João Lourenço (homme politique)

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João Lourenço
Illustration.
João Lourenço en 2018
Fonctions
Président de la République d'Angola
En fonction depuis le
(1 an, 11 mois et 17 jours)
Vice-président Bornito de Sousa
Prédécesseur José Eduardo dos Santos
Ministre angolais de la Défense

(3 ans, 5 mois et 4 jours)
Président José Eduardo dos Santos
Prédécesseur Cândido Pereira dos Santos Van-Dúnem
Successeur Salviano de Jesus Sequeira
Biographie
Nom de naissance João Manuel Gonçalves Lourenço
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Lobito (Angola portugais)
Nationalité angolaise
Parti politique MPLA
João Lourenço (homme politique)
Présidents de la République d'Angola

João Lourenço, né à Lobito le , est un officier général et homme d'État angolais. Il est président de la République depuis septembre 2017 et président du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) depuis septembre 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Armée et MPLA[modifier | modifier le code]

Il participe à la guerre d’indépendance contre les forces coloniales portugaises, qui se termine en 1975[1]. Il suit ensuite des études d'histoire en Union soviétique entre 1978 et 1982[2] à l’Académie supérieure Lénine[3]. Il occupe ensuite plusieurs postes au sein du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA, un parti initialement d’inspiration marxiste-léniniste)[1]. Son parcours militaire le conduit aux fonctions de commissaire provincial puis de chef de la direction politique nationale des FAPLA (Forças Armadas Populares de Libertação de Angola – Forces armées populaires de la libération de l’Angola)[3].

En 1986, le président José Eduardo dos Santos amorce un renouvellement des cadres politiques angolais et nomme, entre autres, Lourenço au poste de gouverneur de la province de Benguela en avril[4].

Il est secrétaire général du MPLA de 1998 à 2003[3]. Lorsque le président José Eduardo dos Santos indique, à la fin de la guerre civile angolaise en 2002, envisager de quitter le pouvoir, il se dit prêt à lui succéder. Mais dos Santos est un stratège, et sa déclaration n'avait peut être pour but que d'identifier les ambitieux. João Lourenço est écarté du secrétariat général du parti au pouvoir. Lourenço n’est pas en effet le choix premier du chef de l’État pour lui succéder. Dos Santos a d’abord privilégié son fils, José Filomeno de Sousa dos Santos, mais les cadres historiques du MPLA se montrent hostiles à cette option dynastique. Dos Santos a, dans un second temps, tenté d’imposer un homme qui lui doit tout, Manuel Vicente, l’ancien président de la compagnie pétrolière Sonangol, qui n'est passé ni par l'armée ni par le parti, et s'est trouvé disqualifié par des affaires de corruption[5].

Entre 2003 et 2014, João Lourenço devient premier vice-président de l'Assemblée nationale. En avril 2014, il prend un poste important du gouvernement en étant nommé ministre de la Défense[6]. En août 2016, il devient aussi vice-président du MPLA[2],[7].

Président de la République d'Angola[modifier | modifier le code]

Fin décembre 2016, le MPLA, dirigé par dos Santos, choisit João Lourenço comme candidat à la présidence lors des élections législatives d'août 2017. Il appartient à la vieille garde du MPLA dont il fait partie de l'appareil, et est considéré comme un modéré[8]. Son choix est consensuel à l'intérieur du parti[9]. Selon l’ancien Premier ministre Marcolino Moco, « Lourenço fut de l’aile prudente au moment de la chute du mur de Berlin ». Plusieurs fois présent au Portugal lors des fêtes du journal Avante! et aux congrès du Parti communiste portugais, João Lourenço a été membre de la délégation du MPLA au moment de l’adhésion de celui-ci à l’Internationale socialiste. Selon l’écrivain et journaliste d’opposition Rafael Marques, « João Lourenço est l’un des plus grands latifundiaires du pays, […] il est associé de la banque SOL, de la Banque angolaise d’investissements ». Marques le décrit aussi comme un « général dur »[3],[10].

En février 2017, dos Santos déclare officiellement qu'il n'est pas candidat à la présidence en août 2017 et que João Lourenço est le candidat du MPLA[8],[7],[11].

Après la victoire du MPLA aux élections générales, il est élu président de la République[12] et prête serment le 26 septembre 2017[13].

Lourenço s'attaque au népotisme mis en place par son prédécesseur : il limoge Isabel dos Santos, la fille d'Eduardo dos Santos de Sonangol en novembre, puis Sindika Dokolo, le gendre d'Eduardo, qui était impliqué dans le commerce de diamants et enfin Jose Filomeno, le fils d'Eduardo, de la présidence du fonds souverain angolais en janvier 2018. Malgré ces limogeages, la famille dos Santos contrôle toujours de nombreux pans de l'économie angolaise[14],[15]. En 2018, il remplace le chef des services de renseignement (SINSE), puis le chef d'état-major de l'armée après son inculpation dans une affaire de corruption portant sur 50 milliards de dollars[16].

Jose Eduardo dos Santos, toujours président du MPLA, convoque un congrès du parti pour septembre 2018 afin d'annoncer sa retraite politique. Lors de ce congrès, Lourenço est élu président du parti avec 98,59 % des voix[17].

Le contrôle du parti devrait permettre à Lourenço d'accélerer la lutte contre la corruption et la diversification d'une économie qui dépend en très grande partie du pétrole[17]. Cependant le pays connait toujours des difficultés économiques : il reste en récession (avec une contraction du PIB estimée entre 1,1 % et 1,7 % en 2018) et le taux de chômage (autour de 20 %) et l'inflation (passée de 23,7 % en 2017 à 18,6 % en 2018) restent à des niveaux élevés. Pour 2019, les prévisions sont encourageantes avec un PIB en croissance de 1,2 % à 2,2 %[18],[19],[20].

Le 01 Juillet 2019, Lors de sa visite officielle à Cuba, les autorités cubaines ont honoré le Président João Lourenço de l'Ordre José Martí , la plus haute distinction de Cuba. le chef de l'Etat angolais a salué "...l’engagement de Cuba dans la défense du sol angolais et sa participation à la lutte pour l'indépendance de la Namibie ... à l'abolition du régime fasciste d'apartheid en Afrique du Sud et l'aide à d'autres pays du monde malgré le blocus des États-Unis ..." [21],[22],[23]

Famille[modifier | modifier le code]

Lourenço est marié à Ana Dias Lourenço, ancienne économiste à la Banque mondiale et ministre du Plan entre 1997 et 2012[10],[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Aymeric Janier, « Les Angolais aux urnes pour préparer l’après-dos Santos », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) Herculano Coroado, « Angola's dos Santos calls end to 38 years in power », Reuters,‎ (lire en ligne)
  3. a b c et d (pt) Nuno Ribeiro, « O (provável) Presidente tampão », sur Público (consulté le 25 août 2017)
  4. « M. Paulo Jorge est nommé gouverneur de province », Le Monde,
  5. Ricardo Soares de Oliveira et Joan Tilouine, « Angola : Le bilan de José Eduardo dos Santos est un grand gaspillage », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. (en) « April 2014 », sur Rulers.org
  7. a et b « Dos Santos quittera le pouvoir en août », BBC News,‎ (lire en ligne)
  8. a et b Rédaction du Monde et AFP, « José Eduardo dos Santos confirme sa retraite après trente-sept ans de pouvoir en Angola », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Claire Guyot, « João Lourenço, l’« homme d’appareil » à la tête de l’Angola », La Croix,
  10. a et b Dominique Cettour-Rose, « Angola: Joao Lourenço, futur homme fort du pays? », France info,
  11. (en) Herculano Coroado, « Angola's Dos Santos not up for re-election in 2017 -party document », Reuters,‎ (lire en ligne)
  12. En Angola, le nouveau président s’appelle Lourenço mais l’économie rime avec dos Santos, Le Monde, 28 août 2017.
  13. Angola: le nouveau président João Lourenço a prêté serment, RFI Afrique, 26 septembre 2017
  14. « Angola: le président Lourenço limoge Isabel dos Santos de la présidence de la compagnie pétrolière nationale », Radio France internationale,
  15. « Angola: le fils de l’ex-président dos Santos évincé de la tête du fonds souverain », RFI,
  16. « Angola: le président limoge le chef d’état-major de l’armée, le général Nunda », RFI,
  17. a et b (en) Stephen Eisenhammer, « Angola's Lourenço appointed leader of ruling MPLA party », Reuters,
  18. « principaux Indicateurs économiques », Coface,
  19. « Perspectives économiques de l'Angola », Banque africaine de développement
  20. « L'économie angolaise pourrait avoir subi une récession de l'ordre de 1,7% en 2018 », Agência Angola Press,
  21. « Le Chef de l'Etat angolais décore des personnalités cubaines - Politique - Angola Press - ANGOP », sur http://www.angop.ao (consulté le 7 juillet 2019)
  22. Bolivar Infos, « Cuba : L'Angola reconnaît la coopération de Cuba », sur Bolivar Infos (consulté le 7 juillet 2019)
  23. (es) « Los gobiernos de Cuba y Angola repasan las relaciones bilaterales y de cooperación », sur www.efe.com (consulté le 7 juillet 2019)
  24. Michael Pauron, « João Lourenço, ou le renouveau diplomatique angolais », Jeune Afrique,

Articles connexes[modifier | modifier le code]