Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda

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Carte de l'enclave de Cabinda, 1977.
Drapeau de l'enclave de Cabinda.

Le Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda (en portugais : Frente para a Libertação do Enclave de Cabinda, FLEC) est un mouvement séparatiste armé fondé en 1963, actif en Cabinda, luttant pour l'indépendance de cette enclave contre l'État angolais. Le président fondateur est Luis Ranque Franque.

Historique et guérilla[modifier | modifier le code]

Ce mouvement trouve son origine dans les agitations indépendantistes qui touchèrent l'Empire colonial portugais dans les années 1960, se soldant par l'indépendance totale de toutes les anciennes colonies et par un cessez-le-feu avec le Portugal en 1975. Toutefois le FLEC (Front de Libération de l'état du Cabinda), politiquement et militairement saboté les angolais et leurs alliés circonstanciels, ne participa pas aux négociations pour un cessez-le-feu et le mouvement ne fut pas convié par le Portugal ni par l'Angola[1].

Au cours du processus conflictuel de décolonisation de l'Angola, en 1974/1975, le MPLA prit le contrôle de l'enclave avec la complicité des pays voisins du Cabinda[2]. Lorsque l'Angola est devenue indépendante en 1975, le Cabinda ne fut pas consulté par référendum et l'accord d'Alvor de janvier 1975 la déclarait comme partie intégrante de son territoire[3]. Les ressources pétrolières du Cabinda au large de la côte, qui représentent 70% des ressources pétrolières du pays, constituèrent un enjeu central du conflit[4]. Entre-temps, l'Angola elle-même plongeait peu de temps après l'accord d'Alvor dans la guerre civile, une des plus longues de l'histoire d'Afrique, changeant par conséquent les priorités du gouvernement du MPLA quant à la situation en Cabinda qu'il maintint sous contrôle avec l'aide militaire de Cuba.

En 1994, le conflit entre le FLEC et l'Angola éclate cependant à nouveau. 1 000 à 1 500 civils, militaires et rebelles auraient péri lors de l'insurrection. Par la suite, il y eut au Cabinda une résistance plutôt politique que militaire. En 2006, un cessez-le-feu est signé entre certains éléments du FLEC et l'Angola. À cette date, les séparatistes du FLEC affirment contrôler 85% de l'enclave du Cabinda[5], ce qui était en contradiction manifeste avec les réalités. Le conflit armé éclate à nouveau au printemps 2010, lorsque des guérilleros attaquent un convoi de soldats angolais qui escortait un bus transportant les footballeurs de l'équipe nationale du Togo en route pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations. L'attaque fit un mort parmi l'encadrement de l'équipe togolaise et les leaders du FLEC reconnurent avoir commis une erreur lors de cette action en affirmant que leur seul objectif était le détachement de l'armée angolaise[6]. S'ensuivit une répression dure de la part de l'Angola, et depuis 2006 il n'y a plus d'actions militaires de la part du FLEC, tandis qu'une résistance politique persiste. Malgré les démentis des autorités angolaises qui cherchent à nier l'existence conflit, la guerre de libération continue toujours au Cabinda.

Financement de l'organisation[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, la France a été souvent critiquée au sujet de sa politique de Françafrique et pour son soutien au FLEC durant la guerre froide contre le régime marxiste du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) ayant gouverné en tant que parti unique sur l'Angola entre 1975 et 1992. Nicolas Sarkozy a souhaité mettre fin à cette politique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Marcum, The Angolan Revolution, 2 vol., Cambridge/Mass & Londres, MIT Press, 1969 et 1978
  2. Franz-Wilhelm Heimer, Der Entkolonisierungskonflikt in Angola, Munich: Weltforum Verlag, 1978
  3. Centro de Documentação 25 de Abril: Acordo de Alvor
  4. Cabinda: Oil – Block Buster, The Washington Post
  5. Federal Government in and for Cabinda ... Never the less we do control more than 85% of the total Territory of our Country.
  6. Togo footballers were attacked by mistake, Angolan rebels say, The Guardian, 11 janvier 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]