Bataille de Liège
| Date | du 5 août au |
|---|---|
| Lieu | Liège, Belgique |
| Issue | Victoire allemande |
| 3e division belge (30 000 hommes) | Ire et IIe armées allemandes (60 000 hommes) |
| 2 000 à 3 000 tués ou blessés 4 000 prisonniers |
2 000 tués ou blessés |
Batailles
- Liège (8-1914)
- Namur (8-1914)
- Frontières (8-1914)
- Anvers (9-1914)
- Grande Retraite (9-1914)
- Marne (9-1914)
- Course à la mer (9-1914)
- Yser (10-1914)
- Messines (10-1914)
- Ypres (10-1914)
- Givenchy (12-1914)
- 1re Champagne (12-1914)
- Hartmannswillerkopf (1-1915)
- Neuve-Chapelle (3-1915)
- 2e Ypres (4-1915)
- Colline 60 (4-1915)
- Artois (5-1915)
- Festubert (5-1915)
- Quennevières (6-1915)
- Linge (7-1915)
- 2e Artois (9-1915)
- 2e Champagne (9-1915)
- Loos (9-1915)
- Verdun (2-1916)
- Redoute Hohenzollern (3-1916)
- Hulluch (4-1916)
- 1re Somme (7-1916)
- Fromelles (7-1916)
- Arras (4-1917)
- Vimy (4-1917)
- Chemin des Dames (4-1917)
- 3e Champagne (4-1917)
- 2e Messines (6-1917)
- Passchendaele (7-1917)
- Cote 70 (8-1917)
- 2e Verdun (8-1917)
- Malmaison (10-1917)
- Cambrai (11-1917)
- Bombardements de Paris (1-1918)
- Offensive du Printemps (3-1918)
- Lys (4-1918)
- Aisne (5-1918)
- Bois Belleau (6-1918)
- 2e Marne (7-1918)
- 4e Champagne (7-1918)
- Château-Thierry (7-1918)
- Le Hamel (7-1918)
- Amiens (8-1918)
- Cent-Jours (8-1918)
- 2e Somme (9-1918)
- Ligne Hindenburg (9-1918)
- Meuse-Argonne (10-1918)
- Cambrai (10-1918)
| Coordonnées | 50° 28′ 26″ nord, 5° 34′ 20″ est | |
|---|---|---|
La bataille de Liège en Belgique fut la première bataille menée par l'Empire allemand durant la Première Guerre mondiale. Le siège commença le par l'attaque des intervalles entre les forts situés tout autour de Liège, et se termina le par la reddition du dernier d'entre eux.
Les troupes allemandes entrèrent dans l'agglomération dès le , la ville de Liège proprement dite n'ayant pas de défenses.
Contexte historique
[modifier | modifier le code]Rivalités et militarisation de l'Europe
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Au début du XXe siècle, l'Europe est marquée par un équilibre politique instable, souvent qualifié par les historiens[N 1] de paix armée[1],[2]. Les grandes puissances européennes[N 2],[3] ont développé des armées de masse, fondées sur la conscription et soutenues par une industrialisation croissante de l'armement[4]. Cette militarisation s'accompagne d'une intensification des rivalités diplomatiques, économiques et coloniales, en particulier entre l'Empire allemand, la France et le Royaume-Uni[5],[6].
Depuis son unification en 1871, l'Empire allemand est devenu une puissance continentale majeure, dotée d'une armée considérée[N 3] comme l'une des plus efficaces du monde[3],[6]. Cette montée en puissance nourrit, chez ses voisins, des craintes quant à ses ambitions stratégiques[4]. La France, affaiblie par la défaite de 1870[7] et la perte de l'Alsace-Lorraine, conserve un fort sentiment de revanche, tandis que le Royaume-Uni s'inquiète de la croissance de la flotte allemande et de la remise en cause de sa suprématie maritime[5],[2].
Système des alliances
[modifier | modifier le code]Dans ce contexte, l'Europe est structurée par un système d'alliance rigide. La Triple Alliance, formée par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, fait face à la Triple Entente, qui réunit la France, le Royaume-Uni et la Russie[2],[1]. Ces alliances, conçues à l'origine comme des mécanismes de dissuasion, tendent à transformer toute crise régionale en conflit généralisé[4],[3].
Les accords militaires[N 4] prévoient des mobilisations rapides et coordonnées, laissant peu de place à la négociation diplomatique une fois les mécanismes enclenchés. Cette logique contribue à la rapidité avec laquelle l'Europe bascule dans la guerre à l'été 1914[8].
Neutralité belge
[modifier | modifier le code]La Belgique occupe une position stratégique au cœur de l'Europe occidentale. Son statut de neutralité permanente est établi par le traité de Londres de 1839, à la suite de son indépendance vis-à-vis du royaume des Pays-Bas. Ce traité, signé par les principales puissances européennes[N 5], dont la Prusse, engage celles-ci à respecter et à garantir l'intégralité territoriale belge[9],[10].
La neutralité belge n'implique cependant pas une absence de préparation militaire. Consciente de sa position géographique entre la France et l'Allemagne, la Belgique développe, à partir de la fin du XIXe siècle, une politique de défense reposant sur des fortifications modernes destinées à retarder toute invasion et à permettre une intervention diplomatique ou militaire des puissances garantes[N 6],[2].
Liège dans la défense belge
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La ville de Liège occupe une position clé dans ce dispositif. Située sur la vallée de la Meuse, à proximité immédiate de la frontière allemande, elle contrôle des axes de circulation essentiels reliant l'Allemagne à la France et au reste de la Belgique. Les lignes ferroviaires et routières qui convergent vers Liège en font un nœud logistique de première importance. Entre 1888 et 1892, l'État belge fait construire autour de la ville une ceinture fortifiée composée de douze forts, conçus par l'ingénieur militaire Henri Alexis Brialmont. Ce système est destiné à constituer un obstacle temporaire mais significatif à toute armée ennemie, en attendant une réaction internationale. À la veille de la Première Guerre mondiale, ces fortifications sont considérées comme parmi les plus modernes d'Europe[N 7], bien qu'elles reposent sur des conceptions techniques déjà partiellement dépassées[N 8],[11].
Doctrines et guerre de mouvement
[modifier | modifier le code]À la même époque, les grandes puissances européennes développent des doctrines militaires (plan Schlieffen[12] et plan XVII[13]) fondées sur la rapidité de la mobilisation et la guerre de mouvement. Les états-majors considèrent qu'un conflit futur sera court et décisif, dominé par des offensives rapides plutôt que par des guerres de positions prolongées[14].
Dans cette perspective, les fortifications fixes sont perçues de manière ambivalente. Si elles peuvent ralentir une offensive, elles sont aussi vues comme vulnérables à l'artillerie lourde moderne. Cette tension doctrinale joue un rôle central dans l'évaluation allemande du système défensif de Liège[15].
Plan Schlieffen
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Le plan Schlieffen, élaboré à partir de 1905 par le chef d'état-major allemand Alfred von Schlieffen, repose sur l'hypothèse d'une guerre sur deux fronts contre la France et la Russie. Afin d'éviter un conflit prolongé, le plan prévoit de concentrer l'essentiel des forces allemandes à l'ouest pour écraser rapidement la France, avant de se retourner contre la Russie, jugée plus lente à mobiliser. Pour atteindre cet objectif, l'armée allemande doit contourner les fortifications françaises de la frontière franco-allemande en passant par la Belgique et le Luxembourg. La prise rapide de Liège est considérée comme une condition indispensable à la réussite de cette manœuvre, car elle permet l'ouverture des voies de communication nécessaires à l'avance des armées allemandes vers le nord de la France[12]. Mais le plan avait un inconvénient : il violait la neutralité de la Belgique, ce qui donnait au Royaume-Uni un casus belli pour entrer immédiatement en guerre[16],[10].
Été 1914
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À la suite de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le par un jeune étudiant serbe, la crise diplomatique s'aggrave rapidement. L'ultimatum austro-hongrois à la Serbie, soutenu par Guillaume II[17], puis les jeux d'alliances et les mobilisations successives, conduisent à une escalade quasi mécanique[3]. Le , l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le , l'Allemagne adresse un ultimatum à la Belgique, exigeant le libre passage de ses troupes[14]. Le gouvernement belge, invoquant le traité de Londres de 1839 et sa souveraineté nationale, refuse. L'Allemagne déclare ensuite la guerre à la France le [17]. Cette décision entraîne, le , l'invasion du territoire belge par les forces allemandes[18].
L'attaque de Liège constitue ainsi la première violation manifeste de la neutralité belge et l'un des premiers actes militaires majeurs de la Première Guerre mondiale. Elle s'inscrit à la fois dans une logique stratégique allemande de guerre rapide et dans un contexte diplomatique où les mécanismes de garantie collective se transforment en engagement militaire direct[16]. La résistance attendue, mais sous-estimée dans sa durée, de Liège va donner à cette bataille une importance dépassant largement le cadre local, en faisant un événement fondateur du conflit sur le front occidental[4],[3].
Forces en présence
[modifier | modifier le code]Au début du mois d', la région fortifiée de Liège constitue le premier objectif opérationnel majeur de la 2e armée allemande dans le cadre de l'offensive déclenchée à l'ouest conformément aux plans établis par l'état-major impérial. L'affrontement oppose, d'une part, les troupes de royaume de Belgique chargées de défendre la position fortifiée de Liège et, d'autre part, des unités de l'Empire allemand spécialement désignées pour forcer le passage vers la Meuse et ouvrir la route vers le centre de la Belgique et la France[3],[14]. Liège est stratégique, elle se situe au confluent de la Meuse, de l'Ourthe (venant du sud) et de la Vesdre (venant de l'est) et est bordée au sud par le massif forestier de l'Ardenne belge et au nord par la ville néerlandaise de Maastricht.
Les forces en présence présentent un contraste marqué tant par leur volume que par leur organisation, leur expérience et leur équipement[19]. Toutefois, la défense belge bénéficie d'un système fortifié conçu pour compenser l'infériorité numérique et retarder l'avance ennemie, conformément à la doctrine défensive adoptée par l'état-major belge depuis la fin du XIXe siècle[20]. L'asymétrie entre les deux adversaires apparait nettement par une supériorité numérique allemande, une supériorité matérielle allemande en artillerie lourde et un avantage belge dans la défense de positions préparées[14]. Toutefois, la résistance belge initiale surprend le commandement allemand et retarde temporairement l'exécution du calendrier prévu pour l'offensive à l'ouest[3]. Cette résistance contribue à démontrer que les fortifications, bien que vulnérables à l'artillerie lourde moderne, conservent une efficacité tactique lorsqu'elles sont défendues avec détermination[11].
Forces belges
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La défense de Liège est placée sous le commandement du lieutenant-général Gérard Leman, officier du génie formé à l'École royale militaire de Bruxelles et ancien collaborateur du général Brialmont. Il commande la 3e division d’armée, renforcée par des unités de forteresse et de garde civique[21].
Au début des hostilités, l'ensemble des forces disponibles dans le secteur de Liège est estimé à environ 50 000[22] ou environ 30 000 à 35 000 hommes[23], comprenant la 3e division d'armée, des régiments d'infanterie de forteresse, des unités d'artillerie de position, des éléments de génie et de service ainsi que des détachements de garde civique mobilisé pour la défense locale[21].
La mobilisation belge ayant été décrétée le , certaines unités ne sont pas encore pleinement complètes ou coordonnées au moment des premiers engagements. Le 12e de ligne et son dédoublement en 32e de ligne comptent environ 4460 hommes[24].
La mission assignée aux forces belges est double : retarder l'avance allemande le plus longtemps possible et permettre la concentration et la mobilisation complète de l'armée belge dans le centre du pays. La stratégie belge ne prévoit pas une défense illimitée de la position, mais un combat retardateur destiné à ralentir l'ennemi dans le respect de la neutralité proclamée du royaume[25],[1].
Fortifications de Liège
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La position fortifiée de Liège comprend douze forts, construits entre 1888 et 1892 sous la direction du général Henri-Alexis Brialmont. Ces ouvrages forment une ceinture défensive d'un périmètre d'environ 45 kilomètres autour de la ville[26],[27].
Les forts sont répartis en deux catégories : six grands forts (Barchon, Fléron, Boncelles, Embourg, Flémalle et Pontisse) et six petits forts (Évegnée, Chaudfontaine, Liers, Loncin, Lantin et Hollogne). Ils sont armés de pièces d'artillerie de différents calibres, principalement des tourelles cuirassées de 210 mm pour l'artillerie lourde, de canons de 150 mm et de 120 mm et de canons de 57 mm pour la défense rapprochée[28]. Conçus en béton non armé et équipés de tourelles métalliques escamotables, ces forts sont considérés comme innovants lors de leur construction, bien que certaines caractéristiques techniques apparaissent dépassées en 1914 face aux progrès de l'artillerie lourde[29],[30],[27]. L'armée allemande était bien informée sur l'armement présent dans les forts car l'entreprise allemande Krupp était sous contrat pour remplacer les canons.
Forces allemandes
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L'attaque contre Liège est confiée initialement à des éléments de la 2e armée allemande, placée sous le commandement du général Karl von Bülow, et à un détachement spécial dirigé par le général Otto von Emmich[14]. Le , le général-major Erich Lüdendorff commence à rassembler son armée à Aix-la-Chapelle[31].
Le corps expéditionnaire destiné à s'emparer rapidement de la position comprend environ 55 000 à 60 000 hommes lors des premières attaques, issus principalement du VIIe corps d'armée, du Xe corps d'armée, de brigades indépendantes d'infanterie et d'unités du génie spécialisées dans la guerre de siège. L'état-major allemand prévoit initialement une prise rapide de la ville par un assaut d'infanterie, estimant que les forts tomberont sans résistance prolongée[3]. Les 27e et 165e régiments forment la 14e brigade d'infanterie et s'occupera au début de l'invasion belge des premiers villages, à l'est de la région liégeoise[31].
Les forces allemandes agissent dans le cadre d'une stratégie de guerre de mouvement visant à envelopper les forces françaises par le nord. La neutralité belge est considérée comme un obstacle stratégique secondaire par rapport à l'impératif militaire d'une offensive rapide à l'ouest. La planification allemande repose sur la rapidité d'exécution, la coordination ferroviaire et la concentration massive de troupes sur un axe déterminé, conformément aux principes développés au sein de l'état-major impérial depuis la fin du XIXe siècle[20],[32].
Artillerie lourde
[modifier | modifier le code]Face à la résistance belge inattendue, l'armée allemande décide d'engager une artillerie de siège particulièrement puissante, comprenant notamment des obusiers austro-hongrois Skoda de 305 mm et des mortiers allemands Krupp de 420 mm, surnommés ultérieurement Grosse Bertha[33]. Ces pièces, conçues pour réduire les fortifications modernes, tirent des obus à forte capacité explosive capables de perforer les structures en béton non armé des forts belges. Le déploiement de cette artillerie lourde marque une étape importante dans l'évolution de la guerre de siège au début du conflit mondial[34],[35].
Déroulement de la bataille
[modifier | modifier le code]La bataille de Liège se déroule du 5 au , au tout début de la Première Guerre mondiale. Elle constitue la première opération majeure de l'armée allemande sur le front occidental et la première résistance organisée opposée à l'invasion de la Belgique, dont la neutralité était garantie par les traités internationaux du XIXe siècle[36]. Les opérations se divisent en plusieurs phases distinctes : l'ultimatum allemand et la mobilisation belge, les attaques d'infanterie contre la ville et les intervalles entre les forts, l'entrée des troupes allemandes dans Liège, puis la réduction méthodique des forts par l'artillerie lourde de siège[37].
Ultimatum et mobilisation (2 au 4 août 1914)
[modifier | modifier le code]Le , l'Allemagne adresse à la Belgique un ultimatum exigeant le libre passage de ses troupes à travers le territoire belge, dans le cadre du plan d'offensive vers la France élaboré par l'état-major allemand. Le gouvernement belge, invoquant la neutralité garantie par le traité de Londres de 1839, rejette cette demande le [38],[39],[40]. La mobilisation générale, décrétée dès le , est accélérée[41]. Le roi Albert Ier assume personnellement le commandement suprême des forces armées[42],[43].
À Liège, la position fortifiée conçue par le général Henri Alexis Brialmont dans les années 1880 comprend douze forts disposés en cercle à une distance moyenne de 6 à 9 kilomètres du centre-ville. Ces ouvrages sont appuyés par des troupes de campagne chargées de défendre les intervalles entre les forts. Le commandement local est confié au général Gérard Leman[26],[27].
Premières attaques allemandes (5 et 6 août 1914)
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Dans la nuit du 4 au , les troupes allemandes franchissent la frontière belge. La mission de s'emparer de Liège est confiée à des unités de la IIe armée allemande, commandées par le général Karl von Bülow, avec un détachement spécial sous les ordres du général Otto von Emmich[N 9],[44],[45]. Proche de Liège, les généraux reçoivent un cahier de charges (ein ziemlich dickes Heft) citant point par point comment prendre la ville[46].
Les premières attaques visent à s'infiltrer entre les forts afin de s'emparer rapidement de la ville et de neutraliser la position fortifiée de l'intérieur. Dans la nuit du 5 au , plusieurs brigades allemandes lancent des assauts d'infanterie contre les intervalles défendus par les troupes belges, notamment l'intervalle entre les forts d'Évegnée et de Fléron en venant de Micheroux où se tiennent en réunions les généraux allemands[47]. Ces attaques, menées sans préparation d'artillerie lourde, se heurtent à une résistance organisée, notamment de fantassins de la 14e de ligne, les premiers à contrer l'armée allemande[48]. L'État-Major allemand avait sous-estimé les effectifs de la garnison de Liège, qu'il pensait forte de 9 000 hommes seulement[49]. Les défenseurs utilisent efficacement les positions retranchées et le feu des forts pour contenir les colonnes allemandes[37],[44]. Les combats sont particulièrement violents dans les secteurs de Barchon, d'Évegnée, de Fléron et de Boncelles, principalement dû à la coupure des lignes téléphoniques[50]. Les pertes allemandes sont importantes. Malgré certaines percées locales, les tentatives initiales échouent à réduire immédiatement la position fortifiée[51]. Les forces allemandes ont alors traversées Micheroux, Évegnée, Retinne, Queue-du-Bois et Bellaire et se dirigent vers Jupille-sur-Meuse[52].
Prise de Liège (7 août 1914)
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Le , profitant d'une infiltration réussie entre les forts, des unités allemandes parviennent à pénétrer dans la ville de Liège. Le général Leman, considérant que la mission principale est la défense des forts plutôt que celle du centre urbain, ordonne le repli des troupes de campagne vers l'ouest pour éviter l'encerclement[37].
La ville elle-même, sans défense, est occupée par les forces allemandes, mais les forts qui l'entourent demeurent aux mains des défenseurs belges. La prise du centre urbain ne signifie donc pas la chute de la position fortifiée, qui continue d'entraver la progression allemande, notamment en contrôlant les voies ferrées stratégiques[53],[54]. Un bataillon de chasseurs allemands tenta un coup de main sur le quartier général de la position fortifiée de Liège, établi rue Sainte-Foy. Ce coup de main a été possible grâce aux ordres apportés depuis Berlin par des officiers allemands aux soldats présents sur place et qui avaient étudié la morphologie de la ville en temps de paix ; ce plan était donc préparé depuis des années par l'Empire allemand[46]. La population liégeoise voit passer une troupe allemande en rang et au pas, mais les liégeois furent incapables de comprendre s'il s'agissait de soldats allemands ou de soldats belges. Arrivant au quartier général, les allemands sont mis en fuite par la garde qui y siégeait, faisant une quinzaine de morts sur les quatre-vingts hommes qui la composait[55],[56].
L'intervention de l'artillerie lourde (10 au 16 août 1914)
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Face à la résistance persistante des forts, le commandement allemand décide d'engager son artillerie lourde de siège et fait appel à des renforts, les troupes allemandes passent de 39 000 à 60 000 hommes[57],[58]. À partir du , des mortiers de 420 mm (désignés dans la presse sous le nom de Grosse Bertha)[59] et des pièces de 305 mm austro-hongroises sont acheminés à Liège[34],[37],[60],[61]. Les bombardements débutent le . Les obus de gros calibre, conçus pour percer les ouvrages en béton non armé, provoquent des destructions considérables. Les forts, bâtis en béton coulé non renforcé et conçus pour résister à des calibres inférieurs à ceux employés en 1914, subissent des dommages structurels majeurs[37],[59]. Les conditions à l'intérieur des ouvrages se dégradent rapidement en raison des explosions, des émanations de gaz et des effondrements[44]. Le fort de Pontisse est l'un des premiers à tomber. Les autres forts sont progressivement réduits, souvent après des bombardements intensifs suivis d'ultimatums. Le fort de Loncin, où s'est retranché le général Leman[56], explose le à la suite de l'atteinte de son magasin à poudre[37]. Le général est retrouvé inconscient dans les décombres et fait prisonnier[59]. Le , le dernier fort cesse le combat[37]. La position fortifiée de Liège est entièrement aux mains des forces allemandes[44],[62].
- Artillerie lourde allemande déployée contre les forts de Liège
-
Mortier de 210 mm (Krupp 21 cm Mörser 10). Celui-ci, capturé en 1918, est exposé à Melbourne.
-
Mortier de 305 mm (Škoda 30,5 cm Mörser M. 11). Exemplaire du musée militaire de Belgrade.
-
Obusier de 420 mm (Krupp 42 cm Kurze Marine-Kanone 14, M-Gerät), surnommée « grosse Bertha ».
Violences contre les civils
[modifier | modifier le code]Les opérations militaires s'accompagnent d'incidents impliquant des civils. Les autorités allemandes, redoutant des actions de francs-tireurs, procèdent à des représailles dans plusieurs localités de la région liégeoise. Des destructions de bâtiments et des exécutions sommaires sont signalées[37], notamment à Micheroux où des maisons seront brûlées lors de la première nuit du 4 au [63]. Ces évènements s'inscrivent dans un contexte plus large de violences commises en Belgique en , qui feront l'objet d'enquêtes et de controverses internationales[64],[65].
Conséquences immédiates
[modifier | modifier le code]La chute de Liège ouvre aux armées allemandes les voies de communication vers l'intérieur de la Belgique. Toutefois, la résistance initiale des forts et des troupes belges a retardé l'avance allemande de plusieurs jours[66]. Ce délai, bien que limité dans le temps, a une portée stratégique : il contribue à permettre la mobilisation complète des forces françaises et le déploiement du corps expéditionnaire britannique. La bataille de Liège marque également l'un des premiers emplois décisifs de l'artillerie lourde moderne contre des fortifications permanentes, annonçant l'évolution des méthodes de siège durant la guerre[41].
Conséquences militaires et stratégiques
[modifier | modifier le code]Répercussions sur la conduite des opérations allemandes en Belgique
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Une fois la position fortifiée de Liège neutralisée, l'armée allemande peut exploiter pleinement les infrastructures ferroviaires de la vallée de la Meuse, essentielles au déploiement massif des armées de l'aile droite engagées dans l'offensive vers l'ouest. La remise en service progressive des lignes permet l'acheminement continu de troupes, de ravitaillement et d'artillerie lourde. Toutefois, la nécessité d'engager des moyens spécialisés pour réduire les forts et de sécuriser les abords de la ville a mobilisé des effectifs significatifs au moment même où la rapidité d'exécution constituait un impératif stratégique[41],[67].
La prise de Liège entraine également une réorganisation temporaire des unités affectées à l'investissement de la ville. Certaines formations initialement destinées à poursuivre l'offensive sont retenues pour des tâches de siège, de sécurisation et de contrôle du territoire. Cette redistribution des forces illustre la tension entre planification théorique et réalités du terrain, caractéristique des premières semaines du conflit[37],[68].
Répercussions sur la bataille de la Marne
[modifier | modifier le code]Le temps de retard que les liégeois ont imposés aux allemands a permis aux français de faire arriver à temps les tirailleurs algériens et probablement de pouvoir gagner la bataille de la Marne.
Conséquences sur l'articulation entre guerre de campagne et guerre de siège
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L'épisode liégeois met en lumière l'interdépendance entre opérations de mouvement et réduction de places fortifiées[69]. Dans le cadre de la planification allemande, les fortifications belges devaient être neutralisées rapidement afin de ne pas entraver la manœuvre générale. Or, la résistance prolongée des forts impose une séquence spécifique d'opérations de siège, nécessitant des préparatifs techniques, des reconnaissances et une coordination étroite entre infanterie, génie et artillerie[62],[70]. Cette articulation révèle que, même dans une stratégie dominée par la recherche de la décision rapide, les contraintes imposées par les fortifications permanentes demeurent structurantes. L'expérience de Liège contribue à confirmer que la destruction de la ceinture fortifiée moderne exige une puissance de feu concentrée et un temps d'action incompréhensible, ce qui influe sur la planification ultérieure des opérations contre d'autres positions fortifiées en Belgique, comme celles de Namur et d'Anvers, et dans le nord de la France[58].
Propagandes et commémorations
[modifier | modifier le code]La bataille pour Liège se déroulant au tout début de la guerre, les propagandes française et allemande se sont emparées du sujet pour en faire dans les deux camps leur première victoire du conflit. L'importance de cette bataille fait depuis l'objet d'un débat historiographique.
Point de vue allemand
[modifier | modifier le code]Le , les journaux allemands annoncent la prise de la ville de Liège et la décoration du général von Emmich avec la croix Pour le Mérite. Les comptes rendus allemands affirment que la résistance belge à Liège n'a provoqué aucun retard : les troupes allemandes sont en pleine mobilisation du 2 au . Selon le plan de mobilisation, les unités des 1re et 2e armées doivent terminer leur déploiement au [71].
L'historien américain Holger Herwig estime le retard à seulement deux jours[72], tandis que le Britannique Eric Brose monte jusqu'à quatre jours[73]. Selon l'historien belge Jean-Claude Delhez, ce qui compte vraiment n'est pas un hypothétique retard dans l'ordre de marche en avant, mais le fait que les troupes allemandes capturent intacts presque tous les ponts routiers et ferroviaires de Liège[74], leur permettant de se déployer sur la rive gauche à partir du et de se ravitailler facilement.
Point de vue allié
[modifier | modifier le code]Évoquant le retard pris par les Allemands dans l'exécution du plan Schlieffen, retard causé par la résistance liégeoise :
« Ce retard équivaut à une grande défaite. »
— Le Soir, .
Horne et Kramer écrivent que « Là où Schlieffen, révisant son plan en 1912, n'avait prévu qu'une seule division pour investir Liège et Namur, il en fallu huit pour uniquement réduire Liège, au prix d'un temps précieux et de pertes évaluées à 5 300 morts environ »[75]. Cinq armées allemandes d'invasion (environ un million d'hommes) devaient traverser le Limbourg, Liège, le Hainaut, le Brabant, Namur et le Luxembourg en quelques jours, ce qu'elles firent en trois semaines. La résistance belge exacerba la psychose allemande des francs-tireurs, les atrocités allemandes étant commises dès les premières résistances à Liège et autour de Liège soit le à Berneau, Micheroux, Poulseur et Soumagne.[réf. souhaitée]
Au sujet de la résistance du fort de Loncin :
« Passant !... Va dire à la Belgique et à la France qu'ici 550 Belges se sont sacrifiés pour le triomphe de la Liberté et le Salut du Monde... »
— Général Gabriel Malleterre.
Commémorations
[modifier | modifier le code]À Paris, dès 1914, on débaptisa le café viennois pour le renommer café liégeois. La station de métro « Berlin » et la rue du même nom connurent le même sort.
Le 24 juillet 1919, à Liège, est remise la légion d’honneur française à la ville, par Raymond Poincaré, président français, le maréchal Foch, et l’entièreté du conseil municipal de Paris directement au bourgmestre de Liège, Gustave Kleyer, en présénce du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth.
Après la guerre, Liège accueillit le Mémorial Interallié sur la colline de Cointe.
Une commémoration majeure pour le centenaire du début de la Première Guerre mondiale se déroula le au Mémorial Interallié, à laquelle participèrent de nombreux chefs d'État et représentants des anciens belligérants[76].
Rues
[modifier | modifier le code]- Rue Joffre
- Place de la République française
- Place du Général Leman
- Place du XX août
- Place de l'Yser
- Rue Sergent Merx
- Rue Georges-Clemenceau
- Boulevard Gustave Kleyer
- Boulevard Raymond Poincaré, appelé communément boulevard de l'Automobile
- Pont Atlas
- Caserne Fonck[77]
Statues, sculptures et monuments
[modifier | modifier le code]- La Statue du Général Bertrand, Place Théodore Gobert
- La plaque Walthère Dewé, rue de l'Université
- Le Monument Dieudonné Lambrecht, place Saint-Barthélemy
- La plaque Constant le Marin, rue Puits-en-Sock
- La Statue équestre du roi Albert Ier, Pont Albert Ier
Poèmes
[modifier | modifier le code]- Ceux de Liège, Émile Verhaeren.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Parmi les historiens qualifiant cet équilibre politique instable de paix armée : Jean-Baptiste Duroselle, Jacques Droz, René Rémond et Georges-Henri Soutou. Le terme en anglais n'a pas d'équivalence mais des historiens tels que Hew Strachan ou Eric Hobsbawm en décrivent les faits.
- ↑ Ces grandes puissances européennes à la veille de la Guerre, souvent citées Great Powers dans l'historiographie anglophone, sont l'Empire allemand, la France, le Royaume-Uni, l'Empire russe, l'Empire austro-hongrois et le royaume d'Italie.
- ↑ Cette considération est décrite par différents acteurs contemporains de cette période, comme les états-majors français, britanniques, russes et japonais. Elle est appuyée par différents historiens contemporaines ou non : Hew Strachan, John Keegan, Dennis Showalter ou Georges-Henri Soutou.
- ↑ Parmi ces accords militaires : l'alliance franco-russe, l'Entente cordiale et l'accord anglo-russe.
- ↑ Les autres signataires : le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, la France, l'empire d'Autriche, l'Empire russe et le royaume des Pays-Bas.
- ↑ Les puissances garantes sont les mêmes que celles qui ont signé le traité de Londres, à l'exception du Royaume des Pays-Bas.
- ↑ Ces considérations sont d'historiens militaires dont Jean Stengers, Luc De Vos et Hervé Coutau-Bégarie.
- ↑ Ces conceptions dépassées sont en partie le béton non armé insuffisant contre l'artillerie lourde allemande comme la Skoda et la Grosse Bertha.
- ↑ Ces unités sont nommées « armée de la Meuse » et comprennent : le 25e Régiment d'Infanterie d'Aix-la-Chapelle, la 34e brigade du 9e corps d'armée de Schwerin, la 27e brigade du 7e corps d'armée de Cologne, la 14e brigade du 4e corps d'armée de Halberstadt, la 11e brigade du 3e corps d'armée de Brandebourg, la 38e brigade du 10e corps d'armée de Hanovre et la 43e brigade du 11e corps d'armée de Cassel.
Références
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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- Marjan Figas, Août 1914 : les 1ers villages face à l'ennemi : Beyne-Heusay, Chaudfontaine, Fléron, Olne, Soumagne, Noir Dessin Production, , 184 p. (ISBN 978-2-87351-293-4)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) La bataille de Liège, 1914
- (en) Le siège de Liège, 1914
- (en) « German and Belgian Forces, Engagement at Lüttich, 3-7 August 191 » [PDF], sur cgsc.edu.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste de forts, fortifications, citadelles et places fortes en Belgique
- Ceinture fortifiée de Liège
- Ceinture fortifiée de Namur
- Armée belge en 1914
- Ordre de bataille de l'armée allemande en 1914
- Bataille de Rabosée
- Bataille de Dinant (1914)
- Bataille de Charleroi
- Relations entre l'Allemagne et la Belgique
- Mémorial Interallié de Liège