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Tuc

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Refuge de montagne devant le Tuc de Letassi, à Vielha e Mijaran dans les Pyrénées.

Un tuc (parfois tuca au féminin) est un terme gascon désignant une hauteur : une butte, un tertre, une petite colline ou même une dune, isolée dans un paysage par ailleurs plat[1]. Le mot est en usage dans les Landes de Gascogne, en Béarn, en Bigorre et plus largement dans l'ensemble du domaine occitan et pyrénéen, y compris le Val d'Aran, enclave gasconne en Espagne[2].

Étymologie et variantes

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Tuc appartient à une famille d'oronymes prélatins bâtis sur une racine reconstituée kuk, qui a fourni dans le Sud-Ouest de la France tout un ensemble de dérivés : tuca dans les Hautes-Pyrénées, tuco et sa variante béarnaise tucoo, tuque, tuquet, ainsi que les diminutifs tucoulet et tucou, ce dernier surtout répandu autour de Toulouse[2]. Le mot truc, d'usage voisin, en est parfois donné comme une simple variante[1], mais son origine reste discutée : le Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW) le rattache plutôt au verbe occitan ancien trucar, « heurter », lui-même issu d'un latin parlé trudicare, tandis que le linguiste italien Nigra y voit au contraire un mot du substrat celtique ou précelte signifiant « rocher »[3]. Une étude de la toponymie médocaine regroupe ainsi tuc, tuca, truc et cruca comme les héritiers d'une même strate prélatine désignant une « butte »[4].

Relief remarquable dans la lande plate

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Avant le boisement de la forêt des Landes engagé au XIXe siècle consécutivement à la loi du 19 juin 1857[n 1], la moindre éminence de quelques mètres suffisait à accrocher le regard dans l'étendue plate de la lande, et recevait à ce titre le nom de tuc, tucòt, tucon ou tuquet[5]. Le terme a ainsi produit un très grand nombre de microtoponymes dans les Landes, le Gers, la Gironde ou les Hautes-Pyrénées, désignant tantôt un relief naturel, tantôt une dune littorale[2]. Pour les monticules de sable pur, on parle de dune ou pile (Pilat)[6].

Tumulus et mottes castrales

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De nombreux tucs ne sont pas de simples reliefs naturels mais des vestiges archéologiques : tumulus protohistoriques ou mottes féodales des XIe et XIIe siècles, la nature exacte du terrassement restant parfois incertaine faute de fouille. Ainsi, à Bougue, l'enceinte médiévale de Castets comporte un premier tertre haut de 8 mètres et entouré d'un fossé, daté du XIe siècle ou du XIIe siècle, associé à une basse-cour bordée d'une levée de terre ; à Castelnau-Tursan, une motte et sa basse-cour subsistent derrière l'église du village ; à Castelnau-Chalosse, au sommet du coteau dit Tuc de la Motte, les fossés et talus d'une motte féodale dominent la vallée du Luy ; sur la commune d'Arengosse enfin, plusieurs tucs (tuc de Mouréou, tuc de Bergeron, tuc de la Vieille Motte) ont livré, lors de prospections, du mobilier attestant une occupation depuis l'âge du bronze jusqu'à la fin du Moyen Âge[7].

Légende du Carcolh

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Le tuc peut aussi être le support d'une légende locale. À Hastingues, bastide fondée en 1289 sur un promontoire arrondi que le gascon nomme justement un tuc, une caverne creusée dans ce relief serait, selon la tradition orale, le repaire du Carcolh (lou carcolh), un monstre à corps d'escargot et à tentacules, réputé avoir causé la fuite des habitants et le dépeuplement de la cité[8]. La légende veut également que les habitants d'Hastingues, menacés par des envahisseurs espagnols, aient enterré leurs trésors dans le sol du tuc, où ils y auraient croisé la créature[9].

Exemples de Tucs

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Tuc en Val d'Aran

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Le mot tuc déborde la France : il se retrouve dans la toponymie du Val d'Aran, en Catalogne (Province de Lérida), seul territoire de langue occitane situé en Espagne. L'aranais, qui y est parlé, est en effet une variété du gascon, ce qui a valu à cette vallée pyrénéenne d'être parfois désignée comme la « partie espagnole de la Gascogne »[10]. On y relève ainsi de nombreux sommets et lieux-dits portant ce nom, notamment dans le massif central du Val d'Aran et le secteur des Encantats : le tuc de Neres ou tuc Nere (2 247 ou selon les sources 2 507 m)[11], le tuc de Somont (2 508 m), le tuc dera Coma d'Auran (2 429 m) et le tuc des Armèros, tous voisins des estanhs (étangs) dera Pincèla[12], ainsi que le tuc d'Aubars, sommet de randonnée près de Bossòst[13].

Sommets espagnols

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Notes et références

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Références

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  1. 1 2 Tuc, Gasconha.com — Noms e Lòcs
  2. 1 2 3 Un peu de tuc, Vous voyez le topo (d'après le Glossaire toponymique de la France, dit « Pégorier »)
  3. Truc (de Balduc), Étymologie occitane
  4. Toponymie, Porte du Médoc
  5. Le Porge – Toponymes de la commune, HTBA
  6. Dictionnaire de la Lande Française, Charles Daney, Éditions Loubartières
  7. TUCS, ET MOTTES FEODALES, Landes en vrac
  8. Carol Rose, Giants, Monsters, and Dragons: An Encyclopedia of Folklore, Legend, and Myth, ABC-CLIO, Santa Barbara, 2000, p. 229
  9. Légendes de France ou d'ailleurs : le Carcolh, l'escargot-dragon gardien de l'ombre, 450.fm
  10. Val d'Aran, Baish Aran, LacsDesPyrenees.com
  11. Tuc de Neres (2247 m), Pic et Col
  12. Aran central, Moredo (philrando.free.fr)
  13. Tuc d'Aubars, Komoot