Aller au contenu

Hervé Icovic

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Hervé Icovic
Description de l'image Hervé Icovic.jpg.
Naissance (72 ans)
Nancy (France)
Nationalité française
Profession Acteur
Directeur artistique
Metteur en scène

Hervé Icovic est un directeur artistique, metteur en scène, acteur et chef d'entreprise français, né le à Nancy.

Enfance, formation et débuts de carrière

[modifier | modifier le code]

Hervé Icovic naît à Nancy le 16 mai 1953 dans une famille de petits commerçants, propriétaires de boutiques de vêtements. Ses grands-parents et son père, juifs polonais, s'installent en France dans les années 1920 pour fuir l'antisémitisme[1].

En 1974, il se décide à une carrière d'acteur après avoir vu La Classe morte en polonais, une pièce de théâtre de Tadeusz Kantor. Premier prix au Conservatoire national de région de Nancy, Hervé Icovic se rend à Paris pour faire ses débuts en tant qu'acteur[1]. Pendant une dizaine d'années, il joue quelques pièces de théâtre, comme Ruy Blas au théâtre de Bussang[2], et fait des apparitions au cinéma et à la télévision. Il découvre le monde du doublage au début des années 1980 en tant que comédien dans des feuilletons américains[1],[2].

Directeur artistique

[modifier | modifier le code]

Alors que le marché du doublage explose, avec la démocratisation des cassettes VHS et la multiplication des chaînes de télévision, Hervé Icovic décide en 1990 de passer à la direction artistique[3] et de fonder sa propre société de doublage, Alter Ego[4],[5], dont il dépose les statuts le [6],[2],[7],[8]. Elle devient rapidement une société de référence, réalisant en 2007 le doublage d'une vingtaine de films par an[2]. En 2005, 210 films sont doublés en France[6].

Face à de plus grandes entreprises, comme Dubbing Brothers, Alter Ego se spécialise dans la traduction de films d'auteur, comme ceux des frères Coen ou de Tarantino[2]. Le magazine Première le surnomme dans un article « l'Homme à la plus belle filmographie du monde en VF » et après avoir réalisé les versions française de neuf films ayant obtenu la Palme d'or du Festival de Cannes, Le Nouvel Observateur titre dans un article « Hervé Icovic : "Palme d'or de la VF" »[2]. En , il est invité, comme directeur artistique, à l'école alsacienne, qui a organisé un évènement nommé la « Semaine du cinéma », consacré au doublage et la postsynchronisation[9].

En , Hervé Icovic ferme Alter Ego, en défaillance de paiement, notamment en raison de l'accumulation d'encours clients et d'un manque de trésorerie[1]. Le mois suivant, il crée une nouvelle société de doublage, Deluxe By Hervé Icovic[10],[11]. À la suite de la perte de son studio, et par la fermeture de sa société précédente Alter Ego, il loue désormais un de ceux de Deluxe Média Paris quand il doit diriger une production.

Autres activités

[modifier | modifier le code]

En 2000, il est conseiller artistique de Michael Haneke[12] sur le tournage de Code inconnu avec Juliette Binoche[13] et réalise un court métrage Fleur à la bouche[14] d'après Pirandello avec Muriel Mayette et Odile Cohen.

En parallèle de son activité de directeur artistique, Hervé Icovic est également metteur en scène de théâtre[6]. En 2001, il met en scène Thibault de Montalembert dans la pièce Hamlet extraite des Moralités légendaires de Jules Laforgue, au festival d'Avignon, puis à la maison de la Poésie à Paris[15],[16].

En 2012, il est membre du jury de la Caméra d'or lors du festival de Cannes en tant que représentant de la Fédération des industries du cinéma[17].

Hervé Icovic est intervenant au conservatoire national supérieur d'art dramatique[source secondaire souhaitée].

Vie privée

[modifier | modifier le code]

Hervé Icovic est marié à Bernadette Icovic et tous deux ont trois enfants, Alexandre, Aurélien et Antonin Icovic[source secondaire souhaitée].

Style et thématiques

[modifier | modifier le code]

Hervé Icovic revendique une approche différente du travail dans le doublage[12]. Il affirme ainsi une dimension artisanale et artistique à l'exercice de son métier[2],[7]. En tant que directeur artistique, il supervise personnellement chaque étape, de la traduction des dialogues au casting des comédiens[2],[1]. Il déclare également vouloir bousculer les habitudes des spectateurs, notamment en appelant d'autres voix que celles habituelles des acteurs doublés[7]. Pour Hervé Icovic, la version doublée est une nouvelle version originale de l’œuvre, mais adaptée aux codes culturels du pays concerné. La journaliste Anne Crignon compare son rôle à celui d’un « metteur en scène invisible »[2]. Il valorise le doublage comme un acte de création à part entière, comparable à une traduction littéraire[12].

Bien que les doublages dirigés par Hervé Icovic aient reçu un accueil favorable de la part d'une partie de la critique et du milieu culturel parisien[1], certains internautes ont exprimé des réserves sur le réseau social X, en mettant en cause la qualité de certaines versions françaises auxquelles il a participé en tant que directeur artistique[source secondaire souhaitée]. Hervé Icovic revendique une approche différente, consistant notamment à ne pas faire systématiquement appel aux comédiens de doublage habituels, dans le but de « casser les codes »[7]. Le vidéaste Hugo Amizet a, de son côté, souligné à plusieurs reprises des points techniques perfectibles dans certaines de ces productions, tels que la synchronisation, le montage, le mixage, ainsi qu'une direction d'acteurs qu'il juge discutable[18]. À propos du doublage du film Anora, Palme d'or 2024, également dirigé par Hervé Icovic, certains spectateurs ont évoqué une impression de jeu peu incarné et un mixage sonore faible, faisant penser à une possible utilisation d'intelligence artificielle tant l'interprétation était jugée robotique[source secondaire souhaitée]. Alors qu'il s'agissait d'une véritable performance "humaine"[19][source détournée].

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Metteur en scène

[modifier | modifier le code]

Filmographie

[modifier | modifier le code]

Télévision

[modifier | modifier le code]

Films d'animation

[modifier | modifier le code]

Direction artistique

[modifier | modifier le code]
Sources : Doublage Séries Database[21], AlloDoublage[22] et Voxofilm[23]
Films d'animation
[modifier | modifier le code]
Séries télévisées
[modifier | modifier le code]
Téléfilms
[modifier | modifier le code]

Deluxe / By Hervé Icovic

[modifier | modifier le code]
Films d'animation
[modifier | modifier le code]
Séries télévisées
[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Dialogues supplémentaires de la version longue doublés en 2002.
  2. Dialogues supplémentaires de la version longue doublés en 2004.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. a b c d e et f Léna Lutaud, « Hervé Icovic, star de l'ombre », Le Figaro, no 22351,‎ , p. 45 (lire en ligne).
  2. a b c d e f g h et i Anne Crignon, « Hervé Icovic, palme d'or de la VF : il double les films de Tarantino et des frères Coen », Le Nouvel Observateur, no 2220,‎ , p. 60-61 (lire en ligne).
  3. « Jusqu'à 30 000 pour un doublage », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Alter Ego », sur Annuaire des entreprises, (consulté le ).
  5. « Alter Ego (SIREN 380 949 966) », sur Institut national de la propriété industrielle, (consulté le ).
  6. a b et c Laurence Liban, « Voix doubles », L'Express, no 2851,‎ (lire en ligne).
  7. a b c et d Anne Audigier, « Les Coen en VF », sur France Inter, (consulté le ).
  8. Asghar Farhadi et Hervé Icovic, interview par Laurent Goumarre, Farhadi, Icovic et les comédies musicales, Le nouveau rendez-vous, France Inter,  (consulté le ).
  9. Daniel Faugeron, « Hervé Icovic, directeur artistique, doublage son » Accès limité, sur École alsacienne, (consulté le ).
  10. « By Herve Icovic », sur Annuaire des entreprises, (consulté le ).
  11. « By Herve Icovic », sur Institut national de la propriété industrielle, (consulté le ).
  12. a b et c Hervé Icovic, interview par Richard Dalla Rosa, Hervé Icovic, directeur de Alter Ego, Objectif Cinéma,  (consulté le ).
  13. « Code inconnu (1999) de Michael Haneke », sur Bibliothèque du film (consulté le ).
  14. « Fleur à la bouche (2001) », sur Unifrance (consulté le ).
  15. Laurence Liban, « Montalembert ou la force de l'âge », L'Express,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  16. Frédérique Jourdaa, « Un "Hamlet" en baskets », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Cannes : le jury de la Caméra d'or dévoilé », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. [vidéo] Misterfox, « 5 voix de Christoph Waltz (Parlons VF, saison 2) », sur YouTube, (consulté le ).
  19. « RS-Doublage », sur www.rsdoublage.com (consulté le )
  20. Décret du 13 novembre 2014 portant promotion et nomination.
  21. « Hervé Icovic », sur dsd-doublage.com (consulté le ).
  22. « [http://www.allodoublage.com/directeurs_et_adaptateurs/definition.php?val=4_icovic+herve Icovic Herve Directeurs Artistiques - AlloDoublage.com, le site r�f�rence du doublage fran�ais.] », sur www.allodoublage.com (consulté le )
  23. « VOXOFILM - Doublage V.F. : Ciné, Anime & TV », sur voxofilm.free.fr (consulté le )
  24. Doublage dirigé en 2022.

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :