Juan Posadas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

J. Posadas, plus communément mais improprement appelé Juan Posadas, est le pseudonyme de Homero Rómulo Cristalli Frasnelli, dirigeant politique, orateur, écrivain et organisateur révolutionnaire né en Argentine en 1912, décédé à Rome en Italie le 14 mai 1981.

Biographie[modifier | modifier le code]

J. Posadas commence son activité militante en Argentine comme dirigeant syndical ouvrier et adopte rapidement les idées de Léon Trotsky. En 1947, il organise le GCI, Grupo cuarta internacional (Groupe Quatrième Internationale) et fonde le POR (T) (Parti ouvrier révolutionnaire (trotskiste)) et son journal Voz proletaria (Voix prolétarienne) à la lumière du processus péroniste et des débuts du nationalisme révolutionnaire. Posadas et ses camarades forment un courant qui, dès 1945, à la lumière du nouvel ordre mondial issu de la guerre, essayait de comprendre le phénomène péroniste et cherchait à s’implanter dans la classe ouvrière et le mouvement syndical sans perdre son identité trotskiste et en y défendant son programme et une perspective internationaliste.

À partir de là, il développe des sections trotskystes dans plusieurs pays d’Amérique Latine et forme le BLA (Bureau latino-américain de la IVe Internationale).

Le POR (T) est reconnu comme section argentine de la IVe Internationale au congrès mondial de 1951. Dès lors, le POR (T) et le Bureau latino-américain (BLA) dirigés par Posadas travaillent en étroite collaboration avec la direction de la IVe Internationale et son dirigeant Michel Raptis (dit « Pablo »), avec qui ils partagent la même sensibilité envers la « révolution coloniale » et la conviction que l'orientation de l'Internationale doit se tourner vers la construction d'un parti mondial dont les sections nationales seraient insérées dans le mouvement des masses réel [1].

Posadas participe au Secrétariat International de l’organisation jusqu’en 1962, date à laquelle il rompt avec la majorité pabliste qui entendait engager essentiellement la Quatrième internationale sur le front de la décolonisation, considéré par Posadas comme secondaire par rapport à l'objectif révolutionnaire final et qui entend concentrer les efforts des trotskystes sur l'Amérique latine, dont la situation globale lui apparaît plus propice à une explosion révolutionnaire. L’arrestation aux Pays-Bas le 10 juin 1960 des dirigeants de l'Internationale Michel Raptis et Sal Santen, du fait de leur engagement aux côtés du FLN algérien (trafic d'armes et fabrication de fausse monnaie française pour alimenter le compte du FLN en Suisse), marque un tournant et le début de la distanciation des liens. En 1962, le BLA convoque une conférence internationale à Montevideo et se sépare publiquement de la IVe Internationale. Ses partisans se regroupent alors au sein de leur propre Internationale, la Quatrième internationale posadiste[2]

Le principe de la révolution permanente, élaboré par Trotsky, s’est enrichi de la compréhension par J. Posadas d'éléments du nationalisme révolutionnaire dès ses origines dans le péronisme en Argentine, puis dans toute l’Amérique Latine et dans les nombreux pays du monde qui se libéraient de l’oppression coloniale. L’apport essentiel de J. Posadas consistait à comprendre ces mouvements, tels qu’ils se développaient, comme une partie de la révolution après la Seconde Guerre mondiale, dont le centre restait toujours l’Union soviétique. La défense inconditionnelle de "l’État ouvrier" a toujours guidé sa pensée et son action.

C’est sur cette base qu’il a élaboré les concepts de "régénérescence partielle de l’État ouvrier" ou de "l’inévitabilité de la guerre atomique" et apporté ses vues à ceux de l’État révolutionnaire et de l’antagonisme historique entre le capitalisme et les États ouvriers.

Dans le domaine de l’art, de la science et de la culture en général, J. Posadas a laissé de nombreux écrits qui enrichissent la conception marxiste des relations humaines et du futur communiste de l’humanité. Il a été notamment remarqué (et souvent caricaturé et moqué) pour ses écrits sur les OVNI[3] à travers son fameux texte intitulé Les Soucoupes Volantes, le processus de la matière et de l’énergie, la science et le socialisme publié en 1968, ou ceux évoquant le dialogue avec certaines espèces animales comme les dauphins, la possibilité du clonage, la parthénogenèse ou la procréation par insémination artificielle.

Ces différentes prises de position ont largement contribué à discréditer Posadas et son Internationale, bien qu'au regard des centres d'intérêts actuels et des avancées de la science, elles semblent retrouver une seconde jeunesse en étant régulièrement reprises par certains tenants du New age.

La mort de J. Posadas en 1981 n'a cependant pas signifié la disparition de sa pensée, les textes qu’il a élaborés jusqu’aux derniers moments de sa vie servant de référence à ses partisans et dont la publication complète semble être aujourd'hui l’un des principaux objectifs de l'Internationale posadiste.

Références[modifier | modifier le code]