Jonas Savimbi

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Jonas Savimbi
Jonas Savimbi en 1989
Jonas Savimbi en 1989

Surnom Jaguar Negro dos Jagas
Naissance
Munhango, Province de Moxico, Angola
Décès (à 67 ans)
Lucusse,Province de Moxico, Angola
Mort au combat
Origine angolaise
Allégeance UNITA
Années de service 1966 – 2002
Conflits Guerre d'indépendance de l'Angola
Guerre civile angolaise

Jonas Malheiro Savimbi (1934-2002) était un chef nationaliste angolais. Il est né dans la province de Moxico et issu de l’ethnie ovimbundu. Il a été le fondateur du mouvement politique et militaire angolais, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (União Nacional para a Independência Total de Angola, UNITA), créée en 1966 pour se joindre à la Frente Nacional de Libertação de Angola (Front National pour la Libération de l'Angola, FNLA) et au Movimento Popular de Libertação de Angola (Mouvement Populaire pour la Libération de l'Angola, MPLA) dans la lutte contre la domination coloniale portugaise.

Naissance et études[modifier | modifier le code]

Le père de Jonas Savimbi était pasteur appartenant à l'Église évangélique congrégationnaliste de l'Angola (Igreja Evangélica Congregacional de Angola, IECA) qui travaillait pour l Chemin de fer de Benguela. Savimbi fit ses études primaires et une partie des études secondaires dans des écoles de l'IECA, non encore reconnues par l'État colonial, et fréquenta ensuite une école catholique à Huambo pour obtenir la reconnaissance officielle de ses études. En 1958 il obtient à travers de l'IECA une bourse d’étude américaine, pour qu'il puisse terminer ses études secondaires à Lisbonne où il devait ensuite étudier la médicine. En fait, il termine ses études secondaires, à l'exception d'une matière qui était obligatoire pendant le régime salazariste, à savoir "Organisation politique nationale"; par conséquent, il ne pouvait pas entrer à l'université au Portugal. Entretemps, il avait pris contact avec tout un groupe d'autres étudiants angolais que discutait à Lisbonne les possibilités d'obtenir l'indépendance de l'Angola, et se préparait à organiser un mouvement anti-colonial. Le groupe finit par attirer l'attention de la police politique, de sorte que Jonas Savimbi fuit clandestinement du Portugal et trouve refuge en Suisse où un réseau protestant lui obtient une nouvelle bourse d'études. Comme la Suisse reconnaît ses études secondaires comme conclues, il étudie les sciences politiques à Lausanne et obtient une licence en sciences politiques[1].

Le tacticien politique et militaire (1965-1975)[modifier | modifier le code]

Après avoir reçu une formation politique et militaire dans la Chine communiste de Mao Zedong, il milite au sein du Front National de Libération de l’Angola (FNLA) de Holden Roberto, puis il fonde l’UNITA à son retour en Angola, concurrent direct sur la scène politique angolaise du Mouvement pour la libération populaire d’Angola (MPLA) d'inspiration marxiste.

Il signe un accord avec le parti portugais au pouvoir pour lutter contre le parti adverse, le MPLA.

En 1974, la révolution des œillets au Portugal porte au pouvoir le Mouvement des forces armées (MFA) en renversant la dictature de Marcelo Caetano. Les capitaines de l’armée portugaise à la tête de ce mouvement rétablissent la démocratie et amorcent le processus de décolonisation des territoires portugais d'outre-mer. Ils nomment M. Antonio de Alva Rosa Coutinho à la tête du gouvernement de transition vers l’indépendance en Angola. Il reçoit à ce moment-là le soutien très actif de l'écrivain et éditeur français Dominique de Roux, qui s'attache à donner à son combat une dimension internationale, jusqu'en 1977, date de la mort de ce dernier.

Le 11 novembre 1975, l’indépendance de l'Angola est proclamée ; le pouvoir est alors transféré au MPLA. Un régime procommuniste, la République populaire d'Angola, soutenue par l'Union soviétique et Cuba, s'installe en Angola. Jonas Savimbi et son mouvement l'UNITA déclenchent une véritable guerre civile dirigée contre le MFA et le MPLA, désormais alliés. Il sera soutenu dans sa tâche par les États-Unis, Israël, l'Afrique du Sud, le Togo, le Zaïre, la Zambie et la Côte d'Ivoire. Les armées de Savimbi, qui enrôle femmes et enfants, mineront quasiment tout l'intérieur du pays pour stopper l'avancée du MPLA. Ces opérations de guérilla seront également financées par un trafic de diamants (blood diamonds).[réf. nécessaire]

L'éternel rebelle[modifier | modifier le code]

En 1979, le rebelle angolais installe son siège à Jamba, une ville créée par l'UNITA au Sud-est de l'Angola.

En 1991, un accord de paix est signé (les accords de Bicesse - Portugal) entre les deux mouvements.

Après avoir contesté les résultats des élections donnant la victoire au MPLA, Savimbi rompt la paix et retourne dans le maquis en 1992. Il s'empare de Huambo, la deuxième ville du pays, et en fait son fief. Pendant ce temps ses troupes contrôlent les provinces du Nord.

En novembre 1994, il perd Huambo et les capitales des provinces du Nord.

Dans un contexte de fin de guerre froide et du régime d'apartheid en Afrique du Sud, il perd le soutien des deux principaux fournisseurs d'armes de sa rébellion : l'Afrique du Sud et les États-Unis.

Il est tué par l'armée angolaise le 22 février 2002.

Autres[modifier | modifier le code]

Savimbi fait une apparition dans la première mission du jeu Call of Duty: Black Ops II , dans laquelle on l'aide à éliminer des troupes du MPLA en Angola afin de libérer le sergent Frank Woods (un des protagonistes du jeu).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il y a des sources qui lui atribuent un diplôme d'études politiques obtenu à Genève. Il semble que des preuves n'ont été portées à la connaissance de chercheurs ni pour Lausanne, ni pour Genève. De toutes façons, Savimbi n'a jamais obtenu un doctorat, de sorte que le titre de "Dr" qui lui a souvent été attribué n'a pas de fondement.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Seules des élections, des élections libres, sous l'égide de l'OUA, peuvent fournir une solution. Toutefois, d'abord il devra y avoir une période courte de gouvernement de transition dans lequel les deux bords seront représentés. Mais à la fin, le bulletin de vote doit décider, pas les balles. » (12 décembre 1975)
  • « Je ne suis pas communiste parce que cela n'a aucun sens. Je ne suis pas non plus capitaliste. Le socialisme dans ce pays est la seule réponse. Ceux qui ont mené le pays à l'indépendance ne peuvent pas devenir les exploiteurs du peuple. Nous voulons un système socialiste, mais lequel ? Il y a l'orthodoxe et l'extrémiste. Nous voulons le démocratique, la social-démocratie. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jonas Savimbi, Combats pour l'Afrique et la démocratie: entretiens avec Atsutsé Kokouvi Agbobli, Lausanne: Favre, 1997
  • Fred Bridgland, Jonas Savimbi: a key to Africa, Edinburgh: Mainstream Publishing, 1986
  • Jean-Marc Kalflèche, Jonas Savimbi: une autre voie pour l'Afrique, Paris: Criterion, 1992
  • Yves Loiseau, Pierre-Guillaume de Roux, Portrait d'un révolutionnaire en général: Jonas Savimbi, Paris: La Table Ronde, 1987
  • Politique de Dominique de Roux, Portugal,Angola,internationale gaulliste, Au Signe de la Licorne, 1999,152p.
  • Interview de Jonas Savimbi, 1978