai écrit Corps et âmes [7].

Catholique, contrairement à son père Benjamin, qui était un athée convaincu, il signe également des ouvrages religieux, notamment une vie du curé d'Ars et une biographie littéraire de sainte Thérèse de Lisieux (1947) qui est vivement contestée par le clergé, parce qu'elle tranche avec l'image de la jeune femme répandue par l'Église catholique, et par des historiens, en raison de ses imprécisions[8].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il aide son cousin Henri, évadé d'un camp de prisonnier et membre de la résistance, en assurant pour ce dernier la distribution d'un message vers un responsable de réseau de résistants. Il vient en aide à un marinier qui va saboter sa péniche, qui transporte du charbon, pour bloquer un canal. Avec l'accord de Raymond Denancy, qui mène l'opération, résistants et habitants vident la péniche de ses meubles et cachent le tout dans la maison de Maxence Van der Meersch.[9] Au début de la guerre, il reçut la visite de la Gestapo qui l’interrogent sur son œuvre et ses proches.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Alité dès 1947, il ne mène pas à terme son projet de nouveau roman, Invasion 40. Maxence Van der Meersch est emporté par la tuberculose pendant l'année 1951 à seulement 43 ans. Ce décès précoce ravive la polémique autour des vues tranchées de l'auteur sur la médecine et la diététique. Ayant épousé une doctrine antimédicamenteuse stricte, et s'imposant un régime alimentaire draconien dont étaient éliminées les nourritures trop riches, le romancier refusait les antibiotiques qui avaient permis de faire reculer la prévalence de la maladie[10]. Auteur qui connut un grand succès populaire de son vivant, il est aujourd'hui presque oublié en dehors de sa région natale. Il est inhumé au cimetière de Mouvaux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Vie du Curé d'Ars, hagiographie, 1936.
  • La Petite Sainte Thérèse, biographie de Sainte-Thérèse de Lisieux parue aux éditions Albin Michel en 1943.
  • Femmes à l'encan, essai contre la prostitution, paru en 1945 chez Albin Michel.
  • Pourquoi j'ai écrit Corps et âmes, étude parue en 1956 chez Albin Michel.

Les principaux romans[modifier | modifier le code]

La Maison dans la dune[modifier | modifier le code]

La Maison dans la dune est le premier roman de Maxence Van der Meersch dont l'action se passe dans le Westhoek (Nord et Belgique), paru en 1932. C'est à la fois, une description de la lutte implacable opposant contrebandiers et douaniers, l'histoire d'un amour pur et sincère et la recherche d'une rédemption impossible. Il a été adapté au cinéma à trois reprises : en 1934, 1952 et 1988.

Quand les sirènes se taisent[modifier | modifier le code]

c'est un roman à caractère social qui a pour fond une grève des ouvriers des industries textiles à Roubaix en 1931. Apparenté à certains romans d'Emile Zola tant pour le style, l'intrigue et l'action, l'œuvre présente en outre de nombreux points communs avec son prédécesseur naturaliste, bien qu'elle soit plus humaine. Elle est proche de la littérature prolétarienne, tout en s'inscrivant dans le roman catholique, influencé par les idées de la Jeunesse ouvrière chrétienne.

Invasion 14[modifier | modifier le code]

Invasion 14 est un roman paru en 1935, qui manque d'une voix le Prix Goncourt. Comme son nom l'indique, le roman retrace les années d'occupation allemande dans le Nord de la France pendant la Première Guerre mondiale. C'est un roman fresque aux personnages multiples qui s'inspire de témoignages, d'anecdotes et de faits réels recueillis par l'écrivain lors de l'occupation partielle de la France par l'armée allemande.

L'Empreinte du dieu[modifier | modifier le code]

Alors qu'il avait frôlé le prestigieux prix un an auparavant avec Invasion 14, l'auteur reçoit le prix Goncourt par sept voix contre trois[11].

Le roman raconte l'histoire de Karelina, paysanne dans un village belge des bords de la Lys, où elle vit sous la coupe d'un mari brutal. Quand celui-ci est envoyé en prison pour contrebande, elle part chez un oncle écrivain à Anvers. Bien accueillie dans son nouveau foyer, elle se plie cependant à son devoir en retournant avec son époux. La détention ne l'a pas amendé, bien au contraire, et l'oncle vient la tirer de là par la force. Elle sera alors obligée de se réfugier dans une maison de campagne en Zélande, où elle n'échappera pas à un destin tragique.

L'Empreinte du dieu abonde de descriptions de la Flandre traditionnelle, la région de la famille paternelle, originaire de Vive-Saint-Éloi.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études sur Maxence Van der Meersch[modifier | modifier le code]

  • Le Drame spirituel dans l'œuvre de Maxence Van Der Meersch, d'Elie Bordes, paru en 1944 chez Georges Frere.
  • « La Petite sainte Thérèse » de Maxence van der Meersch devant la critique et devant les textes, Collectif, Ed. Saint-Paul, 1950, 562 p
  • Van der Meersch s'est-il tué pour une doctrine ?, essai du Dr Olivier Loras paru en 1951.
  • Portrait morpho-psychologique de Maxence Van der Meersch, de Robert Reus, paru en 1952 aux éditions Pierre Clairac.
  • Maxence Van der Meersch, analyse et inédits, ouvrage collectif paru en 1983 chez S.L.N.
  • Van der Meersch, romancier et travail, ouvrage collectif paru en 1990 chez S.L.N.
  • Maxence van der Meersch, écrire le Nord, écrire le monde, Actes du colloque réunis par Christian Morzewski, Artois Presses Université, 2002.
  • Van der Meersch au plus près par Térèse Bonte, biographie parue chez Artois Presses Université en 2003.
  • Le numéro 43 de la revue "Roman 20-50" (juin 2007) éditée par l'université Lille 3-Charles-de-Gaulle est consacré à L'Empreinte du dieu et Invasion 14 de Maxence Van der Meersch
  • Maxence Van der Meersch, auteur et témoin (collectif), études réunies par Paul Renard, Ravet-Anceau, 2007, articles et photos sur papier glacé.
  • Maxence Van der Meersch, héraut du peuple par Mary Melliez, thèse de littérature sur le peuple et les motifs populaires dans l'œuvre de Maxence Van der Meersch comportant des illustrations et reproductions de manuscrits, BoD, 2007.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Son premier roman La Maison dans la dune a été adapté au cinéma à trois reprises.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance de Maxence Van der Meersch (archivesdepartementales.lenord.fr)
  2. Benjamin Jules Joseph Vandermeersc, fiche geneanet (gw.geneanet.org)
  3. Marguerite Augustine Demarque, fiche geneanet (gw.geneanet.org)
  4. Sarah Vandermeersc, fiche geneanet (gw.geneanet.org)
  5. Maria, fille de Flandre de Maxence Van der Meersch (éditions Albin Michel, 1935) (mediatheques-porteduhainaut.fr)
  6. Thérèze Denis, fiche geneanet (gw.geneanet.org)
  7. La revue Le Témoin (titre complet : Le Témoin de la médecine naturelle et spirituelle), qui prolonge les idées de Paul Carton, republie régulièrement des articles de Maxence Van der Meersch.
  8. Collectif : « La Petite Sainte Thérèse » de Maxence Van der Meersch devant la critique et devant les textes, Ed. Saint-Paul, 1950, 562 p
  9. Justes, un réseau, Le Nord sous la botte nazie (books.google.fr)
  10. Roger Vercel, « Corps et Âmes de Maxence Van der Meersch. Le regard d'un écrivain sur la médecine en France à la veille de la Seconde Guerre mondiale », Histoire des sciences médicales, tome XXXI, no 3/4, 1997, p. 269-276.
  11. Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1922 à 1949 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 3 août 2013.