Bataille de l'Ourcq (1914)

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Bataille de l’Ourcq
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation des forces et combats de la bataille .
Informations générales
Date du 5 au
Lieu à l'ouest de l'Ourcq, au nord de la Marne, au nord-est de Paris, en Goële et Multien
Issue victoire française
Belligérants
Flag of France.svg République française
Flag of the United Kingdom.svg Royaume-Uni
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France France : Michel Joseph Maunoury
Drapeau de l'Angleterre Angleterre : John French
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand : Alexander von Kluck

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Coordonnées 49° 02′ 16″ nord, 2° 52′ 42″ est

Géolocalisation sur la carte : Seine-et-Marne

(Voir situation sur carte : Seine-et-Marne)
Bataille de l’Ourcq

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Bataille de l’Ourcq

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille de l’Ourcq

La bataille de l’Ourcq, dite aussi du Multien, marque le commencement de la première bataille de la Marne. Elle met aux prises la 6e armée française, une partie de l’armée britannique et la Ire armée allemande.

Article principal : Bataille de la Marne (1914).

Contexte[modifier | modifier le code]

Zone de localisation arrière des forces allemandes entre l'Ourcq et la Marne.

Les armées allemandes poursuivent leur marche vers la Marne, surtout la Ire armée allemande qui cherche depuis Mons à encercler les Britanniques, mais ceux-ci se dérobent et traversent la Marne.

Au lieu de marcher sur Paris, comme le prévoit le plan Schlieffen, l’armée de Alexandre von Kluck passe à l’est de Paris à la recherche de l’armée anglaise, et Kluck ne se soucie pas du danger que peut présenter pour le flanc de son armée une attaque venant de Paris. Il ne dispose d’aucun renseignement sur l’importance des troupes qui stationnent dans la région parisienne.

L'état-major est conscient du danger et demande à Kluck d’assurer la couverture des armées allemandes en restant en retrait d’une journée de marche par rapport aux autres armées. Or, Kluck est en avance d’une journée par rapport à son voisin, Karl von Bülow. Il devrait stationner deux journées, ce qu’il juge inacceptable et il poursuit sa route, enfreignant les ordres du commandement suprême. Il ne laisse face à Paris qu'un corps d'armée de réserve.

Michel Maunoury, commandant de la 6e armée française en 1914.
Carte postale montrant neuf soldats français avec souliers, clairons, cartouchières et fusils Lebel.

Le 31 août, le capitaine Charles Lepic, commandant d’un escadron de cavalerie du 15ème Chasseurs, en route vers Saint-Maur, commune de Gournay-sur-Aronde, au nord de Compiègne, signale vers la fourche de la nationale 17 (actuelle D1017) avec la nationale 35 (actuelle D935) (sur carte 49° 31′ 56″ N, 2° 41′ 55″ E), neuf escadrons de cavalerie allemande, puis deux sections de mitrailleuses, des canons, puis, à quinze minutes d’intervalle, une colonne d’infanterie et enfin une masse d’infanterie à perte de vue. À 15 h 30, Lepic note sur son rapport : « à la bifurcation, la masse des troupes a pris à gauche, abandonnant la route de Paris, une marche en direction du sud-est ». Le 3 septembre, la tête des armées allemandes franchit la Marne vers Trilport. L'avance vers Paris a complètement cessé. La route entre Paris et Senlis est vide d’Allemands.

Le 4 septembre, les Ire et IIe armées allemandes s’engouffrent dans la nasse entre Paris et Verdun. L'ordre est pris de déplacer l'armée française en défense de Paris. La 6e armée française est déployée au nord-ouest de Meaux, en Goële et Multien. La Ire armée se place entre la Marne et l'Oise en tenant les ponts de la Marne à Château-Thierry. La IIe armée se place entre la Marne et la Seine.

Le 5 septembre, vers 12 heures, l’artillerie allemande tire des hauteurs de Monthyon sur l’artillerie française en train de se déployer et les divisions d’infanterie allemandes attaquent les Français. Au sud, la brigade marocaine refoule les Allemands mais ne parvient pas à s’emparer de la colline de Penchard. Elle subit de grosses pertes dans une plaine découverte, sous le feu de troupes allemandes qui occupent une position dominante. Au centre, la 55e division de réserve se lance à l’assaut des hauteurs de Monthyon en partant de Iverny et Villeroy[1]. Au nord, des combats se déroulent à Saint-Soupplets, où les Français ne parviennent pas à s’emparer de la localité.

Soldats allemands en septembre 1914

Le 6 septembre, à 1 heure, Kluck est averti de l’offensive française. Il donne l'ordre au IIe corps d'armée de remonter vers le nord. Au matin, la 6e armée relance l’offensive, le 7e corps d'armée attaque les crêtes du Multien, la 55e division de réserve s’empare de Monthyon et la brigade marocaine s’empare des collines de Penchard[2],[3].

Le 7 septembre, le 7e corps d'armée et la 61e division de réserve entament une manœuvre de détournement par le nord, mais les Allemands répliquent avec la 7e division, qui prend à partie la 61e division du général Céleste Deprez. Les combats se déroulent dans le secteur de Nanteuil-le-Haudouin, où les Français sont bloqués. Les combats se déroulent vers Marcilly, Barcy et Chambry . La VIIIe division allemande renforce des unités dans le secteur d’Étrépilly et de Trocy-en-Multien. Alexander von Linsingen ordonne l’attaque de la ligne Antilly - Trocy. Son aile droite rejette les Français au-delà de Villers-Saint-Genest, Bouillancy, et la 22e division s’empare d’Étrépilly. Le IVe corps d'armée allemand repasse la Marne, et Kluck déploie trois divisions appuyées par de l’artillerie, pour freiner l’avance britannique et permettre de battre la 4e armée française. Les Britanniques occupent au soir la ligne Maisoncelles, Coulommiers et Choisy-en-Brie. Ils n’ont pratiquement pas progressé.

Le 8 septembre, la 7e division se place vers la 61e division et le 7e corps d'armée, mais l’arrivée du IVe corps d'armée allemand neutralise les renforts. Le IXe corps d'armée allemand assure la protection contre un mouvement de flanc des Britanniques et occupe la ligne de La Ferté-sous-Jouarre à Nogent-l'Artaud et le Ier corps d'armée allemand défend la ligne vers La Ferté. Les Britanniques refoulent les arrière-gardes allemandes vers La Trétoire et Signy-Signets, et gagnent le front vers La Ferté-sous-Jouarre. La 8e division française atteint les environs de Trilport. Nanteuil-le-Haudouin passe aux mains allemandes.

Le 9 septembre, les Français perdent Villers-Saint-Genest et Boissy-Fresnoy, et se maintiennent au Plessis-Belleville et à Silly-le-Long. Les Britanniques franchissent la Marne et attaquent les divisions de cavalerie de Georg von der Marwitz vers Luzancy et Nogent-l'Artaud. La 5e division d’infanterie allemande arrive vers Dhuisy à la rencontre des Britanniques. La situation de la Ire armée est favorable mais le colonel Hentsch traite avec von Kühl, chef d’état-major de la Ire armée et demande de replier l’armée. Car, à la suite du déplacement du gros de l’armée de Kluck vers le front de l’Ourcq, une brèche s’est créée entre les Ire et IIe armées allemandes. Kluck donne l’ordre à l’armée de se retirer vers Soissons afin de couvrir le flanc des armées allemandes, sur la ligne entre Gondreville et La Ferté-Milon. Étrépilly, Trocy et Varreddes sont évacuées. Alors qu’elles étaient prêtes à battre la 6e armée, les troupes allemandes entament leur repli.

10 septembre, les IXe et IIIe corps d'armée allemands reculent en direction de l’Aisne.

Pour les détails journaliers sur les mouvements des troupes, avec les cartes correspondantes, voir : Combats en Multien

Conclusions[modifier | modifier le code]

La Ferté-sous-Jouarre monument aux morts britanniques durant la première Bataille de la Marne.

La bataille de la Marne est la contre-attaque d’une armée battue sur les frontières et en retraite. Elle n’aurait pas été possible si le plan Schlieffen avait été respecté par Moltke et par ses commandants d’armée. Ce plan prévoyait que la Ire armée passe à l’ouest de Paris, en réalisant un immense mouvement d’enveloppement autour des armées alliées. Au lieu de cela, Kluck, qui rêvait d’en découdre avec l’armée britannique, l’a poursuivie depuis la frontière belge et, espérant l’encercler, est passé à l’est de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Service historique de l'état-major des armées, Les Armées françaises dans la Grande Guerre, 1922-1934, onze tomes subdivisés en 30 volumes :
    • AFGG, t. 1, vol. 3 : la bataille de la Marne, , 662 p. (lire en ligne).
    • AFGG, t. 1, vol. 3 : annexes 1er volume, , 1056 p. (lire en ligne).
    • AFGG, t. 1, vol. 3 : annexes 2e volume, , 996 p. (lire en ligne).
    • AFGG, t. 1, vol. 3 : annexes 3e volume, , 1302 p. (lire en ligne).
  • (de) Reichsarchiv, Der Weltkrieg 1914 bis 1918 : Die militärischen Operationen zu Lände, vol. 4 : Der Marne-Feldzug, Die Schlacht, Berlin, Ernst Siegfried Mittler und Sohn, , 576 p. (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]