Serbie dans la Première Guerre mondiale

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Dès le premier jour de la crise de juillet, la Serbie s'affirme comme l'un des principaux protagonistes de la Première Guerre mondiale. En effet, au départ crise austro-serbe[N 1], le conflit devient, par le jeu des alliances à l'échelle européenne, une guerre d'usure à l'échelle du continent. Dans un premier temps victorieux face à la seule armée austro-hongroise, les Serbes doivent cependant battre en retraite à travers l'Albanie sous la double poussée des armées germano-austro-hongroises venues du Nord et de l'Ouest, et bulgares venues de l'Est. Recueillis par les Alliés, les Serbes, contrairement aux Monténégrins, poursuivent le combat contre les puissances centrales. Remises sur pieds, réorganisées, les troupes serbes sont déployées dans le Sud du pays, tandis que le Nord et la Macédoine sont occupés par la double monarchie ou annexés de fait à la Bulgarie. Au terme de deux années d'une guerre d'usure, les Serbes, appuyés par les Alliés, reconquièrent leur royaume en quelques semaines à l'automne 1918, tandis que les Slaves du Sud de la double monarchie proclament leur indépendance dans le cadre d'un éphémère État, avant de se fondre, le , dans le nouveau royaume des Serbes, Croates et Slovènes, but de guerre du petit royaume de Serbie.

La Serbie, acteur du déclenchement de la Guerre[modifier | modifier le code]

La Serbie face à la double monarchie[modifier | modifier le code]

Son indépendance reconnue par les puissances, la Principauté de Serbie entretient des rapports problématiques avec la double monarchie et avec le Reich, dont l'influence dans les Balkans croît au fil de l'érosion de celle de la double monarchie[1]. En effet, entre 1882, date de l'indépendance de la principauté, alors érigée en royaume, et le 28 juillet 1914, date du déclenchement du conflit austro-serbe, les relations entre les le royaume de Belgrade et la double monarchie se caractérisent par une grande instabilité : entre 1878 et 1903, la dynastie des Obrenovic s'aligne de plus en plus sur ses voisins du Nord, puis, à partir de 1903, date du coup d'État de mai, le royaume, sous l'impulsion de la nouvelle dynastie régnante, s'éloigne de plus en plus de la double monarchie.

Ainsi, en 1882, la Serbie, jusqu'alors autonome au sein de l'empire ottoman, accède à l'indépendance, sous la tutelle de la dynastie des Obrenovic. Rapidement, cette indépendance suscite une sourde hostilité de la part de la double monarchie, cette dernière affirmant depuis 1878 contrôler étroitement le royaume de Belgrade, voire l'annexer[2]. Face à cette politique de mise sous tutelle, la dynastie régnante, menacée par la politique de son voisin bulgare, soutenue par la Russie, mène une politique d'alliance de plus en plus affirmée avec la monarchie danubienne, allant jusqu'à conclure une série de traités avec la double monarchie mettant en place une soumission politique et une forte dépendance économique du royaume à l'égard de la double monarchie[3].

En 1903, le coup d'État portant au pouvoir la dynastie des Karageorgevitch, l'autre famille princière serbe, modifie radicalement les rapports du petit royaume de Belgrade avec la double monarchie ; d'allié, le royaume devient rapidement l'ennemi principal des responsables de la double monarchie; en effet, le royaume s'affirme rapidement comme le piémont hostile des populations slaves du Sud de la double monarchie[4]. Ainsi, dès 1904, les Austro-hongrois tentent de soumettre le royaume, par un embargo commercial, par des pressions politiques ou par la mise en place d'une ligne ferroviaire directe entre le territoire ottoman et les Sandjaks de Bosnie et d'Hezégovine, alors occupés par la double monarchie[5]. En 1906, le changement de personnel politique à la tête de la double monarchie réveille les antagonismes austro-serbes. En effet, Aloïs Lexa von Aehrenthal, partisan d'une politique active de la double monarchie dans les Balkans, assume les fonctions de ministre commun des affaires étrangères. Souhaitant réduire la Serbie comme acteur politique indépendant, il se propose de briser le royaume, économiquement d'abord, par une guerre douanière, la guerre des cochons[N 2], et par l'annexion des sandjaks de Bosnie et d'Herzégovine, circonscription ottomane placée sous administration austro-hongroise depuis le congrès de Berlin[6].

La Serbie et ses alliés[modifier | modifier le code]

Durant les précédentes crises austro-serbes, en 1909 et en 1913, la Serbie avait été obligée de s'incliner devant la puissance déployée par la double monarchie. En effet, durant ces deux moments de tension, la Russie, principal soutien du royaume depuis 1903, se trouvait dans l'incapacité de soutenir efficacement son allié, y compris jusqu'en cas de guerre austro-serbe[7].

En 1914, cependant, la Russie ne peut laisser les puissances centrales sans réagir à la déclaration de guerre, en dépit des mesures préconisées par les Britanniques[N 3],[8].

Enfin, la Serbie est liée par un traité d'alliance avec le royaume de Grèce, signé le , obligeant chacun des deux partenaires à intervenir en cas d'attaque contre l'autre[9].

La Serbie dans la Crise de Juillet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de juillet.

Le 28 juin 1914, l'héritier du trône de la monarchie danubienne, François-Ferdinand d'Autriche, en tournée d'inspection en Bosnie-Herzégovine, est assassiné par un nationaliste "Yougoslave" serbe qui avec un groupe de serbes organise l'attentat, Gavrilo Princip[10].

Rapidement, les premiers résultats de l'enquête menée par les policiers austro-hongrois mettent en exergue un vaste réseau de complicités s'étendant jusque dans le royaume de Belgrade; cependant, en dépit de fortes présomptions, ces policiers ne parviennent pas à obtenir des preuves irréfutables de la complicité d'officiels serbes dans la conspiration visant à abattre l'héritier des couronnes impériale et royale[10].

Rapidement soutenus par le Reich, les responsables austro-hongrois décident, à partir du 7 juillet 1914, de s'engager dans une politique de confrontation armée, de mener une « expédition de châtiment »[N 4] avec le royaume de Serbie[11]. le 23 juillet, une note est remise par l'ambassadeur austro-hongrois à Belgrade au gouvernement Serbe, qui dispose de 48 heures pour en accepter les termes; le gouvernement de Belgrade en accepte formellement les termes, mais, face à cette réponse, le gouvernement austro-hongrois rompt les relations diplomatiques avec la Serbie, puis déclare la guerre au royaume[12].

Buts de guerre du royaume et dans le royaume[modifier | modifier le code]

Dès le déclenchement du conflit, il apparaît rapidement que l'équilibre hérité de la seconde guerre balkanique est destiné à être durablement modifié par l'issue du conflit austro-serbe puis européen[13].

Le royaume, comme tous les belligérants, développent sa vision de son avenir en cas de victoire face aux puissances centrales, souhaitant annexer de larges pans de la double monarchie danubienne, que ce soit dans la perspective de la constitution d'une grande Serbie ou dans l'optique de la constitution d'un vaste ensemble slave du sud indépendant de la double monarchie. À partir de l'automne 1915, les succès des puissances centrales contre les Serbes les incitent à exiger non seulement l'union des Serbes voire des Slaves du Sud dans un seul État, mais aussi la libération du territoire, avec l'aide des Alliés[14].

Les puissances centrales souhaitent la mise sous tutelle du royaume de Belgrade, dans le contexte de la montée en puissance du sentiment yougoslave dans la double monarchie.

Ainsi, la double monarchie est-elle la première à exposer ses buts de guerre dans le royaume de Belgrade. Ainsi, le gouvernement de Vienne souhaite mener contre le royaume une « expédition de châtiment »[15]. Cette politique reprend en réalité les velléités de soumission de la Serbie par les puissances centrales, appuyées par le Vatican : refusant de signer un concordat avec le royaume, la diplomatie vaticane ratifie celui conclu avec Belgrade à la fin du mois d'août 1914 ; ce concordat est alors rapidement promis à une application de courte durée[1].

En 1915, reprenant la politique menée par son royaume au cours des guerres balkaniques, le roi Ferdinand de Bulgarie se montre intéressée par l'annexion de la Macédoine serbe, à la faveur du conflit qui s'est déclenché durant l'été 1914[9].

Ainsi, en 1917, les Allemands souhaitent la création d'un État réunissant les anciens royaume de Serbie et du Monténégro, amputée de portions de territoires annexés à la Bosnie-Herzégovine austro-hongroise : comme la double monarchie, ce nouvel État est promis à rejoindre la sphère d'influence allemande en Europe centrale et orientale[1].

Armée serbe[modifier | modifier le code]

Armée engagée en 1914[modifier | modifier le code]

L'armée serbe engagée face à la double monarchie sort de près de deux années de campagnes ininterrompues, face à l'Empire ottoman, puis face à la Bulgarie.

Forte de 400 000 hommes, elle compte de nombreuses faiblesses. Tout d'abord l'armement est déficient, l'artillerie limitée en nombre de pièces et ses munitions sont comptés, les fusils eux-mêmes sont en nombre limité[16].

De plus, les services sanitaires sont déficients[16].

L'armée reconstituée à partir de 1916[modifier | modifier le code]

Sauvegardée en dépit de la débâcle de l'automne et de l'hiver 1915, l'armée, embarquée dans les ports albanais, les troupes serbes rescapées sont dirigées vers Corfou afin d'être réorganisées et remise en conditions pour poursuivre le combat[17].

Ainsi, les soldats sont rééquipés à neuf, au moyen d'effets et de matériel militaires français, tandis qu'une mission militaire française s'attelle à l'entraînement des hommes ; rapidement, six divisions sont remises sur pieds, permettant la constitution de trois armées, homogènes et bien entraînées[18].

L'armée serbe dans les Balkans 1916-1918[modifier | modifier le code]

Rapidement, les effets de l'entraînement et d'un cadre sanitaire renforcé se font sentir[N 5],[18] ; ainsi, le 15 avril 1916, le régent Alexandre publie un ordre du jour incitant ses troupes au combat, tandis que les premières unités serbes sont transférés sur le front de Macédoine à partir 12 avril précédent[19].

125 000 soldats sont rapidement déployés sur le front de Macédoine ; regroupées en 4 divisions, la nouvelle armée serbe est placée sous le commandement opérationnel du commandant du front d'Orient, Maurice Sarrail[20]. En dépit de querelles de prestige, ces troupes disposent d'une réelle autonomie sur place[21]. Cette armée est rapidement déployée à proximité de la Serbie. À partir de l'été 1916, cette armée fait la preuve de son efficacité, en prenant Florina en juillet 1916, puis, en août, en endiguant rapidement l'offensive bulgare lancée de manière préventive pour contrer les projets serbo-roumains[22].

La Serbie, champ de bataille[modifier | modifier le code]

Campagne de 1914[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Serbie (1914).

Campagne de 1915[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Serbie (1915).

L'entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des puissances centrales modifie le rapport de force créé à la suite des offensives serbes en Albanie. Ainsi, sollicité dès l'été 1915 par les puissances centrales, le royaume de Sofia s'engage dans la guerre aux côtés des puissances centrales[23]. Rapidement, une opération est montée par les stratèges austro-allemands, attaquant la Serbie par le Nord, depuis le Danube, et depuis l'Est[24].

Rapidement concentrées face à Belgrade et en Bosnie-Herzégovine, les unités austro-allemandes passent à l'offensive le 6 octobre 1915, franchissant rapidement le Danube, occupant Belgrade dans les jours qui suivent, repoussant les unités serbes dans la vallée de la Morava[25]. Quelques jours plus tard, alors que la frontière bulgare est pratiquement dégarnie, les unités bulgares passent à l'action, coupant la ligne de retraite vers Salonique[N 6],[25].

Rapidement, après l'échec des tentatives alliées de soutien à l'armée en retraite, le commandement serbe décide de battre en retraite à travers l'Albanie à partir du 23 novembre 1915. Au terme de jours de marches épuisantes dans les montagnes albanaises, les unités serbes sont secourues par les navires de l'Entente[26].

Front de Macédoine[modifier | modifier le code]

Campagne de 1918[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Serbie (1918).

Au terme de deux années de guerre de positions, les Alliés organisent, depuis les régions de Macédoine sous leur contrôle, une vaste offensive de rupture contre le front bulgare affaibli et mal étayé. Rapidement, les unités serbes, réorganisées et rééquipées par la France, jouent un rôle essentiel durant l'offensive de rupture. Rapidement, la rupture est obtenue, la Bulgarie se retire du conflit, acceptant les clauses d'armistice que lui présentent les Alliés : les troupes bulgares doivent évacuer la Serbie dans des délais assez brefs[27].

Rapidement, à la suite de l'évacuation bulgare, la reconquête du royaume prend les allures d'une vaste guerre de mouvement. En effet, face à des troupes allemandes qui retraitent méthodiquement en détruisant les infrastructures routières et ferroviaires, un groupement franco-serbe extrêmement mobile balaie tous les barrages positionnés sur son passage par le commandement austro-allemand[28]. Ce groupe, éloigné de ses bases de ravitaillement, se ravitaille dans le pays, appuyé par les partisans serbes, ravitaillé par les paysans[29].

Le , les unités franco-serbes rentrent dans Belgrade, après avoir atteint le Danube quelques jours plus tôt[29].

La Serbie, puissance occupante, État occupé[modifier | modifier le code]

Occupation de l'Albanie[modifier | modifier le code]

Occupation austro-bulgare[modifier | modifier le code]

Sortie de conflit[modifier | modifier le code]

Maintien du royaume dans la guerre[modifier | modifier le code]

Rapidement, après la désastreuse campagne de 1915, le gouvernement, le roi Pierre, et son fils, le régent Alexandre multiplient les initiatives en vue de maintenir le royaume dans le conflit; ainsi, dès le printemps 1916, les premières unités serbes sont déployées en Grèce afin de pouvoir appuyer les troupes alliées concentrées à Salonique et dans ses environs[30].

Conquêtes et annexions[modifier | modifier le code]

Rattachement volontaire[modifier | modifier le code]

Les traités de paix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 1903, ces crises participent au regain de tension générale dans les relations internationales.
  2. Du nom de la principale marchandise serbe visée par l'embargo austro-hongrois.
  3. Dans les négociations consécutives à la déclaration de guerre, Edward Grey suggère la prise de Belgrade comme gage, puis l'arrêt des opérations militaire.
  4. rapporté par Pierre Renouvin, p. 203.
  5. Le consul de France à Corfou mentionne également le peu de timidité des soldats serbes envers les femmes vivant sur l'île.
  6. Quelques jours plus tôt, les Alliés ont débarqué à Salonique, afin de secourir l'armée serbe en retraite.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Lacroix-Riz 1996, p. 35.
  2. Lacroix-Riz 1996, p. 8.
  3. Le Moal, 2008, p. 13
  4. Le Moal, 2008, p. 16
  5. Le Moal, 2008, p. 19
  6. Renouvin, 1934, p. 158
  7. Renouvin, 1934, p. 202
  8. Renouvin, 1934, p. 206
  9. a et b Renouvin, 1934, p. 235
  10. a et b Renouvin, 1934, p. 199
  11. Renouvin, 1934, p. 200
  12. Renouvin, 1934, p. 204
  13. Renouvin, 1934, p. 233
  14. Schiavon, 2014, p. 111
  15. Renouvin, 1934, p. 203
  16. a et b Le Moal, 2008, p. 46
  17. Le Moal, 2008, p. 106
  18. a et b Le Moal, 2008, p. 107
  19. Le Moal, 2008, p. 108
  20. Le Moal, 2008, p. 186
  21. Le Moal, 2008, p. 187
  22. Le Moal, 2008, p. 190 ; un « monument aux héros serbes » a été élevé en 1926 dans la ville roumaine de Medgidia en l'honneur des divisions serbes qui ont combattu en Dobroudja pendant la première Guerre mondiale.
  23. Renouvin, 1934, p. 315
  24. Renouvin, 1934, p. 316
  25. a et b Renouvin, 1934, p. 319
  26. Renouvin, 1934, p. 320
  27. Renouvin, 1934, p. 600
  28. Schiavon, 2014, p. 349
  29. a et b Schiavon, 2014, p. 350
  30. Le Moal, 2008, p. 103

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie : Autriche-Hongrie 1914-1920, Paris, Tallandier, , 463 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christopher Clark, Les somnambules : Été 1914 : comment l'Europe a marché vers la guerre, Paris 2013, Flammarion, , 668 p. (ISBN 978-2-0812-1648-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fritz Fischer, Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918), Paris, Editions de Trévise, , 654 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin, (ISBN 978-2-200-21641-2). 
  • Frédéric Le Moal, La Serbie du martyre à la victoire. 1914-1918, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 257 p. (ISBN 978-2-9163-8518-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Max Schiavon, Le front d'Orient : Du désastre des Dardanelles à la victoire finale 1915-1918, Paris, Taillandier, , 378 p. (ISBN 979-10-210-0672-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]