Armistice de Moudros

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Armistice de Moudros
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Le HMS Agamemnon lors d'une visite à Moudros pendant la campagne des Dardanelles en 1915

Traité de paix entre les forces alliées et l'empire Ottoman
Signé
Parties
Signataires Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis

L'armistice de Moudros est une convention internationale conclue le sur le cuirassé anglais HMS Agamemnon dans le port de Moudros sur l'île de Lemnos[1]. L'Empire ottoman (représenté par son ministre de la Marine, Rauf Orbay, et son sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Reşat Hikmet Bey) cesse les combats de la Première Guerre mondiale face aux Alliés victorieux (représentés par l'amiral britannique, Somerset Gough-Calthorpe).

L'Armistice de Moudros est le deuxième des armistices de la Première Guerre mondiale après celui conclu le avec la Bulgarie[1].

Les Ottomans renoncent à leur Empire, qui se voit réduit à la péninsule anatolienne et largement soumis à des occupations militaires. Le , une flotte alliée composée de 54 navires anglais, français et italiens, et d'un cuirassé grec, entre solennellement dans le Bosphore et jette l'ancre devant le palais de Dolmabahçe, où réside le sultan Mehmet VI[1]. Débute dès lors l'occupation alliée de Constantinople (1918-1923).

Dès avant 1914, l'Empire ottoman et son environnement proches sont convoités par la France et la Grande-Bretagne qui signe durant le conflit les accords Sykes-Picot (). Le « parti colonial » aspirait à ce que la France reconnaître des droits sur la Syrie, la Cilicie et le désert de Palmyre, avec un débouché maritime comme Alexandrette). La proximité de la route des Indes et du Golfe Persique en font un secteur stratégique pour les Britanniques qui souhaitent isoler l’Empire ottoman de la région syrienne[2]. Dans le prolongement de l'armistice, après l'adoption du principe du mandat au moment de la conférence de la Paix, la Conférence de San Remo (mars 1920) place sous mandats britannique et français les anciennes provinces arabes de l'Empire. Le traité de Sèvres (août 1920) prévoit le démembrement de l'Empire Ottoman qui passe par la mise en place, dans les provinces de l'est anatolien, d'une grande Arménie indépendante, d'un Kurdistan autonome, de fortes pertes territoriales dans la région de Smyrne et de la Thrace Orientale, et d'une internationalisation de la zone des Détroits.

Les Alliés, dont les objectifs seront devenus divergents voire opposés, s'effaceront face à une résistance nationale unifiée dirigée par Mustafa Kemal Atatürk, qui reprendra la totalité de l'Anatolie et recouvrera Constantinople (traité de Lausanne, 1923).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Alban Dignat, « 30 octobre 1918 - Armistice de Moudros - Herodote.net », sur www.herodote.net (consulté le 1er février 2017).
  2. Cosima Flateau, « La sortie de guerre de l’Empire ottoman : Grande Guerre, guerre nationale, guerre coloniale à la frontière syro-turque, 1918-1923 », sur Les Cahiers Sirice, (consulté le 31 octobre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]