Le Crime de l'Orient-Express (film, 1974)

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Le Crime de l'Orient-Express
Titre original Murder on the Orient Express
Réalisation Sidney Lumet
Scénario Paul Dehn
Anthony Shaffer
Acteurs principaux
Sociétés de production EMI Films Ltd
G.W. Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Film policier
Durée 128 minutes
Sortie 1974

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient Express) est un film britannique réalisé par Sidney Lumet, sorti en 1974. Il est directement adapté du roman du même nom d'Agatha Christie publié en 1934, mettant en scène son célèbre détective belge Hercule Poirot à bord de l'Orient-Express.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Hiver 1935, à Istanbul. Le célèbre détective belge Hercule Poirot en visite en Turquie doit rentrer prématurément en France et ce retour imprévu lui pose un problème car rentrer de la Turquie en France nécessite au début du XXe siècle une réservation quelques jours à l'avance pour une traversée de la Méditerranée par bateau, l'avion n'étant pas encore un moyen de transport international très courant. À la recherche d'une solution il se rend dans l'hôtel de luxe de la gare d'Istanbul où il espère que la chance pourra lui donner un petit coup de pouce. Et en effet, rencontrant dans le grand salon de l'hôtel son ami monsieur Bianchi (monsieur Blanchet dans la version française et monsieur Bouc dans le roman) qui est le directeur de la luxueuse ligne de l'Orient-Express, il obtient par son intermédiaire une place dans une voiture du prochain train en partance pour Calais. Lui-même, le directeur de la ligne, sera du voyage. Le train prend son départ et commence la traversée des premiers pays de l'Est européen sur l'itinéraire. En chemin, lors de la traversée de la Yougoslavie, un homme d'affaires, un certain Samuel Ratchett, estimant sa vie en danger, demande l'aide de Poirot pour le protéger, ce que ce dernier refuse. Mais le matin suivant, Ratchett est retrouvé dans sa couchette poignardé de douze coups de couteau à la poitrine. Durant la même nuit, une coulée de neige imprévue a immobilisé le train dans cette région très montagneuse. Le soleil s'est levé sur une campagne totalement déserte aux alentours, il n'est pas tombé de nouvelle neige depuis la veille au soir, et l'état immaculé du manteau de neige autour du train montre que personne ne s'est éloigné du convoi. Le coupable est donc probablement encore dans sur place. Par ailleurs l'attente devra durer de très longues heures avant l'arrivée du train chasse-neige de service pour le déblaiement de la voie. Le directeur de la ligne propose alors à son ami Hercule Poirot de tenter de résoudre ce meurtre tant que le train est immobilisé. Sinon, lorsqu'il repartira après le déblayage de la coulée de neige, il faudra s'en remettre aux autorités yougoslaves et il serait préférable pour tout le monde que le coupable soit déjà démasqué pour éviter une rétention de voyageurs innocents par les Yougoslaves. Commence alors une des plus passionnantes enquêtes de l'histoire du roman policier.

Pour comprendre correctement le contexte dans lequel commence l'histoire, un préambule s'impose : cinq ans plus tôt, aux États-Unis, l'unique fillette de trois ans d'un couple richissime (les Armstrong) avait été kidnappée par des ravisseurs puis retrouvée assassinée après la remise d'une rançon colossale de deux cent mille dollars. Le meurtre odieux de cette enfant avait entraîné d'autres décès. Le père de la fillette n'avait pas supporté la mort de son enfant et s'était suicidé d'une balle de revolver. La mère de la fillette, enceinte lors de l'enlèvement, était devenue dépressive en perdant à la fois sa fille et son mari et était décédée en accouchant d'un bébé mort-né. Par ailleurs le meurtre avait été suivi d'une affaire judiciaire très médiatisée et nébuleuse dans laquelle la jeune bonne accusée à tort s'était suicidée, puis un homme avait été condamné et exécuté sur la chaise électrique en ayant toujours clamé son innocence. Tout ce préambule à l'histoire est directement inspiré par l'enlèvement de l'enfant de l'aviateur Charles Lindbergh.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Agatha Christie n'a jamais été satisfaite des précédentes adaptations cinématographiques de ses œuvres. Elle ne veut donc plus entendre parler de cinéma, considérant qu'elle en a « assez supporté »[1].

En 1974, lord Mountbatten parvient cependant à convaincre la romancière d'accepter que son beau-fils John Brabourne produise une adaptation de son roman Le Crime de l'Orient-Express : Sidney Lumet va se charger de la réalisation et un casting prestigieux est réuni autour d'Albert Finney, choisi pour interpréter le détective Hercule Poirot[1].

Albert Finney a 38 ans et, pour tenir le rôle, il doit subir chaque jour deux heures d'un maquillage complexe destiné à lui donner l'apparence d'un homme de plus de 50 ans. Les scènes à l'intérieur du train sont tournées dans des décors reconstitués, les scènes paysagères montrant le train de l'extérieur sont filmées en France, dans le Doubs, sur la ligne Pontarlier-Gilley aux abords de l’ancienne gare de Montbenoît, et la scène initiale de la montée dans le train à Istanbul est tournée dans des ateliers de la SNCF à Saint-Denis en proche banlieue parisienne. Le restaurant de la gare d’Istanbul est reconstitué dans un grand hôtel de Londres. Quelques plans très brefs au début du film sont pris à Istanbul depuis la rive asiatique du Bosphore[2].

La locomotive utilisée pour le tournage est la 230 G 353, l'une des rares machines préservées par la SNCF[3].

Accueil[modifier | modifier le code]

Agatha Christie se rend à la première du film au cinéma ABC sur la Shaftesbury Avenue de Londres, en présence de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni. Elle s'estime comblée en dehors d'un détail : elle ne trouve pas la moustache d'Hercule Poirot aussi superbe que ce qu'elle avait imaginé[2].

Le film obtient un succès sans précédent pour un film britannique. Il est nommé six fois aux Oscars de 1975, mais seule Ingrid Bergman s'est vu décerner la précieuse statuette (Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle)[1].

Autour du film[modifier | modifier le code]

Pour Renaud Machart, critique musical de France Musique et du Monde, la musique de Richard Rodney Bennett pour le Crime de l'Orient-Express constitue « sa signature sonore, ce pourquoi il est mondialement connu »[4].

Différences avec le roman[modifier | modifier le code]

On note une petite différence entre l'œuvre originale et son adaptation : dans le roman, la comtesse Andrenyi, trop émotive, ne participe pas au meurtre de Ratchett. Le nombre d'assassins est donc bien de douze, comme le nombre de jurés des tribunaux anglo-saxons. Dans l'adaptation cinématographique, ce nombre passe à treize, mais frappant douze coups seulement : la comtesse joint ses mains à celles de son mari pour porter un seul coup ensemble.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Armelle Leroy et Laurent Choley, Sur les traces d'Agatha Christie : Un siècle de mystère, Hors Collection, (ISBN 978-2-258-07888-8)
  2. a et b « Le Crime de l'Orient-Express », Philippe Lombard, Histoires de tournages (Lire en ligne)
  3. Naïm Ayache, « La locomotive du Crime de l'Orient Express ressurgit à Épernay », sur lunion.fr, (consulté le 13 janvier 2016).
  4. « Richard Rodney Bennett in memoriam », Renaud Machart, Le Matin des musiciens, France Musique, jeudi 17 janvier 2013 (Écouter en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]