José Eduardo dos Santos

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José Eduardo dos Santos
José Eduardo dos Santos le 18 octobre 2007.
José Eduardo dos Santos le .
Fonctions
Président de la République d'Angola[1]
En fonction depuis le
(36 ans 10 mois et 17 jours)
Élection [2]
Réélection
Vice-président Fernando da Piedade Dias dos Santos[3]
Premier ministre Fernando José de França Dias Van-Dúnem
Marcolino Moco
Fernando José de França Dias Van-Dúnem
Fernando da Piedade Dias dos Santos
Paulo Kassoma[4]
Prédécesseur Agostinho Neto
Biographie
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Luanda (Angola portugais)[5]
Nationalité angolaise
Parti politique MPLA
Conjoint 1) Tatiana Kukanova
2) Filomena de Sousa
3) Maria Luísa Perdigão Abrantes
4) Ana Paula Cristóvão Lemos
Enfants Du premier lit :
Isabel dos Santos
Du deuxième lit :
José Filomeno dos Santos
Du troisième lit :
José Eduardo dos Santos Perdigão
Welwitschia dos Santos Perdigão
Du quatrième lit :
Eduane Lemos dos Santos
Joseana Lemos dos Santos
Eduardo Lemos dos Santos
Religion Christianisme

José Eduardo dos Santos José Eduardo dos Santos
Présidents de la République d'Angola

José Eduardo dos Santos, né à Sambizanga, Luanda, le , est un homme politique angolais, président de la République d'Angola depuis 1979, président du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), et commandant en chef des Forces armées populaires de libération d’Angola (FAPLA).

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et origines[modifier | modifier le code]

Fils d’Avelino dos Santos, un tailleur de pierres originaire de Sao Tomé-et-Principe, et de Jacinta José Paulino, une employée de maison. Il grandit dans le quartier de Sambizanga, quartier pauvre qui jouera un certain rôle dans la lutte anti-colonialiste[6]. il est inscrit à l'école primaire de son quartier avant de rejoindre le lycée Salvador Correia de Luanda. José Eduardo dos Santos travaille clandestinement parmi les étudiants pour le renversement de la domination coloniale portugaise[7].

En 1961, à l'âge de 19 ans, José Eduardo dos Santos rejoint une des organisations nationalistes clandestines de son pays, le MPLA. En novembre de cette même année, il s'enfuit en exil à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa, République démocratique du Congo) où le MPLA a une antenne importante. Ses compétences sont rapidement reconnues et il est nommé vice-président de l'organisation de la jeunesse du parti. En 1962, il rejoint les Forces Armées Populaires de Libération de l’Angola, avant d'être rattaché au bureau du MPLA à Brazzaville, capitale du Congo français (aujourd'hui République du Congo). En 1963, il est envoyé étudier en Union soviétique où il obtient en 1969, à Bakou, un diplôme d'ingénieur du pétrole et de télécommunications [8].

En parallèle de ses engagements politiques, il chante et joue de la guitare sous le pseudonyme Joes au sein du groupe Kimbamba do Ritmo avec ses amis d’enfance de Luanda[9]. Une fois en Union soviétique, il forme le groupe de musique Nzaji avec des compatriotes angolais et enregistre un 33 tours. Ses chansons sont d’ordre révolutionnaire, et diffusées sur les ondes de la radio Voix de la révolution congolaise à Brazzaville[10],[11].

Entrée en politique[modifier | modifier le code]

De 1970 à 1974, José Eduardo dos Santos exerce les fonctions d’opérateur au Centre principal des télécommunications au sein du Cabinda, 2ème région politico-militaire du MPLA. José Eduardo dos Santos est nommé membre de la commission provisoire de réajustement du front nord, chargé des finances, avant de retourner à Brazzaville en tant que représentant du MPLA jusqu’en . En , il est nommé membre du Comité central et du Bureau Politique du MPLA, chargé de la coordination des activités politiques et diplomatiques du Cabinda[8],[12].

À la suite de la proclamation de l’indépendance de l’Angola, José Eduardo dos Santos exerce les fonctions de ministre des Relations extérieures du au , puis de premier ministre adjoint et ministre du Plan du au [8].

Agostinho Neto, premier président de l'Angola, décède à Moscou le . José Eduardo dos Santos lui succède par désignation et devient président du MPLA et de l'État angolais le 10 septembre 1979[8].

Guerre civile[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile angolaise.

Une fois au pouvoir, son principal défi réside dans la résolution du conflit avec l’UNITA (Union Nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) et principal mouvement rival du MPLA. L’UNITA, dirigée par Jonas Savimbi et soutenue dans un premier temps par l’Afrique du Sud et les États-Unis, ne reconnaîtra jamais totalement la légitimité du gouvernement MPLA soutenu par l’Union soviétique et Cuba et déclenche, en guise d’opposition, plusieurs conflits armés, résultant en une guerre civile qui ravage le pays pendant 27 ans[13].

Dès le milieu des années 1980, Eduardo Dos Santos recherche des solutions d’apaisement diplomatique. En mars 1984, Dos Santos se rend à Cuba et publie un communiqué conjointement avec le président Fidel Castro dans lequel ils demandent, en échange du départ des troupes cubaines d’Angola, le retrait des forces militaires sud-africaines en Angola, l’indépendance de la Namibie, et la fin du support politique et logistique à l’UNITA. Cependant, ce communiqué provoque l’effet inverse, et Reagan obtient l’année suivante l’abrogation de l’amendement Clark qui interdisait à Washington de fournir des armes à l’UNITA[14].

En août 1986, Dos Santos reçoit le révérend américain Jesse Jackson, et ils publient un communiqué où ils demandent le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis[15], alors qu’au même moment Savimbi est accueilli à bras ouverts par Reagan[6].

Le 31 mai 1991, José Eduardo dos Santos signe avec son opposant un accord de paix. Lors des premières élections libres et multipartites organisées en 1992, dos Santos mène son camp à la victoire aux élections législatives face au principal parti d’opposition, l’UNITA. Lors de l'élection présidentielle organisée la même année, Eduardo dos Santos sort en tête du scrutin face à Jonas Savimbi, leader de l’UNITA, mais n'obtient pas la majorité absolue exigée au premier tour (49,57 % des voix pour dos Santos contre 40,6 % pour Savimbi)[16]. Trois jours de conflits particulièrement meurtriers traumatisent une nouvelle fois le pays et le deuxième tour n'a pas lieu, car la reprise des hostilités entre l'UNITA et le MPLA, les deux "frères ennemis", fait basculer l'Angola dans une nouvelle guerre civile qui fait 30 000 morts selon les ONG[17]. Savimbi décide alors de retirer sa candidature, accusant le vote d’être truqué, et relançant ainsi la guerre civile.

José Eduardo dos Santos et George W. Bush à la Maison-Blanche le

Le 19 mai 1993, les autorités américaines décident de suspendre leur soutien à l’UNITA et de reconnaître officiellement José Eduardo dos Santos et le gouvernement MPLA en tant qu’instances exécutives officielles de la République d’Angola[8],[18]. Le 31 octobre 1994, le Protocole de Lusaka est signé[19].

Le décès du leader du mouvement Jonas Savimbi en permet l’aboutissement du processus de paix. Le 4 avril de cette même année, l’armée angolaise et les rebelles acceptent de signer un cessez-le-feu, et la paix est officiellement déclarée le 2 août.

Paix et mandats[modifier | modifier le code]

En , José Eduardo dos Santos est réélu à la tête du MPLA[20]. L'élection présidentielle est repoussée au lendemain d'élections législatives, qui tardent elles aussi à être organisées, pour avoir finalement lieu le  ; le MPLA y obtient près de 82 pour cent des voix, ce qui lui donne, en vertu de l'article 158 de la constitution alors en vigueur, la capacité de réviser la loi fondamentale[21].

Cette possibilité conduit dès à l'adoption d'une nouvelle constitution qui prévoit que le leader du parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges lors des élections législatives sera automatiquement nommé Président du pays. Lors des élections législatives d’, le parti de José Eduardo dos Santos, le MPLA, sort de nouveau vainqueur des élections avec 71 % des votes. José Eduardo dos Santos est confirmé dans ses fonctions, en conformité avec les règles de la constitution en vigueur[22].

José Eduardo dos Santos et son régime, jugé de plus en plus autoritaire, devient en , la cible de protestations politiques de la part de jeunes angolais. Une manifestation publique importante a lieu début septembre 2011 à Luanda[23]. Cette contestation a continué sous diverses formes, y compris la musique "rap" et les réseaux de communication par l'internet[24]. Cette contestation est une des causes d'une forte abstention aux élections de 2012 (37,2 %, contre 12,5 % en 2008), et à Luanda - où habite un quart de la population, et la partie la plus politisée - l'abstention est de 42 % et l'opposition a obtenu plus de 40 % des votes, de sorte qu'à peine 25 % environ des électeurs y ont voté pour le MPLA (et donc pour José Eduardo dos Santos)[25].

En mai 2013, il procède à un remaniement de son gouvernement[26].

En , José Eduardo dos Santos annonce la fin du cumul des mandats de gouverneur de province et de premier secrétaire provincial du MPLA dans le but d'améliorer la coordination entre administrations provinciales et municipales[27].

Bilan économique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Angola.

Dès les années 2000, dos Santos se tourne vers la Chine pour appuyer le développement économique de son pays. En 2003, la Chine accorde une ligne de crédit de $10 milliard (avec un premier déblocage de $2 milliards) à l’Angola qui devient le premier pays africain où Pékin met en place son modèle de crédits contre contrats de travaux et matières premières à grande échelle[28].

En , dos Santos co-fonde l’Association des Pays africains producteurs de diamants, une organisation réunissant une vingtaine de nations africaines et ayant pour mission de réguler le marché diamantaire africain selon le processus de Kimberley[29].

En février 2009, à l’occasion de la visite de Raul Castro en Angola, Dos Santos dénonce le blocus économique dont Cuba est alors encore victime[30].

Selon José Pedro de Morais, économiste angolais, José Eduardo dos Santos a sans cesse été confronté à des problèmes complexes, de la guerre à la pacification des rapports entre les citoyens angolais, en passant par la stabilisation politique et économique[31],[7]. L’Angola est devenu la troisième économie d’Afrique après l’Afrique du Sud et le Nigeria[32], le deuxième producteur de pétrole[33] et une destination appréciée par les investisseurs étrangers[34].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Vladimir Putin et José Eduardo dos Santos au Kremlin de Moscou le

Vie privée[modifier | modifier le code]

José Eduardo dos Santos est marié en troisièmes noces à Ana Paula Cristóvão Lemos, Première dame d'Angola[39],[40]. Ils ont trois enfants. Sa fille aînée, Isabel dos Santos, est cependant issue de sa première union avec Tatiana Kukanova, originaire de Bakou (Azerbaïdjan)[41].

Des rumeurs stipulent que le président angolais, sur base de corruption et de détournement, aurait amassé une richesse conséquente répartie dans l’immobilier en Europe, des comptes bancaires en Suisse et offshore, le tout représentant un total estimé à $31 milliards. Sa fille Isabel serait la gestionnaire de cette fortune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Président de la République populaire d'Angola jusqu'au
  2. Il n'y a eu que le 1er tour de l'élection. Le 2e tour, exigé par la Constitution, n'as pas été réalisé.
  3. Fonction créée en janvier 2010.
  4. Fonction abolie en janvier 2010.
  5. Son lieu de naissance est contesté.[réf. insuffisante]
  6. a et b Anne Kappès-Grangé, « Angola : dos Santos, entre silences et résilience », sur Jeuneafrique.com,‎
  7. a et b « Angola: Mise en relief du rôle du PR dans la reconstruction du pays », sur Allafrica.com,‎
  8. a, b, c, d et e « José Eduardo Dos Santos », sur Allafrica.com
  9. « Des amis d'enfance parlent des moments passés avec le Président de la République », sur Portalango.co.ao,‎
  10. « Dos Santos a été à Léo,a fait de la musique, et a joué au foot », sur Mbokamosika.com,‎
  11. « Sur les traces du futur président Dos Santos à Léopoldville », sur Mbokamosika.com,‎
  12. « Biographie du président », sur Ambassadeangolafrance.org
  13. (en) « The Angolan Civil War (1975-2002): A Brief History », sur Sahistory.org.za
  14. Claude Wauthier, « Une longue marche pour assurer le développement et conquérir la paix », sur Monde-diplomatique.fr,‎
  15. « De riches atouts dans un environnement de guerre », sur Monde-diplomatique.fr,‎
  16. « Angola : élections tenues en 1992 », sur Ipu.org
  17. Martin W. James, Historical Dictionary of Angola, Scarecrow Press, , 288 p. (ISBN 9780810865600, lire en ligne), p.33
  18. Centre d'étude d'Afrique noire (Institut d'études politiques de Bordeaux), L'AFRIQUE POLITIQUE 1999. : Entre transitions et conflits, Khartala éditions, , 218 p. (ISBN 9782865379842, lire en ligne), p.183
  19. « Biographie du Président José Eduardo dos Santos », sur Mission-angola.ch
  20. « Le président angolais José Eduardo dos Santos réélu président du MPLA », sur Digitalcongo.net,‎
  21. (en) Celia W. Dugger, « Governing party in Angola wins elections in a landslide, official results show », sur Nytimes.com,‎
  22. « Elections en Angola : le MPLA du président dos Santos largement en tête, selon des résultats partiels », sur Rfi.fr,‎
  23. (pt) "Manifestação contra Presidente de Angola travada violentamente pela polícia" (Manifestation contre le Président de l'Angola réprimée violemment par la police). RFi, 5 septembre 2011
  24. (en) « Angola Country Report », Fondation Bertelsmann (consulté le 23 septembre 2012)
  25. Il suffit d'analyser les statistiques officielles: voir Eleições Angola 2012 | Comissão Nacional Eleitoral
  26. « Angola – Le Président Angolais Procède À Un Remaniement Du Gouvernement », sur Lecongolais.cd,‎
  27. (pt) « PR cessa acumulação de governador e 1º secretário do MPLA em Luanda », sur Angonoticias.com,‎
  28. Jean-Philippe Rémy, « WikiLeaks : la Chine en Afrique, une menace pour les intérêts américains », sur Lemonde.fr,‎
  29. Habibou Bangré, « Angola : naissance de l’Association des pays africains producteurs de diamants », sur Afrik.com,‎
  30. « Raul Castro en visite à Luanda », sur Rfi.fr,‎
  31. (en) « Angola: President's Role in Country's Growth Highlighted », sur Allafrica.com,‎
  32. « L’Angola : une économie riche mais vulnérable, obligée de se diversifier », sur Economie.gouv.fr,‎
  33. « L'Angola rêve d'être le premier producteur de pétrole d'Afrique », sur Leparisien.fr,‎
  34. (en) Kevin Mwanza, « Egypt, Angola attract most foreign investment in 2014 », sur Afkinsider.com,‎
  35. (en) « José Eduardo dos Santos is AfricaWorld man of the year 2014 », sur Issu.com, AfricaWorld
  36. « Poutine a remis l'Ordre de l'Amitié au président angolais », sur Sputniknews.com,‎
  37. (en) « President José Eduardo dos Santos (1942– ) », sur Thepresidency.gov.za
  38. « Angola: Décoration du Président de la République à l'Ordre de la paix », sur Allafrica.com,‎
  39. (pt)Page officielle de la Présidence de la République d'Angola, Primeira Dama - Ana Paula Cristóvão Lemos dos Santos, récupéré le 3 septembre 2011
  40. Geneall.net
  41. Généalogie de Tatiana Kukanova

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]