Jules-Auguste Lemire

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Jules-Auguste Lemire
Illustration.
Fonctions
Député du Nord
(scrutin majoritaire-proportionnel par département)
Prédécesseur Lui-même
Successeur René André Faure (Indépendant)
Député de la 1re circonscription d'Hazebrouck
Prédécesseur Lui-même
Successeur Lui-même
Député de la 1re circonscription d'Hazebrouck
Prédécesseur Joseph Bosquillon de Frescheville (Union des droites)
Successeur Lui-même
Maire d'Hazebrouck
Prédécesseur Eugène Warein
Successeur Henri Bonte (Gauche chrétienne)
Biographie
Nom de naissance Jules-Auguste Lemire
Date de naissance
Lieu de naissance Vieux-Berquin (Nord)
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Hazebrouck (Nord)
Nationalité française
Parti politique Non-inscrit
RDG
GR
Profession Prêtre
Religion Catholique

Jules-Auguste Lemire
Maires d'Hazebrouck

L’abbé Jules-Auguste Lemire, né le à Vieux-Berquin et mort le à Hazebrouck, est un ecclésiastique et homme politique français.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

L’abbé Lemire est né dans un petit village à proximité d’Hazebrouck, où ses parents exploitaient une modeste ferme de 14 hectares. Il avait deux sœurs et deux frères. Sa mère meurt alors qu'il n'a que huit ans. Élevé par ses tantes cultivatrices, il obtient son baccalauréat en . Prêtre en , il est nommé à Hazebrouck ; il apprend rapidement le flamand qu'on ne parle pas dans son village d'origine. Au collège Saint-François-d’Assise, sous la direction de Jacques Dehaene, il enseigne le latin, le grec, la philosophie, la poésie. Dès , il sera à l'origine de la fondation de l'Institution Saint-Jacques dont la construction sera terminée en .

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Le jeune professeur Lemire, influencé par la lecture de L'Univers, et du cardinal Pie, commence par suivre le prétendant au trône, le « comte de Chambord ». Il collabore même au journal légitimiste local l’Écho de la Flandre. Après la trentaine, il aspire à une réconciliation de l'Église et des classes populaires, selon les idées d'un modèle de catholicisme social instauré par le cardinal Manning sur lequel il écrit un essai. En fin de compte, il est tout à fait en accord sur ce plan avec la doctrine officielle de l'Église, qui sur l'invitation pressante du cardinal Lavigerie conduit à une reconnaissance par les catholiques, royalistes par tradition, de la République naissante. L’encyclique Rerum Novarum l’a, en outre, très probablement inspiré et, dans une moindre mesure, Albert de Mun, à une époque où le catholicisme social entend faire obstacle au socialisme matérialiste.

Il apparaît d'abord auprès des autorités ecclésiastiques comme l'une des figures marquantes de la démocratie chrétienne. Jusqu'au congrès de Bourges de , il est élu député sans rencontrer d'opposition catholique en et . Partisan de la politique de Waldeck-Rousseau, et bien qu'opposé à celle de Combes, il est favorable à la loi de séparation de 1905, tout en désapprouvant la manière forte. Sa situation près de sa hiérarchie devient, de ce fait, de plus en plus difficile. Il est pourtant réélu en et . Pour la première fois en , il est élu avec les voix des républicains contre un concurrent catholique, Pierre Margerin du Metz, avocat à Hazebrouck. L’évêque de Lille, Mgr Charost, lui ayant interdit toute nouvelle candidature, il est frappé de suspense lorsqu'il se représente en , réélu pour la sixième fois. Trois semaines plus tard, il n'en est pas moins élu maire d'Hazebrouck. Le pape Benoît XV lèvera la sanction, dès .

Pour sa conduite pendant la guerre, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique. Il adhère au groupe de la Gauche radicale en , il demeure maire d’Hazebrouck et député du Nord jusqu'à sa mort, le , des suites d’une congestion pulmonaire.

Militant contre la peine de mort, il conduit par exemple une pétition pour la grâce de l'anarchiste Auguste Vaillant qui l’avait blessé, le , en lançant une bombe dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Il lutte aussi pour la limitation du temps de travail à onze heures par jour, la réglementation du travail de nuit des femmes et des enfants, pour le repos hebdomadaire, les allocations familiales, contre le cumul des mandats des élus…

Il a fondé en 1910 et publié un journal hebdomadaire : Le Cri des Flandres.

Les jardins ouvriers[modifier | modifier le code]

Rue Abbé-Lemire, fondateur des jardins ouvriers, à Caluire-et-Cuire.

L'abbé Lemire est à l'origine du développement des jardins ouvriers en France ; il a fondé en la Ligue française du Coin de Terre et du Foyer, dont est issue la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs. Dans l’entre-deux-guerres, il bénéficia d'appui à cette cause dans les milieux politico-administratifs (dont le lieutenant-colonel Riondet, adjoint au commandant militaire du Sénat).

En , pour célébrer le 100e anniversaire des jardins ouvriers, une rose Abbé-Lemire, visible dans les jardins de l'Élysée et au jardin botanique de Monaco, est créée.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'association Mémoire de l'abbé Lemire « a pour but de pérenniser le souvenir de l’abbé Lemire, de son œuvre sur le plan communal, national et international par tous les moyens de communications » (statuts de l'association).

Elle propose notamment des visites commentées de la maison de l'abbé à Hazebrouck.

Son grand projet actuel vise la publication les cahiers de l'abbé Lemire, de , jusqu'à sa mort en . Elle espère parvenir à les éditer en .

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • L'Abbé Dehaene et la Flandre, Lille, Deman, 1891.
  • Le Cardinal Manning et son action sociale, Paris, Lecoffre, 1893.
  • Le Travail de nuit des enfants, dans les usines à feu continu : compte rendu des discussions, vœu adopté / rapport de M. l'abbé Lemire, Paris, F. Alcan, (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Eftimakis, Hazebrouck et sa région au temps de l'abbé Lemire (1853-1928), Hazebrouck, Marais du Livre, 2006, (ISBN 978-2-95282-900-7).
  • Jean-Marie Mayeur, L'Abbé Lemire, 1853-1928, un prêtre démocrate, éditions Casterman (collection religion et sociétés), 1968, 698 pages (thèse de doctorat).
  • Lucien Suel, La Justification de l'abbé Lemire, éd. Mihaly, 1998 (poésie).
  • Le fonds d'archives Lemire-Arbelet est conservé aux archives municipales de Hazebrouck.
  • Jean-Pascal Vanhove (préface de Martin Hirsch), L'Abbé Lemire, Hazebrouck, Marais du Livre éditions, 2013, (ISBN 978-2-91432-711-4).
  • Marguerite Yourcenar évoque la figure de l'abbé Lemire dans ses mémoires, volume Quoi ? L'Éternité, chapitre La terre qui tremble, 1916-1918, p. 1397-1402, collection de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1991.
  • « Jules-Auguste Lemire », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]