Insurrection de Grande-Pologne (1918-1919)

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Insurrection de Grande-Pologne
(1918-1919)
Description de cette image, également commentée ci-après
Soldats polonais dans les tranchées.
Informations générales
Date Du au
Lieu Province de Posnanie, République de Weimar
Issue Victoire polonaise, gains territoriaux confirmés par le traité de Versailles.
Belligérants
Flag of Poland.svg Insurgés polonaisFlag of Germany (3-2 aspect ratio).svg République de Weimar
Coordonnées 52° 24′ 00″ nord, 16° 55′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
Insurrection de Grande-Pologne (1918-1919)

L’insurrection de Grande-Pologne (1918-1919) (en polonais : Powstanie Wielkopolskie 1918-19 roku ; en allemand : Großpolnischer Aufstand) est une insurrection militaire polonaise en Grande-Pologne (parfois appelé grand-duché de Posen ou de Poznań ou encore province de Posnanie) contre l'Allemagne.

Prélude[modifier | modifier le code]

En rouge, la province de Posnanie au sein de l'empire allemand en 1871.

Après la troisième partition en 1795, la Pologne cesse d'exister comme État indépendant. De 1795 au début de la Première Guerre mondiale, plusieurs soulèvements échouent à recréer un État. L'insurrection de Grande-Pologne en 1806 permet la création du duché de Varsovie qui dure huit années avant d'être à son tour partagé entre la Prusse et la Russie.

À la fin de la Première Guerre mondiale, les quatorze points du programme du président américain Woodrow Wilson rencontrent l'opposition de pays européens peu désireux de céder puissance ou territoire. Les parlementaires allemands signent un armistice le , conduisant à un cessez-le-feu. Jusqu'à ce que le traité de Versailles soit entièrement ratifié en janvier 1920, la question de la souveraineté de nombreux territoires restent en suspens. Beaucoup d'Allemands estiment qu'ils n'ont pas perdu la guerre et ne comprennent pas pourquoi il leur faudrait rendre les immenses territoires annexés par le traité de Brest-Litovsk, signé le entre l'Allemagne et la Russie bolchévique. La Dolchstoßlegende (« légende du coup de poignard dans le dos ») se répand en Allemagne.

La proposition de Wilson pour une Pologne indépendante ne fixe pas définitivement les frontières de la Pologne qui doivent être universellement acceptées. Les territoires annexés par la Prusse lors de la partition de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle, notamment la Posnanie, avec la grande ville industrielle de Poznań, font encore partie de l'Allemagne. Par ailleurs plusieurs territoires font encore partie de la Russie ou de l'Autriche-Hongrie. La majorité de la population (60 %) est polonaise) et espère être intégrée dans les frontière de la nouvelle nation polonaise.

Le soulèvement[modifier | modifier le code]

En jaune, la République de Pologne à la mi-novemebre 1918.
Rassemblement l'élection du conseil des ouvriers et des soldats, le 10 novembre 1918, place de la liberté à Poznań.

À l'automne de 1918, la défaite de l'armée allemande sur le front occidental, enflamme le cœur des Polonais. Après l'abdication, le , de l'empereur Guillaume II, qui marque la fin de l'Empire allemand et le début de la république de Weimar, les Polonais se préparent activement au soulèvement.

L'insurrection éclate à Poznań, le 27 décembre, après un discours patriotique du célèbre pianiste Ignacy Paderewski.

Outre de nombreux volontaires, principalement des anciens combattants de la Première Guerre mondiale, les forces insurrectionnelles intègrent des membres de la secrète Organisation militaire polonaise (en), créée par Józef Piłsudski en août 1914, qui devient la Straż Obywatelska (« Garde citoyenne »), rebaptisée par la suite que Straż Ludowa (« Garde populaire »).

Les membres du Naczelna Rada Ludowa (pl) (« Haut Conseil de la population ») sont d'abord opposés à l'insurrection, mais dès les ils changent d'avis et la soutiennent officiellement les 8 et .

Le moment de la révolte est fortuit. Entre octobre 1918 et les premiers mois de 1919, des conflits internes affaiblissent l'Allemagne. Des soldats et des marins se rebellent contre la monarchie et ses généraux belliqueux. Démoralisée par la signature de l'armistice, le , toute l'Allemagne est impliquée dans la révolution allemande.

Le , les forces rebelles polonaises contrôlent presque entièrement la province de Poznań, et engagent des combats contre l'armée régulière allemande et les forces de la Grenzschutz (« garde-frontière »), jusqu'au renouvellement de la trêve entre l'Entente et l'Allemagne, le 16 février. Les accrochages continuent cependant jusqu'à la signature du traité de Versailles, le .

Conséquences[modifier | modifier le code]

Affiche publiée en 1939 à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement (collections des Archives de l'État à Poznań).
Monument à Poznań, à la mémoire des soldats polonais morts pendant l'insurrection de 1919.

Même si la Pologne ne recouvre pas l'ensemble des territoires perdus lors de la troisième partition, le soulèvement a un effet significatif sur les décisions de Versailles, qui accordent à la Pologne non seulement la zone conquise lors de l'insurrection, mais aussi une partie de la province de Poméranie et les villes de Bydgoszcz, Leszno, et Rawicz qui constituent le corridor polonais.

Les pertes territoriales de l'Allemagne, telles la ville libre de Dantzig (Gdańsk) et le corridor polonais de Prusse-Orientale, incitent les Allemands au revanchisme et devient un problème majeur de la politique allemande. Dans son ascension au pouvoir Adolf Hitler exploitera largement cet esprit de revanche. En 1939, l'invasion de la Pologne, marquera le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Sources[modifier | modifier le code]

Monument à la mémoire des insurgés de Grande-pologne, sur la place de Pobiedziska.