Douze hommes en colère (film)

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Douze hommes en colère

Bande annonce du film.

Titre original 12 Angry Men
Réalisation Sidney Lumet
Scénario Reginald Rose
Acteurs principaux
Sociétés de production Orion-Nova Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 95 minutes
Sortie 1957

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Douze hommes en colère (12 Angry Men) est un drame judiciaire américain réalisé par Sidney Lumet et sorti en 1957[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Scène du film ou le jury se retrouve pour délibérer.

Aux États-Unis, un jury de douze hommes doit statuer, à l'unanimité, sur le sort d'un jeune homme accusé de parricide. S'il est jugé coupable, c'est la chaise électrique qui l'attend.

Onze jurés le pensent coupable. Seul le juré no 8, un architecte, n'est pas certain de la culpabilité de l'accusé et fait part de sérieux doutes. Il les expose les uns après les autres. Des failles existent dans l'enquête, comme le couteau qui a été utilisé. Selon les enquêteurs c'était une pièce unique alors que ce couteau à cran d'arrêt est trouvable pour six dollars dans une boutique de prêt sur gages.

Après une discussion de quelques minutes, le juré no 8 propose un nouveau vote en secret sans qu'il y prenne part et propose que si tous votent coupable il se rangera à la décision majoritaire. Dans le cas contraire, ils discuteront de l'affaire. Le juré no 9 vote non-coupable car il comprend les doutes exprimés et lors du premier vote a semblé être emporté par le vote des 10 autres jurés qui ont voté coupable.

Le débat arrive ensuite sur le témoin auditif qui dit avoir entendu le corps tomber et le garçon crier : « Je vais te tuer », alors que le bruit du métro ne permettait pas d'entendre. Le juré no 5 change d'avis et vote non coupable bien que le juré no 3 ait fait pression sur lui de manière agressive auparavant.

Le juré no 11, qui avait déjà des doutes, interroge l'assemblée sur la pertinence d'expliquer par la simple panique le fait que le garçon ait laissé son couteau sur les lieux du crime. En effet, il n'y a pas d'empreintes sur le couteau, dont le manche a été essuyé. Cela voudrait donc dire que, paniqué, il essuie le manche de son couteau, et le laisse sur les lieux. Ce qui semble peu crédible. Un nouveau vote est décidé autour duquel, après une hésitation, le juré no 11 vote non-coupable.

Le débat se prolonge à nouveau sur le témoin auditif qui dit également avoir vu le garçon s'enfuir après le crime. Pourtant, lorsque le juré no 8 fait une reconstitution du trajet entre le lit du vieillard et sa porte, il s'avère que le temps est beaucoup plus long en réalité que celui établi dans le témoignage. Le juré no 3 perd son calme et veut s'en prendre physiquement au juré no 8 en lui disant qu'il va le tuer, ce qui démontre que cette phrase peut être prononcée sans vouloir passer à l'acte. Deux jurés, les no 2 et no 6, changent leur vote et sont en faveur de la non-culpabilité.

Le débat se poursuit ensuite sur l'attitude de l'accusé qui est revenu chez lui trois heures après le crime et qui s'est fait interpeller, les jurés partisans de la non-culpabilité démontrent que l'accusé n'aurait pu agir ainsi s'il avait réellement commis le crime.

Le juré no 8 (Henry Fonda, à gauche et de dos) expose ses arguments aux autres jurés.

Vient ensuite la façon dont l'arme a été utilisée ; l'accusé savait apparemment bien s'en servir. Pourtant, le juré no 5 démontre que l'arme du crime a été employée d'une façon maladroite car il sait comment les jeunes manipulent ce type d'arme dans le quartier où a eu lieu le meurtre. Trois nouveaux jurés changent d'avis et votent "non-coupable". Il ne reste que trois jurés à retourner pour obtenir l'unanimité et prononcer le verdict : le juré no 3 maintient vigoureusement son accusation contre le jeune homme et veut son exécution rapide, le juré no 10 explique que l'accusé vient d'un quartier pauvre et donc qu'on ne peut lui faire confiance, et tente de convaincre les autres qu'il a raison, utilisant des arguments ouvertement racistes, mais plus personne ne l'écoute et tous lui tournent le dos pour montrer leur désapprobation.

Le juré no 4 se fie au témoignage oculaire d'une femme qui dit avoir vu le crime. Pourtant, le juré no 9 a remarqué qu'elle avait lors de l'audience des traces sur le haut du nez, démontrant qu'elle porte des lunettes, or, elle disait s'être couchée et être dans son lit au moment où le crime s'est produit, donc qu'elle ne devait pas les porter, et donc qu'il y a un doute sur le fait qu'elle ait pu voir nettement la scène.

Les jurés no 4 et no 10 votent non-coupable. Le juré no 3, isolé, tente de défendre sa position mais face au silence réprobateur des onze autres jurés, il éclate en sanglots et l'on s'aperçoit que c'est son conflit avec son propre fils qu'il projetait dans cette affaire.

Le scénario du film sert de révélateur des motivations et des préjugés d'hommes issus de milieux différents. Le verdict final est la non-culpabilité et les jurés sortent du tribunal.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Juré no 1 : entraîneur de football américain et président du jury, il vote initialement « coupable » puis « non coupable. » Il se montre susceptible lorsque sa manière de présider le jury est remise en question, mais c'est un des jurés les plus calmes. En tant que président du jury, il est le seul à communiquer avec le gardien, notamment pour lui demander d'apporter l'arme du crime et le plan de l'appartement. Il arbitre plus qu'il ne conduit les débats.
  • Juré no 2 : courtier petit et chétif, un peu obsessionnel, il paraît être le juré le moins sûr de lui mais se montre l'un des plus courtois. Il vote « coupable » au début mais change assez vite d'opinion après une brillante argumentation du juré no 8.
Lee J. Cobb (à gauche) dans le rôle du juré no 3 et E. G. Marshall (à droite) dans le rôle du juré no 4.
  • Juré no 3 : patron d'une société de livraison, il s'agit du juré le plus colérique et le plus intransigeant. Pendant quasiment tout le débat, il demeure persuadé que le jeune accusé de parricide est coupable. Grossier et violent, il en vient presque à agresser physiquement le juré no 8. In fine, le juré no 3 se retrouve seul à voter « coupable » avant de se raviser en éclatant en sanglots. Son acharnement s'explique par la relation conflictuelle qu'il entretient avec son propre fils.
  • Juré no 4 : calme, concentré, hautain et d'apparence soignée (la canicule ne le fait pas transpirer, contrairement aux autres jurés), ce banquier aborde les choses de façon rationnelle, se fiant uniquement aux preuves et aux témoignages. Longtemps persuadé de la culpabilité de l'accusé, le juré no 4 est l'avant-dernier juré (avec le no 10) à changer son vote en faveur du suspect. L'argument décisif qui suscite son incertitude envers un témoignage est lié à un élément le concernant également, à savoir le port de lunettes.
  • Juré no 5 : il vote « coupable » au début mais finit par voter « non coupable. » Ayant grandi dans le même quartier sensible que l'accusé, il comprend mieux que personne son environnement brutal. C'est lui qui apprend aux autres jurés comment on se sert d'un couteau à cran d'arrêt, semant ainsi le doute dans leur esprit au sujet d'un témoignage à charge.
  • Juré no 6 : ce peintre en bâtiment vote « coupable » au début et semble être assez sûr de lui. Il n'intervient pas beaucoup pendant les débats, peut-être en raison d'un complexe d'infériorité lié à sa condition d'ouvrier.
  • Juré no 7 : représentant de commerce volubile, il ne montre pas le moindre intérêt pour le procès et ne pense qu'à arriver à l'heure à un championnat de baseball, qu'importe la décision finale.
  • Juré no 8 : M. Davis, architecte, est le seul juré à voter « non coupable » au début de la délibération. Il ne proclame jamais l'innocence de l'accusé mais assure qu'il a un doute valable quant à sa culpabilité, afin que les autres jurés réexaminent certains éléments du procès avant d'envoyer le jeune homme sur la chaise électrique. Le juré no 8 va alors tout faire pour convaincre les autres jurés, les uns après les autres, de voter « non coupable » en élargissant le champ des doutes possibles. Sa tactique est de s'attaquer aux raisonnements, jamais à ses contradicteurs. Ainsi, lorsqu'il provoque délibérément le juré no 3, il tente uniquement de démontrer l'importance disproportionnée d'un témoignage à charge concernant une menace de mort proférée par l'accusé contre son père.
Joseph Sweeney dans le rôle du juré no 9.
  • Juré no 9 : M. McCardle, le plus âgé des jurés, incarne la sagesse et l'expérience. Constatant l'isolement initial du juré no 8, il vote « non coupable » lors du second scrutin afin de prolonger les délibérations et laisser davantage de temps à l'architecte pour développer ses arguments. En raison de son grand âge, il parvient à comprendre l'état d'esprit de l'un des témoins, également âgé, et à démontrer la fragilité de son témoignage. À la fin des débats, le juré no 9 expose le dernier argument valable et achève de convaincre les jurés réfractaires.
  • Juré no 10 : à l'instar du juré no 3, ce grincheux gérant de garages n'hésite pas à agresser verbalement les autres jurés qui profèrent des avis opposés aux siens. Il reste longtemps persuadé que l'accusé est coupable mais son obstination se base sur les préjugés qu'il porte aux individus issus des faubourgs. Il finit par céder en constatant son isolement ainsi que la lassitude manifeste des autres jurés envers ses propos intolérants.
  • Juré no 11 : horloger plutôt calme et très bien élevé, son accent dénote des origines étrangères. Son attachement pour la démocratie de son pays d'adoption laisse supposer qu'il a quitté son pays natal en proie à un régime politique limitant les droits individuels. Il accorde une grande importance à la vraisemblance des faits, aux failles de ce procès et à l'éthique.
  • Juré no 12 : il s'agit du juré qui change d'avis le plus fréquemment. Ce publicitaire vote d'abord « coupable », puis, sous l'influence du juré no 3, se ravise à deux reprises. Il déclare au début que le procès le passionne, par la suite il est facilement distrait et la reconstitution des témoignages contre l'accusé ne semble pas l'intéresser autant que les autres jurés. C'est celui qu'on entend le moins durant le débat.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le juré n°11, joué par George Voskovec, a une existence directement inspirée de la vie de l'acteur : George Voskovec, de son vrai nom Jiří Voskovec, originaire de Tchécoslovaquie, avait dû fuir son pays natal pour les États-Unis en 1938, interrompant son activité au Théâtre Libéré de Prague, fermé à l'arrivée des nazis la même année. De retour en Tchécoslovaquie après la guerre, Voskovec a tenté de relancer le même théâtre en 1946 mais le Coup de Prague, mené par le Parti communiste en 1948, compromit définitivement toute activité et Voskovec dut émigrer à nouveau en Amérique.
  • Le scénario de Reginald Rose a au départ été écrit pour un téléfilm diffusé en 1954 puis adapté au théâtre l'année suivante. Cette pièce a été créée en France en 1958 au théâtre de la Gaîté-Montparnasse dans une mise en scène de Lars Schmidt.
  • Sur les douze acteurs jouant les rôles des jurés dans le téléfilm d'origine, deux figurent également dans le film : Joseph Sweeney et Jiří Voskovec.
  • Au fur et à mesure du tournage, le réalisateur Sidney Lumet utilisa des objectifs de focales croissantes, de sorte que les décors semblent se rapprocher des protagonistes, accroissant le sentiment d'étouffement.
  • Le film respecte la règle classique des trois unités : unité de temps, de lieu et d'action.
  • Jusqu'au dernier instant du film, aucun des noms des protagonistes n'est prononcé : les douze hommes ne s'appellent jamais par leur patronyme. On découvre les noms des deux premiers jurés en faveur de la non culpabilité — M. Davis (Henry Fonda) et M. McCardle (Joseph Sweeney) — lorsqu'ils quittent le tribunal avant l'intertitre « fin. » De la même façon, ni l'accusé ni aucun témoin n'est jamais nommé.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 1997 : Douze hommes en colère de William Friedkin, où le juge est cette fois une femme et quatre des jurés sont afro-américains.

Références au film[modifier | modifier le code]

  • Autopsie d'un meurtre, sorti deux ans plus tard, montre les jeux respectifs de la défense et de l'accusation pour impressionner les jurés. Vers la fin, la tirade de McCarthy : « douze personnes, enfermées ensemble... » est une allusion à Douze hommes en colère.
  • Dans la série américaine Happy Days (1978), l'épisode 27 de la saison 5 Coupable ou non coupable est clairement une adaptation du film : juré dans une affaire de vol, Fonzie est le seul à croire l'accusé (un motard) non coupable… il va essayer de convaincre les autres jurés de son innocence.
  • Le scénario du film a également été adapté dans d'autres séries, telles que Malcolm (saison 3, épisode 20, Messieurs les Jurés), Preuve à l'appui (saison 3, épisode 2, Sans preuve à l'appui), Demain à la une (saison 1, épisode 17 Juré malgré lui) The Dead Zone (saison 1, épisode 5, Coupable) Veronica Mars (saison 2, épisode 10, Une Affaire simple), Monk (saison 4, épisode 16, Monk est juré) Ma famille d'abord, Hancock's Half Hour, Un drôle de shérif, Larry et Balki, The Odd Couple, Les Rois du Texas, Matlock, voire le dessin animé Hé Arnold !, Charmed (saison 4 épisode 11). À noter qu'un remake par la série Sept à la maison (saison 4, épisode 17, Douze jurés en colère) où le personnage principal, Eric Camden tente de convaincre de la culpabilité de l'accusé, ce qui est l'inverse du film de Lumet.
  • Dans Les Simpson, l'épisode 20 de la saison 5, intitulé Le Garçon qui en savait trop fait référence à Douze hommes en colère : Homer, désigné comme juré, est seul à voter non coupable.
  • Dans le manga L'Ara aux sept couleurs, épisode 21 (qui porte le nom de l'œuvre d'origine, Douze hommes en colère), l'intrigue est inversée et l'Ara cherche à prouver la culpabilité de l'accusé.
  • Dans Les Griffins, l'épisode 16 de la saison 11, intitulé 12 and a Half Angry Men fait directement référence au film, tant dans le titre que dans le scénario, sensiblement similaire. Ici c'est le maire de Quahog qui est accusé de meurtre et c'est Brian qui à des doutes quant à sa culpabilité et tente de le démontrer aux autres jurés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]